une hitoire de la chine

Révolution chinoise de 1911
Révolution chinoise de 1911/12 renverse la Dynastie des Qing qui aura régné 268 ans (1644-1912). Le système qui gouvernait la Chine depuis 2000 ans va disparaître. La première république de la zone asiatique avait été créée à Taïwan.
Les mouvements révolutionnaires

Dans le Guangdong et dans le Guang Xi entre 1905 et 1911 plusieurs mouvements insurrectionnels. Tous ces mouvements échouent mais ça ne décourage pas les révolutionnaires. Ces mouvements insurrectionnels ne sont pas là pour réformer le pays mais changer l'ordre social et introduise une république. Ces mouvements ont lieu dans le sud du pays où il y a beaucoup de sociétés secrètes qui vont aider les révolutionnaires et Hong Kong est un lieu de passage qui permet des contacts avec l'extérieur.

Sun Yat-sen : de l'association pour la renaissance de la Chine à la ligue jurée

Plusieurs organisations dont l'association pour la renaissance de la Chine fondée à Honolulu en 1894 avec le soutien de petits commerçants et de propriétaires fonciers et d'un médecin Chinois Sun Yat-sen. L'association qu'il crée va tenter une insurrection à Canton et il devra s'exiler au Japon. Au cours des 10 années qui suivent il va chercher des soutiens financiers à travers le monde. Il essaie de regrouper en une seule organisation tous les groupements révolutionnaires qui existent et en août 1905 à Tokyo une organisation est fondée : la ligue jurée (1905). Elle a une philosophie autour de trois principes définis par Sun Yat-sen : le triple démisme. Ils sont énoncés en 1905 : le nationalisme (l'indépendance, les mandchous dehors, la Chine aux Chinois), la démocratie (établissement d'une république), le bien-être du peuple (droit à la propriété de la terre égal pour tous). Sun Yat-sen proclame aussi une déclaration au monde dans lequel il dit que les traités seront respectés, que les indemnités et dettes seront payés et que les droits acquis par les étrangers seront protégés.

Le temps des insurrections infructueuses

Entre 1907 et 1911 la ligue jurée va s'épuiser en 8 soulèvements. En octobre 1911 une insurrection va être victorieuse et va donner le coup d'envoi à la révolution. Cette insurrection n'est pas le fait de la ligue jurée mais de la société d'études littéraire et la société pour le progrès commun

La révolution du double 10 (10/10/1911)

La campagne pour la défense des chemins de fer : prélude à la révolution de 1911

En 1905, des notables décident de construire avec leur propres fonds des voies de chemin de fer en Chine or en mai 1911 les autorités chinoises décrètent la nationalisation des voies de chemin de fer car les puissances étrangères voient d'un mauvais ½il que quelqu'un d'autre le fasse. On leur propose des indemnités qui n'apparaissent pas suffisantes, ils créent des comités de défense notamment au Sichuan. Une ligue pour la protection des chemins de fer est créée, des pétitions et des manifestations, mobilisation sur le thème « les mandchous vendent le fruit de notre travail aux étrangers ». Résultat, les dirigeants de la ligue sont arrêtés, manifestation pour la libération des dirigeants et plusieurs morts. A la fin du mois d'août 1911 des bandes de paysans se soulèvent tant et si bien que les autorités Chinoises décident de frapper un grand coup avec l'armée (la nouvelle armée du Hubei) mais au sein de cette armée on trouve de très nombreux partisans révolutionnaires (1/3 de 15000)

L'insurrection de Wuchang et la révolution de 1911

Dans la province du Hubei dans les villes de Hankou et Wuchang (qui avec Hanyang forment la conurbation du Wuhan) le 10 octobre 1911. Prévu à la base le 16 octobre mais une bombe explose le 9 donc on précipite les choses. Les insurgés se rendent maîtres de la ville. Forment un gouvernement provisoire avec un généralLi Yuanhong et lancent un appel général à la révolution. La ligue jurée est absente de l'opération.

La révolution s'étend

Plusieurs provinces Chinoises vont proclamer leur indépendance dans les semaines qui suivent tant et si bien qu'à la fin du mois de novembre ce gouvernement ne contrôle plus que la Mandchourie et les régions qui entourent Beijing. Le gouvernement ne contrôle plus que le nord. Le 30 novembre 1911 à Wuchang va avoir lieu une réunion des délégués sécessionnistes des provinces du sud. Les fonctionnaires locaux rallient la cause des indépendantistes et les gouverneurs vont rallier le mouvement et même le provoquer. Les choses se sont faites pacifiquement.

La réaction du gouvernement Chinois, la réaction des puissances étrangères et la fondation de la République de Chine

La réaction du gouvernement Chinois

Réaction double : les autorités Chinoises vont envoyer vers le sud des forces armées pour combattre les insurgés. Pour désamorcer le mécontentement de la population Zai Feng va annoncer plusieurs mesures parmi lesquelles la promesse que le régime constitutionnel va être mis en place. Pour vaincre les insurgés l'armée Chinoise va envoyer dans le sud l'armée Beiyang de Yuan Shikai. Il va réussir à défaire les troupes des insurgés jusqu'à la fin du mois de novembre où il cesse le combat en se disant qu'il n'a pas intérêt à éliminer les insurgés. Pendant ce temps, la ligue jurée va profiter du répit que leur donne Yuan Shikai et en particulier Huang Xin va tenter d'organiser un autre mouvement (c'est un chef) à Nanjing. Le 30 novembre 1911 Nanjing tombe aux mains des partisans de la ligue jurée. Il y a donc deux gouvernements : Wuchang et Nanjing. Les deux partis vont discuter pour un seul pouvoir et un président unique. Le 24 décembre 1911, jour où Sun Yat-sen arrive des États-Unis et il est élu président provisoire de la République de Nanjing le 29 décembre 1911 et il sera investi dans ses fonctions le 1er janvier 1912 à Nanjing.

La fondation de la République de Chine

Une république datée du 10 octobre 1911. Cela devient la Fête nationale. Pour autant le gouvernement de Sun Yat-sen va avoir une vie très brève : 45 jours. Il existe désormais 2 pouvoirs : impérial au nord, républicain au sud. La ligne de partage. Etant donné l'ampleur qu'à pris le mouvement sécessionniste Yuan Shikai n'est pas sûr qu'il n'y ait pas guerre civile si intervention et il n'est pas sûr que les puissances étrangères interviennent en faveur des manchous. Il ouvre donc un dialogue avec les sécessionnistes à partir du 20 décembre 1911 et une conférence à Shanghaï. Les pourparlers traînent jusqu'en janvier 1912 et les révolutionnaires lui proposent de se retourner contre la dynastie mandchoue et de devenir président de la république. Pourquoi ont-ils proposé cela ? Car les révolutionnaires ne constituent pas un groupe homogène et il vaut mieux que Yuan Shikai prenne le pouvoir qu'un autre chef. Ce dernier obtient que l'empereur abdique et se désiste en faveur de lui. Sun Yat-sen abandonne le poste de président. Yuan Shikai va devenir président de la république et il obtient que Beijing devienne la capitale de la République au lieu de Nanjing. Le 10 mars 1912, Yuan Shikai prête serment en tant que 1er président de la République de Chine. Il a bénéficié de sa force armée. Il a bénéficié de la faiblesse des révolutionnaires. Il a bénéficié du soutien des puissances étrangères.

L'attitude des puissances étrangères

Le gouvernement de Wuchang fait tenir le 13 octobre 1911 aux puissances étrangères une note qui reconnaît tous les traités du gouvernement mandchou. Les puissances étrangères comprennent qu'il n'est pas nécessaire d'intervenir. Elles font le choix le moins hardi.
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# Posté le mardi 29 août 2006 16:49

petite histoire de la corée

petite histoire de la corée
La Corée est une péninsule d'Asie du Nord-Est d'environ 222 000 km². Située entre le Japon et la Chine. Elle est surnommée le pays du Matin Calme (litt: le pays du Matin Frais (Choson, 朝鮮)).

Ses habitants sont les Coréens, que l'on suppose issus des peuples ouralo-altaïques. Ils parlent le coréen. Cette langue s'écrit avec l'alphabet hangŭl ou hangeul. En 1999, la population des deux Corée réunies devait avoisiner les 70 000 000 d'habitants.
Géographie La Corée est une péninsule séparée de la Chine et de la Russie par les fleuves Yalou et Tumen. Elle comporte de grandes zones de plaines, mais est occupée à 70% par des montagnes. La chaîne principale sont les monts T'aebaek, qui occupent le versant oriental de la péninsule. Le point culminant est le mont Paektu (2744 m), au nord de la péninsule.

Les fleuves Yalou et Tumen sont les plus importants de la péninsule (790 et 520 km respectivement). Les fleuves Han (514 km), qui traverse Séoul, et Naktong (525 km) assurent les besoins en eau des villes et de l'agriculture.

Ses côtes sont très découpées, et on y compte plus de 3 000 îles dont la principale est Jeju-do à 85 km du continent.

Le sud de la péninsule est touché par le régime des moussons, et cultive le riz. Le nord a un climat plus influencé par la Sibérie, aux hivers plus enneigés et rudes.

Politique

La péninsule est aujourd'hui divisée, au niveau du 38e parallèle en deux États indépendants : au sud, la République de Corée, qui est actuellement une démocratie parlementaire à représentation monocamérale (l'"Assemblée nationale") ; et au nord, la République populaire démocratique de Corée qui, selon la Constitution du 27 décembre 1972, est un Etat socialiste, fondé sur les idées du juche qui revendique l'indépendance politique, économique et militaire de la Corée du Nord.

De fortes tensions ont longtemps existé entre les parties, la zone démilitarisée (DMZ) étant la zone tampon concentrant le plus grand nombre de troupes au monde. Le village de Panmunjeom[1], lieu de signature du cessez-le-feu de 1953, est l'endroit où se déroulent traditionnellement les négociations entre les deux États.

La déclaration conjointe Nord-Sud du 15 juin 2000 est la pierre angulaire des nouvelles relations qu'entretiennent les deux Etats, en vue d'une réunification de la Corée.

Histoire [modifier]
Histoire de Corée
Grandes périodes
Préhistoire de la Corée
Période Ko-Chosŏn
Samhan
Trois Royaumes de Corée
Période Silla
Koryŏ
Période Chosŏn
Période contemporaine
Occupation japonaise
Guerre de Corée
Corée du Nord ~ Corée du Sud
Pages annexes
Personnages
Voir Corée pour la géographie

* En 2333 av. J.-C. : fondation mythique de la Corée par un homme nommé Tangun, fils de Hwanung et d'une ourse transformée en femme. Plus tard, Giya apporte les éléments d'une civilisation de Chine (culture du riz, tissage et élevage des vers à soie) ; la Corée est alors appelée Ko-Chosŏn.
* Présence chinoise de 108 avant J.-C. à 313 après J.-C.
* Les trois royaumes : Silla (신라), Paekche (백제) et Koguryŏ (고구려) de 57 avant J.-C. à 618. Confédération de Kaya (가야).
* Unification de la péninsule de 618 à 668.
* Période Silla : la Corée est unifiée en un seul royaume, de 668 à 918.
* Royaume de Koryŏ (935-1392).
* Invasion mongole en 1231
* Période Chosŏn sous la dynastie des Yi (1392-1910).
* Tentatives d'invasion japonaises en 1592 et 1597-98, repoussées par l'amiral Yi Sun-sin, héros national, à l'instar d'une Jeanne d'Arc ou d'un général de Gaulle en France.
* Défaite et vassalisation de la Corée aux Chinois Mandchous en 1637.
* Annexion par le Japon en 1910.
* Libération et division du pays en deux États séparés par le 38e parallèle.
* Guerre de Corée de 1950 à 1953 : le Nord, sous influence soviétique cherche à annexer le Sud sous influence américaine.
* Depuis 1953, deux Corée coexistent.

À partir des années 60, la Corée est devenue une grande puissance économique.

Économie politique coréenne

La Corée est un de ces "tigres" de l'Extrême-Orient ou Asie orientale. (en) .

Par la tradition confucéenne, la Corée, malgré ses particularités, rejoint la grande famille extrême-orientale de l'Économie politique asiatique. L'harmonie industrielle est le fondement idéologique de cette économie politique pour une paix sociale dans laquelle peuvent se déployer des opérations à "flux tendu" ou à "stock nul" pour le bénéfice de tous.

Colonie japonaise de 1895 à 1945 comme Taiwan, annexions des guerres sino-japonaises du XIX ème siècle, au moment de l'expansionisme colonial japonais, la Corée fut divisée à Yalta en deux zones de désarmement des troupes japonaises d'occupation de part et d'autre du 38ème parallèle.: le Nord aux Soviétiques et le Sud aux Américains qui soutinrent Syngman Rhee (1875-1965) qui voulut réunifier la Corée sous son égide par le Sud à travers des escarmouches militaires auxquelles la Corée du Nord, sous influence soviétique, répondit par une attaque massive en règle. Ce fut la guerre de Corée de juin 1950 à juillet 1953.

Cette guerre civile, au départ, a laissé en héritage la péninsule coréenne divisée en deux dictatures: la dictature ultra-marxiste du Nord qui a même secrété la première dynastie marxiste héréditaire fondée par le maréchal Kim Il-Sung et la dictature ultra-capitaliste privée du Sud dont le "miracle économique" est au prix du plus grand écart de tous les pays industriels entre les riches et les pauvres. Comme le rabbin de Pragues qui a créé le Golem tellement puissant, selon la légende, qu'il ne peut plus le contrôler, la Corée du Sud a créé des monopoles commerciaux, financiers et industriels si puissants qu'ils sont devenus des États dans l'État. Ces monopoles ont été bâtis à partir des grands propriétaires fonciers qui ont refusé et saboté les réformes agraires de 1945-1950, le refus et le sabotage des réformes agraires au Sud ainsi que les collectivisations au Nord ont abouti à la guerre civile transformée en confrontation entre l'Est et l'Ouest qui a mené à ces deux dictatures.

Ce "miracle économique" de la Corée est construit sur de graves désordres sociaux et politiques potentiels ou latents où l'union syndicale n'est permise qu'à partir de la démocratisation récente des années 80 et où la main-d'½uvre sous-payée et dépourvue de sécurité sociale est constituée majoritairement par des gens de la campagne, des femmes et du personnel peu qualifié qui ne purent pas s'exiler dans une forte émigration, contrairement au Japon et aux autres pays industriels d'Asie. Ce "miracle économique" coréen est fragile parce que construit sur une base sociale et politique faible et sur un anticommunisme circonstanciel de la guerre froide.

Auparavant, la Corée a été un réseau de commanderies chinoises avant de devenir un royaume tributaire de la Chine et un lieu de transit obligé entre la Chine et le Japon. La Corée fut l'objet des convoitises de la Chine et du Japon et l'enjeu des guerres entre la Chine décadente des dynasties mandchoues et le Japon renaissant de la restauration impériale. La Corée a adopté de la Chine le confucianisme et a rejeté le bouddhisme au profit d'un animisme chamanique sibérien proche de celui du Japon. Ce contexte historique et culturel donne sens aux politiques, stratégies et tactiques technico-commerciales de la Corée du Sud très proches de celles du Japon, mais bâties sur une instabilité sociale et politique importante. La Corée du Nord, elle, est plus proche de la ligne marxiste dure chinoise.

Avec cette guerre chaude périphérique - où l'Allemagne et le Japon ont pris leur essor économique et politique aux avant-postes des démocraties libérales et capitalistes dans l'encerclement du bloc communiste dont la menace perçue par les Occidentaux se déplaçait de l'Europe centrale à l'Extrême-Orient avec la victoire de Mao Zedong en 1949 - dans le contexte d'une guerre froide centrale et générale, la Corée du Sud bénéficia de toutes les largesses étasuniennes et devint le contractant privilégié des commerces, des finances et des industries japonaises avant de passer au rang de partenaire économique dans la tradition asienne des relations du "grand frère" au "petit frère" avec leur réseau de devoirs et d'obligations réciproques à base de sociabilité première de proche en proche sur le terrain.

L'essor économique et politique de la Corée du Sud vint, à son tour, avec la "Guerre du Vietnam" comme partenaire économique du Japon dans les fournitures militaires. Le Japon est à la Corée ce que les États-Unis furent au Japon: à la fois un modèle et un obstacle dans le désir mimétique de l'Autre où cet Autre est l'ancien Occupant et Maître.

Le désir mimétique est une théorie explicative unitaire des processus écomiques, mentaux et sociaux de René Girard qui fait une relecture critique des ½uvres de Freud et de Marx. Aujourd'hui, des chercheurs la font travailler en anthropologie, en économie et dans d'autres champs disciplinaires des sciences sociales. Selon René Girard, le désir mimétique est sans sujet et sans objet, puisqu'il est toujours l'imitation d'un autre désir et que c'est la convergence des désirs qui définit l'objet et qui déclenche les rivalités où les modèles se transforment en obstacles et les obstacles en modèles. La clarté et l'économie de l'interprétation mimétique la font reposer sur une seule proposition: le mimétisme, c'est-à-dire l'interférence immédiate du désir imitateur et du désir imité. Il spagit d'un dispositif qui fait surgir la rivalité du mimétisme et se renforcer le mimétisme sous l'effet de la rivalité avec cette implacable logique dite "circulaire" de la rétroaction (ou alimentation en retour) positive amplificatrice en "runaway" jusqu'à l'éclatement ou l'épuisement. L'imitation servile du Japon pour l'Angleterre et les États-Unis a conduit le Japon et les États-Unis à la rivalité pour le contrôle du Pacifique. Le raid aéronaval sur Pearl Harbor, la reddition de Hong Kong et de Singapour ont marqué l'étape militaire de cette rivalité. De modèle, le Japon devient un obstacle pour la Corée dans la rivalité économique.

Dans la tradition confucéenne de l'entraide mutuelle, cet obstacle n'est pas une barrière infranchissable, mais une rivalité coopérative pour être encore meilleur, pour que l'élève devienne meilleur que le maître, dans une imitation révendiquée et favorisée.

On comprendrait mieux les relations ambivalentes du type maitre-disciple entre la Corée et le Japon et celui-ci avec les États-Unis qui ont perdu leur suprématie dans les domaines de l'automobile et de l'électronique au profit du Japon. Ce même phénomène peut être observé entre le Japon et la Corée qui commence à remplacer le Japon, sans l'éliminer, pour l'automobile et l'électronique de bas de gamme, au moment (instant et rapport de forces) où le Japon délaisse ce champ pour l'automobile de luxe et l'électronique de haut de gamme; de la même manière que les industries japonaises de l'électronique ont remplacé IBM qui, de fabricant de machines, est devenu gestionnaire des télécommunications.

Dans cette perspective du désir mimétique, la politique technico-commerciale - depuis 1945, c'est-à-dire depuis la fin de presque un demi-siècle d'occupation coloniale - de la Corée est d'imiter et de surpasser le Japon. La stratégie technico-commerciale consécutive et conséquente à cette politique est d'½uvrer à titre de contractant en important, en assimilant, en transférant et en adaptant les technologies japonaises pour les maîtriser et les perfectionner afin de surpasser le Japon et le remplacer sans l'éliminer. La tactique technico-commerciale de la Corée, dans le cadre de cette stratégie, consiste à s'engouffrer dans les brèches ouvertes par le Japon et à travers les têtes de pont assurées par le Japon pour s'installer et inonder d'abord les "basses terres" des produits modestes de grande consommation avant d'investir le marché des composantes anonymes des grandes marques japonaises d'optique, d'électronique et d'automobile avant d'afficher les étiquettes "made in Korea" qui sont destinées, par la suite, de remplacer celles de "made in Japan", comme ces dernières ont remplacé sucessivement les étiquettes "made in USA" et "made in Western Germany" devenues rapidement représentatives des marchandises obsolètes, plus coûteuses, moins adaptées aux convoitises de la clientèle et de qualité inférieure.

Les années 50-60 ont vu la suprématie passer de l'optique allemande à l'optique japonaise où les années 80 ont vu les appareils photographiques et cinématographiques allemands relégués au rang d'objets d'antiquaires ou de conservateurs de musée. La puissance industrielle des États-Unis, à ce moment, a mis la photographie à portée de toutes les bourses. Le Japon a tout de suite attaqué ce marché en proposant des appareils mieux conçus, plus performants et moins coûteux que les appareils allemands qui furent la référence. Ce retournement au profit du Japon fut le résultat d'une étude soignée et rigou-reuse du marché, dans le cadre d'un plan à long terme et à partir d'ingéniosité, d'invention et d'améliorations des appareils allemands étudiés dans les moindres détails où les dispositifs mécaniques ont été remplacés par des circuits électroniques plus performants, plus fiables et moins coûteux à produire. La Corée, elle, suivait l'offensive de l'optique japonaise en fabriquant et en vendant des composantes et des accessoires sous appellation japonaise des firmes japonaises qui ne faisaient que mettre leur nom, assurées de la bonne réputation des produits japonais et s'assurant du contrôle de la qualité des produits, de leur distribution et de la demande solvable du marché pour conser-ver et améliorer cette bonne réputation.

Le même phénomène semble se reproduire, à une plus grande échelle, avec la construction mécanique lourde des chantiers navals, dans l'électronique, de l'audiovisuel à l'informatique "grand public", du bas de gamme au haut de gamme et dans l'automobile où la Corée prend la place laissée par le Japon pour les véhicules "populaires" du bas de l'échelle de prestige, alors que le Japon occupe le marché des voitures de luxe, de sport et de prestige au détriment, principalement, des industries européennes.

À titre d'exemple illustratif, les Toyota "Land Cruiser" ont déjà remplacé les légendaires "Land Rover" anglais dans les combats en bordure du Sahara Occidental entre l'Algérie et le Maroc à propos du Sahara espagnol devenu indépendant en 1976. Quelques années plus tôt, le nom même de ce modèle de Toyota évoque celui du véhicule anglais qui a été une légende et une référence.

Le succès économique de la Corée n'est pas un miracle, mais le résultat d'une politique de bas salaires, d'insécurité sociale et d'entreprises géantes soutenue par une dictature et une loi martiale qui, en une génération, a fait d'un pays du tiers-monde affamé une puissance industrielle au prix de ressentiments et d'amertumes après des siècles d'oppression et d'exploitation étrangères. La Corée est à un tournant où il lui faut à la fois répondre aux exigences sociales d'équité et soutenir le rythme de croissance économique. Le refus obstiné des réformes agraires et un capitalisme industriel du type européen du siècle dernier ont donné naissance à de nouvelles dynasties industrielles héréditaires à partir des grands propriétaires fonciers dans un pays où 75% des propriétés foncières sont aux mains de 6% de la population. Les grèves et les émeutes sont nombreuses et fréquentes, venant de différents segments de la population et dirigées contre le gouvernement et le patronat.

L'exemple illustratif est "SsangYong" (signifiant "double dragon" en coréen), une affaire familiale classée au 6ème rang des grandes industries coréennes de taille internationale avec un actif de 9 milliards de dollars et fonctionnant sur des voies doubles dans les domaines du commerce et du transport maritime, de l'automobile et de la machinerie lourde, de l'électronique audio visuel et informatique, de la cimenterie, la papeterie et la raffinerie, de l'assurance et de la fiducie, des grands travaux et de l'ingénierie. Le Président Directeur Général de ce groupe est le fils ainé qui a succédé à son père, il y a 14 ans, et fait partie des 30 qui contrôlent la plupart des secteurs de l'économie sud-coréenne et SsangYong est une des rares entreprises géantes sud-coréennes à avoir une réputation enviable de salaires décents et de bonnes relations et conditions de travail.

Des siècles d'injustice sociale, d'oppression politique et d'exploitation économique ont profondément marqué la culture et l'histoire coréennes et la guerre civile (1950-1953) continue à diviser non seulement le pays en deux régimes totalitaires et autoritaires ex-rémistes conflictuels, mais encore les esprits en deux groupes conflictuels: le patronat et le prolétariat. Le grand écart entre les riches et les pauvres n'a pas permis à la Corée de se doter un marché intérieur assez volumineux et la pousse à une fuite en avant de la production pour l'exportation à tout prix. La première vague des années 60-70 s'est rapportée au textile et à la confection des vêtements et des ac-cessoires vestimentaires de faible qualité et à bas prix. La concurrence des pays de salaires encore plus bas a forcé la Corée à délaisser le textile pour l'optique, l'électronique et l'automobile et à aborder les domaines de la haute technologie dans des projets conjoints avec le Japon et les États-Unis qui demeurent toujours la puissance gardienne d'un cessez-le-feu dans une guerre qui n'est pas encore terminée officiellement.

La Corée (Nord et Sud) ne possède pas cette autonomie sociale, politique et économique garante d'un épanouissement large, profond et durable, comparativement au Japon, à Taiwan et aux deux cités-États que sont Hong Kong et Singapour.

En 2006, il semble toutefois que la Corée est en train de battre le Japon : non seulement par la vitesse de son développement (la crise de 97 a été surmontée, la Corée est le premier pays au monde pour l'internet haut débit), mais aussi en terme de rayonnement culturel. La mode pop coréenne ou hallyu (que l'on peut traduire par "vague coréenne"), s'étend du cinéma à la mode en passant par les cosmétiques. Elle est révélatrice de la nouvelle place d'un pays qui apparaît aujourd'hui comme symbole d'une nouvelle modernité.

Cette modernité reste toutefois enracinée dans une identité asiatique et parmi les valeurs fondatrices coréennes qui sont le moteur de cette réussite économique et culturelle, la première est le han qui exprime le sentiment des attentes déçues, mais aussi une obstination sans faille. Le "han" reste le trait spécifique majeur du tempérament national coréen, qui partage par ailleurs des valeurs, notamment confucéennes, avec son environnement asiatique.


Références bibliographiques:

Thanh H. Vuong, "Stratégies technico-commerciales asiatiques", dans Études Internationales, Vol. XXII, No.3, pp. 551-575, septembre 1991.

Thanh H. Vuong & Jorge Virchez, "Communauté Économique de l'Asie Pacifique. Essai d'anthropolgie économique et de géographie politique", Presses Inter Universitaires, Cap Rouge, Québec, QC, 2004.

La "pop culture" coréenne déferle sur l'Asie, Le Monde du 03/06/2006, Philippe Pons

Voir aussi

* Généraliste et très complet : Site du centre culturel coréen en France
o Claude Balaize, Jin-Mieung Li, Ogg Li, Marc Orange. La Corée, collection Que sais-je ?. PUF : Paris, 1991
o Pierre Gentelle dir., Philippe Pelletier. Chine, Japon, Corée. Belin Reclus : Paris, 1994
o Le site des adoptés français d'origine coréenne (donne quelques références culturelles)
o Regards sur la Corée (Site d'un Français vivant en Corée, avec un forum animé)
o Korea blog (Articles varié sur la Corée)

* Pour la géographie de la Corée : Site bibliomonde

* Pour l'histoire de la Corée :
o André Fabre. Histoire de la Corée. L'Asiathèque : Paris, 2000
o Korea Old and New A History. Ilchokak Publishers ISBN 0-9627713-0-9

* Pour la culture coréenne :
o Juliette Morillot. La Corée, chamanes, montagnes et gratte-ciel. Autrement : Paris, 1998

* Yi Taï Seong pour la littérature
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# Posté le mardi 29 août 2006 16:56

histoire de la psychanalyse

La psychanalyse est une discipline fondée par Sigmund Freud qui propose un modèle théorique du psychisme impliquant l'inconscient, ainsi qu'une méthode d'investigation de ce dernier.

La psychanalyse regroupe trois axes de réflexions et d'études :

* un corpus de théories issues de l'expérience analytique, participant à la conceptualisation de l'appareil psychique ; ensemble constituant la métapsychologie (dont les trois principes organisent le fonctionnement psychique : la perspective topique, dynamique, économique) ;
* une méthode d'investigation des processus psychiques dans leur ensemble et des significations inconscientes de la parole, du comportement ou des productions de l'imagination (voir plus bas) ;
* la cure psychanalytique par la méthode de la libre association. Cette expérience, qui naît souvent d'une demande de guérison, s'éloigne au fur et à mesure de l'expérience de l'opposition malade/sain, pour interroger le désir inconscient à l'½uvre dans la condition humaine. C'est pourquoi Freud précise que si la psychanalyse est "une méthode de traitement des désordres névrotiques", son but ultime n'est pas de guérir en abrasant le symptôme, mais d'aboutir à «la récupération de ses facultés d'agir et de jouir de l'existence». Dès lors, il n'est pas possible de comparer la psychanalyse à une psychothérapie, ni le psychanalysant à un malade, même si l'expérience d'une psychanalyse produit des effets qui pourraient être considérés, du point de vue social, comme thérapeutiques. Cela dit, la psychothérapie d'inspiration psychanalytique (PIP) existe belle et bien et propose un soin véritable et une pratique clinique moins "classique".

Aujourd'hui les recherches en psychologie clinique utilisent pour une part les apports de la théorie et de l'expérience de la psychanalyse et beaucoup d'institutions d'hygiène mentale et de travail social s'y réfèrent dans leur projet. De manière plus générale, la psychanalyse s'inscrit dans l'ensemble des connaissances et des pratiques, dont l'approche théorico-clinique est d'orientation psychodynamique. Autrement dit, les théories psychanalytiques ont introduit une conception dynamique de la vie mentale puisqu'elles ont permis d'envisager le symptôme, non plus isolément, mais en fonction de l'histoire passée, des vicissitudes du développement psychologique et de leur réactualisation possible. Cette perspective psychodynamique a permis d'envisager un contenu significatif pertinent aux symtômes considérés comme porteurs d'un désir refoulé, représentatifs d'un compromis, prenant alors place dans l'équilibre personnel et unique qu'est l'économie psychique globale du sujet.
Introduction
Le divan utilisé par Freud
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Le divan utilisé par Freud

Le terme « psychanalyse » fait explicitement référence à l'analyse (chimique) selon le souhait de Freud qui voulait ainsi souligner l'analogie existant entre le chimiste décomposant un élément élaboré pour en retrouver la substance fondamentale, et le travail du médecin qui se doit de découvrir à travers le symptôme les motions pulsionnelles sous-jacentes. Dans un article de 1910 (Über "wilde" Psychoanalyse), Sigmund Freud critique le travail de certains médecins qui pratiquent la « psychanalyse sauvage » sans maîtriser totalement les notions de cette nouvelle discipline.

La formation du psychanalyste, définie par Freud et telle qu'elle est recommandée par les différentes Sociétés de psychanalyse, repose généralement sur une analyse didactique (le futur psychanalyste est lui-même en analyse), à laquelle peuvent succéder une ou deux psychanalyses contrôlées : tout en conduisant une cure analytique, le psychanalyste en cours de formation est en relation avec un autre analyste afin d'apprendre à repérer le transfert et surtout à savoir utiliser le contre-transfert pour mieux comprendre la dynamique de la cure.

Historique de la psychanalyse [modifier]

Voir aussi : Histoire de la psychanalyse

Du temps de Freud

L'événement fondateur de ce qui va devenir la psychanalyse a été la participation de Freud aux travaux du neurologue Jean-Martin Charcot sur l'hystérie (dysfonctionnement du corps sans origine physiologique), avec notamment l'utilisation de l'hypnose. La psychanalyse à proprement parler a en effet été précédée de deux phases dans les recherches de Freud :

* la méthode cathartique, qui doit beaucoup à Joseph Breuer, et qui consiste à mettre le patient sous hypnose afin de découvrir l'origine des symptômes hystériques. Symptômes qui, nous dit Freud, disparaissent lorsqu'on répète au malade une fois réveillé ce qu'il a révélé sous hypnose. La remémoration et la réactualisation émotionnelle des scènes traumatiques conduisent alors à la guérison. C'est cette méthode qu'Anna O. appellait aussi « talking cure ». Mais l'hypnose « est un procédé incertain et qui a quelque chose de mystique » : mal dégagée du mesmérisme auquel elle est encore associée, elle ne permet de réduire que temporairement les contractures hystériques ;

* l'association libre, qui vise à pratiquer la catharsis sans l'hypnose. Freud cherche alors à favoriser la remémoration en invitant le patient à dire librement ce qui lui vient à l'esprit, et en travaillant sur les chaînes associatives. « Procédé pénible et épuisant à la longue », observe-t-il dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, « qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive ».

Ceci permet de mieux comprendre les diverses appréciations de Freud lui-même quant à la naissance de la psychanalyse :

- en 1909, dans les Cinq leçons : « Ce n'est pas à moi que revient le mérite - si c'en est un - d'avoir mis au monde la psychanalyse. Je n'ai pas participé à ses premiers commencements » ;
- en 1916, dans l'Introduction à la psychanalyse : « Je suis donc en droit de dire que la psychanalyse proprement dite ne date que du jour où on a renoncé à avoir recours à l'hypnose » ;
- en 1923, dans les Essais de psychanalyse : « La méthode cathartique est le précurseur immédiat de la psychanalyse. Elle contient encore cette méthode en elle-même comme son noyau ».

Freud pratiqua donc l'hypnose un certain temps. Avec Joseph Breuer, ils délaissent la thèse de Janet d'une fragilité constitutionnelle pour s'attaquer à la réalité de l'hystérie : ainsi paraissent en 1895 les Études sur l'hystérie.

Mais bientôt Freud se démarquait de Breuer, en acceptant l'importance de la dynamique sexuelle dans le développement de la psychopathologie. L'hystérie est alors conçue comme conséquence d'un trauma sexuel. Cette approche permettait ensuite de comprendre la névrose obsessionnelle, ainsi que la phobie, également nommée hystérie d'angoisse. Il y a eu la « Théorie de la séduction » restreinte et généralisée de Freud lui-même, occultée pendant 70 ans, de 1897 à 1967.

Les premiers adeptes de la psychanalyse contribuent les premiers à des débats très vifs et nombreux où ils font valoir leurs propres idées. Ainsi Carl Gustav Jung, Sándor Ferenczi, et bien d'autres sont entendus, lus, commentés par Freud qui critique les positions qui lui paraissent divergentes par rapport aux principes qu'il pense assurés par les travaux antérieurs. Ce qui ne l'empêche pas d'évoluer et d'accepter des points de vue qu'il intègre ensuite dans le corps de la théorie, par exemple le passage de la première topique à la seconde qui fait davantage de place aux pulsions agressives et de mort. Ainsi, plus particulièrement vers 1920, la théorie freudienne connaît d'importants remaniements, qui sans dénoncer comme erronée la théorie antérieure, en montrent à la fois les limites et en proposent un élargissement considérable. De nombreux auteurs et critiques ne tiennent pas compte de ces derniers remaniements comme si le travail de Freud s'était arrêté à la première topique (cela est nettement perceptible dans les critiques récurrentes auxquelles Freud avait déjà répondu dans les années 1920 et 1930...)

Après Freud

Freud laisse ouvertes de nombreuses questions et selon les auteurs l'accent sera mis sur différentes approches dans un débat international qui dure en ce début du XXIe siècle.

L'essentiel de ces débats internes à la psychanalyse porte sur l'enrichissement des concepts freudiens tout en conservant les exigences de rigueur sur les principes essentiels, scientifiques dans l'exploration de ce champ d'études et éthiques dans la pratique de la cure.

Le débat externe à la psychanalyse est conduit par les tenants d'une conception scientifique réductionniste : tous les phénomènes psychologiques, y compris ceux étudiés par la psychanalyse, seraient explicables par la biologie du cerveau. Cette position effectue donc le chemin inverse de celui de Freud. Ce dernier n'excluait pas la possibilité de donner un fondement physiologique à ses recherches : il publie en 1895, un an après les travaux de Sigmund Exner sur la même question, l'Esquisse d'une psychologie scientifique dans laquelle il met en place les notions de « quantité nerveuse » (Qn), de « frayage de route », et d'« inhibition », qui détermineront plus tard, au plan psychologique, celles de refoulement ou de conversion. Mais on connaît encore mal à cette époque les phénomènes de la transmission nerveuse et les relations synaptiques entre les neurones, neurones que Freud conçoit comme simples réservoirs et véhicules d'une énergie nerveuse qui leur vient d'une source externe (qu'elle soit organique ou sensorielle). L'Esquisse n'aura pas de suite, et Freud ne trouvant pas d'explication satisfaisante aux troubles psychologiques sans lésions anatomo-physiologiques, se tournera vers une conception proprement psychologique de ces phénomènes psychopathologiques.

C'est la raison pour laquelle Freud a nommé son approche « métapsychologie » pour bien marquer la différence aussi bien avec la conception spiritualiste et philosophique de la psychologie de son temps, qu'avec la psychologie caractérologique et psychophysiologique qui s'appuyait sur des mesures de temps de réaction, par exemple, et les réflexes.

Aujourd'hui, les débats sont plus complexes du fait de l'accroissement des connaissances dans le champ des neurosciences Michel Jouvet, le découvreur du sommeil paradoxal, l'éthologue du rêve et grand pourfendeur de la psychanalyse, abonde dans le sens de McCarley et Hobson :

« La conclusion qui s'impose est que la théorie de Freud doit être abandonnée à cause de l'absence d'activité autonome du cerveau et de l'absence de régulation et d'énergie endogène du cerveau.(...) Il n'y a pas besoin de postuler l'existence de la répression de Qn pour provoquer l'état de sommeil paradoxal. L'énergie est déjà dans le cerveau. Il n'y a pas besoin, non plus, de postuler l'existence de l'inconscient comme sous-système psychique(...) »

(McCarley R.W. et Hobson J.A., « The Neurobiological Origins of Psychoanalytic Dream Theory », American Journal of Psychiatry, 134,11, 1977, cité par Michel Jouvet, Le Sommeil et le rêve, 1992, p.155). La question du sens du rêve demeure elle complète, on parvient bien à décrire le sommeil en phases, en activations du système nerveux mais, en évacuant la question de l'inconscient, évacue-t-on du même coup celle du sens ?

D'autres au contraire s'orientent vers les modèles psychanalytiques, comme l'indique la revue Pour la science N° 324 - octobre 2004 :

« Beaucoup de neuroscientifiques admettent que les descriptions biologiques du cerveau qu'ils proposent aujourd'hui s'intègrent bien dans le cadre théorique élaboré par Freud il y a un siècle. »

Cependant, la psychanalyse traverse aujourd'hui, au moins dans les pays anglo-saxons et nordiques, une grave crise et une profonde remise en question, dans la mesure où la difficulté d'évaluer son efficacité d'un point de vue quantitatif reste une question et que sa base scientifique y est de plus en plus contestée. L'inconscient, les théories sur la sexualité infantile restent par ailleurs toujours un sujet de blessures narcissiques dans une époque marquée par l'illusion du « gérable » en matière d'émotions et de vie psychique. Est-il admissible que nos efforts scientifiques se heurtent encore et toujours aux limites que Freud a évoqué en parlant de sa « révolution copernicienne » ?

Mais si le support neurologique est mieux connu et cohérent avec les conceptions psychanalytiques, les raisons du comportement ne sont pas d'ordre neurologique (la conduite en état d'ivresse n'est pas un réflexe qui trouve son origine dans le cerveau ou dans les gènes).

Méthode d'exploration du psychisme

La psychanalyse n'est pas qu'un ensemble théorique, une métapsychologie, c'est également une méthode d'exploration du psychisme humain. Cette méthode peut être appliquée afin d'étudier des ½uvres d'art, des philosophies, etc. L'exploration du psychisme se fait par diverses techniques :

* Les rêves qui sont, selon Freud, « la voie royale de la connaissance de l'inconscient ». L'analyse du rêve permet de découvrir les mécanismes de symbolisation du psychisme. Or, puisque l'analyse s'appuie sur le déterminisme psychique, ces mêmes mécanismes doivent pouvoir caractériser l'ensemble de l'activité psychologique.
* L'analyse des comportements quotidiens :
o Les lapsus, les oublis, les négligences : ces actes manqués traduisent un conflit psychique qui met en jeu une tendance consciente et une autre, consciente ou non, qui vient troubler le déroulement normal de la première. L'observation de ces tendances contradictoires permet de rendre vraisemblable l'hypothèse de l'inconscient ;
o Le comportement : gestes des mains, tenues, etc.

Principe du déterminisme psychique

L'hypnose qu'utilisaient Joseph Breuer et Jean-Martin Charcot est une méthode qui ne put satisfaire Freud qu'un temps, ne convenant pas à tous les patients et n'allant pas de pair avec un travail au long terme sur le transfert. Pour la remplacer, Sigmund Freud utilisera un principe qu'il attribue à Jung, principe suivant lequel une idée qui se présente à l'esprit ne peut être arbitraire et doit donc avoir un antécédent déterminé. Dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, il précise ainsi sa pensée :

« Vous remarquerez déjà que le psychanalyste se distingue par sa foi dans le déterminisme de la vie psychique. Celle-ci n'a, à ses yeux, rien d'arbitraire ni de fortuit ; il imagine une cause particulière là où, d'habitude, on n'a pas l'idée d'en supposer. »

Le rêve n'est donc pas le théâtre d'images hallucinatoires dépourvues de sens, le lapsus n'est pas un simple accident sans conséquence, pas plus qu'une idée ne traverse l'esprit sans raison apparente. L'idée subit une déformation plus ou moins forte avant de parvenir à la conscience, mais conserve toujours, selon l'hypothèse, une certaine "ressemblance" avec ce dont elle est la manifestation. Tous ces phénomènes peuvent donc faire l'objet d'une méthode d'interprétation qui révèle l'existence de tendances non-conscientes, refoulées par l'individu. Sans doute faut-il voir dans l'affirmation de ce principe le souci de Freud de hisser la psychanalyse au rang de science. « On nous conteste de tous côtés le droit d'admettre un psychique inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse », proteste-t-il en 1915 (in Métapsychologie. Mais le principe du déterminisme, qui est le requisit de toute science expérimentale, est bien la « foi » du psychanalyste : pas plus dans le monde psychique que dans le monde physique, un phénomène ne peut se produire sans cause.

« Bien plus : il fait souvent appel à plusieurs causes, à une multiple motivation, pour rendre compte d'un phénomène psychique, alors que d'habitude on se déclare satisfait avec une seule cause pour chaque phénomène psychologique. (op. cit) »

Interprétation du rêve
Article détaillé : Interprétation des rêves.

Pour Freud, tout acte psychique a un sens ; le rêve doit donc posséder un sens susceptible d'interprétation. La méthode d'interprétation sera une transposition de la méthode pour le traitement des maladies psychiques, car, selon lui, il y a des analogies entre ces dernières et la vie onirique. Comme dans la maladie, la conscience perçoit des idées qui lui sont étrangères et dont elle ignore l'origine. La méthode sera fondée sur le même principe de déterminisme psychique : le patient énonçant librement une suite d'idées se rapportant à son rêve doit pouvoir s'en faire lui-même l'interprète.

La thèse de Freud sur le rêve est que celui-ci est la réalisation d'un désir. Le rêve de l'adulte est en ce sens identique au rêve de l'enfant, mais il est déformé par les nombreux interdits qui résultent de l'éducation et de la culture.

Le rêve est composé du contenu manifeste et du contenu latent. Le travail du rêve est celui des mécanismes psychiques qui déforment le contenu latent ; le travail d'analyse consiste à interpréter le contenu manifeste pour retrouver le sens caché. Cette interprétation passe donc par le travail d'analyse du rêve.

Types de rêves

Freud distingue trois types de rêves suivant la relation des contenus :

* rêves simples et non voilés, c'est-à-dire que contenus manifeste et latent sont identiques : rêves d'enfants, réalisation de désirs (rêve de confort) ;
* rêves cohérents mais en apparence immotivés ;
* rêves incohérents, absurdes ; ce sont souvent les rêves les plus longs.

Mécanismes du rêve

Freud distingue plusieurs mécanismes psychiques :

* La dramatisation : la production du rêve se situe dans un contexte narratif (histoire, fable, mythologie) ou transformation d'une pensée en situation ;
* La figuration : tout rêve est une expression métaphorique (imagée), sous forme de sensations visuelles accompagnées d'affects ou sous forme de rébus ;
* La condensation : le rêve représente par un seul élément du contenu manifeste une multiplicité d'éléments (image, représentation...) du contenu latent. Inversement, un seul élément du contenu latent peut être représenté par plusieurs éléments du contenu manifeste. C'est un travail de « compression » dont Freud dit qu'il est différent d'un simple résumé. Par exemple, une personne peut tout à coup revêtir l'apparence d'une autre et prendre le caractère d'une troisième ;
* Le déplacement : procédé par lequel un trait secondaire ou un détail insignifiant dans le récit acquiert dans l'interprétation une valeur centrale. Il n'y a pas de correspondance entre l'intensité psychique d'un élément donné du contenu manifeste et celle des éléments du contenu latent auquel il est associé.

Psychopathologie de la vie quotidienne

Voir aussi Psychopathologie de la vie quotidienne

Freud en vient, en 1905, à appliquer le principe du déterminisme psychique afin d'expliquer les comportements les plus habituels. À partir de la maladie, à partir des théories que lui inspirèrent la névrose, Freud analyse les comportements qui relèvent du commun : l'analyse va du pathologique vers le normal.

Si le rêve est un processus particulier réservé à une partie du vécu seulement, la psychopathologie de la vie quotidienne affirme le « pouvoir » d'interprétation de la psychanalyse quant à la vie de tous les jours. Les erreurs de langage, les oublis, les mots d'esprit deviennent des révélateurs de tendances psychiques inconscientes chez tout un chacun.

Le livre que Freud publie en 1905 ne vaut cependant que comme application du modèle théorique de la psychanalyse afin d'interpréter, car si ce modèle sera remanié bien des fois - il l'est encore - , les premiers modèles psychanalytiques de l'esprit humain apparaissent dès avant 1900.

Concepts de la psychanalyse

Voir aussi Métapsychologie

La psychanalyse est une interprétation de certains comportements humains en termes psychologiques – qui restitue le sens humain des actes. Certaines actions sont perçues comme « involontaires », et pourtant ne sont pas des réflexes dont certains proviennent bien d'un ordre du cerveau : ce sont par exemple les lapsus, les actes manqués, ou les symptômes sans cause physique (hystérie, à distinguer des maladies psychosomatiques). Ces apparentes erreurs, ces symptômes, actes manqués, qui sont d'une certaine manière des actes réussis puisqu'ils sont un compromis qui révèlent le conflit sous-jacent ou qui sont la satisfaction d'un désir. Ainsi le rêve, qui permet au dormeur de se voir réalisant ses souhaits et qui peut continuer de dormir sans être réveillé par une frustration.

La psychanalyse modélise l'appareil psychique par des « topiques », qui indiquent des « lieux », non pas au sens propre, mais des systèmes structurés qui s'articulent entre eux selon une dynamique. Freud a défini un grand nombre de concepts « métapsychologiques » pour parvenir à décrire cet appareil psychique que nous savons complexe et dont nous n'avons encore que des aperçus partiels.

Dès 1895, Freud élabore une première topique : celle qui distingue le conscient, le préconscient (autrement dit, la mémoire accessible), et l'inconscient, comprenant notamment les souvenirs refoulés, inaccessibles.

En 1920, pour résoudre de nombreuses questions qui émergent dans les cures, Freud crée une seconde topique : elle distingue le Ça, pôle pulsionnel inconscient de la personnalité, le Moi et le Surmoi. Le Moi doit assurer une adaptation à la réalité, là où le Ça ne se préoccupe pas des contraintes extérieures. Mais, le Moi est aussi le responsable de nombreuses « défenses » pathologiques. Le Surmoi est l'intériorisation de l'interdit parental - Freud voyait l'émergence du Surmoi comme tardive, mais des psychanalystes comme Melanie Klein ont pensé le Surmoi comme existant très précocement chez l'enfant. Le Surmoi se constitue comme le pôle de l'autoagression, l'autocritique.

Mais le moteur qui dynamise tout cet appareil, c'est la pulsion, comme l'affirmera Lacan en reprenant à la lettre le mot de Freud Trieb (pulsion), fautivement traduit dans les premières traductions par instinct. Retenons qu'elle naît dans le Ça, pur désir sans intégration à la personnalité et sans considération pratique, et qu'elle sera intégrée, remaniée, par le Moi. Sous la pression du Surmoi, le Moi refoulera éventuellement cette pulsion, la rendant inconsciente et névrotique.

La pulsion a plusieurs formes : pulsion d'autoconservation – comme la faim –, pulsion sexuelle – pouvant être sublimée, ou pouvant passer de voir à être vu, etc. – et pulsion de mort, cette tendance à l'auto-annihilation que la Première Guerre mondiale révéla à Freud.

La thèse de l'inconscient

Voir aussi Sexualité infantile et Complexe d'¼dipe

Dans Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud formule l'hypothèse que l'hystérie (ou névrose de transfert) est le résultat de l'impossibilité pour une personne de refouler entièrement un désir insupportable qui se présente à la conscience et qui produit un substitut, appelé symptôme, conservant les affects de malaise liés au désir rejeté de la conscience.

Or, ce refoulement pose deux questions décisives pour l'interprétation psychanalytique :

* Quelle est la nature de ces désirs qui sont rejetés hors de la conscience ?
* Quelle est la nature de ce refoulement, comment opère-t-il ?

Origine et nature des pulsions

Le rêve permettrait donc de mettre à jour les mécanismes psychiques qui traduisent un contenu latent en contenu manifeste pour la conscience ; contenu manifeste fruit du travail du rêve, c'est-à-dire le compromis entre désir et interdit. Ces mécanismes supposent que le psychisme est excité par des stimulus divers, dont la source est corporelle mais dont la représentation est psychique : c'est la pulsion. Dans Les Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud explique que c'est un concept limite se trouvant entre le psychique et le somatique. Justement, comment une pulsion existe psychiquement ?

En fait, une pulsion est représentée par une représentation et par un affect, ce qu'on appelle respectivement le représentant-représentation et le représentant-affect. L'essentiel des théories freudiennes de la pulsion est développé dans Pulsions et destins des pulsions.

Dans ce texte nous devons retenir que la pulsion se définit selon quatre modalités :

* La source : D'où vient l'excitation corporelle ? De quelle partie du corps ?
* La poussée : La pulsion crée une tension constante elle est toujours, quoiqu'il arrive, active ;
* Le but : Le but de la pulsion est d'atteindre la satisfaction, ensuite le mode de satisfaction varie ;
* L'objet : C'est ce par quoi la pulsion va atteindre son but.

De plus, la pulsion a quatre destins :

* Le retournement en son contraire : par exemple l'amour se transforme en haine ;
* Le retour contre le moi propre : ce qui est rejeté à l'extérieur revient vers le moi du sujet ;
* Le refoulement : la représentation (représentant-représentation) associée à la pulsion devient inconsciente ;
* La sublimation : le dépassement du symptôme dans une demande qui peut être satisfaite.

Psychopathologie psychanalytique

Voir aussi Psychopathologie psychanalytique

La psychopathologie psychanalytique a évolué dans le temps : de son vivant, Freud a eu recours à de nombreux remaniements ; après lui, de nombreux débats envisagent les pathologies sous des angles différents.

Certains repères sont cependant constants. La psychopathologie qui suit ne saurait satisfaire l'ensemble des analystes, mais éclaire simplement les grandes catégories généralement considérées. Freud opposait déjà névrose, psychose et perversion. On distingue également des pathologies frontières entre névrose et psychose.

La névrose

La névrose est la pathologie du conflit psychique interne, qu'il s'agisse de doute, de culpabilité, de honte, etc. Sa particularité réside dans le refoulement du conflit et dans les symptômes qui s'ensuivent.

La psychanalyse en explique l'émergence du fait de l'impossibilité de satisfaire un besoin érotique dans la réalité. La faiblesse d'une personne, les difficultés et les interdits dont la culture accable l'individu en seraient les causes. La pathologie apparaît alors comme un blocage de l'assouvissement du désir et la personne se réfugie dans un ou des symptômes, pour obtenir une compensation.

La guérison emprunte selon Freud trois voies :

* suppression de la maladie par la réflexion : le malade fait face et surmonte sa faiblesse, rejette ce qui est le résultat d'une période infantile du moi ;
* les pulsions retrouvent leur voie normale de développement ;
* la sublimation, qui pour Freud est la meilleure voie, permet à la personne d'investir des tendances sexuelles dans des activités à contenus non sexuels. C'est aussi un des quatre destins pulsionnels.

Plusieurs névroses sont distinguées :

* Hystérie
* Névrose obsessionnelle
* Névrose phobique (ou hystérie d'angoisse)

Pour Freud, il est clair que la culture occidentale produit des névrosés, des refoulés qui sont restés à un stade infantile ou qui ont régressé suite à des traumatismes. La pulsion sexuelle ne peut faire l'objet d'un interdit absolu : si cet interdit est néanmoins indispensable pour l'éducation de l'homme, on ne saurait se passer de la satisfaction sexuelle pour le développement du psychisme humain.

La psychose

Par opposition à la névrose, les symptômes de la psychose ne sont pas tant conséquence du refoulement que de son échec. Chez le psychotique domine un conflit entre les exigences pulsionnelles et la réalité, dans lequel le mécanisme de défense de projection occupe la place centrale.

Plusieurs psychoses sont distinguées et les recherches sont toujours en cours :

* Schizophrénie
* Paranoïa
* Psychose maniaco-dépressive désormais dénommée trouble bipolaire

Certains psychanalystes s'intéressent à des mécanisme psychotiques en dehors de la psychose, tels que la projection, l'identification projective, les facteurs schizoïdes de la personnalité.

Cas limites

Voir aussi cas limites

Les cas limites, à la frontière, ne relèvent ni de la simple névrose, ni de la psychose. Il s'agit là d'une catégorie descriptive, puisqu'aucune étiologie commune ne permettrait de rendre compte des problématiques fort différentes que supposent les différents états limites. Le trouble de la personnalité borderline se comprend donc comme métaphore.

La notion d'état limite est cependant par elle-même critiquée.

S'il est impossible de rendre compte de l'ensemble des évolutions de la psychopathologie freudienne (et post-freudienne), certaines maladies mentales relevant d'un état limite semblent trouver un certain consensus.

* Névrose d'angoisse
* Hypocondrie
* Maladies psychosomatiques
* Addictions : toxicomanies, boulimie, anorexie, etc.

Perversion

Voir aussi perversion

La perversion est corollaire de la notion de sexualité infantile et de ses évolutions. Selon la formule célèbre, « L'enfant est un pervers polymorphe » - l'enfant adopte de nombreuses perversions. On peut objecter à cela que, justement, la perversion se définit comme réduction de la sexualité à une pratique, et à une pratique déviante. Le problème n'est plus alors de définir quelle pratique est déviante, puisque s'embrasser selon Freud, ne conduisant pas à la reproduction, est déviant, pervers : la question devient bien celle d'une fixation empêchant la sexualité dite normale d'avoir lieu. Ceci peut s'entendre comme retournement de la question, qui ne demande plus « Y a-t-il perversion ? » mais « Y a-t-il sexualité normale ? » .

La perversion prend cependant un autre sens en psychanalyse, puisqu'elle en vient, à partir de la sexualité, à désigner une structure, une réalité psychique particulière. Cette perversion s'oppose à la névrose, puisque le refoulement de la motion sexuelle n'a pas lieu. Mais cette structure n'est pas non plus la psychose, puisque il n'y a pas construction d'une nouvelle réalité.

Freud, à partir de l'étude du fétichisme sexuel, en vient à décrire la perversion comme « solution » face à l'angoisse de castration, donc comme mécanisme de défense face à une angoisse de type névrotique. Cette solution est le clivage : une partie de la personnalité reconnaît la castration, l'autre la dénie, ces mécanismes (le clivage et le déni) appartenant aux solutions psychotiques. Ce modèle de la perversion en fait donc une structure à part, et à part entière.

Psychothérapie psychanalytique

Psychanalyse classique

La cure psychanalytique classique comporte déjà un cadre : un divan, et un analyste que le patient ne voit pas. Deux règles fondamentales structurent la situation analytique :

* L' association libre : le patient doit dire tout ce qui lui passe par la tête ;
* La non-intervention : le patient ne doit pas bousculer sa vie suite à une séance mais laisser la psychanalyse se dérouler.

Le patient formule d'abord un contenu manifeste et le psychanalyste décèle un contenu latent : inconscient. Le psychanalyste peut donc proposer une interprétation.

Mais le moyen essentiel de la cure est que le patient développe un transfert envers l'analyste, réédition de relation infantile, que l'analyste interprétera. Simultanément l'analyste pourra constater en lui un contre-transfert, sa propre réaction au transfert du patient sur lui.

La psychanalyse classique a elle-même évolué, du temps de Freud et par la suite. Au début de ces cures, Freud était assis en face du patient, puis il s'est assis de manière à ne plus être vu par le patient, afin d'éviter que des attitudes inconscientes de l'analyste puissent influencer le patient.

Freud considéra, en un premier temps, le transfert comme un obstacle à la cure, avant de se mettre à l'étudier et à l'utiliser. De même, le contre-transfert lui paru d'abord négatif, mais les psychanalystes ont découvert qu'il est le moyen de comprendre mieux le transfert et d'avoir un accès à ses propres réactions inconscientes. Ainsi d'une cure à l'autre, le psychanalyste n'est jamais « identique à lui-même », il évolue par la progressive découverte de son propre inconscient et de la compréhension plus profonde des phénomènes de transfert et de leurs évolutions. Ceci explique la grande difficulté de comparer des cures entre elles, soit menées par des psychanalystes différents soit pour un même psychanalyste d'une période à l'autre. La dimension singulière de l'expérience d'une cure analytique rend pour le moment une approche scientifique classique très réductrice, sauf à considérer de très grands nombres de cure, mais les résultats en seraient de faible apport théorique (les appréciations étant très largement subjectives).

Le patient prend conscience de nombreux fantasmes, notamment à travers l'interprétation du transfert. Il s'agit aussi d'un travail quasi historique sur la biographie (psychique) du sujet. Le transfert est ensuite liquidé (de nombreuses phases sont décrites dans ce processus) et la phase intense de l'analyse se termine, mais, une fois ce processus enclenché et relativement compris par la personne, l'analyse ne cesse jamais vraiment : elle entre dans les processus habituels de réflexion de la personne affrontée à des difficultés intérieures ou extérieures.

À l'origine de la cure, une personne demande de l'aide à quelqu'un (le psychanalyste) qu'elle suppose savoir pourquoi elle est en difficulté. L'analysant (ce terme est utilisé depuis Lacan, pour marquer que la personne qui engage une cure est active et engagée dans un travail personnel devant le psychanalyste) évoque les divers aspects de sa vie, ses répétitions douloureuses, ses symptômes, ses rêves, etc. L'analyste, dans cette « écoute flottante » préconisée par Freud, va intervenir pour aider l'analysant à aller plus loin, pour mettre en valeur un dire, en reprenant un mot, en ponctuant un silence, en posant une question, en coupant la séance...

Par associations, de manière inconsciente, la biographie, peu à peu, va se dire différemment et les symptômes évoluer de telle sorte que l'analysant saura ne plus leur être soumis et trouver ainsi sa place de sujet dans les divers liens sociaux. En fin de cure, si celle-ci se termine, il aura compris, concrètement, que le sujet supposé savoir n'est pas le psychanalyste, mais lui-même.

Il est important de signaler que le paiement, pour des raisons symboliques et thérapeutiques, doit se faire en liquide, à l'issue de la séance. La justification, argumentée, en est que la dette de l'analysant doit être réglée sur le champ, sans la laisser s'accumuler au fil du temps : l'analysant doit être libre d'interrompre sa cure après chaque séance (moyen de marquer que l'analysant n'est pas prisonnier d'un contrat de longue durée, ni dans un groupe de type sectaire).

Psychodrame analytique

Le psychodrame de Moreno amena les psychanalystes à remanier ce procédé afin de créer le psychodrame analytique.

Psychodrame analytique individuel

Voir aussi psychodrame analytique individuel

* Le psychodrame analytique individuel regroupe un psychanalyste meneur de jeu, un patient et plusieurs analystes cothérapeutes. Le meneur de jeu ne participe pas aux scènes. Le psychodrame comprend plusieurs temps :
o Le temps de l'élaboration de la scène, discours entre le patient et le meneur de jeu ;
o Le temps du jeu, dans lequel prime la figuration y compris gestuelle, l'association libre, et qui se comprend souvent comme transitionnel ;
o Le temps de l'interprétation, dans lequel le meneur de jeu renvoie au patient ce qu'il a mis dans la scène.

* Si le jeu permet une élaboration plus facile, et recommande le psychodrame pour des individus très inhibés ou souffrant de difficultés quant à la représentation, l'interprétation et le transfert latéralisé assurent une thérapeutique spécifiquement analytique.

* Le jeu psychodramatique est souvent comparé aux restes diurnes d'un rêve.

Psychodrame analytique de groupe

Voir aussi psychodrame analytique de groupe

Il faut distinguer le psychodrame analytique de groupe et le psychodrame analytique en groupe ou un patient se retrouve dans un groupe de deux ou trois cothérapeutes.

Le psychodrame analytique de groupe se fonde sur les mêmes principes que le psychodrame individuel. Il y a « couple thérapeutique » , c'est-à-dire un thérapeute homme et un thérapeute femme, et les patients eux-mêmes se font cothérapeutes. Il y a, éventuellement, un observateur, spectateur hors des enjeux de la scène. Les phénomènes de groupe sont alors particulièrement pertinents (par opposition au psychodrame analytique individuel, dans lequel les phénomènes de groupe sont finalement restreints aux cothérapeutes).

Le rôle des patients définit des indications spécifiques, celles de patients capables d'écouter les autres, d'être sensibles à d'autres problématiques, pouvant participer à des scènes qu'ils n'ont pas construites. Le psychodrame de groupe sera souvent à visée de formation.

Psychanalyse groupale, familiale et de couple

La psychanalyse et le groupe

« L'inconscient produit partout et toujours des effets contre lesquels les humains ne cessent de se défendre, ou qu'ils interprètent faussement, ou encore qu'ils cherchent à manipuler par des voies obscures pour un profit supposé. »

(Cf. Didier Anzieu, Le groupe et l'inconscient, Dunod, 1999)

* Le cadre de la psychanalyse de groupe

Comme dans la cure, « la tâche du sujet est d'exprimer tout ce qu'il pense, imagine, ressent dans la situation, c'est-à-dire de “symboliser” les effets que celle-ci exerce sur lui. La tâche du psychanalyste est de comprendre comme transfert, ou comme résistance au transfert, tout ce que le sujet cherche à signifier dans cette situation. » (p. 9)

Par ailleurs, « une fois énoncées les règles dont le psychanalyste se fait le garant, celui-ci a non pas à veiller en censeur à leur application par le ou les sujets, mais à chercher à comprendre et à interpréter les manquements à ces règles, ou les difficultés de leur mise en pratique. » (p. 11)

Les inconscient des différents membres du groupe sont en interaction : « à tout effet inconscient tendant à se manifester dans un champ quelconque correspond une résistance s'opposant à cette manifestation ». (p. 15) Par exemple, toute tentative d'organisation, autre que les règles minimales prévues par le cadre, a un caractère défensif. Chaque défense est le contre investissement d'une pulsion.

Les deux règles fondamentales de non–omission et d'abstinence sont valables pour le groupe. (p. 16) Les participants énoncent en séance les échanges qu'ils ont eu à propos du groupe en dehors des réunions. De son côté, l'animateur interprétant garantit le respect des consignes et permet « au transfert de se développer sur lui et sur le groupe ». Il communique « à tous ce qu'il a compris. » (p. 17)


* Le groupe en situation

La liberté de parole place chaque participant face à ses désirs refoulés et à l'angoisse de « transgresser l'interdit en les formulant ». (p. 16)

« Personne n'est propriétaire d'aucune place et le moniteur donne lui-même l'exemple en changeant occasionnellement de place d'une séance à l'autre ». (p. 18) « D'un côté les participants engagés dans un processus inconscient de transfert, arrivent à l'élaborer par un travail de symbolisation. De l'autre côté, les moniteurs se dégagent de leur contre-transfert inconscient par un travail d'inter-analyse, et ils saisissent et communiquent le sens du transfert par un travail d'interprétation. » (p. 20)

L'interprétation n'est possible qu'au moment où les échanges du groupe laissent entendre que ses membres sont en train d'accéder à cette symbolisation.


* Repères interprétatifs

* Le petit groupe est l'objet d'un transfert, en plus des transferts existant des membres entre eux et sur l'interprétant (Pontalis, 1963).
* Le groupe, comme le rêve, est l'accomplissement d'un désir refoulé (Anzieu, 1966).
* Le vocabulaire psychosociologique de dynamique des groupes exprime une attitude défensive envers les processus inconscients du groupe (Anzieu, 1971).
* « L'illusion groupale » est une façon pour le groupe de se constituer en objet transitionnel, pour se départir de la tout-puissance maternelle (Anzieu, 1971).
* L'angoisse dans le groupe est de nature psychotique, elle est accrue dans les groupes non directifs. Elle donne naissance à deux formes principales de résistances : la mise en place d'un leadership et la division en sous-groupes (Bejarano, 1972).
* La production d'une idéologie par un groupe est le signe de la « dénégation défensive d'un fantasme originaire » (Kaës, 1971, 1973). L'autre voie d'élaboration des fantasmes du groupe est le mythe (Kaës, 1971).
* Le groupe présente un « appareil psychique » combinant les mêmes instances que l'appareil psychique individuel, selon des modes de fonctionnement qui lui sont spécifiques (Kaës, 1976).
* Lorsqu'ils se réunissent en groupe large, les psychanalystes n'échappent pas à l'angoisse du déferlement de la pulsion de mort. De surcroît, ils déplacent sur leurs collègues et sur le groupe (l'institution) les pulsions qui ne peuvent pas s'exprimer dans l'espace des séances.
* Deux strates principales de fantasmes à interpréter (hors les fantasmes originaires) :
* Position dépressive ou persécutive à l'égard du groupe vécu comme une mère toute puissante, accompagnée d'angoisses de perdre la mère et d'être détruit.
* Meurtre collectif du père, chasse aux usurpateurs et tabou de l'inceste.
* Le groupe des moniteurs réalise une « analyse intertransférentielle » ou contrôle réciproque (Kaës, 1982).


* Modalités d'interprétation

* L'interprétation dans le groupe est purement actuelle, fondée sur l'ici et maintenant du groupe (angoisses, défenses, désirs inconscients).
* Elle est adressée à l'ensemble du groupe (et non individuellement).

Psychanalyse des enfants

Voir aussi Psychanalyse des enfants

Psychanalyse des adolescents

* Psychanalyse des adolescents

Ethnopsychanalyse

* Rébeca Grinberg, Leon Grinberg : "Psychanalyse du migrant et de l'exilé", Ed.: Cesura, 1987 , ISBN 2905709022

Voir aussi psychanalyse des migrants.

Rêve éveillé en psychanalyse

* FREUD donne ce nom à un scénario imaginé à l'état de veille, soulignant ainsi l'analogie d'une telle rêverie avec le rêve. Les rêves diurnes constituent, comme le rêve nocturne, des accomplissements de désir. Leurs mécanismes de formation sont identiques, avec prédominance de l'élaboration secondaire. Comme source commune et modèle normal de toutes ces créatures fantasmatiques, on trouve ce qu'on nomme les rêves diurnes de la jeunesse, auxquels on a déjà accordé dans la littérature une certaine attention même si elle n'est pas encore suffisante. Dans la rue, on reconnaît facilement néanmoins celui qui est pris dans un rêve diurne à un sourire subit, par où il signale le point culminant de la situation dans son rêve. La fonction de perturbateurs du sommeil et de formateurs des images du rêve est assurée par ce qu'on appelle les restes diurnes, processus de pensée investis d'affects, provenant du jour du rêve, et qui ont dans une certaine mesure résisté à l'abaissement générale du sommeil. On découvre ces restes diurnes lorsqu'on ramène le rêve manifeste aux pensées latentes du rêve. Ils sont des fragments de celles ci et appartiennent donc – qu'ils soient conscients ou demeurés inconscients – aux activités de la veille, qui peuvent se poursuivre pendant le temps du sommeil. Correspondant à la variété des processus de pensée dans le conscient et l'inconscient, ces restes diurnes ont les significations les plus nombreuses et les plus diverses. Il peut s'agir de désirs inassouvis ou d'appréhensions, de tentatives pour s'adapter à des problèmes qui surgissent, etc. Dans cette mesure il faut évidemment que la caractéristique dont il s'agit apparaisse justifiée du point de vue du contenu reconnu par l'interprétation. Mais ces restes diurnes ne sont pas encore le rêve, bien plus il leur manque l'essentiel de ce qui constitue le rêve. Ils ne sont pas capables à eux tous seuls de former un rêve. En toute rigueur, ils ne sont que le matériel psychique dont a besoin le travail du rêve, tout comme les excitations sensorielles ou corporelles survenant d'une manière contingente, ou les conditions introduites expérimentalement, forment son matériel somatique. Leur attribuer le rôle principal dans la formation du rêve ne signifie rien d'autre que répéter à une autre place l'erreur préanalytique, qui était de croire que les rêves sont expliqués du moment qu'on a mis en évidence une mauvaise digestion ou une pression sur un endroit de la peau. Tant il est vrai que ces erreurs scientifiques ont la vie dure et sont toujours prêtes, si on les écarte, à revenir subrepticement sous de nombreux masques. Pour autant que nous ayons pénétrer cet état de fait, nous devons dire que le facteur essentiel de la formation du rêve est un désir inconscient, généralement un désir inconscient infantile maintenant refoulé qui peut venir à s'exprimer dans ce matériel somatique ou psychique (donc également dans les restes diurnes) et pour cette raison lui prête une force lui permettant, même pendant la pause nocturne de la pensée, de forcer le passage jusqu'à la conscience. Cette fois l'accomplissement de ce désir inconscient est le rêve, même si celui ci contient par ailleurs, comme toujours, avertissement, réflexion, aveu, et la partie par ailleurs non liquidée du riche contenu de la vie éveillée préconsciente qui se prolonge dans la nuit. C'est le désir inconscient qui donne au travail du rêve son caractère particulier, celui d'une élaboration inconsciente d'un matériel préconscient. Le psychanalyste ne peut caractériser le rêve que comme le résultat du travail du rêve. Il ne peut mettre les pensées latentes du rêve au compte du rêve, il doit le mettre au compte de la réflexion préconsciente, bien que ce soit d'abord par l'interprétation du rêve qu'il ait pris connaissance des ces pensées. En même temps s'ajoute au travail du rêve l'élaboration secondaire opérée par l'instance consciente. On peut en faire abstraction sans rien changer à la conception présentée. On devrait dire alors : le rêve au sens psychanalytique du terme comprend le travail du rêve proprement dit et l'élaboration secondaire du résultat de ce travail.

Enjeux de la psychanalyse

* pour la considération de la place philosophique qu'occupe la métapsychologie freudienne, le contexte philosophique dans laquelle elle a émergé, voir importance de la psychanalyse.
* pour son influence sur d'autres disciplines, voir influence de la psychanalyse.

Critique de la psychanalyse

Voir aussi critique de la psychanalyse

Les critiques de la psychanalyse sont aussi difficiles à assembler que la psychanalyse tellement l'une et les autres son variées et en ce qu'elles proviennent de sources fort différentes ; il est cependant possible de rendre compte, très grossièrement, des champs que couvrent ces reproches.



Psychanalystes célèbres
Article détaillé : Psychanalyste.

Voir aussi

Articles connexes

* Appareil psychique
* Sexualité infantile
* narcissisme
* Brisures du complexe narcissique
* Psychothérapie psychanalytique
* Résistance
* Analyse des logiques subjectives
* Confession voilée
* Résilience (psychologie)
* Critiques de la psychanalyse

Liens externes

* Squiggle.be Pour librement associer psychanalyse et grand public. Des analystes de différentes associations, pays répondent aux questions que le public se pose. + Les liens mis à jour sur Del.ici.ous Les liens de Squiggle
* Le site de René DesGroseillers - Portail de la psychanalyse en français. Une explication claire et succincte des principaux courants de la psychanalyse
* Fédération européenne de psychanalyse :http://www.epf-eu.org/pub/bulletinv04/home_fr.html
* Lituraterre.org Groupe psychanalytique de recherche sur les causes de l'illettrisme
* Société psychanalytique de Paris : http://www.spp.asso.fr/
* Les Forums du Champ lacanien
* La catégorie Psychanalyse du dictionnaire de Psychologie en ligne.
* L'Association Psychanalytique de France : http://www.associationpsychanalytiquedefrance.org/main.php
* Forum psychanalytique de Bruxelles
* Ecole Lacanienne de Psychanalyse
* Droit et Psychanalyse Vide juridique ? Quel vide juridique ? Essai de « qualification juridique des faits » de la psychanalyse, seule référence de doctrine juridique en la matière touchant à la définition de la psychanalyse par l'autorité publique — quelques lignes sur le sujet parmi les volumes JurisClasseur et Dalloz
* Paradoxe de l'anorexie : une approche psychanalytique
* Psychanalyse C'est dans un article écrit en français et publié le 30 mars 1896 que l'on découvre pour la première fois le mot « psychanalyse » (...) On peut donc retenir comme date de naissance du vocable « psychanalyse », le 5 février 1896 (Christophe Bormans, http://www.psychanalyse-paris.com).
* "INSERM. Psychothérapie: Trois approches évaluées", Expertise Collective INSERM, 2004 L'expertise évalue les approches psychodynamique (psychanalytique), cognitivo-comportementale, familiale et de couple.

Revues

* Nouvelle Revue de Psychanalyse ( NRP )
* Revue Française de Psychanalyse ( RFP )
* Le bloc-notes de la psychanalyse

Références

* Textes de Freud en ligne
* Quelques extraits ciblés fondamentaux des écrits de Freud
* Sigmund Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse, (ISBN 2-22889-408-7)
* Sigmund Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne, (ISBN 2-22889-402-8)
* Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, Payot
* Sigmund Freud, Le Mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, Gallimard
* Pierre Kaufmann, L'Apport freudien
* Jean Laplanche, Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse PUF-Qadridge
* Jacques Chazaud : "Petit dictionnaire raisonné de la psychanalyse", Privat1988 ISBN 2708919733
* de Mijolla Alain "Dictionnaire internationnal de psychanalyse", 2 VOL, Ed: Hachette Pluriel
* Ilana Reiss-Schimmel : "La psychanalyse et l'argent" , 1993, Ed O.Jacob, ISBN 2738102263
* Elisabeth Roudinesco, Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard
* Harold Searles "Le contre transfert "Gallimard
* Donald Winnicott, De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot
* Donald Winnicott, Jeu et Réalité, Gallimard
* André Haynal : "Psychanalyse et sciences face à face: épistémologie, histoire", Ed.: Césura Lyon, 1991, ISBN 2905709529
* Francis Pasche : "Le sens de la psychanalyse" Ed.: Presses Universitaires de France, 1988, ISBN 2130418759
* Francis Pasche : "Le passé recomposé: Pensées, mythes, praxis" Ed.: PUF, 2000, ISBN 2130502210
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# Posté le mardi 29 août 2006 17:16

histoire de w.riech

histoire de w.riech
Wilhelm Reich est un psychiatre, psychanalyste et critique de la société autrichien né le 24 mars 1897 à Dobrzcynica, alors en Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Ukraine, et mort le 3 novembre 1957 à Lewisburg, Pennsylvanie, États-Unis d'Amérique.

Élève de Sigmund Freud à Vienne, il est connu pour ses contributions à la sexologie et à la thérapie psychanalytique, son engagement en faveur de l'émancipation sexuelle, et ses recherches controversées sur l'« énergie d'orgone ». Par l'édition de son livre Die funktion des Orgasmus dédié à Sigmund Freud en 1927, il a été la première personne à remettre en cause la suprématie de l'homme, par une description méthodique de sa pratique sexuelle et des justifications qu'il en donne, tant dans sa réalité que dans sa symbolique ; et par là même, de sa domination 6 fois millénaire sur la destinée du couple humain.
Biographie

Premières années

Wilhelm Reich naît en 1897 ; ses parents, Leon Reich, un fermier aisé, et Cecilia Roniger, sont juifs assimilés, et l'élèveront en dehors de toute tradition religieuse. Peu après sa naissance, sa famille s'installe plus au sud dans une ferme de Jujinetz, près de Tchernivtsi, Bucovine. Il attribuera plus tard son intérêt pour l'étude des rapports sexuels et des bases biologiques des émotions à son éducation dans la ferme paternelle, où les fonctions naturelles de la vie ne lui furent jamais cachées.

Il suivit un enseignement à domicile jusqu'à l'âge de 13 ans. A l'âge de 14 ans, il joua un rôle important dans le suicide de sa mère en révélant à son père la liaison de celle-ci avec l'un de ses précepteurs. Puis dût fuir son domicile peu après la mort de son père en 1914, lors de l'arrivée de l'Armée russe. Dans sa Passion of Youth, il écrivit : « Je ne revis jamais ni ma terre natale, ni mes biens. De ma vie passée aisée, il ne m'est rien resté. ».

Vie en Europe

Après la fin de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il combat sur le front italien, il devient médecin, puis psychiatre et s'intéresse à la philosophie, aux sciences naturelles, et à la sexologie naissante. Après des conférences sur la psychanalyse données en marge de ses études de médecine, il rencontre Freud à l'Université de Vienne qui lui offre deux de ses livres et l'encourage. Il participe activement au séminaire de psychanalyse dont il devient rapidement le sous-directeur, il est notamment avec Sandor Ferenczi l'initiateur d'un nouveau séminaire : le séminaire technique, et publie plusieurs ouvrages, dont l'un sur la « fonction de l'orgasme (1927) » qu'il dédicace à [son] Maître, (cf. bibliographie) où est clarifié les concepts « d'économie sexuelle » et de caractère génital.

Reich se rend compte que, pour une grande part, la cause des névroses est d'origine socio-économique (problèmes de logement, indépendance économique de la femme, difficultés de contraception). Il forme un groupe de médecins et d'infirmiers pour aider les personnes dans les quartiers pauvres de Vienne. Il crée un dispensaire psychanalytique gratuit pour les plus démunis. Du fait de cette implication sociale, son entourage psychanalytique le force à déménager en Allemagne en 1930 à Berlin. Il adhère au parti communiste pour accéder plus facilement à la jeunesse en révolte afin de lui dispenser des conseils en matière de sexologie, aussi par brochures. Il est en désaccord avec l'apolitisme de la Société de psychanalyse.

Son engagement se poursuivant auprès des masses, il crée SEXPOL, un centre public de recherches et de discussion sur les conditions de vie contemporaines et les conditions d'épanouissement de la satisfaction sexuelle dans les masses populaires. Sexpol attira de nombreuses associations, plus de cent mille adhérents, et fut interdite lors de la montée du nazisme. Il en reste son journal "Zeitschrift für Politische Psychologie und Sexualökonomie"

Ses relations avec Sigmund Freud sont amicales tant que Reich « s'en tient à la psychanalyse », et il fait partie du cercle de ses intimes. Mais un désaccord survient à propos de la théorie de Freud sur Thanatos et Eros : selon Reich, Thanatos ("l'instinct de mort") n'est qu'une pulsion secondaire, acquise au cours de la vie du souffrant, et non pas primaire (Freud). Avec le risque consécutif à la persécution des communistes par le nouveau régime nazi, leurs relations se détériorent.

En 1933, en tant que juif et communiste, il fuit l'Allemagne nazie. Il s'exile au Danemark, puis en Norvège, où il entreprend des recherches sur la « fonction biologique de la sexualité et de l'angoisse » (Biological function of sexuality and anxiety) avec l'aide d'une nouvelle équipe, formée de médecins, de psychanalystes, d'un ingénieur en électricité, étude qui le conduit à s'intéresser à la biogénèse qui l'amènera à la découverte des bions.

En 1939, Il passe en Angleterre pour rencontrer l'ethnographe Bronislaw Malinowski (c'est à partir d'un des livres de Malinowsky qu'il a élaboré une théorie de l'évolution du matriarcat au patriarcat - l'irruption de la morale sexuelle), qui l'invite à le rejoindre aux États-Unis, pour occuper un poste de maître de conférence.

Vie aux États-Unis

Reich est accueilli aux États-Unis par Théodore Wolfe, il s'établit à New York où il enseigne la psychiatrie et l'analyse caractérielle à la New School for Social Research et où il exerce également comme psychiatre-psychanalyste dans son cabinet privé. Après quelques années, il achète, dans le Maine, une grande propriété, qu'il baptise Orgonon, où il crée l' « Orgone Energy Clinic », destinée au dépistage des maladies énergétiques (biopathies), et l' « Orgonomic Infant Research Center », dédié à l'étude de l'enfant depuis le stade prénatal jusqu'à l'adolescence pour poursuivre ses travaux avec ses assistants dans le domaine de la biologie et la biophysique. Y ont eu lieu des conférences sur ses découvertes, inventions et sur l'évolution de ses recherches, d'où il éditera un journal (disponible en microfilms à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris) et où venaient le visiter ses collaborateurs. Ce lieu est actuellement le musée Wilhelm Reich ; il se situe à Rangeley.

ORANUR

Le 15 décembre 1950 commence l'expérience ORANUR (Orgonotic Anti-Nuclear Radiation). Reich enferme une aiguille de radium radioactif dans un de ses accumulateurs. Le but de reich est de vérifier si l'orgone concentré peut contrer les effets mortifères des radiations atomiques. En février de l'année suivante, l'expérience aboutit à une catastrophe énergétique, le lieu devenant inhabitable.

Par ailleurs, Reich propose à des patients volontaires un traitement expérimental pouvant les aider à surmonter leur cancer, ses patients s'irradiant dans un "accumulateur d'orgone" et bénéficiant parallèlement d'une "végétothérapie caractério-analytique". Des prélèvements sanguins (quelques gouttes de sang) sont réalisés pour évaluer les effets de l'irradiation sur l'organisme : sur ces questions, consulter le livre "la biopathie du cancer" ed. Payot.

Reich suscite l'hostilité de la communauté psychanalytique et médicale américaine et les critiques des conservateurs. Ces expériences sont jugées comme privant les malades de thérapie et les mettant en danger. À cette époque, comme lors de sa période scandinave, des rumeurs le qualifient fou et lubrique.

Cloudbuster

Parmi ses inventions, citons le Cloudbuster (téteur d'éther, ou brise-nuage) à l'aide duquel il prétendit faire pleuvoir, d'abord au cours de sécheresses dans le Maine, et ensuite dans les régions arides (essais en Arizona en 1955-57) ; il s'en sert aussi pour repousser les tempêtes, plusieurs versions du cloudbuster ont existé, le principe demeurant le même.

Problème judiciaire

D'après des vérifications entreprises par la Food and Drug Administration, organisme public qui réglemente les fraudes, un tribunal lui interdit la location des accumulateurs d'orgone aux États-Unis. Outrepassant ces injonctions, il est arrêté deux fois. Jugé une première fois, il refuse de se présenter devant un tribunal une seconde fois, car il estime qu'il n'est pas de la compétence d'un tribunal civil de juger d'une découverte scientifique. Il sera condamné pour outrage à la cour à deux années d'emprisonnement en 1956 ; il meurt en prison le 3 novembre 1957.


En mai 1957 depuis la bibliothèque de la prison, il écrit ces mots à son fils Peter.

Je suis fier de me retrouver en si bonne compagnie avec les Socrate, Christ, Bruno, Galilée, Moĩse, Savonarole, Dostoĩevski, Gandhi, Nehru, Mindszenty, Luther et tous les autres qui combattirent contre le démon de l'ignorance, les décrets illégitimes et les plaies sociales... Tu as appris à espérer en Dieu comme nous avons compris l'existence et le règne universels de la Vie et de l'Amour.

Le verdict est toujours aujourd'hui objet de controverse pour certains. Les tenants de la théorie du complot continuent d'utiliser ces travaux. Ils prétendent, sans source, que parmi ces projets, plusieurs ont été partiellement financés par un organisme directement dépendant du FBI ou de la CIA. Le contexte politique américain de la fin des années 50, marquée par la chasse aux sorcières, son appartenance au parti communiste qui avait été à l'origine de certains de ses déboires lors de son entrée aux États-Unis, mais surtout le verdict de justice concernant l'orgone, leur semble étrange : « l'énergie d'orgone n'existe pas ». Ce jugement semble leur prouver que Reich était un savant persécuté pour ses découvertes extraordinaires.

Recherches actuelles basées sur les travaux de Reich

De nombreuses méthodes thérapeutiques parallèles s'inspirent des théories de Reich. Les défenseurs de la bio-énergie, ou encore de la végétothérapie, se réclament ainsi de lui.

Un des concepts-clés de Reich est celui-ci : « l'inaptitude physiologique à la liberté » de l'humain actuel, inaptitude qu'il faudrait reconnaître et surmonter afin que la lutte pour la liberté ne débouche plus sur une nouvelle forme de non-liberté, comme c'était le cas jusqu'à présent.

Aujourd'hui en France plusieurs groupes thérapeutiques se réclament de la pratique reichienne. Citons par exemple la Somatothérapie de Richard Meyer, à Strasbourg, ou le Cercle d'Etudes Wilhelm Reich de Jacques Lesage de La Haye, en région parisienne.

Les thérapies primales et l'intégration posturale sont des pratique néo-reichiennes.

Pour ce qui est de la recherche scientifique, c'est la plupart du temps au point mort, ou bien on a affaire à des pratiques pseudoscientifiques. Exception faite du travail des chercheurs canadiens Paulo et Alexandra Correa et de l'allemand John Joachim Trettin. (cf [1]) et du travail de James DeMeo, à Ashland, dans l'Orégon.

Exposé of the secret and not-so-secret misery of (an)organomy and reichianism, considered in all of its aspect-- spriritual, material, sexual, economic and political, and in particular scientific par Malgosia Askanas, Ph.D.

Références

Abréviations : FSG pour Farrar, Straus and Giroux, New York. Les maisons d'édition françaises sont domiciliées à Paris sauf mention contraire.

Littérature primaire :

* Premiers écrits, vol. 1 (articles, 1920–1925), Payot, 1976.
* Premiers écrits, vol. 2 : la génitalité dans la théorie et la thérapie des névroses, Payot, 1982. Orig. allemand Die Funktion des Orgasmus, 1927 remanié à partir de la théorie de l'orgone.
* Die Funktion des Orgasmus (1927) Traduction du texte original dans une édition pirate épuisée (1975) chez les Éditions du Nouveau Monde, 17 impasse Lénine, 93 Montreuil.
* Matérialisme dialectique et psychanalyse dans La crise sexuelle, Éditions sociales, 1933. Orig. allemand Dialektischer Materialismus und Psychoanalyse, 1929.
* La lutte sexuelle des jeunes, François Maspero, 1972. Orig. allemand Der Sexuelle Kampf der Jungend, 1932.
* Qu'est-ce que la conscience de classe ? écrit sous le pseudonyme de Ernst Parell, traduction et édition de Constantin Sinelnikoff, 1971.
* L'irruption de la morale sexuelle, Payot, 1999. Orig. allemand Der Einbruch der Sexualmoral, 1932.
* L'analyse caractérielle, Payot, 1996. Orig. allemand Charakteranalyse, 1933. Éd. américaine Character Analysis, 1945, 1949, réimp. FSG, 1980.
* La psychologie de masse du fascisme, Payot, 1999. Orig. allemand Massenpsychologie des Faschismus, 1933. Éd. américaine The Mass Psychology of Fascism, 1946, réimp. FSG, 1970.
* The Bions Experiments : on the Origine of Life, FSG, 1979 traduction anglaise de Die Bione Oslo, 1938.
* La révolution sexuelle, Christian Bourgeois, 1982. Orig. allemand Die Sexualität im Kulturkampf, 1936.
* The Bioelectrical Investigation of Sexuality and Anxiety (articles, 1934–1938), FSG, 1982.
* Children of the Future: On the Prevention of Sexual Pathology (articles, 1928–1938), FSG, 1983.
* La fonction de l'orgasme, L'Arche, 1986. Orig. allemand Die Funktion des Orgamus, trad. américaine The Function of the Orgasm, 1942, 1948, réimp. FSG, 1973.
* La biopathie du cancer, Payot, 1985. Orig. allemand Der Krebs, trad. américaine The Cancer Biopathy, 1948, réimp. FSG, 1973.
* Écoute, petit homme !, illustré par William Steig, Payot, 1999. Orig. allemand Rede an den kleinen Mann, trad. américaine Listen, Little Man!, 1948, réimp. FSG, 1974.
* L'éther, Dieu et le diable, Payot, 1999. Orig. allemand et américain Ether, God and Devil, 1949, réimp. FSG, 1973.
* La superposition cosmique, Payot, 2001. Orig. américain Cosmic Superimposition, 1951, réimp. FSG, 1973.
* The Oranur Experiment, 1951, xerox Wilhelm Reich Museum, Rangeley.
* The Orgone Energy Accumulator, Its Scientific and Medical Use, 1951, xerox Wilhelm Reich Museum, Rangeley.
* Le meurtre du Christ, Champ Libre, 1971. Orig. américain The Murder of Christ, 1953, réimp. FSG, 1978.
* Les hommes dans l'État, Payot, 1978. Orig. américain People in Trouble, 1953, réimp. FSG, 1978.
* Contact with Space, 1957, xerox Wilhelm Reich Museum, Rangeley.
* Selected Writings: An Introduction to Orgonomy, FSG, 1961.
* Reich parle de Freud, Payot, 1998. Orig. américain Reich Speaks of Freud, FSG, 1967.
* The Record of a Friendship: The Correspondence of Wilhelm Reich and A. S. Neill, FSG, 1984.
* Passion de jeunesse, L'Arche, 1997. Orig. américain Passion of Youth: An Autobiography 1897–1922, FSG, 1988, 2005.
* Beyond Psychology: Letters and Journals 1934–1938, FSG, 1994.
* American Odyssey: Letters and Journals 1940–1947, FSG, 1999.

Les ½uvres complètes états-uniennes de Wilhelm Reich (livres, articles et journaux de recherche) sont disponibles sur microfiches à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris. Les ½uvres psychanalytiques sont dans les archives de Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse, Zeitschrift für Sexualwissenschaft, Zeitschrif für Aerztliche Psychotherapie, International Psychoanalyse Verlag, etc.

Littérature secondaire en langue française :

* Baker, Elsworth F. : L'homme pris au piège, éd. de Verlaque, Aix-en-Provence, 1993. Orig. américain Man in the Trap, Macmillan, NY, 1967, réimp. American College of Orgonomy, 2000.
* Bean, Orson : Moi et l'orgone, Érès, Ramonville, 2002. Orig. américain Me and the Orgone, St Martin's Press, NY, 1971, réimp. American College of Orgonomy, 2000.
* Bertin, Georges : Un imaginaire de la pulsation : lecture de Wilhelm Reich, Presses de l'université de Laval, Québec, 2004.
* Dadoun, Roger : Cent fleurs pour Wilhelm Reich, Payot, 1975, 1999.
* DeMeo James : Le manuel de l'accumulateur d'orgone, Sully (Vannes) 2001
* Gardner, Martin : Les magiciens démasqués (chapitre 21), Presses de la cité, 1966. Orig. américain Fads and Fallacies in the Name of Science, Dover Publications, NY, 1952, 1957.
* Marchi, Luigi de : Wilhelm Reich, biographie d'une idée, Fayard, 1973.
* Ollendorff, Ilse : Wilhelm Reich, P. Belfond, 1970. Orig. américain Wilhelm Reich: A Personal Biography, St Martin's Press, NY, 1969.
* Raknes, Ola : Wilhelm Reich et l'orgonomie, Érès, Ramonville, 1989, 2002. Orig. américain Wilhelm Reich and Orgonomy, Penguin, 1970.
* Reich, Peter : À la recherche de mon père : rêves éclatés, Albin Michel, 1977. Orig. américain A Book of Dreams, Harper & Row, NY, 1973.
* Rycroft, Charles : Wilhelm Reich, Seghers, 1972. Orig. américain Wilhelm Reich, Viking Press, NY, 1971.
* Sinelnikoff, Constantin : L'½uvre de Wilhelm Reich, Les nuits rouges, 1970, 2002.

Littérature secondaire en langue anglaise :

* Boadella, David : Wilhelm Reich, the Evolution of his Work, Henry Regnery, Chicago, 1973.
* Brady, Mildred Edie : « The Strange Case of Wilhelm Reich », in The New Republic, 26 mai 1947.
* — : « The New Cult of Sex and Anarchy », Harper's, avril 1947.
* Corrington, Robert : Wilhelm Reich, Psychoanalyst and Radical Naturalist, FSG, 2003.
* Mann, W. Edward : Orgone, Reich and Eros: Wilhelm Reich's Theory of the Life Energy, Simon and Schuster, NY, 1973.
* Sharaf, Myron R. : Fury on Earth: A Biography of Wilhelm Reich, St Martin's Press, NY, 1983, réimp. Da Capo Press, NY, 1994.
* Wilson, Robert Anton : Wilhelm Reich in Hell (pièce de théâtre), Falcon Press, Phoenix, 1987.

Filmographie :

* W.R. — Misterije organizma, docu-fiction de Du¨an Makavejev, 1971.
* Wilhelm Reich — Viva Little Man!, documentaire de Digne Meller-Marcovicz, 1987.

Liens externes

Liens en français :

* Wilhelm Reich : présentation, sa vie, son ½uvre sur le site de Philippe Coutant
* Biographie sur le site de l'Association pour la connaissance de l'orgone
* Wilhelm Reich sans Freud, Marx, Orgone par Bernd A. Laska
* Mouvement international pour une écologie libidinale, un mouvement politique inspiré par Reich
* Végéthothérapie

Liens en langue étrangère :

* (en) le musée Wilhelm Reich à Rangeley dans le Maine, notable pour sa biographie de Reich
* (en) ORAC anomalies
* (en) The Specter of Wilhelm Reich
* (en) American College of Orgonomy
* (en) Reich's FBI File
* (en) Orgone Biophysical Research Lab de James DeMeo
* (en) Wilhelm Reich, Rotten.com Library
* (en) entrée sur Orgone Energy, Wilhelm Reich dans The Skeptic's Dictionary de Robert Todd Carroll
* (en) science of the metrics of the aether pour une approche des théories de Wilhelm Reich en Biophysique.
* (de) Wilhelm Reich: Mein Ausschluss aus der IPV (exclusion de Reich de l'AIP)
* (de) John Joachim Trettin
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# Posté le mardi 29 août 2006 17:26

vie de vienet

vie de vienet
René Vienet
Auteur de « La Dialectique peut-elle casser des briques? », premier film entièrement détourné de l'histoire du cinéma.

René Viénet, né au Havre, sinologue a vécu 20 ans en Chine et à Taiwan.

Enseigne le chinois à polytechnique de 1974 à 1978.

A travaillé au CNRS.

Auteur critique du régime chinois.

A été membre de l'Internationale Situationniste au cours des années 60 et s'est occupé de la bibliothèque asiatique pour les éditions Champ Libre.

A monté une maison d'édition.
René Viénet, est un des seuls sinologues français à avoir dénoncé le régime totalitaire chinois et sa nihiliste Révolution Culturelle, à une époque où, de droite à gauche, beaucoup faisaient les yeux doux à Mao Tsé-Toung. Pendant cinq émissions A voix nue revient sur cette personnalité hors du commun.

René Viénet est né au Havre, où son père est docker. Lycéen, il séduit une cheftaine scoute qui est la s½ur de la compagne de Guy Debord : quand il monte à Paris faire des études de Chinois avec Jacques Pimpaneau, il intègre l'Internationale Situationniste. Etudiant en Chine il y vit les prémisses de la « révo-cul » (le terme est de lui). Il en est expulsé en 1966, et n'a pas de mal à être à l'origine des premières dénonciations en France de la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne ».

René Viénet a été renvoyé du CNRS à deux reprises (cas unique) pour, entre 1971 et 1978, s'en être pris violemment à ceux qui défendaient Mao, notamment en publiant la cinquantaine de livres de sa collection «la bibliothèque asiatique», itinérante d'éditeur en éditeur (Champs Libre avec Gérard Lébovici, 10-18 avec Christian Bourgois...)
C'est lui qui révèle Simon Leys dont il a d'abord édité une étude d'art « la vie de Su Ren-shen , rebelle fou et peintre », en l'incitant à publier « Les habits neufs du président Mao », et « Ombres chinoises », mais il a aussi fait traduire et analyser toutes sortes d'études comme « Révo.cul. dans la Chine pop ». Cette anthologie de textes des gardes rouges débute par « A force de flairer l'oignon des bureaucrates les garde rouges ont fini par pleurer). Viénet suit et souvent précède l'évolution de la politique chinoise, jusqu'aux textes du Printemps de Pékin dont « la sixième modernisation » de Wei Jing Sheng, alors que le dissident chinois vient d'être condamné (« Un bol de nid d'hirondelle ne fait pas le printemps de Pékin ».
René Viénet a aussi traduit et fait publier en chinois à Hong Kong des textes qu'il avait déjà traduit en français : La tragédie de la Révolution chinoise, d'Harold Isaacs, Le despotisme oriental d'E. Balasz.
Mais le métier qu'il revendique c'est cinéaste : deux films font date : 1977 Mao par lui-même (Cannes en compétition courts-métrages) et Chinois encore un effort pour être révolutionnaire (sélection française de la «Quinzaine des réalisateurs»), dont Georges Charensol dira» que c'est à son avis le meilleur film de l'histoire du cinéma». Il est aussi responsable d' essais cinégraphiques plus cocasses « La Dialectique peut-elle casser des briques » (premier film « détourné » de l'histoire du cinéma) et « Une petite culotte pour l'été » («Enfin du cul politique sans alibi artistique !» en réponse à la phrase de Poniatowski «il n'y aura pas d'alibi artistique à la pornographie»). Ces 4 titres, qui firent les beaux jours du Saint Germain de la contre-culture, et lancèrent le Kung-fu en Occident, vont être réédités en dvd prochainement.

René Viénet après plus de vingt ans passés à Taiwan et en Chine dans différentes activités industrielles (Framatome, Cogema, Total, etc.), revient en Europe pour lancer une maison d'édition dont le premier titre est la bio définitive d'Olympe de Gouges par Olivier Blanc; le second une réédition augmentée de La Clé du Caveau; le troisième un ouvrage sur les nombreuses guerres entre la France et la Chine, etc. Tous livres dont il prévoit un prolongement audio-visuel à commencer par un film épique sur Olympe.
Avec ce personnage haut en couleurs, volontiers provocateur, A voix nue offre le parcours d'un amoureux de la Chine hors norme.
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# Posté le mardi 29 août 2006 17:32