du Génocide au Rwanda

du Génocide au Rwanda
Génocide au Rwanda
Le génocide au Rwanda fut le génocide le plus rapide de l'histoire. De 500 000 à 800 000 Rwandais, en majorité tutsis, ont été tués pendant cent jours, du 7 avril au 4 juillet 1994. Ceux qui parmi les Hutus se sont montrés solidaires des Tutsis ont été tués comme traîtres à la cause Hutu.
Présentation générale

Les causes lointaines

Les origines

Paul Rusesabagina, directeur de l'Hôtel des Mille Collines (et personnage principal du film Hôtel Rwanda retraçant son action), est l'homme qui mena un combat extraordinaire pour sauver les 1 200 réfugiés qu'il avait accueillis dans son établissement à Kigali pendant le génocide. Il livre ici son point de vue sur l'origine du génocide :

« Avant le génocide, vivre entre Hutu et Tutsi était tout à fait possible. Je suis né dans une famille mixte. Des membres de ma famille étaient hutus, d'autres tutsi. Nous parlons tous la même langue... Ce sont surtout les colons qui ont tenté de nous diviser pour mieux régner. Les Allemands ont fait des Tutsi les dirigeants du Rwanda, suscitant la colère des Hutu. Puis les Belges sont arrivés et ont créé des cartes d'identité avec mention “Hutu” ou “Tutsi”. À l'indépendance, dans les années 60, les Hutu ont pris le pouvoir et les Tutsi se sont enfuis à l'étranger, et dans les années 90 ils ont monté une rébellion pour revenir. »

Les articles de la série génocide au Rwanda permettent de mieux cerner l'autorité initiale de la monarchie Tutsi qui régnait sur le pays au moment de l'arrivée des colonisateurs allemands, puis la façon dont leurs successeurs belges ont figé la structure de la société rwandaise en l'organisant sur des rapports hiérarchiques raciaux (Tutsi « supérieurs » contre Hutus « destinés à servir »). Au moment de l'indépendance, un renversement d'alliance s'opère contre les Tutsi entre les colonisateurs et les Hutu. Ce contexte explique l'animosité entre Hutu et Tutsi (l'existence même de ces deux éthnies est dénoncée par certains éthnologues comme une construction historique), l'exil d'une partie des Tutsi pour l'Ouganda et le Burundi et leur désir de retour.

La préparation

Une série de massacres dirigés contre les Tutsi s'était déjà déroulée depuis 1959. En 1994, une campagne médiatique échauffait les esprits contre les Tutsi depuis plusieurs mois. Les « médias du génocide » tenus par les Hutu extrémistes furent un élément essentiel de la préparation et la mise en oeuvre du génocide, comme l'ont établi plusieurs enquêtes internationales et les missions parlementaires belges [2] et françaises [3], corroboré par de nombreux témoignages. On notera que les Hutu accusèrent la radio Muhabura du FPR d'avoir tenu le même discours de haine, « même si celui-ci n'a jamais eu la même consonance ethnique que le langage tenu par Radio des Mille Collines », comme l'a noté le rapport du Sénat belge.

Les premiers jours
Voir l'article Génocide au Rwanda : les événements initiaux.
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Le 6 avril 1994, le deuxième président du Rwanda Juvénal Habyarimana, un Hutu élu après avoir pris le pouvoir par un coup d'État en 1973, est assassiné. Alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Kigali, son avion est la cible de deux missiles et s'écrase. Plusieurs enquêtes ont essayé de déterminer après les événements l'instigateur de cet attentat (les responsabilités sont étudiées dans le chapitre Les événements initiaux). Aucune des hypothèses émises n'a pu être encore définitivement confirmée. Dans un premier temps, les Hutu extrémistes ont été soupçonnés. Ils auraient eu besoin de la disparition du Président Habyarimana pour avoir les mains libres et lancer le génocide. Mais à la suite du témoignage d'un ex-lieutenant du FPR, Ruzibiza, réfugié en France, le général Paul Kagame (chef du FPR) a été mis en cause par le juge français antiterroriste Jean-Louis Bruguière. Le rapport de ce dernier tarde cependant à être publié et contiendrait d'autres éléments, selon l'avocat de la veuve de l'un des pilotes français mort dans cet attentat. L'avion transportait aussi le président burundais Cyprien Ntaryamira, qui périt avec Juvénal Habyarimana.

Pendant la nuit du 6 avril, l'attentat fut le signal du déclenchement du génocide planifié par les Hutu extrémistes. Sur les ondes de la Radio des Mille Collines, radio de propagande Hutu, le signal du début du génocide fut dit-on la phrase "Abattez les grands arbres".

Immédiatement, la France et la Belgique évacuèrent leurs ressortissants et ceux des autres pays occidentaux. Le 7 avril 1994, 10 Para-Commando's belges, du 2e bataillon commando, ont étés assassiné par des militaires des FAR. Les corps n'ont été retrouvés que le lendemain. Ils avaient pour mission de protéger la première ministre Agathe Uwilingiyimana.

Un gouvernement intérimaire fut constitué en quelques jours sous la houlette du colonel Bagosora qui se révèla rapidement être l'homme fort du régime après la disparition du Président Juvénal Habyarimana. Le gouvernement intérimaire s'engage sur deux fronts : d'une part les FAR (Forces armées rwandaises, c'est à dire l'armée régulière rwandaise) combattent le FPR (Front patriotique rwandais, composé de Tutsi exilés combattant le régime à partir de l'Ouganda depuis 1990), et d'autre part les milices Interahamwe créées par le Président Habyarimana qui exécutent ce qu'elles appellent « le travail », parfois assistées par les FAR. Le « travail » consiste pour la population hutue (90 % de la population) à massacrer à travers tout le pays les Tutsi, ainsi que certains Hutu modérés réputés hostiles à ce projet et considérés comme des « traîtres ». La population utilise essentiellement des machettes, des houes et des gourdins cloutés.

Cent jours d'extermination
Victimes du génocide au Rwanda
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Victimes du génocide au Rwanda

Pendant trois mois, la Radio Télévision des Mille Collines encourage et guide jour après jour, heure par heure le génocide, citant nommément les Tutsi non encore tués à tel ou tel endroit. Les massacres atteindront des sommets dans l'horreur. L'ampleur du massacre (en trois mois, 1 million de personnes sont tuées selon le FPR, 500 à 800 000 selon l'ONU), sa cruauté (on éventre les femmes enceintes, la violence sexuelle est générale, des tueries ont lieu au sein de familles mixtes, on s'efforce de faire souffrir les victimes...) et l'implication générale de la population en font un des événements les plus atroces du XXe siècle. Les Tutsi ne pourront trouver refuge nulle part. Les églises par exemple ne seront d'aucune protection et seront au contraire le théâtre de massacres de masse quand les Tutsi s'y sont réfugiés. Le génocide constitue en outre un désastre économique avec les destructions de biens (notamment les troupeaux) et les pillages.

Dès la première semaine du génocide, partant du nord du Rwanda, une zone limitrophe de l'Ouganda qu'ils ont conquise de 1990 à 1993 contre les FAR, les rebelles du FPR de Paul Kagame, formés majoritairement d'exilés Tutsi mais aussi de Hutu de l'opposition, occupent leur pays d'origine pour prendre le pouvoir. Cette progression s'accompagne d'exactions faisant de nombreuses victimes, hutues mais aussi tutsies. De 1990 à 1993 les FAR avaient été formées et réorganisées par l'armée française, précisément pour contrer les attaques du FPR, attaques qui étaient systématiquement accompagnées de massacres. De leur côté les responsables du FPR se sont appuyés sur l'armée ougandaise, dont certains étaient officiers depuis que le Président Yoweri Museveni avait conquis le pouvoir en Ouganda.

Pendant toute la période du génocide, la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) tente d'obtenir un cessez-le-feu entre le FPR et les FAR et un arrêt des massacres. Quinze jours après le début du génocide, l'ONU, très inquiète du fait de l'assassinat de dix casques bleus belges, réduit fortement les effectifs de la MINUAR. Sous l'influence déterminante des États-Unis qui ne veulent absolument pas être interpellés par l'opinion internationale et devoir intervenir (le fiasco somalien est encore récent), l'ONU tarde à qualifier de « génocide » les massacres. Mais à partir de mai 1994, devant la gravité de la situation, elle met sur pied la MINUAR 2 qui se révèle dans l'impossibilité d'intervenir immédiatement. Devant ce retard, la France obtient des Nations unies d'organiser le 22 juin 1994 l'opération Turquoise, jusqu'au 22 août 1994, date prévue de déploiement de la MINUAR 2. Elle obtient ensuite de créer, dans le sud-ouest du Rwanda, une « zone humanitaire sûre » (ZHS), le 4 juillet 1994, après quelques accrochages avec le FPR.

Malgré la progression rapide du FPR vers la capitale Kigali, qui est prise le 4 juillet 1994, le génocide coûtera la vie à près d'un million de Tutsi et Hutu modérés. Les miliciens Hutu et les FAR battent en retraite au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo), entraînant avec eux environ deux millions de réfugiés Hutu qui redoutent les représailles du FPR. Le 19 juillet 1994, un gouvernement fondé sur les derniers accords d'Arusha, mais dominé par le FPR, prend les rênes du Rwanda. Le président de la République et le Premier ministre sont des Hutu modérés. Celui qui a conduit le FPR à la victoire, le général-major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, devient l'homme fort du Rwanda.

Les conséquences du génocide
Voir l'article Génocide au Rwanda : les conséquences du génocide.

À partir de la deuxième quinzaine de juillet 1994, une épidémie de choléra éclate dans les camps de réfugiés hutu au Zaïre. Cet épisode, qui a été fortement médiatisé, a souvent été confondu avec le génocide et l'a même en grande partie occulté. Il a occupé une grande part de l'énergie des soldats de l'opération Turquoise.

Au fur et à mesure de son entrée au Rwanda, le FPR s'est livré à une série de massacres dont l'existence n'est plus niée, mais dont le bilan reste à définir. Selon Faustin Twagiramungu, Premier ministre de Paul Kagame entre juillet 1994 et août 1995, « d'avril à juillet 1994, il y avait eu une sorte de compétition dans l'extermination des populations, entre les soldats du FPR et les Interahamwe, dans les régions sous leur contrôle » et il chiffre à 250 000 le nombre de victimes du FPR d'avril 1994 à août 1995[1].

La majorité des réfugiés Hutu sont rentrés par vagues successives au Rwanda au cours des années suivantes. Une partie des FAR rentrée au Rwanda a été réintégrée dans l'APR (Armée patriotique rwandaise), les nouvelles forces gouvernementale rwandaises. En 1996-1997 de nombreux réfugiés Hutu, poursuivis dans les forêts, ont été massacrés (y compris les femmes et les enfants) par les forces alliées (armées du Rwanda, l'APR, et de l'Ouganda, et rebelles zaïrois). Les africanistes Rony Brauman, Stephen Smith et Claudine Vidal estiment qu'il y eut au moins 200 000 victimes, massacrés ou victimes de la famine et de l'absence de soin provoquées par leur traque[2]. Faustin Twagiramungu, dans son intervention déjà citée, parle lui de 200 000 personnes massacrées, compte non tenu, donc, de celles acculées à la famine ou privées de soins.

Cette coalition a renversé le président du Zaïre Mobutu Sese Seko et porté Laurent Désiré Kabila à la tête de la nouvelle République démocratique du Congo en 1997.

Dix ans après le génocide, les affrontements entre les forces génocidaires et le FPR au Zaïre constitue encore un des facteurs clé de l'instabilité de la République démocratique du Congo. Selon les gouvernements du Rwanda et du Burundi, les extrémistes hutus sont une menace permanente. Cette situation justifie aux yeux du Rwanda des interventions déstabilisatrices et souvent meurtrières vivement dénoncées par la RDC. Ces interventions s'inscrivent dans la première guerre du Congo et la deuxième guerre du Congo dans laquelle une dizaine de pays africains se sont impliqués et qui ont coûté la vie d'au moins 3 à 4 millions de Congolais. Le FPR est accusé par les opposants et dissidents rwandais, par le groupe d'expert de l'ONU chargé d'étudier cette question [3], des universitaires, l'ancien ministre congolais Honoré Ngbanda Nzambo [4] et Pierre Péan d'utiliser la présence d'anciens génocidaires en RDC comme simple prétexte au pillage de cette région.

Les FDLR, qui regroupent une partie des forces dites génocidaires, ont accepté d'être désarmées début avril 2005 et de rentrer au Rwanda. Si ce désarmement se confirme le Rwanda n'aura plus de raisons d'intervenir en RDC.

Les juridictions internationale et nationales face au génocide

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda
Voir l'article Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Le 8 novembre 1994, la résolution 955 du Conseil de sécurité de l'ONU crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour juger les principaux responsables du génocide.

La Cour pénale internationale est compétente pour tous les crimes commis après sa création le 1er juillet 2002. Elle n'est donc pas compétente pour juger des crimes commis au Rwanda pendant le génocide.

Les juridictions gaçaça

Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions gaçaça (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994 — prononcer « gatchatcha ») ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles viennent se rajouter aux sept cent cinquante gaçaça pilotes mises en place depuis 2001 dans certaines régions du pays. Les gaçaça sont inspirées des anciennes assemblées villageoises. Elles ont été créés pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l'exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugés par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'ONU. Plusieurs millions de personnes, les simples exécutants, sont donc concernés par cette juridiction. Le jeudi 10 mars, les premiers procès ont eu lieu à travers tout le pays. Malgré l'environnement social défavorable aux rescapés du génocide, qui demeurent très minoritaires au sein de la population, les gaçaça sont craints par les anciens Interahamwe. Environ 6 000 personnes ont tenté d'échapper à la justice en fuyant vers le Burundi, et ont été rapatriées de force en juin 2005 par les autorités rwandaises et burundaises.

Les tribunaux nationaux

La « compétence universelle » de certains tribunaux nationaux leur permet d'accepter les poursuites contre certains responsables du génocide. Un jugement a eu lieu en Suisse, un autre en Belgique, un jugement est en cours en France contre un prêtre rwandais, et des plaintes ont été déposées en février 2005 pour « complicité de génocide ou crime contre l'humanité » devant le tribunal militaire français, contre des militaires français à identifier et éventuellement leurs responsables militaires et civils. La justice belge a prononcé quatre condamnations[5].

Questions en suspens

L'histoire du génocide rwandais n'est pas close et de nombreuses questions restent en suspens :

* Qui sont les instigateurs de l'assassinat de Juvénal Habyarimana ?
* Quel rôle ont joué avant le génocide d'une part la France dans le soutien politique et militaire du régime d'Habyarimana et d'autre part les États-Unis dans le soutien, via l'Ouganda, de la rebellion FPR?
* Quel rôle a joué exactement l'opération Turquoise ?
* Dans quelles mesures le FPR connaissaît-il la situation et en a-t-il profité pour mener sa conquête du pouvoir ?
* Quel rôle ont joué les massacres, perpétrés dès 1990, par les troupes du FPR — contre des Hutus et même, d'après des témoignages de repentis, contre des Tutsis — dans le déclenchement du génocide ?
* Et bien sûr, comment remédier à l'impuissance de la communauté internationale face à une telle situation ?

Voir aussi


GÉNOCIDE AU RWANDA
Rwanda
Histoire du Rwanda
Populations des Grands Lacs
Ethnisme au Rwanda
Introduction
Événements initiaux
Causes du génocide
Acteurs rwandais
Communauté internationale
Institutions religieuses
Particularités du génocide
Conséquences du génocide
Justice internationale (TPIR)
Médias
Glossaire et compléments
Bibliographie

* Les accords d'Arusha pour le Rwanda
* Tribunal pénal international pour le Rwanda
* Manifeste des bahutu
* Génocide
* Hutu
* Tutsi
* Twa
* Burundi

Références

1. ↑ [1]
2. ↑ Rony Brauman, Stephen Smith et Claudine Vidal, « Politique de terreur et privilège d'impunité au Rwanda », Esprit, août 2000, p. 148
3. ↑ Rapport final du groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses de la République démocratique du Congo, document S/2002/1146, New York, 16 octobre 2002, p. 15
4. ↑ Crimes organisés en Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, éd. Duboiris, 2005
5. ↑ http://www.destexhe.be/Jn_proces_justice.htm

Liens externes

* Rapport d'information de l'Assemblée nationale française sur le génocide Rwandais (dit « rapport Quilès »)
* Dossier sur le génocide de Rwanda.net
* Leave None to Tell the Story: Genocide in Rwanda (version originale en anglais du rapport d'HRW Aucun témoin ne doit survivre)
* Carte des camps de réfugiés en République démocratique du Congo (1996)
* Dossiers « Génocide rwandais » de Afrik.com
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# Posté le jeudi 31 août 2006 07:39

pour en finir avec le travail

pour en finir avec le travail
http://vrevolution2.free.fr/Pour%20en%20Finir%20avec%20le%20Travail/Pour%20en%20finir%20avec%20le%20travail%20-%20Le%20Bon%20Dieu%20Dans%20la%20Merde.ogg en nonante-deux,
Nom de dieu!
Nom de dieu!
Mon nom est Père Duchesne.
Marat fut un soyeux,
Nom de dieu!
A qui lui porta haine,
Sang-dieu!
Je veux parler sans gêne,
Nom de dieu!
Je veux parler sans gêne.

Coquins, filous, peureux,
Nom de dieu
Nom de dieu
Vous m'appelez canaille.
Dès que j'ouvre les yeux,
Nom de dieu!
Jusqu'au soir je travaille,
Sang-dieu!
Et je couche sur la paille,
Nom de dieu!
Et je couche sur la paille.

On nous promet les cieux,
Nom de dieu?
Nom de dieu?
Pour toute récompense,
Tandis que ces messieurs,
Nom de dieu!
S'arrondissent la panse,
Sang-dieu!
Nous crevons d'abstinence,
Nom de dieu!
Nous crevons d'abstinence.

Pour mériter les cieux,
Nom de dieu!
Nom de dieu!
Voyez-vous ces bougresses,
Au vicaire le moins vieux,
Nom de dieu!
S'en aller à confesse,
Sang-dieu!
Se faire peloter les fesses,
Nom de dieu!
Se faire peloter les fesses.

Quand ils t'appellent gueux,
Nom de dieu!
Nom de dieu!
Sus à leur équipage,
Un pied sur le moyeu,
Nom de dieu!
Pour venger cet outrage,
Sang-dieu!
Crache-leur au visage,
Nom de dieu!
Crache-leur au visage.

Si tu veux être heureux,
Nom de dieu!
Nom de dieu!
Pends ton propriétaire,
Coupe les curés en deux,
Nom de dieu!
Fous les églises par terre,
Sang-dieu!
Et le bon dieu dans la merde,
Nom de dieu!
Et le bon dieu dans la merde.

Peuple trop oublieux,
Nom de dieu!
Nom de dieu!
Si jamais tu te lèves,
Ne sois pas généreux,
Nom de dieu!
Patrons, bourgeois et prêtres,
Sang-dieu!
Méritent la lanterne,
Nom de dieu!
Méritent la lanterne.

Dans la rue des Bons-Enfants,
On vend tout au plus offrant,
Y'avait un commissariat
Et maintenant, il n'est plus là.

Une explosion fantastique
N'en a pas laissé une brique.
On crut qu'c'était Fantômas
Mais c'était la lutte des classes.

Un poulet zélé vint vite
Y porter une marmite
Qu'était à renversement,
Et la r'tourne imprudemment.

Le brigadier, l'commissaire,
Mêlés au poulet vulgaire,
Partent en fragments épars
Qu'on ramasse sur un buvard.

Contrairement à c'qu'on croyait,
Y'en avait qui en avaient.
L'étonnement est profond :
On peut les voir jusqu'au plafond !

Voilà bien ce qu'il fallait
Pour faire la guerre au palais.
Sache que ta meilleure amie,
Prolétaire, c'est la chimie !



Les socialos n'ont rien fait
Pour abréger les forfaits
D'l'infamie capitaliste,
Mais heureusement vient l'anarchiste.

Il n'a pas de préjugés.
Les curés seront mangés.
Plus d'patries, plus d'colonies,
Et tout le pouvoir, il le nie.

Encore quelques beaux efforts,
Et disons qu'on se fait fort
De régler radicalement
L'problème social en suspens.

Dans la rue des Bons-Enfants,
Viande à vendre au plus offrant.
L'avenir radieux prend place
Et le vieux monde est à la casse.

Makhnovstchina, Makhnovstchina, tes drapeaux sont noirs dans le vent Sur la route que tu traces, s'embrase la Révolution

Paysans, vous avez repris la terre, et détrôné les affameurs Mais par un traité, Lénine vous livre aux armées allemandes Makhnovstchina, Makhnovstchina, tu combats les guerres patriotes Pour qu'enfin les prolétaires fraternisent sans entrave

Par la force vive de l'insurrection, tu repousses les armées blanches Mais tu refuses de voir ton ennemi à Moscou Makhnovstchina, Makhnovstchina, illusions, isolement fatals Dans ton sang les bolchéviks, sauvent l'Etat capitaliste

Pour de bon, par-dessus les frontières, pour l'anarchie pour le communisme Se rallumera le brasier qui consumera le Vieux Monde

La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Les jours défilent au pas de l'ennui
Parti des rouges, parti des gris
Nos révolutions sont trahies

Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu

Les yeux faits pour l'amour d'aimer
Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés

Les fusillés, les affamés
Viennent vers nous du fond du passé
Rien n'a changé mais tout commence
Et va mûrir dans la violence

Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête

Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner
Plus de dirigeants, plus d'État
Pour profiter de nos combats

Il est cinq heures, Paris s'éveille (1968)



Les 406 sont renversées

La grève sauvage est générale

Les Porsche finissent de brûler,

Les enragés ouvrent le bal

Il est cinq heures, Paris ... s'éveille, Paris s'éveille.



La Tour Eiffel a chaud aux pieds

L'Arc de Triomphe est renversé

La Place Vendôme n'est que fumée,

Le Panthéon s'est dissipé.

Il est cinq heures, Paris ... s'éveille, Paris s'éveille.



Les maquisards sont dans les gares

A Notre-Dame on tranche le lard

Paris retrouve ses fêtards,

Ses flambeurs et ses communards.

Il est cinq heures, Paris ... s'éveille, Paris s'éveille.



Les blousons noirs sont à l'affût

Lance-pierres contre lacrymogènes

Les flics tombent morts au coin des rues

Et nos petites filles deviennent des reines

Il est cinq heures, Paris ... s'éveille, Paris s'éveille.



Toutes les centrales sont investies

Les bureaucrates exterminés

Les flics sont pendus sans merci

A la tripaille des curés

Il est cinq heures, Paris ... s'éveille, Paris s'éveille.



Le vieux monde va disparaître

Après Paris le monde entier

Les ouvriers sans dieu ni maître

Autogestionnent la cité



Il est cinq heures,

le nouveau monde s'éveille

Il est cinq heures,

Ils n'auront plus sommeil.


Rue Gay-Lussac, les rebelles

N'ont qu' les voitures à brûler.

Que vouliez-vous donc, la belle,

Qu'est-ce donc que vous vouliez?

-

Refrain :

Des canons par centaines,

Des fusils par milliers,

Des canons, des fusils,

Par centaines et par milliers.

-

Dites-moi comment s'appelle

Ce jeu-là que vous jouiez ?

La règle en paraît nouvelle:

Quel jeu, quel jeu singulier!

-

La révolution, la belle,

Est le jeu que vous disiez.

Elle se joue dans les ruelles,

Elle se joue grâce aux pavés.

-

Le vieux monde et ses séquelles,

Nous voulons les balayer.

Il s'agit d'être cruels,

Mort aux flics et aux curés.

-

Ils nous lancent comme grêle

Grenades et gaz chlorés,

Nous ne trouvons que des pelles

Et couteaux pour nous armer.

-

Mes pauvres enfants, dit-elle,

Mes jolis barricadiers,

Mon coeur, mon coeur en chancelle,

Je n'ai rien à vous donner.

Si j'ai foi en ma querelle

Je n' crains pas les policiers.

Il faut qu'elle devienne celle

Des camarades ouvriers.

-

Le gaullisme est un bordel,

Personne n'en peut plus douter.

Les bureaucrates, aux poubelles !

Sans eux, on aurait gagné.

-

Rue Gay-Lussac, les rebelles

N'ont qu' les voitures à brûler.

Que vouliez-vous donc, la belle,

Qu'est-ce donc que vous vouliez ?

-

Des canons par centaines,

Des fusils par milliers,

Des canons, des fusils,

Par centaines et par milliers.

Déjà la mère à la maison
Nous criait vivez vos passions,
Par la fenêtre

Et j'appelais tous les copains,
Les petites filles des voisins
Pour aller tenir dans nos mains,
La mitraillette

C'était celle d'un très vieux cousin
Qu'avait rougi du stalinien,
Dans l'Espagne en fête

Faut dire que les syndicats bordel,
Nous pourchassaient dans les ruelles,
Rien qu'à nos têtes

On était déjà les rebelles
Qui remplissions toutes les poubelles
Des idées anciennes et nouvelles,
Sans mitraillettes

Curés, salauds, patrons pêle-mêle
Vous n'aurez pas longtemps vie belle,
Viendra la fête

Y aura le jeu du plus cruel
On empaillera le flic modèle
Pour que plus tard on se rappelle,
Leur drôle de tête

Faut dire qu'on y mettra du coeur
Les pétroleuses étaient nos soeurs,
Vienne la tempête

Makhno Villa et Durruti
Ont déjà su manier l'outil
Qui fait revivre la poésie,
La mitraillette

On en refilera même à Bonnot
Pour qu'il revienne dans son auto,
Trancher des têtes

Et l'on verra cette société
Spectaculaire assassinée
Par les soviets du monde entier,
A coups de mitraillettes

Les bureaucrates se ramassent à la pelle
( paroles de Jacques Le Glou- 1973 )

Oh, je voudrais tant que tout ça devienne
Des jours heureux, et la misère finie.
Mais maintenant nous sommes des rebelles,
Et l'on peut voir, dans le monde, aujourd'hui :
Les bureaucrates se ramassent à la pelle,
Tu vois, ça pourrait foutrement bien changer,
Les bureaucrates se ramassent à la pelle,
Leurs syndicats et leurs partis aussi.

Et la grève sauvage les emporte,
Avec le pouvoir qui les suit.
Tu vois, il faut s'organiser
Pour ne plus jamais travailler.

C'est une pratique qui nous rassemble,
J'les assassine
En Argentine.
Nous survisons tous deux ensemble,
Tu les fous en l'air
Sur le port d'Anvers.

Mais le crime rapproche ceux qui baisent,
Tout doucement, en faisant du bruit.
Et le temps ne saurait effacer
Le pas des amants tous unis.


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# Posté le jeudi 31 août 2006 14:34

histoire de kronstadt

histoire de kronstadt
Kronstadt
Kronstadt (ou Cronstadt, Кронштадт en russe) est une ville du nord de la Russie, située sur l'île de Kotline, dans le golfe de Finlande. La forteresse qu'elle abrite fut le théâtre en 1921 d'une révolte durement réprimée par le pouvoir bolchévique.
Géographie

La ville se trouve à environ 20 km de Saint-Pétersbourg, à laquelle elle est rattachée administrativement. Elle compte environ 45 000 habitants (2002). Ses coordonnées sont 59°59′30″ N 29°46′30″ E. La ville sert à la fois de port principal et de forteresse de défense pour Saint-Pétersbourg, et abrite le siège de l'amirauté russe ainsi que le commandement de la flotte de la mer Baltique.

Histoire

Kronstadt fut fondée en 1710 par Pierre le Grand, qui prit l'île de Kotline aux suédois en 1703. Les premières fortifications datent de cette époque.

Kronstadt fut sérieusement rééquipée et refortifiée au XIXe siècle. Les anciens forts, au nombre de cinq, qui constituaient l'arc de défense principal et qui avaient défié la flotte franco-britannique durant la guerre de Crimée perdirent en importance. Sous la direction d'Edouard Totleben un nouveau fort (Constantin) et 4 batteries furent construits (1856-1871) pour défendre l'approche principale, tandis que 7 autres batteries couvraient le canal nord, moins profond. Toutes ces fortifications, basses et fortement protégées, étaient équipées de canons Krupp, tandis que la ville était également entourée d'un mur d'enceinte.

En 1921 eut lieu la révolte de Kronstadt, réprimée par l'armée rouge dirigée par Léon Trotsky. Le nom de cette ville est depuis associé à un litige entre révolutionnaires anarchistes et bolchéviques, les premiers refusant au parti bolchévique le pouvoir, et désirant que ce pouvoir reste aux conseils et local, libres de déterminer le déroulement de la révolution; les seconds voulant la «direction d'un parti ouvrier». Les premiers (même si ils n'ont pas été à l'origine de la révolte) considéraient celle de Kronstadt comme légitime et les seconds considéraient celle-ci comme présentant des caractéristiques «bourgeoises» et risquant de déboucher sur une invasion de l'armée blanche. Durant cette révolte, certains slogans disaient d'ailleurs "oui aux soviets, non aux bolchéviques"

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kronstadt fut massivement bombardée par la Luftwaffe, avec notamment l'envoi par le fond du cuirassé soviétique Marat par l'as allemand Hans-Ulrich Rudel à bord de son Stuka.

Liens externes

* (ru) Kronshtadt
* (ru) Excursion par Kronshtadt
* Cronstadt, par Jean-Jacques Marie
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# Posté le jeudi 31 août 2006 14:40

histoire de l' Insurrection de Budapest

histoire de l' Insurrection de Budapest
Insurrection de Budapest
Léon Trotski, dans son Histoire de la révolution Russe, a consacré un chapitre entier à l'art de l'insurrection, qu'il définit ainsi : « Pour les historiens, comme pour les hommes politiques, une insurrection spontanée est un mouvement de masse, uni par une haine commune de l'ancien régime, mais qui n'a pas su préciser ses objectifs, choisir ses méthodes de lutte, ni se donner des chefs capables de le guider vers la victoire. »

Le mouvement hongrois d'octobre 1956 fut une insurrection, non une révolution. Ce fut un soulèvement, spontané, sans dirigeants, authentique mouvement de masse uni par la haine du régime communiste. L'enquête menée par le Comité spécial de l'ONU sur la Hongrie en 1957 conclut son rapport en disant que le « soulèvement hongrois a eu un caractère non seulement national, mais aussi spontané ». L'agitation des écrivains, des étudiants et des journalistes prouve une émancipation progressive vis-à-vis du Parti Communiste ainsi qu'une désagrégation du système totalitaire.

Les intellectuels qui se battaient pour la réforme n'ont jamais imaginé un tel cataclysme, un bouleversement aussi violent, une remise en question de la totalité des institutions et encore moins à une opposition armée à la domination soviétique. En octobre 1956, le peuple hongrois se soulève contre le despotisme, pendant dix jours il s'est cru libre et a exercé cette liberté notamment les ouvriers ont formé des conseils qui prennent en main la gestion des entreprises. C'est une centaine de conseils ouvriers qui se créent dans tout le pays dont les programmes diffèrent mais ont des points communs: l'abolition de l'AVO (police secrète), le retrait des Russes, les libertés politique et syndicale, la gestion ouvrière des usines, l'amnistie.

Mais l'insurrection hongroise est rapidement écrasée par les chars soviétiques dans l'indifférence des gouvernements occidentaux, trop occupés par la crise de Suez.

Dans quelle mesure est-il possible de dire que les intellectuels hongrois ont joué un rôle central et prédéterminant dans l'insurrection de 1956 ?


* 1 Hongrie : de l'euphorie à l'explosion
o 1.1 Fronde et révolte des intellectuels
o 1.2 Le tournant : les seize revendications des étudiants et les dix points du Cercle Petöfi
* 2 Les dix jours de sang et d'espoir
o 2.1 Imre Nagy : l'espoir des intellectuels
o 2.2 « L'intervention des chars soviétiques a désacralisé la patrie du socialisme, et relativisé le communisme » Michel Winock
* 3 Conclusion
* 4 Bibliographie
* 5 Liens externes

Hongrie : de l'euphorie à l'explosion

Fronde et révolte des intellectuels

La mort de Staline, le 5 mars 1953 va provoquer une série d'événements en Pologne, qui conduiront à la révolte hongroise. Les révélations du XXème Congrès du parti communiste soviétique à la fin février 1956, sur la dénonciation par Khrouchtchev des crimes de Staline, ouvre la voie d'une désagrégation politique. La Pologne se libéralise petit à petit, suite à une série de révoltes dans le pays. Le Comité central intègre dans le Bureau politique plusieurs personnalités libérales. Le 23 octobre, Gomulka, nouveau dirigeant d'une Pologne en marche vers la libéralisation, prononce un discours expliquant à 300 000 personnes rassemblées sur la Place de la Culture les réformes qui vont être mises en place.

Le 23 octobre polonais aura des répercussions en Hongrie. Les Hongrois réclament exactement la même chose que les Polonais à savoir le rejet définitif du stalinisme, le retrait des troupes soviétiques, la démocratisation du pays, une remise en ordre de l'économie et l'indépendance du pays.

Sur le modèle de Gomulka, Imre Nagy réclame le droit pour la Hongrie de choisir sa propre voie conduisant au socialisme. Imre Nagy est un homme central de l'insurrection. Il devient à la fin de la seconde guerre mondiale ministre de la Réforme agraire puis quelques temps ministre de l'Intérieur. Il fut Premier ministre de 1953 à 1955. Il est écarté du pouvoir en 1955 par Rákosi qui dénonce ses positions droitistes. Nagy est donc révoqué de son poste de Président du Conseil et expulsé du Bureau politique et du Comité central. Imre Nagy s'empare de l'agitation de la capitale pour annoncer un programme de reconstruction économique qui tiendrait compte des revendications des ouvriers, des paysans et de l'intelligentsia. Il annonce également la décision de demander des comptes au tyran, Rákosi, renvoyé en juillet, ainsi qu'aux autres responsables de la terreur de 1949-1952.

Le tournant : les seize revendications des étudiants et les dix points du Cercle Petöfi [modifier]

Mais l'agitation des étudiants, plus facilement ouverts à des idées extrêmes, se manifeste dès le 19 octobre. Le Ministre de l'éducation déclare envisager la suppression de l'étude obligatoire du russe et une série d'autres réformes. Cette déclaration est suivie de manifestations étudiantes dans toute la Hongrie, notamment à Szeged où, le 20 octobre, 200 étudiants créent une organisation indépendante sous le nom de Fédération hongroise des associations d'étudiants des universités et des collèges. Le mouvement s'étend à Budapest ou les étudiants se réunissent et affirment leur solidarité avec la jeunesse et les travailleurs polonais.

La réunion décisive est celle qui se tient à l'Université technique le 22 octobre. Elle avait pour but de définir une série de revendications à caractère purement universitaire tel que la diminution de cours sur le marxisme, le léninisme, l'enseignement de l'allemand, de l'anglais, du français et pas seulement du russe; 5 000 personnes y assistent. Les étudiants formulent et adoptent un programme visant à rétablir la démocratie en Hongrie dans l'esprit de la révolution de 1848, et à garantir le respect des droits de l'homme conformément à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ce programme serait soumis au gouvernement. Les participants demandent en outre l'accession au pouvoir d'Imre Nagy.

Dans le début de soirée du 22 octobre, les objectifs de la révolution hongroise sont plus ou moins formulés par les étudiants et réunis sous la forme d'une liste : les 16 revendications des étudiants. Au cours de cette réunion, un représentant de l'Union des écrivains propose d'organiser une cérémonie commémorative devant la statue du Général Bem, héros national d'origine polonaise, qui s'est battu aux côtés des Hongrois en 1848-1849. Ils allèrent donc déposer une couronne en l'honneur de la lutte de la Pologne pour son indépendance. Les étudiants de l'Université technique décident d'inviter les autres étudiants et les ouvriers des usines. « Nous voulons une manifestation silencieuse, car seules les manifestations silencieuses, paisibles et ordonnées nous permettront d'atteindre nos buts ».

La déclaration des étudiants allait beaucoup plus loin que celle formulée simultanément par les dirigeants d'un autre foyer d'opposition, le "Cercle Petöfi" (fondé en avril 1956 par des étudiants des "Jeunesses communistes", centre important de diffusion de critiques et de débats (pamphlets clandestins, revues littéraires...)), dans une Résolution en 10 points. Le Cercle Petöfi est nommé d'après le grand poète du 19ème siècle, promoteur de la révolution de 1848. Ce cercle regroupait les jeunes intellectuels acquis à la réforme et qui se préparent à la carrière politique. Les travaux de ce cercle étaient surveillés par le Comité central dont les représentants présidaient aux débats.

Face aux revendications formulées à l'annonce de la manifestation, Ernest Gerö, le premier secrétaire hésite à autoriser la manifestation du 23 octobre.

A 11 heures du matin, une annonce est faite à la radio : « afin de maintenir l'ordre public, le ministre de l'Intérieur n'autorise jusqu'à nouvel ordre aucune réunion, ni manifestation publique. » A 13 heures, le gouvernement cède, la radio annonce la levée de l'interdiction.

La manifestation partait de la statue de Petöfi pour se rendre à la statue du Général Bem. Une dizaine de milliers de personnes participent, principalement des étudiants, des ouvriers, des soldats, les drapeaux hongrois flottent sans l'emblème communiste.

Arrivée à la statue du Général Bem, la foule ne se disperse pas et avance vers le Parlement. A 18 heures, 200 000 à 300 000 personnes s'amassent devant le Parlement et réclament l'extinction de l'étoile rouge sur le Parlement ainsi que le retour d'Imre Nagy au pouvoir.

A 2 heures 30 du matin, la statue de Staline tombe. Gerö prononce un discours pour essayer d'apaiser la foule mais il ne parvient qu'à l'exaspérer. Dans la nuit du 23 au 24, la manifestation glisse vers le soulèvement.

Le Comité central se réunit et prend deux décisions. Il désigne Imre Nagy comme du président du Conseil et fait appel à l'aide des troupes soviétiques casernées près de la capitale, pour rétablir l'ordre, et proclame l'état de siège et la loi martiale.

Les dix jours de sang et d'espoir

Imre Nagy : l'espoir des intellectuels

« Le travail des intellectuels et les intellectuels en général, mais surtout les anciens, ne jouissent pas de l'estime qui leur revient. Les intellectuels sont souvent entourés d'une atmosphère de méfiance, ce qui aboutit à une mise à l'écart de certains d'entre eux, alors que, dans presque tous les domaines de notre vie économique, culturelle et scientifique nous manquons d'intellectuels disposant de l'expérience et de la formation nécessaire » déclara Imre Nagy dans son discours-programme du 4 juillet 1953.

Imre Nagy emploie le terme d'intellectuels dans un sens très large, qui comprend l'ensemble de la classe moyenne cultivée, des gens ayant une formation universitaire. Le régime n'accordait aucune confiance à cette classe et Rákosi mit l'accent sur la nécessité de remplacer l'ancienne intelligentsia par une nouvelle couche d'intellectuels et de techniciens prélevée dans les rangs de la jeunesse ouvrière et paysanne. Les intellectuels qui ne réfugient pas à l'étranger sont limogés, épurés, incarcérés et internés dès 1951.

Après le XXème Congrès, un ami d'Imre Nagy, Géza Losonczy, se fit le porte-parole, au cours des réunions du Cercle de Petöfi et dans le journal du Parti (Szabad Nép), de cette intelligentsia brimée dont il réclamait la réhabilitation en tant que couche sociale.

Cette volonté de renouveler l'intelligentsia pousse à la formation accélérée de nouveaux cadres pour l'industrie, le commerce, l'administration et l'enseignement. Le parti crée en un temps record des écoles secondaires professionnelles ainsi que des nouvelles universités et facultés techniques. L'agitation de 1956 a démontré l'échec du système à endoctriner et embrigader la jeunesse, les manifestations étant parties précisément de ces universités techniques.

Imre Nagy apparaît aux yeux des Hongrois comme le seul à pouvoir démocratiser le régime communiste.

Après sa nomination comme président du Conseil, Imre Nagy tente de négocier avec l'URSS. Il obtiendra le retrait des troupes soviétiques le 28 octobre, et celui-ci s'achèvera le 31. Le 30 octobre il abolit le système du parti unique et souhaite revenir à un gouvernement de coalition tel qu'il existait dans le pays en 1945. Le 1er novembre, la Hongrie se retire du pacte de Varsovie et Imre Nagy proclame la neutralité du pays.

« L'intervention des chars soviétiques a désacralisé la patrie du socialisme, et relativisé le communisme » Michel Winock

Le 3 novembre les chars de l'armée rouge pénètrent de nouveau à Budapest, et les troupes soviétiques ouvrent le feu. Nagy se réfugie à l'ambassade yougoslave. Kádár, que Nagy avait nommé en remplacement de Gerö, annonce la création d'un gouvernement hongrois révolutionnaire, ouvrier et paysan. Il renoue avec l'Union soviétique. Minutieusement préparée, la seconde intervention soviétique fut autrement plus efficace que la première, 200 000 hommes et 2 000 chars entrent dans le pays.

Fuyant l'arrestation ou la déportation, 200 000 personnes cherchent refuge en Occident à travers l'Autriche ou en Yougoslavie en passant le rideau de fer.

Imre Nagy est enlevé par le KGB, déporté en Roumanie, il fut jugé sous Kádár et condamné à mort. Il sera exécuté le 16 juin 1958 à Budapest.

Le bilan de la seconde intervention soviétique à Budapest s'élèvera à 25 000 morts pour les Hongrois et 7 000 pour les Soviétiques.

La seconde et massive intervention russe souleva une immense vague de protestations à travers toute l'Europe. « Le monstrueux forfait de Budapest a mis le communisme au ban de l'humanité » a déclaré le Congrès pour la liberté de la Culture qui comptait parmi ses membres Raymond Aron et Albert Camus. Des intellectuels français prirent l'initiative d'une déclaration « condamnant l'emploi des canons et des chars pour briser la volonté d'indépendance du peuple hongrois. » Elle fut signée par Sartre, Simone de Beauvoir, Jacques Prévert ou Claude Roy. Le cas de Sartre est assez intéressant. En effet, il s'intéressa de très près au communisme au moment même ou le stalinisme, la terreur, les mensonges avaient atteint leur apogée en 1952. Il fut nommé à la présidence de France-URSS dont il démissionna en 1956. Le 8 novembre, il déclara à l'Express, «briser à regret mais entièrement ses rapports avec les écrivains soviétiques qui ne dénonçaient pas ou ne pouvaient pas dénoncer le massacre en Hongrie.»

En Grande-Bretagne aussi, la révolution de 1956 provoqua des remous. 10 000 membres, plus d'un tiers des effectifs, ont quitté le PC.

En Italie, l'effet politique majeur de 1956, aura été le divorce entre le Parti communiste italien et le Parti socialiste. Cependant, les dirigeants du PC estiment que l'intervention soviétique était inévitable si l'on voulait sauver le socialisme, et empêcher la dissidence de tout le peuple hongrois.

En Pologne, les signes de solidarité se sont exprimés à l'égard du peuple hongrois par le biais de manifestations. Les Polonais n'ignoraient pas que le départ de l'insurrection hongroise avait été l'agitation de Varsovie.

Conclusion

En guise de conclusion, les mots échangés entre René Coty alors président de la République Française et Paul Mathias, correspondant de Paris Match à Budapest lors de la seconde intervention des troupes soviétiques à Budapest, sont révélateurs de l'ambiance qui régnait à ce moment-là dans la capitale.

«Dites-moi ce qui s'est passé là-bas. Mathias répondit : Les deux millions d'habitants de Budapest ont tout simplement oublié la peur. Et quel est leur état d'esprit aujourd'hui ? Il serait faux de parler d'un effondrement, monsieur le Président ; c'est plutôt un soulèvement. Ils sont tout simplement devenus fous furieux. Toute une ville, tout un pays devenus fous d'exaspération ! »

L'insurrection de Budapest, menée par les intellectuels a prouvé au monde entier que ce qui se passait dans les pays satellites de l'URSS ne regardait personne. L'Occident se disait pourtant prêt à aider ces pays, mais sa non-intervention a permis à l'armée soviétique de mater de manière extrêmement violente la tentative de démocratisation de la Hongrie. Les intellectuels ont essayé plusieurs voies afin de libéraliser le régime, mais l'Union Soviétique n'était pas prête à accepter cette démocratisation.

Bibliographie

* Hongrie 1956, les conseils ouvriers, Andy Anderson, Éditions Spartacus.

Liens externes [modifier]

* Le site web de la conférence internationale pour commémorer le cinquantième anniversaire de la révolution hongroise de 1956
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# Posté le jeudi 31 août 2006 15:00

des conseil ouvrier

des conseil ouvrier
Conseil ouvrier
Histoire

Les premiers conseils ouvriers ou soviets apparaissent en Russie en 1905. Ce sont des assemblées d'ouvriers fonctionnant selon les principes de la démocratie directe et s'organisant en pouvoir insurrectionnel.

En 1917, la réformation des soviets aboutit au renversement du régime féodal russe. Mais les soviets n'exerceront jamais réellement le pouvoir : de février à octobre 1917, le pouvoir est détenu par un « gouvernement provisoire » dirigé par Kerensky. Le mot d'ordre défendu par les bolcheviks est alors : "Tout le pouvoir aux soviets !". Mais à partir d'octobre, le pouvoir est détenu en fait par des « commissaires du peuple » dirigés par Lénine.

Les conseils ouvriers apparaissent aussi en Allemagne en novembre 1918. Ils obligent l'armée à signer un armistice avec la France. Les conseils ouvriers d'Allemagne sont battus en janvier puis en mars 1919 (voir aussi : révolution allemande). Ils apparaissent au même moment en Alsace, Hongrie et en Italie en 1920. A chaque fois, ces insurrections prolétariennes ne durent que quelques semaines ou quelques mois et sont rapidement anéantis par la bourgeoisie. En 1921, les marins de Cronstadt se révoltent contre le pouvoir bolchevik pour défendre celui des soviets : ils sont eux aussi écrasés par la répression.

On voit plus tard réapparaître des conseils ouvriers en Hongrie en 1956, en France en mai 1968, ainsi qu'à nouveau en Italie en 1969. A partir de 1968, le terme de conseils ouvriers commence à être remplacé par celui d' assemblées ouvrières, puis d' Assemblées Générales. A partir de 1973, on parle en Italie d' assemblées autonomes, dans le sens où ces assemblées ne sont pas contrôlées par les syndicats. Les assemblées autonomes subsistent en Italie jusqu'en 1979 : elles regroupent toutes sortes de travailleurs, mais aussi des chômeurs et des étudiants.

En France, c'est le terme de coordinations qui est utilisée en 1987 pour désigner les assemblées de cheminots et d'infirmières en grève. Mais contrairement aux conseils ouvriers du début du siècle, ces assemblées de travailleurs ne prennent pas une forme insurrectionnelle. L'Assemblée Générale est seulement considérée comme une forme d'organisation. Il en est en de même pour les assemblées de grévistes qui se sont constituées en 1995. Parfois contrôlées par les syndicats, ces assemblées se sont limitées à un cadre purement revendicatif.

Fonctionnement

Les conseils ouvriers fonctionnent selon les principes de la démocratie directe. Ils rassemblent l'ensemble des travailleurs dans des assemblées de base. Les élus de ces assemblées sont mandatés pour des tâches impératives, ne possèdent pas de pouvoir décisionnel, doivent rendre compte de leurs activités devant l'assemblée, et sont révocables à tout moment par l'assemblée.

Le conseillisme

Les conseillistes sont ceux qui prônent le pouvoir des conseils ouvriers.
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# Posté le jeudi 31 août 2006 15:22