petite histoire de l'urss

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Union des républiques socialistes soviétiques
Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических РеспубликPour écouter, cliquer sur le lien "écouter" écouter Fiche), ou l'Union soviétique, abrégée en URSS (СССР —prononcer « SSSR »— en russe), était un État fédéral qui a existé de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. Elle était l'héritière de l'Empire de Russie.

Plus vaste État du monde (elle occupait le 1/6 de la terre émergée), l'URSS s'étendait sur 11 fuseaux horaires, de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande en tant que pertes territoriales et de quelques gains territoriaux comme la Moldavie (anciennement la Bessarabie roumaine), l'Ukraine Occidentale (prise à la Pologne), les Kouriles du sud et la sud de l'île de Sakhaline (pris au Japon), la Touva ou encore la région de Kaliningrad (l'ancienne Prusse Orientale) et la Carélie orientale (prise à la Finlande).

Le territoire de l'URSS varia donc dans le temps, surtout avant et à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Le pays était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques fédérales et d'un certain nombre de républiques et régions autonomes. La Russie était, de loin, la plus importante des républiques soviétiques, tant du point de vue de sa surface, de sa population, que de sa puissance politique. Elle est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique.

La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe du 7 novembre 1917, dite "d'Octobre" (à cause des 13 jours de décalage entre notre calendrier grégorien et le calendrier julien encore suivi par les églises orientales), qui succéda à la révolution bourgeoise, dite de Février 1917, qui mit fin au règne du tsar Nicolas II. Elle fut aussi un aboutissement de la volonté de Lénine d'appliquer sa doctrine nationale en transformant une Russie unitaire et chauvine en une Union de républiques formées selon le principe de répartition ethnique et jouissant d'un certain degré d'autonomie locale.

L'organisation politique de l'URSS était définie par le règne d'un seul parti, le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) et tout particulièrement, de son bureau exécutif, le Politburo. Tout autre pouvoir (législatif, exécutif ou judiciaire), ainsi que la presse et la société civile dans son ensemble, étaient directement soumis au diktat du PCUS. Le socialisme dirigiste fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.

Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie (dite « stagnation ») dans les années 70-80, épuisée par une course aux armements coûteuse, alliée à l'émergence de forces démocratiques et centrifuges dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement unitariste, centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse. Le processus démocratique appelé perestroïka (restructuration) et glasnost (transparence) de Mikhaïl Gorbatchev, entamé en avril 1985, fut le catalyseur de ce processus.
Géographie de l'URSS
Durant son existence, l'URSS était le pays le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée (environ 30 000 000 km²). C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 nationalités (ethnies) recensées sur son territoire, une soixantaine de langues et 5 religions.

La population totale était estimée à 288 millions en 1990 (dite peuple soviétique). Aujourd'hui la Russie — ayant succédé à l'URSS — demeure toujours le pays le plus étendu du monde et reste un pays très divers, administrant des centaines de minorités, y compris musulmanes telles que les Tatares, et bien d'autres ethnies non russes.


Division territoriale de l'URSS

Entre 1954 et 1991 l'Union Soviétique était composée de 15 Républiques Socialistes Soviétiques (RSS) :
Les 15 républiques fédérées soviétiques
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Les 15 républiques fédérées soviétiques

1. RSS d'Arménie
2. RSS d'Azerbaïdjan
3. RSS de Biélorussie
4. RSS d'Estonie
5. RSS de Géorgie
6. RSS du Kazakhstan
7. RSS de Kirghizstan
8. RSS de Lettonie
9. RSS de Lituanie
10. RSS de Moldavie
11. RSFS de Russie (RSFSR)
12. RSS de Tadjikistan
13. RSS de Turkménistan
14. RSS d'Ukraine
15. RSS d'Ouzbékistan

Chaque république fédérée était, à son tour, divisée en régions (oblast), à l'exception des RSS de Lettonie, de Lituanie, d'Estonie, de Moldavie et d'Arménie qui avaient une structure unitaire. La RSFSR disposait, en plus, des "pays" (kraï) qui étaient divisés en régions autonomes, ainsi que des arrondissements autonomes faisant partie des oblasts et des kraïs. Certaines républiques fédérées (Russie, Géorgie, Azerbaïdjan, Ouzbékistan et Tadjikistan) avaient aussi dans leur structure des républiques autonomes, à certain degré d'auto-gouvernance.

Histoire de l'URSS

Voir aussi : Histoire de la Russie.

La Révolution russe et l'entre-deux guerres [modifier]

Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)

Dès le XIXe siècle, la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après une révolution réprimée de 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. Le mécontentement populaire culmine début 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.

La mise en place d'un gouvernement se réclamant de la "démocratie", mais qui souhaitait continuer la guerre, prolongea le mécontentement des masses populaires. Les bolcheviks, parti révolutionnaire marxiste, majoritaire dans les organes politique ouvriers et paysans dits "Soviets" et mené par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors d'une révolution le 25 octobre (selon l'ancien calendrier julien) ou le 7 novembre 1917, dit "Révolution d'octobre". Le slogan de la révolution qui emporta l'adhésion des masses populaires fut simple et percutant : « Usines aux ouvriers, terres aux paysans, paix aux peuples ! », ce qui signifiait nationalisations et armistice.
Affiche : "Vive la révolution mondiale!"
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Affiche : "Vive la révolution mondiale!"

Ainsi, la jeune république bolchevique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice signé en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).

Par ailleurs, la propriété privée industrielle fut supprimée et les usines et les banques, nationalisées. À la place, une propriété d'état fut instaurée sur la quasi-totalité des moyens de production, sauf agricoles. Lénine a également annulé les engagements russes sur les emprunts obligataires contractés par le gouvernement tsariste pour financer la guerre.

La jeune république socialiste soviétique russe (RSFSR) créée par la Constitution de 1918 fonctionnait selon un principe fédéral, dont le principe de gouvernance fut le centralisme démocratique. Le pouvoir législatif était exercé par les Congrès panrusse des Soviets, lequel mandatait le Comité exécutif central panrusse, tant en matière législative qu'exécutive. C'était ainsi au Comité exécutif de contrôler le Conseil des Commissaires du Peuple, lequel, avec Lénine à sa tête, était responsable du gouvernement de la RSFSR. L'apparence de la démocratie ne subsiste pas à une analyse plus poussée : noyauté et contrôlé totalement par les Bolchéviques, le Congrès des Soviets, son Comité Exécutif et donc le Conseil des Commissaires du Peuple, étaient aux mains de Lénine et de ses acolytes.

Le pouvoir d'État devint bien plus strict en raison de la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux qui fit rage jusqu'en 1921.

Le communisme de guerre (1918-1921)

Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :

* Nationalisation des industries et du commerce
* Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
* Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
* Travail obligatoire des paysans
* Interdiction de l'entreprise privée
* Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
* Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture

Les éléments de la dictature du prolétariat se mettent aussi en place à cette époque :

* Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, puis par conscription
* Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime et les "blancs" (partisans de la monarchie)
* Le parti communiste devient peu à peu parti unique
* La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
* La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument de la révolution mondiale. Les partis communistes étrangers doivent adhérer aux 21 conditions d'adhésion. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et de Bela Kun mettent fin à ces espoirs.

Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté. La guerre civile, l'embargo total décrété par les puissances occidentales sur la Russie soviétique et la politique d'expropriation de biens des paysans afin de nourrir les soldats de l'Armée rouge provoque une énorme famine avec ses millions de morts, surtout en Ukraine (1922).

La police politique

La survie de l'État stalinien dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée (elle prendra ensuite différents noms, GPU (Guépéou), OGPU, MVD , NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB en 1953) La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.

La naissance d'un Etat (1921-1924)

Naissance de l'URSS
Drapeau de l'URSS de 1923 à 1980
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Drapeau de l'URSS de 1923 à 1980

L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naquit le 29 décembre 1922, date de la signature du Traité d'Union entre la RSFSR, la République Socialiste Fédérative Soviétique Transcaucasienne et les Républiques Soviétiques Socialistes Biélorusses et Ukrainiennes. Ce traité est ratifié le 30 décembre 1922 par le premier congrès des soviets d'URSS. Une constitution fut rédigée en 1924 ; l'union regroupa plusieurs républiques fédérales dont les frontières furent constituées selon une répartition démographique correspondant à un "peuple" dans sa définition soviétique. L'URSS fut donc un État fédéral dans lequel chaque république fut égale en droits. Dans les faits, le PCUS (et au début le RSDRP) et le Tchéka (la police secrète) surveillent étroitement ces républiques dont les premiers secrétaires du PC furent désignés par Moscou.

Les soviets

Le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays fut théoriquement gouverné par des Soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste.

La NEP (1921-1929)

Après la guerre civile (1921), le pays se trouve dans une situation humanitaire et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts), notamment en Ukraine et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décida alors d'assouplir la politique du régime, et met en œuvre la NEP ou la Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée limitée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé.

Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes.

La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des conséquences désastreuses de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.

La NEP fut généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchevique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée.
Il semble que Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, mais à l'approche de sa succession, les oppositions au sujet de la NEP cristallisèrent les oppositions au sein du Politburo.

La succession de Lénine (1922-1929)

Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales, conséquences d'un attentat dont il fut victime en 1918. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline (que Lénine n'appréciait pas et redoutait même) et Trotsky (un "vieux de la vieille") notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé en 1927 (il aurait été assassiné par l'agent stalinien Raymond Mercader au Mexique en 1940). Puis, entre 1927 et 1929, Staline s'attache à supprimer la concurrence de ses anciens compagnons de route : la "droite" du Parti, Boukharine, Rykov et Tomski sur lesquels il s'est appuyé pour liquider la "gauche", Trotsky, Zinoviev et Kamenev déportés en 1927.

Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire.

Collectivisation et Planification économiques (à partir de 1929)

Abandon de la NEP
Ouvrier et kolkhozienne. Sculpture de Véra Moukhina. 1937
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Ouvrier et kolkhozienne. Sculpture de Véra Moukhina. 1937

Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres.
En définitive, la "richesse" des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.

La collectivisation des campagnes

À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.
Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolkhozien un lopin de terre. Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés. Leurs biens sont confisqués.

La planification de l'économie

Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.

L'industrialisation de l'URSS

La Russie du début du XXe siècle était la troisième puissance économique mondiale, mais encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure.
Affiche appellant à fournir 8M de tonnes de fonte en 1931
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Affiche appellant à fournir 8M de tonnes de fonte en 1931

Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :

* quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour
* sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison
* utilisation de la main d'œuvre gratuite des prisonniers des goulags. Ils construisent des barrages (sur le Dniepr), des canaux (entre la mer Baltique et la mer Blanche ; canal Moscou-Volga ; canal Volga-Don). Les villes de Vorkouta, Norilsk, Komsomolsk, Bratsk, Balkhach et Magadan sont construites par les détenus.
* création de combinats industriels en Ukraine, dans l'Oural et en Sibérie.
* sanctions contre les mauvais ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences.

Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, les exportations forcées de céréales pour financer des importations de biens d'équipement, combinées à la diminution de la productivité agricole, provoquèrent de nouvelles famines: la famine de 1932-1933, la dernière grande famine européenne, cause près de 6 millions de morts. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" oficiellement en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle d'acier avait triplé.

Bilan de la politique économique en 1939

En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la Seconde Guerre mondiale aurait été différente.

La dictature de Staline (1929-1953) et son culte de personnalité
Staline et les peuples de l'URSS. Affiche
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Staline et les peuples de l'URSS. Affiche

Staline mit en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre un véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples" - l'expression "petit père" étant d'un usage ancien et commun en Russie, notamment utilisée par les serfs envers leur seigneur) et la répression, s'appuyant notamment sur le NKVD, police politique toute-puissante.
Selon certaines estimations, entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes « contre-révolutionnaires » bidonnés ; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation. Le haut encadrement de l'Armée Rouge ne fut pas plus épargné (affaire Toukhatchevsky) et subit une épuration qui devait affaiblir l'URSS pendant le début de la Seconde guerre mondiale.

Voir l'article détaillé URSS sous Staline

La Seconde Guerre mondiale - La Grande Guerre Patriotique

L'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich.

Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériel des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres.

Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerre

Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie, la Bessarabie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union Soviétique suivant le 17. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci envahit la Finlande le 30 novembre. La campagne fut difficile, mais par une paix signée à Moscou le 12 mars 1940, l'URSS obtenait l'annexion de la Carélie. Suite au déclenchement de cette guerre, l'URSS avait été expulsée de la Société des Nations le 14 décembre 1939.

Opération Barbarossa

Le 22 juin 1941, l'Allemagne rompit le pacte de non-agression et attaqua l'Union Soviétique. L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 officiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge. Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque.

Le tournant de la guerre
L'armée rouge à Berlin dresse le drapeau sur le Reichstag
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L'armée rouge à Berlin dresse le drapeau sur le Reichstag

Le tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commença à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril, Adolf Hitler se suicide, le 2 mai le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai.

L'impact et les suites de la guerre

L'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théâtre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été pratiquement complètement détruites.

Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lituaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie.

Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam.

L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui étaient dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les Occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide.

L'après guerre

La guerre froide

Depuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appelera la guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés.
L'URSS avait réuni, dans tout l'est de l'Europe, un ensemble de pays satellites (Tchécoslovaquie, République démocratique allemande, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ces pays étaient regroupés au sein du Pacte de Varsovie. Les États-Unis avaient formé, avec l'Europe de l'Ouest, l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN).
Outre l'Europe, l'URSS et les États-Unis s'opposaient, souvent par "mouvements de libération" interposés, dans divers endroits du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique.

La succession de Staline (Khrouchtchev)

Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient Premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrêté en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relâcha quelque peu le carcan qui enserrait les libertés publiques.

Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20e congrès du Parti communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période.

L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédents.

La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 Hongrois et 7 000 soldats de l'Armée soviétique perdirent la vie, tandis que près de 250 000 Hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union soviétique et au communisme, un premier choc sérieux.

Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier ministre le 27 mars 1958.

La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercition pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée.

Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962.
Spoutnik 1

En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Terechkova la première femme.

Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964.

Léonid Brejnev. Stagnation politico-économique [modifier]

Suite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine Premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l'État.

Sous Brejnev, le régime soviétique se durcit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles.

Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée soviétique, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise.

Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki).

En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d'armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980.

En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n'était plus que fantomatique et il mourut en novembre.

Perestroïka et glasnost de Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empire [modifier]

Après la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti.
Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev signent un accord du desarmement en 1987.
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Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev signent un accord du desarmement en 1987.

Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise.

Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin.

Se débarrasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes.

Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Ieltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Ieltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes.

Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise.

En novembre 1991, le Président Russe Boris Ieltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI).

Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Ieltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute.

Communauté des États indépendants [modifier]

La Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie.

Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé.

* (voir aussi Fédération de Russie)

Système politique

L'URSS fut un État fédéral, basé sur le centralisme démocratique regroupant quinze Républiques soviétiques. Le système politique, très hiérarchisé, fut basé théoriquement sur le Conseil des ministres (Sovet ministrov), qui détenait le pouvoir exécutif, et le Parlement (Soviet suprême, Verkhovny Sovet) qui détenait le pouvoir législatif.
Affiche des années '80 "PCUS. Esprit, honneur et conscience de notre époque"
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Affiche des années '80 "PCUS. Esprit, honneur et conscience de notre époque"

Ce qui fait la singularité de l'Union soviétique, c'est que l'État y fut contrôlé par un seul parti politique, le Parti communiste de l'URSS (PCUS). Le Parti fut censé s'exercer la "dictature du prolétariat", ce qui est une boussole du marxisme-léninisme. Tous les hauts-fonctionnaires de l'État se recrutèrent dans les rangs supérieurs du Parti. En principe, le Parti fut ouvert à tout citoyen qui "n'exploite pas le travail des autres, accepte le programme et les règles du Parti, travaille dans une organisation du Parti et soutient toutes ses décisions". Dans les années 80, 6% des 265 millions d'habitants furent membres du PCUS. Celui-ci compta quelque 200.000 fonctionnaires à plein temps, les apparatchiki, les "hommes de l'appareil".

La structure du Parti doublait la structure de l'État : si à chaque niveau il y avait des organes étatiques qui semblaient exercer le pouvoir, ces organes étaient contrôlés par le PCUS, et donc par son responsable à chaque niveau, lequel prenait ses ordres de l'échelon supérieur, jusqu'à arriver au Secrétaire général du Parti, poste rendu par Staline le plus important de toute l'Union soviétique.

Au sommet de l'État se situaient donc le Soviet suprême, avec son organe exécutif, le Praesidium, ainsi que la Cour suprême et le Procureur de l'Union soviétique. Ces trois magistratures étant en principe sous le contrôle des deux chambres législatives. Le Conseil des ministres supervise une quantité de commissions et de services, dont le nombre et les attributions changent à intervalles, mais qui sont des organes plus importants que les ministères des Républiques.

Au sommet du Parti, le Secrétaire général, dont le titre est modeste mais le pouvoir beaucoup plus grand que celui du Président du Praesidium du Soviet suprême de l'Union soviétique dont le titre est purement honorifique, et plus grand que celui du Président du Conseil des ministres (Premier ministre) de l'URSS. Au-dessous de lui, par ordre d'autorité décroissante viennent le Politburo, le Secrétariat et le Comité central. Au-dessous encore le Congrès du PCUS, puis les Comités centraux, les Secrétariats et les Conférences provinciales représentent l'échelon suivant. Un degré plus bas viennent les Comités, Secrétariats et Conférences de district. Enfin, constituant la base de la pyramide, les secrétariats, bureaux et cellules locales.

Le Parti déterminait la politique à suivre que l'État devait exécuter. La tâche des fonctionnaires du gouvernement consistait à mettre en application les décisions du Parti, c'est-à-dire du Politburo et du Comité central. Cette méthode avait un avantage : contrairement à ce qui se passa en Occident, ceux qui font la politique sont ainsi déchargés des besognes de routine. Nikita Khrouchtchev a été le premier chef soviétique à cumuler les titres du Premier secrétaire du PCUS et celui du Président du Conseil des ministres de l'URSS. Quant à Léonid Brejnev, il fut en même temps Premier secrétaire (depuis 1966, Secrétaire général) du PCUS et Président du Praesidium du Soviet suprême de l'URSS (de 1960 à 1964 et de 1977 à 1982).

Économie
Article détaillé : Économie de l'URSS.

Si l'Empire russe était déjà la troisième économie mondiale à la veille de la Révolution d'Octobre, l'URSS est devenue au XXème siècle une puissance économique majeure. De 1928 à 1991, le développement économique fut guidé par une série de plans quinquennaux. L'URSS devint une des trois premières productrices d'un grand nombre de produits industriels, mais restait en retard dans l'industrie légère et les biens de consommation.

L'économie soviétique était gérée par le Gosplan (la Commission de Planification d'État), la Gosbank (la Banque d'État) et le Gossnab (Commission d'État pour la fourniture en Matériaux et Équipements).

L'économie soviétique fut basée sur la propriété d'État, mais il existait quelques autre formes juridiques de propriété dites « collectives » telles que le kolkhoze (ferme collective) et la coopérative.

Bilan économique - l'impasse de l'économie planifiée [modifier]

L'entre deux guerre et l'après guerre furent des périodes de croissance économique importante que l'on peut, pour une bonne part, attribuer au mariage de la planification et du travail forcé.

Lorsque la croissance se ralentit dans les années 1960, cela fut considéré comme un phénomène provisoire. Les responsables de la planification avaient été incapables de prévoir les problèmes économiques, et, pire, le concept même d'économie planifiée ne semblait pas pouvoir fonctionner dans le cadre d'une économie moderne et changeante, spécialement lorsque l'administration de la planification est confiée à une bureaucratie sclérosée et une nomenklatura plus attachée à ses privilèges qu'au service de l'état.

Le complexe militaro-industriel représentait une part gigantesque de l'industrie.

Le maréchal Nikolaï Orgakov avait publié, à partir de 1979, une série d'articles, dans la presse du parti communiste, qui expliquaient de façon alarmiste, que les américains avaient une et même deux générations d'avance en électronique et en informatique, et sans possibilité de pouvoir les rattraper.

Bilan technologique : quelques réalisations majeures au service du prestige national [modifier]
Valentina Terechkova, première femme dans l'espace
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Valentina Terechkova, première femme dans l'espace
Tupolev Tu-144
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Tupolev Tu-144

* Conquête de l'espace
o Spoutnik
o Youri Gagarine
o Valentina Terechkova
o Soyouz
o Station Mir
* Aéronautique
o MiG
o Soukhoï
o Iliouchine
o Tupolev
o Yakovlev
* Complexe industriel militaire
o Kalachnikov



* Génie civil
o Haut barrage d'Assouan
o Tour Ostankino
* Sciences exactes
o Akademgorodok
o Andreï Sakharov
o Lev Landau

Les forces armées [modifier]
Missile à portée intermédiaire SS-20
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Missile à portée intermédiaire SS-20

Autant le bilan social et sanitaire était catastrophique, le bilan militaire était florissant :

* Au niveau armements nucléaires, l'URSS a atteint et maintenu la parité avec les États-Unis, dès la fin des années 1970.
* Ses chercheurs, et ses ingénieurs, ont mis au point entre 1965 et 1976, deux fois plus d'armes et de systèmes de destructions et de protection que les États-Unis.
* Ses forces armées totalisèrent 5 millions de combattants d'active et 25 millions de réservistes entraînés.
* L'armée soviétique était capable d'aligner 50 divisions susceptibles d'être engagées sans délais et 30 autres mobilisables à bref délais. Elle fut totalement motorisée et constamment rééquipée en fonction de l'innovation technologique, en chars, canons, véhicules de transport et systèmes de communication.
* Elle disposa de la plus grande flotte aérienne de tous les temps, de la plus grande flotte de sous-marins nucléaires du monde, et d'une flotte de navires de surface largement supérieure en tonnage à celle des États-Unis, à l'exception des porte-avions.

Le Complexe militaro-industriel soviétique représentait entre 1985 et 1990 :

* plus de 14 millions d'employés
* 6 000 entreprises

L'industrie de défense proprement dite absorbait 20 % du revenu national, 8 % du Produit intérieur brut et 47 % des dépenses publiques pour les besoins de l'Armée soviétique.

La production d'armes soviétiques était la plus importante du monde; En 1981 : 2 500 chars, 3 500 canons, 1 700 avions de combat, 750 hélicoptères, 9 sous-marins, 475 missiles balistiques (IRMB, ICBM).

* (Armées de la Fédération de Russie voir VVS, ...)

Nationalités en URSS

Voir : Nationalités en URSS

Démographie [modifier]
Évolution de la démographie entre 1961 et 1991 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
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Évolution de la démographie entre 1961 et 1991 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

Lors de l'après-guerre, la population a connu une diminution importante de la mortalité, qui s'est toutefois interrompue dès les années 1970.

Vers la fin de la période, il existe en outre une différence notable entre une population russe et ukrainienne à croissance faible, et des peuples "allogènes" (principalement turcophones) à forte natalité.

L'URSS et les principes socialistes
Affiche de propagande des années 80 avec un slogan de Karl Marx : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous"
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Affiche de propagande des années 80 avec un slogan de Karl Marx : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous"

La difficulté de la question est liée au fait que le terme « socialisme » a pu décrire des mouvements très divers et souvent en opposition sur ce qui constitue le « vrai » socialisme. En fin de compte, la question des rapports entre l'URSS et le socialisme dépend de la façon dont on définit le socialisme.

Parmi ceux qui se réclament du socialisme, il existe trois visions de l'URSS :

* pour les staliniens, c'était un « État socialiste » ;
* pour Trotsky et la majorité des trotskystes, à partir de 1927 c'était un « État ouvrier dégénéré » ;
* pour les communistes démocratiques, les luxembourgistes, les situationnistes, les anarchistes, les bordiguistes et certains trotskystes (Natalia Sedova-Trotsky, Grandizo Munis, Tony Cliff...), c'était un « capitalisme d'État » : c'est-à-dire qu'il s'agissait d'une économie capitaliste avec un exploiteur unique, la bureaucratie d'État.

Pour expliquer le fait que l'URSS aurait tourné le dos aux principes du socialisme, des éléments sont avancés :

* Le détournement du concept de dictature du prolétariat : Léon Blum déclare en décembre 1920 que "la situation en Russie, ce n'est pas la dictature du prolétariat, mais la dictature sur le prolétariat" ; Herman Gorter écrit à Lénine en mars 1921 "vous vouliez la dictature du parti, c'est-à-dire de quelques chefs".
* L'absence de révolutions « socialistes » dans d'autres pays d'Europe et du monde, condamnant l'URSS à l'isolement.
* Le faible développement de la Russie en 1917, notamment la faiblesse du prolétariat.
* Le contexte des premières années, avec la guerre civile et les attaques militaires venues d'autres pays.
* L'interdiction du débat démocratique en Russie par les bolcheviks. Rosa Luxemburg estimait en septembre 1918 que « sans une liberté illimitée de la presse, sans une liberté absolue de réunion et d'association, la domination des larges masses populaires est inconcevable ».
* L'autoritarisme des bolcheviks et du léninisme.

A l'inverse, certains intellectuels tels Alexandre Zinoviev ont affirmé que la réalité soviétique était la conséquence des principes du socialisme dans sa forme marxiste étatique. Selon une telle vision, la centralisation de l'économie ayant pour corollaire nécessaire celle du pouvoir, le culte de Staline ne serait alors que l'exemple extrême et la conséquence logique de la concentration du pouvoir, monopolisé successivement par un seul parti (1917), puis par un seul courant au sein du parti (1921), enfin par un seul homme. Non sans ironie, Zinoviev, se basant sur une analyse marxiste de la société soviétique, réaffirme l'idée des communistes "conservateurs" staliniens puis brejnéviens, selon laquelle l'URSS de Staline à Brejnev ne représente pas la perversion des principes socialistes mais leur aboutissement.

Voir aussi

Liens internes

* Russie
* Liste des républiques soviétiques
* Armée rouge
* Anticommunisme
* CAEM
* Calendrier révolutionnaire soviétique
* Capitalisme d'État > Socialisme > IIIe Internationale > Parti communiste français
* Communauté des États indépendants (CEI)
* Dirigeants de l'URSS :
o Lénine > Léninisme
o Staline > Stalinisme
o Brejnev
o Khrouchtchev
o Gorbatchev
* Guerre froide > Équilibre de la terreur
* Karl Marx > marxisme
* Mouvements révolutionnaires
* Nationalités en URSS
* Parti communiste de l'Union soviétique
* Première Guerre mondiale > Seconde Guerre mondiale > Guerre froide
* Putsch de Moscou
* Révolte de Kronstadt
* Révolution russe > Russie
* Rosa Luxemburg
* Samizdat
* URSS de Staline

Divisions territoriales de l'Union soviétique
RSFS de Russie | RSS d'Ukraine | RSS d'Ouzbékistan | RSS de Biélorussie | RSS du Kazakhstan | RSS de Géorgie | RSS d'Azerbaïdjan | RSS de Lituanie | RSS de Moldavie | RSS de Lettonie | RSS du Kirghizstan | RSS du Tadjikistan | RSS d'Arménie | RSS du Turkménistan | RSS d'Estonie

Liens externes


* La CIA et Mr Gorbatchev, comment l'URSS à perdu la Guerre Froide
* L'Empire stalinien. L'URSS et les pays de l'Est depuis 1945 par le Professeur Jean-François Soulet.

Bibliographie

* François Benaroya, Economie de la Russie, Paris, La Découverte, 2006, Collection : Repères
* Moshe Lewin, Le Siècle soviétique, Paris, Fayard, 2003, ISBN 2213611076
* Sabine Dullin, Histoire de l'URSS, Paris, La Découverte, 2003, Collection : Repères, 123 pages, ISBN : 2707141283.
* Martin Malia, La tragédie soviétique. Histoire du socialisme en Russie (1917-1991) [, Paris, Le Seuil, 1995.
* Anne de Tinguy, Maris-Agnès Crosnier Les années Gorbatchev : l'URSS de 1985 à 1991, Paris, La Documentation française, 1993, 172 p.
* Lutwak Edward,La stratégie de l'impérialisme soviétique, Anthropos, 1985
* Hélène Carrère d'Encausse, L'Union Soviétique de Lénine à Staline, Édtions Richelieu, 1972
* Boris Souvarine, Cauchemar en URSS, 1937, Agone, ISBN 2910846350.
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# Posté le mardi 29 août 2006 15:12

petite histoire de la commune 1871

petite histoire de la commune 1871
Commune de Paris (1871)
La Commune de Paris, du 26 mars 1871 jusqu'à la « semaine sanglante » (21 - 28 mai), désigne une période révolutionnaire à Paris, qui, contre le gouvernement, établit une organisation ouvrière comme organisatrice de la ville, et gouvernement prolétarien. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges) des communes sont proclamées à partir du 3 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement réprimées. Pour Karl Marx, c'est la première insurrection prolétarienne autonome.
Origines La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris (1792), ainsi qu'à l'insurrection populaire de juin 1848 sous la Deuxième République et qui avait été réprimée de façon sanglante par le gouvernement instauré par la Révolution de février 1848. C'est d'ailleurs depuis lors que le drapeau rouge rallie les insurrectionnalistes et barricadiers (symbolisant le sang du peuple ouvrier, le drapeau tricolore étant vu comme synonyme de répression, le drapeau rouge était a l'origine, sous la Révolution, le drapeau symbolisant la loi martiale, le peuple a repris ce symbole pour se moquer des monarques et des soldats ).

De 1789 à 1871, la France ayant vécu principalement sous des régimes monarchiques ou impériaux (Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire), le régime républicain n'avait fonctionné que très peu d'années. En juillet 1870, Napoléon III entreprend une guerre contre la Prusse qui, mal préparée, le conduit rapidement à la défaite. La Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, mais la guerre continue. Paris est assiégé et connaît une grave famine au cours de l'hiver 1870-71. Jules Favre, ministre des Affaires étrangères du Gouvernement de la Défense nationale, signe un armistice avec Bismarck. Celui-ci prévoit, outre la fin des hostilités pour une période de quinze jours renouvelables, la convocation d'une Assemblée nationale, chargée de décider de la poursuite de la guerre ou de la paix. Les élections du 8 février envoient une forte proportion de monarchistes à l'Assemblée nationale. Tous les élus de Paris sont des républicains, souvent extrémistes. Le gouvernement de la République se réunit d'abord à Bordeaux, puis à Versailles, pour ne pas tomber sous les révoltes parisiennes comme cela s'est déjà produit pendant le Gouvernement de la Défense nationale (31 octobre notamment).

Le gouvernement de la République est dirigé par Adolphe Thiers ; il cherche à conclure un traité de paix avec l'Allemagne. Les Parisiens, qui ont supporté un siège très dur, veulent protéger Paris des Allemands et ouvrir une nouvelle ère politique et sociale[1]. Ils refusent de se laisser désarmer. C'est donc l'épreuve de force entre les royalistes, grands bourgeois et conservateurs retirés à Versailles et la population parisienne (essentiellement les quartiers de l'est parisien soumis à l'exploitation de l'époque et à la famine).

Déclenchement [modifier]
Les combats durant la Commune (Voir aussi Carte simplifiée)
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Les combats durant la Commune
(Voir aussi Carte simplifiée)

Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris, alors qu'il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis, mais avait aussi déjà calculé à l'époque que, pour mettre un terme aux insurrections populaires, il suffisait d'enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer.

Le 17 mars 1871, Thiers et son gouvernement quittent discrètement Paris et envoient la troupe au cours de la nuit s'emparer des canons de la butte Montmartre. Ce même jour, Thiers prend soin de faire arrêter Auguste Blanqui (républicain révolutionnaire insurectionnaliste surnommé « l'Enfermé » parce qu'il avait passé plus de la moitié de sa vie dans les prisons des rois et de l'empereur) qui se reposait chez un ami médecin à Bretenoux (Lot). De là, il le fait transférer dans une forteresse pour s'assurer qu'il ne participerait pas à l'insurrection parisienne.

Le 18 mars au matin, le peuple parisien s'oppose à la troupe venue chercher les canons , puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui et tout Paris s'enflamme d'une même solidarité entre garnisons et population. Deux généraux, Lecomte qui avait donné ordre de tirer sur la foule et Clément Thomas (responsable des massacres de juin 1848), sont fusillés rue des Rosiers. C'est le début de l'insurrection.
Destruction de la Colonne Vendôme
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Destruction de la Colonne Vendôme

Des élections sont organisées le 26 mars : des figures républicaines de premier plan sont élues dans ce conseil révolutionnaire : Jules Vallès, Charles Delescluzes, Raoul Rigault, Gustave Flourens, Eugène Varlin, Benoît Malon... Les listes qui se réclament d'Auguste Blanqui recueillent un grand nombre de voix. La Commune va administrer Paris jusqu'au 20 mai, votant des lois d'avant-garde que la république n'a repris que plusieurs décennies plus tard (droit de vote des femmes, interdiction du travail de nuit pour les enfants, séparation de l'Église et de l'État, etc.). Le calendrier républicain est utilisé. De nombreux journaux paraissent (Le Cri du Peuple, Le Père Duchêne, L'Insurgé...).

Répression

Faite d'une guerre permanente contre les armées « versaillaises » (troupes commandées par le gouvernement de Versailles), la courte histoire de la Commune est essentiellement composée de nombreux épisodes militaires où les revers sont plus nombreux que les succès. Ce fut un des nombreux sujets de discorde de l'assemblée des élus de la Commune où les divergences étaient nombreuses, les débats houleux et interminables aboutissant à des scissions. Le Ministre Délégué à la Guerre, Louis-Nathaniel Rossel en était le principal témoin.

La Commune fut finalement vaincue durant la Semaine sanglante, qui débuta avec l'entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s'achever avec les derniers combats au Cimetière du Père-Lachaise le 28 mai. Les témoins évoquent tous de nombreuses exécutions sommaires de la part des troupes « démocratiques ». On évoque, selon les sources, de 10 000 à 25 000 exécutions sommaires, viols, meurtres d'ouvriers communards durant la semaine sanglante. En contrepartie, il faut noter que les Communard détruisirent une partie de Paris, en notemment en incendiant volontairement plusieurs monuments publics historiques, notamment : le Palais des Tuileries, le Palais de Justice, le Palais de la Légion d'honneur, et l'Hôtel de Ville. L'essentiel de l'État civil parisien fut détruit durant ces incendies.

Parallèlement, des otages sont pris par les Communards. L'Archevêque de Paris, Monseigneur Georges Darboy, est arrêté le 4 avril 1871 avec quatre innocents, selon l'ordre de la Commune de Paris qui agit selon le «décret des otages» du 2 prairial An 79, est enfermé à la prison de Mazas, et est exécuté à la Roquette, le 24 mai en bénissant ses bourreaux.

La répression des communards fut féroce : près de 10 000 condamnations à mort, 4 000 déportations au bagne de Nouvelle-Calédonie, etc. Les lois d'amnistie n'interviendront qu'en 1880.

Premier pouvoir révolutionnaire prolétarien, la Commune de Paris a depuis été revendiquée comme modèle — mais avec des points de vue différents — par la gauche, l'extrême-gauche et les anarchistes ; elle inspira de nombreux mouvements révolutionnaires qui en tirèrent des leçons leur permettant d'entreprendre d'autres révolutions (la révolution russe et les conseils, la révolution espagnole et les collectivités, etc.).

Chronologie [modifier]
Constitution de la garde nationale
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Constitution de la garde nationale
Jules Vallès
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Jules Vallès

* 26 février : Signature des préliminaires de paix avec la Prusse.
* 1er mars : Symboliquement, les troupes prussiennes entrent dans Paris et défilent sur les Champs-Elysées.
* 3 mars : Constitution du Comité central de la Garde Nationale.
* 7 mars : Parution du numéro 1 du Père Duchesne.
* 10 mars :
o Pacte de Bordeaux, entre les différentes parties du gouvernement, suspendant toute décision sur la nature du régime.
o L'Assemblée nationale ajourne la session en cours et décide de se retrouver le 20 mars à Versailles (elle a hésité entre Fontainebleau et Versailles ; elle ne veut pas Paris à cause des mouvements révolutionnaires).
* 17 mars : Arrestation du socialiste révolutionnaire Louis Auguste Blanqui.
* 18 mars :
o Commune de Paris (ventôse-prairial an 79) : tentative de révolution prolétarienne.
o Échec de la tentative des troupes gouvernementales, qui ont fraternisé avec les insurgés, de s'emparer des canons de Montmartre.
* 20 mars :
o Le gouvernement et l'Assemblée Nationale s'installent à Versailles.
o Ralliement d'un officier de l'armée française (Colonel) à la Commune, Louis Rossel.
* 22 mars : Louis Rossel devient Chef de la 17e légion de la Commune.
* 23 mars : Les vingt maires de Paris se rendent à l'Assemblée nationale pour tenter une conciliation. Arborant une écharpe tricolore dans une assemblée majoritairement royaliste, ils sont acclamés par la minorité républicaine mais rejetés hors de l'assemblée sans avoir pu prononcer un mot.
* 26 mars : Élections de la Commune de Paris.
* 28 mars : Proclamation de la Commune de Paris à l'hôtel de ville.
* 3 avril : Louis Rossel est nommé Chef d'État-major.
* 14 avril : Nomination de Louis Rossel au poste de Président de la Cour Martiale.
* 21 avril : Parution du numéro 1 du Père Duchesne illustré. Les communards incendient plusieurs monuments publics historiques, notamment : le Palais des Tuileries, le Palais de Justice, le Palais de la Légion d'honneur, et l'Hôtel de Ville.
* 26 avril : Parution du numéro 2 du Père Duchesne illustré.
* 30 avril : Nomination de Louis-Nathaniel Rossel au poste de Ministre délégué à la guerre en remplacement de Cluseret.
* 30 avril : Parution du numéro 3 du Père Duchesne illustré.
* 3 mai : Parution du numéro 4 du Père Duchesne illustré.
* 7 mai : Parution du numéro 5 du Père Duchesne illustré.
* 10 mai :
o Parution du numéro 6 du Père Duchesne illustré.
o Par le Traité de Francfort, la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine. Cette perte est vécue par la France comme un profond traumatisme. De plus la France doit verser cinq milliards d'indemnités (4,9 sont récoltés par une souscription nationale ouverte le 27 juin).
o Suite à ce traité, environ 160 000 Alsaciens et Lorrains, refusant de devenir Allemands, quittent les provinces perdues et s'installent sur le territoire français.
* 14 mai :
o Création du Territoire de Belfort à partir de l'ancien arrondissement du Haut-Rhin non annexé par l'Empire allemand.
o Parution du numéro 7 14 mai 1871 du Père Duchesne illustré.
* 16 mai : Les Communards mettent à bas la statue de Napoléon place Vendôme.
* 17 mai : Parution du numéro 8 du Père Duchesne illustré.
* 18 mai : L'Assemblée Nationale, réunie à Versailles, ratifie le traité de Francfort.
* du 21 au 28 mai : « Semaine sanglante » qui verra Paris, aux mains des Communards, repris par les troupes versaillaises.
o 21 mai :
+ Entrée des troupes versaillaises dans Paris.
+ Parution du numéro 9 du Père Duchesne illustré.
o 23 mai : Parution du dernier numéro du Père Duchesne (numéro 68).
o 24 mai : Parution du dernier numéro 10 du Père Duchesne illustré.
o 26 mai Exécution de Jean-Baptiste Millière, fusillé à genoux sur les marches du Panthéon.
o 27 mai : Chute du dernier bastion communard.
o 28 mai : Exécution des défenseurs de la Commune de Paris devant le mur des Fédérés.
o 28 novembre : Exécution de Louis-Nathaniel Rossel, ancien Délégué à la guerre de celle-ci.

Évocations artistiques

Littérature

* L'Insurgé, roman de Jules Vallès
* Jacques Damour, nouvelle d'Émile Zola
* La Débacle, roman d'Émile Zola
* Le Canon Fraternité de Jean-Pierre Chabrol
* Le Cri du Peuple de Jean Vautrin
* Le Roman de Rossel de Christian Liger
* L'imitation du bonheur de Jean Rouaud
* La semaine sanglante de Maxime Vuillaume


Cinéma

* La Commune (Paris, 1871), film réalisé par Peter Watkins sur la Commune, produit en 2000 par l'Office national du film du Canada. Il s'agit d'un film noir et blanc de 345 minutes où ont joué plus de 200 acteurs.

Bandes dessinées

* Le Cri du Peuple, Bande dessinée de Jacques Tardi en quatre tomes adaptée du roman de Jean Vautrin.

Notes

1. ↑ Pour plus d'information, voir la page discussion de cet article.

Voir aussi

Articles connexes
Affiche du Comité de Salut Public

* Chansons de la Commune
* Chanson révolutionnaire ou de résistance
* Élus de la Commune
* Journaux de la Commune
* Œuvre politique de la Commune
* Guerre
* Commentaires sur la Commune
* Jaroslaw Dombrowski
* Semaine sanglante
* Mur des Fédérés
* Le mouvement communard en France
* Louise Michel, Louis Rossel, Jules Vallès, Jean Jaurès, Karl Marx, Michel Bakounine, André Léo, Nathalie Lemel, Elisée Reclus, Elie Reclus, Eugène Varlin
* Commune de Paris (1792)
* Mouvement social, République, Sociale, Internationale, Socialisme, Blanquisme, Communisme, Anarchisme, mouvements révolutionnaires
* Histoire de France
* An 79

Bibliographie

* La Commune, de Louise Michel (1898)
* Histoire de la Commune, de Lissagaray (Éd. Dunois, 1947)
* Mémoires d'un communard, de Jean Allemane (Maspero)
* La Commune Georges Bourgin, (PUF, Que sais-je ? n°581)
* Souvenirs d'un insurgé. La Commune 1871 Paul Martine (Librairie académique Perrin, 1971)
* La Commune de William Shermann (ed. Fayard) - une histoire non marxisante de la Commune.
* La Junon de la Commune de Alain Dalotel (ed. Association des Publications Chauvinoises) - La biographie d'André Léo.

Liens externes

* La Commune, sur Herodote.net
* Site de l'association des Amis de la Commune de Paris
* La semaine sanglante - bande audio ; archivée par la CNT-AIT-
* http://www.chez.com/durru/lmichel/lacommune.htm
* http://www.paris.org/Kiosque/may01/commune.html (en anglais)
* Émissions sur la Commune archivées par Radio Libertaire
* Le film (Office national du film du Canada)
* Carte simplifiée de la Commune de Paris
* La guerre civile en France par Karl Marx
* Sur la Commune par Attila Kotànyi, Guy Debord, Raoul Vaneigem

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur la Commune de Paris.

Photos, gravures et affiches

* Le Peuple en armes
* Barricades, monuments et caricatures
* Affiches
* Collections Spéciales de la Northwestern University Library
* Photographies de monuments parisiens apres les incendies de la Commune de Paris
* Tableaux historiques sur la période de la Commune
* The siege and Commune of Paris Photos, portraits, carricatures.
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# Posté le mardi 29 août 2006 15:21

petite histoire de la révolution russe

petite histoire de la révolution russe
Révolution russe
La Révolution russe est l'ensemble des événements en 1917 ayant conduit au renversement spontané du régime tsariste en Russie en Février, puis en Octobre à l'installation préparée d'un régime léniniste. Largement produite par la Grande Guerre, la révolution russe est un événement fondateur et décisif du "court XXe siècle" ouvert par l'éclatement du conflit européen en 1914 et clos en 1991 par la disparition de l'URSS. Objet de sympathies et d'immenses espoirs pour les uns (la "grande lueur à l'Est" de Jules Romains), objet pour les autres de sévères critiques, voire de peur et de haine viscérales, elle reste un des faits les plus étudiés et les plus passionément discutés de l'histoire contemporaine. Son déroulement mais aussi ses conséquences restent sujets à controverse: Février impliquait-il nécessairement Octobre ? Octobre la guerre civile et la dictature bolchevik qui en sortit vainqueur ? Ces dernières l'avènement du stalinisme des années 1930 ?
Création des Soviets

C'est une tentative du peuple russe de se libérer de son tsar faible, Nicolas II. On assiste à des soulèvements et des grèves faites par les ouvriers et les paysans, déclenchés, en grande partie, à cause de la guerre impopulaire contre le Japon et au "Dimanche rouge", au cours duquel le tsar a fait fusiller une foule qui venait lui porter une supplique. Le tsar, après avoir calmé son peuple, se voit obligé de créer la Douma (une sorte de parlement), mais il ne lui donnera aucun pouvoir.

La Russie avant la Révolution

Avant 1917, la Russie était sous la direction d'un régime tsariste, autocratique et répressif, en place depuis des siècles. Au début du XXe siècle, la Russie connut un essor industriel spectaculaire, entraînant un essor urbain et une grande effervescence culturelle : le vieil ordre social était ébranlé, aggravant les difficultés des plus pauvres. Les industries florissaient, la classe ouvrière était concentrée principalement dans les grandes villes. Cependant, cette prospérité du pays n'avait pas profité à la population.

La Russie restait cependant un pays essentiellement rural (85% de la population). Si une partie des paysans s'était enrichie et constituait une sorte de bourgeoisie rurale, soutenant le régime, le nombre de paysans sans terres avait augmenté, créant un véritable prolétariat rural, réceptif aux idées révolutionnaires. Un député à la douma signalait que dans bien des villages, la présence de blattes dans les maisons était considérée comme un signe de richesse.

Or, après la scolarisation menée quelques années auparavant, une partie des ouvriers avait été conquis par des idées marxistes et autres idéologies révolutionnaires. Toutefois, le pouvoir tsariste fit preuve d'immobilisme. Aux XIXe et XXe siècles, des mouvements organisés par des membres de toutes les classes de la population (étudiants ou ouvriers, paysans ou nobles) tentèrent de renverser le gouvernement – sans succès, certain se tournant vers le terrorisme et les attentats politiques. Les mouvements révolutionnaires étaient soumis à une dure répression, menée par la toute-puissante Okhrana, la police politique du Tsar. De nombreux révolutionnaires étaient emprisonnés ou déportés, d'autres réussissaient à fuir et à rejoindre les rangs des exilés. De ce point de vue, la révolution de 1917 n'est que l'aboutissement d'une longue succession de petites révoltes, et les réformes nécessaires que ni les révoltes paysannes, ni les attentats politiques, ni l'activité parlementaire de la douma n'avaient réussi à imposer viendront finalement d'une révolution impulsée par le prolétariat.

Les évènements se déroulèrent en deux grandes étapes.

Révolution de février 1917

Les défaites successives de la Russie lors de la Première Guerre mondiale fut un des déclencheurs de la révolution. À l'entrée en guerre, tous les partis étaient pour cette participation, à l'exception du parti social-démocrate (POSDR). La guerre amena une suite impressionnante de malheurs en Russie. Dès le début du conflit, après quelques succès initiaux, l'armée connaît de lourdes défaites (en Prusse orientale notamment) ; les usines s'avèrent insuffisamment productives, le réseau ferroviaire insuffisant, le ravitaillement en armes et denrées de l'armée boiteux. Dans l'armée, les pertes battirent tous les records (1 700 000 morts et 5 950 000 blessés) et des mutineries éclatèrent, le moral des troupes se trouvant au plus bas. Les soldats supportaient de moins en moins l'incapacité des officiers (on a ainsi vu des unités monter au combat avec des balles ne correspondant pas au calibre de leur fusil), les brimades et punitions corporelles en usages dans l'armée.

La famine grondait, les marchandises se faisaient rares. L'économie russe, qui venait de connaître le taux de croissance le plus élevé d'Europe était à présent coupée du marché européen. La Chambre basse du Parlement russe (la Douma), constituée de partis libéraux progressistes, mit en garde le tsar Nicolas II et lui conseilla de former une nouvelle sorte de gouvernement constitutionnel. Mais le tsar ignora l'avis de la Douma.

Le mois de février 1917 rassemblait toutes les caractéristiques pour une révolte populaire : hiver rude, pénurie alimentaire, lassitude face à la guerre... Tout commença par des grèves spontanées, début février, des ouvriers des usines de la capitale Petrograd. Pendant ces grèves, des manifestations furent organisées pour réclamer du pain. Ces manifestations furent soutenues par la main-d'œuvre industrielle, trouvant là une raison de prolonger la grève. Le premier jour, malgré quelques confrontations avec les forces de l'ordre, il n'y eut aucune victime.

Les jours suivants, les grèves se généralisèrent dans tout Petrograd et la tension monta. Les slogans, jusque là plutôt discrets, se politisèrent : « À bas la guerre ! », « À bas l'autocratie ! ». Cette fois, les affrontements avec la police firent des victimes des deux côtés. Les manifestants s'armèrent en pillant les postes de police.

Après trois jours de manifestations, le Tsar mobilisa les troupes de la garnison de la ville pour mater la rébellion. Les soldats résistèrent aux premières tentatives de fraternisation et tuèrent de nombreux manifestants. Toutefois, durant les nuits, les troupiers rejoignirent le camp des insurgés, qui purent ainsi s'armer plus convenablement. Entre-temps, le tsar, désemparé, n'ayant plus les moyens de gouverner, avait dissout la Douma et élu un comité provisoire.

C'est le triomphe de la révolution. Le tsar Nicolas II abdique le 2 mars (jusqu'en 1918, la Russie utilisait le calendrier julien, qui a 13 jours de retard sur celui grégorien. Le 2 mars de "l'ancien style" correspond donc au 15 mars du "nouveau style"). Tous les régiments de la garnison de Petrograd se joignirent aux révoltés. Cet épisode de la révolution fit tout de même des centaines de victimes, en majorité parmi les manifestants. Elle amena la mort du tsarisme et les premières élections au soviet des ouvriers de Petrograd.

La dualité des pouvoirs
Le gouvernement provisoire devant la tombe des victimes
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Le gouvernement provisoire devant la tombe des victimes

Un gouvernement provisoire élu par la Douma, dirigé par Michel Rodzianko, ancien officier du Tsar, monarchiste et riche propriétaire de Terres, s'installe. Ainsi, officiellement, même s'il est issu d'une révolution des ouvriers et soldats, le pouvoir est au mains d'un gouvernement provisoire, dirigé par des politiciens libéraux (principalement du parti Kadet, le parti de la bourgeoisie libérale). Mais en réalité, il doit composer avec les soviets, assemblées élues d'ouvriers et de soldats. En effet, les ouvriers de Petrograd recréent spontanément les conseils (soviet en Russe) de représentant élus des ouvriers, paysans et soldats, expérimentés en 1905. Dès début mars, des soviets existent dans les principales villes du pays, ils surgiront dans les campagnes en avril et mai.

La période suivant l'abdication du tsar est donc confuse, et les gouvernements provisoires se succèdent rapidement au fur et à mesure que la révolution gagne en profondeur et que la masse des ouvriers et paysans se politise. Le programme du soviet de Petrograd est la paix démocratique immédiate, la terre aux paysans, la journée de 8 heures et une république démocratique. Ce programme est inapplicable par la bourgeoisie libérale qui a pris le pouvoir à la suite de la révolution, et qui ne veut ni rompre avec ses alliés, ni toucher à la propriété des terres par la noblesse féodale, ni accorder la journée de 8 heures. Mais le gouvernement provisoire ne peut gouverner sans l'appui incertain des soviets, qui ont le soutient et la confiance de la grande masse des travailleurs. Le soviet est donc à la fois un club dans lequel les ouvriers se rendent pour discuter de la situation, et un organe de gouvernement.

La révolution s'étend dans tout le pays: dans les villes et les villages, à l'annonce de la révolution dans la capitale, des soviets se forment et les notables qui dirigeaient au nom du tsar sont destitués. Les soviets sont alors dominés par des partis socialistes, Mencheviks et Socialistes-Révolutionnaires, les bolcheviks, malgré leur nom, sont minoritaires.

Les journées d'avril

Malgré la volonté populaire d'en finir avec la guerre, l'implication dans la première guerre mondiale n'est pas remise en cause. En avril, la publication d'une note secrète du gouvernement à ses alliés, indiquant qu'il ne remettra pas en cause les traités tsaristes et continuera la guerre, provoque la colère des soldats et ouvriers. Des manifestations pour et contre le gouvernement causent les premiers véritables affrontements armés de la révolution. Les socialistes modérés entrent au gouvernement, soutenus par la majorité des ouvriers qui pensent qu'ils pourront faire pression pour arrêter la guerre.

Peu après son retour en Russie, Lénine fait paraître ses Thèses d'avril, dans lesquelles il s'oppose au gouvernement provisoire et explique que seul le plein pouvoir aux soviets est à même de sauvegarder les acquis de la révolution. Il prône la confiscation et le partage des terres par les paysans, le passage immédiat à une république des soviets et le boycott du gouvernement provisoire. Avec l'effondrement économique et la poursuite de la guerre, les idées du parti bolchevik, dirigé par Lénine et Trotsky gagnent de l'influence. Début juin, les bolcheviks sont majoritaires dans le soviet ouvrier de Petrograd.

Les journées de juillet

Les 3 et 4 juillet, les ouvriers et soldats de Petrograd manifestent pour exiger des dirigeants du soviet de Petrograd qu'il prenne le pouvoir. Les bolcheviks s'opposent à une insurrection, estimant qu'il est encore trop tôt pour renverser le gouvernement provisoire : les bolcheviks ne sont majoritaires qu'à Petrograd et Moscou, tandis que les partis socialistes modérés conservent une influence importante dans le reste du pays. Ils préfèrent laisser le gouvernement aller au bout de ses possibilités et montrer son incapacité à gérer les problèmes de la révolution: la paix, la journée de 8 heures, la réforme agraire.

La montée de la réaction

La répression s'abat néanmoins sur les bolcheviks. Trotsky est emprisonné, Lénine est obligé de fuir, et se réfugie en Finlande, le journal bolchevik, "Rabotchi I Soldat" ("Ouvrier et Soldat") est interdit. La réaction s'installe et le tsarisme relève la tête ; des pogroms se produisent en province. Les régiments de mitrailleurs qui ont soutenus la révolution sont dissous, envoyés au front par petit détachements, les ouvriers sont désarmés. 90 000 hommes doivent quitter Petrograd, les "agitateurs" sont emprisonnés. Le 8 juillet, le général Kornilov, qui commande le front sud-ouest, donne l'ordre d'ouvrir le feu à la mitrailleuse et l'artillerie sur les soldats qui reculeraient (du 18 juin au 6 juillet, une offensive sur ce front fait 58 000 morts).

Le gouvernement ne peut ni ne veut s'opposer à la montée de la réaction. Kerensky, arrivé au pouvoir après les journées de juillet perd de plus en plus la considération des masses populaires.

Le général Kornilov incarne les espoirs des anciennes classes dirigeantes, noblesse et grande bourgeoisie. Monarchiste "Cent-Noir", il a déjà en avril donné l'ordre de fusiller les déserteurs et d'exposer les cadavres avec des écriteaux sur les routes, et menacé de peines rigoureuses les paysans qui s'en prendraient aux domaines seigneuriaux.

Dans les usines et l'armée, le danger d'une contre-révolution prend corps. Les syndicats, dans lesquels les bolcheviks sont majoritaires (malgré la répression) organisent une grève massivement suivie.

Le soulèvement de Kornilov

Fin août 1917, Kornilov organise un soulèvement armé, et jette 3 régiments de cavalerie par voie de chemin de fer sur Petrograd, dans le but affiché d'écraser dans le sang les soviets et les organisations ouvrières. Face à l'incapacité du gouvernement provisoire à se défendre, les bolcheviks organisent la défense de la capitale. Les ouvriers creusent des tranchées, les cheminots envoient les trains sur des voies de garage, et les troupes finissent par se dissoudre.

Les conséquences du putsch sont énormes: les masses se sont réarmées, les bolcheviks peuvent sortir de leur semi-clandestinité, les prisonniers politiques de juillet, dont Trotsky, sont libérés par les marins de Kronstadt.

La montée des bolcheviks

De plus en plus d'ouvriers et soldats pensent qu'il ne saurait y avoir de conciliation entre l'ancienne société défendue par Kornilov et la nouvelle. Le putsch et l'effondrement du gouvernement provisoire, en donnant aux soviets la direction de la résistance renforce leur autorité et accroît l'audience des bolchéviks. Leur prestige se trouve grandit: aiguillonnées par la contre-révolution, les masses se radicalisent, des soviets, des syndicats se rangent du côté des bolcheviks. Le 31 août, le soviet de Pétrograd accorde la majorité aux bolcheviks, et élit Trotsky à sa présidence le 30 septembre. Toutes les élections montrent cette montée; ainsi, aux élections municipales de Moscou, entre juin et septembre, les SR passent de 375 000 suffrages à 54 000, les mencheviks de 76 000 à 16 000, les cadets de 109 000 à 101 000 voix, alors que les bolcheviks passent de 75 000 à 198 000 voix. Le mot d'ordre "tout le pouvoir au soviets" dépasse largement les bolcheviks et est repris par des ouvriers SR ou mencheviks. Le 31 août, le soviet de Pétrograd et 126 soviets de province votent une résolution en faveur du pouvoir des soviets.

La révolution se poursuit, les paysans s'emparent des terres des seigneurs sans attendre la réforme agraire promise et constamment retardée par un gouvernement provisoire. Les soldats désertent en masse les tranchées, qui se vident peu à peu.

Ainsi, les bolcheviks, qu'on qualifiait encore en juillet d'une "une insignifiante poignée de démagogues" contrôlent la majorité du pays.

Révolution d'octobre 1917

En octobre, Lénine et Trotski considèrent que le moment est venu d'en finir avec la situation de double pouvoir. Les débats au sein du Comité central du Parti bolchévik afin que celui-ci organise une insurrection armée et prenne le pouvoir sont vifs, certains considérant qu'il faut encore attendre et agir en accord avec d'autres formations révolutionnaires. Mais Lénine et Trotski l'emportent et après avoir résisté, le Comité approuve et organise l'insurrection, qui doit se tenir juste avant l'ouverture du IIe congrès des soviets, lequel doit se réunir le 25 octobre.

L'insurrection éclata dans la nuit du 24 au 25 octobre (dans l'ancien calendrier tsariste, ce qui correspond à la nuit du 6 au 7 novembre). Un Comité Militaire Révolutionnaire dirigé par Trotski et composé d'ouvriers armés, de soldats et de marins est créé et prépare l'insurrection : prise d'assaut des points stratégiques de la ville : le Palais d'hiver, siège du Gouvernement provisoire.

Le 7 novembre 1917, les dirigeant bolchevik Lénine et Trotsky lancent leurs partisans dans un soulèvement à Pétrograd (alors capitale de la Russie) contre le gouvernement provisoire dirigé par Kerensky (notons qu'à cette époque, la Russie utilise encore le calendrier julien : la date du 7 novembre (grégorien) correspond au 25 octobre julien).
Lénine proclame le « pouvoir des Soviets »
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Lénine proclame le « pouvoir des Soviets »

Les évènements à Pétrograd se déroulèrent presque sans effusion de sang : les bolcheviks parvinrent à prendre les symboles gouvernementaux sans résistance avant de lancer un assaut final sur le Palais d'hiver. Ce dernier, défendu par des bataillons féminins, céda au prix limité de six morts. Les films officiels tournés plus tard montrèrent ces évènements sous un angle héroïque, bien que dans la réalité les insurgés n'eurent à faire face qu'à une faible résistance. En effet, parmi les troupes cantonnées dans la capitales, seuls quelques bataillons d'élèves officiers ("junkers") soutiennent le gouvernement provisoire, l'immense majorité des régiments se prononçant pour le soulèvement ou se déclarant neutres dans le conflit entre les soviets et le gouvernement provisoire. Pendant que se déroulaient les événements, les tramways continuaient à circuler et les théâtres à jouer. Un des événements les plus décisifs du XXe siècle avait lieu sans que grand monde ne s'en rende compte.

Si une poignée de partisans a pu se rendre maître de la capitale face à un gouvernement provisoire que plus personne ne soutient, le soulèvement doit maintenant être ratifié. Le lendemain, 25 octobre, Trotsky annonce officiellement la dissolution du gouvernement provisoire lors de l'ouverture du Congrès pan-russe des soviets des députés ouvriers et paysans (649 délégués y furent élus, dont 390 bolcheviks).

Les autres délégués socialistes se déclarent outrés de cette « conjuration ourdie dans le dos des soviets. » Les bolcheviks proposent alors à tous les partis sovietiques de participer à un gouvernement provisoire. Cette proposition tactique ne convainc guère alors qu'ils se sont déjà mis en situation de conquérir et de garder le pouvoir seuls. A part les SR de gauche, qui acceptent, tous quittent la salle. Ces défections furent accompagnées de ce commentaire de Léon Trotsky : « Partez, allez-y, partez, vous rejoignez les tas de poussière de la société, dans les poubelles de l'Histoire ». Les opposants partis, les Bolcheviks peuvent alors former un gouvernement avec les seuls SR de gauche comme alliés, et prétendre avoir reçu un mandat des soviets. Prétention qui va "abuser des générations de crédules" (N. Werth).

Le congrès adopte les décrets transférant "tout le pouvoirs aux soviets", et les décrets sur la terre, la paix, et le contrôle ouvrier sur la production. Lorsque Lénine fit sa première apparition publique, il fut véritablement ovationné et sa première déclaration fut : « Nous allons maintenant procéder à la construction de l'ordre socialiste ».
Affiche russe de 1920 : "Vive la révolution mondiale!"
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Affiche russe de 1920 : "Vive la révolution mondiale!"

Le jour suivant, les Soviets élirent un conseil des commissaires du peuple comme base du nouveau gouvernement soviétique, en attendant la convocation d'une assemblée constituante (c'est ce « conseil des commissaires » qui détient alors en fait le pouvoir).

Dans les quelques heures qui suivirent, une poigné de décrets allait jeter les bases de la révolution.

* Décret sur la Paix. Tout d'abord, Lénine annonce l'abolition de la diplomatie secrète et la proposition à tous les pays belligérants d'entamer des pourparlers "en vue d'une paix équitable et démocratique, immédiate, sans annexions et sans indemnités." Seule l'Allemagne accepte. Trotski, nommé commissaire du peuple aux Affaires Etrangères, fait alors publier les traités secrets entre grandes puissances, tel le pacte d'alliance franco-russe de 1894 ou les accords Sykes-Picot de 1916 partageant d'avance le Proche-Orient entre les Alliés. Le 15 décembre, un Armistice russo-allemand est signé à Brest-Litovsk et des négociations de paix s'engagent.

* Ensuite, un décrêt sur la terre: "la grande propriété foncière est abolie immédiatement sans aucune indemnité", et laisse aux soviets de paysans la liberté d'en faire ce qu'ils désirent, socialisation de la terre ou partage entre les paysans pauvres.

Dans les faits, ce décret entérine la réalité existante, puisque les paysans ont spontanément procédé depuis l'été à des occupations massives de grands domaines. Mais il marque aussi un malentendu entre les Bolcheviks et les paysans. Les premiers visent à terme au collectivisme intégral, les seconds à l'extension et à la muliplication de la petite propriété. Les Bolcheviks ont habilement repris depuis plusieurs mois le programme des SR, que ces derniers ont été incapables de mettre en oeuvre, mais de ce fait les paysans ne sont que conjoncturellement séduits par le parti de Lénine, qui reste avant tout collectiviste, urbain et ouvriériste. Enfin, en prenant le pouvoir, le parti hérite du problème catastrophique du ravitaillement des villes, qui a déjà fait tomber Nicolas II et Kerensky. La nécessité de procéder à des réquisitions de céréales s'il veut survivre porte en elle les germes d'un conflit avec la paysannerie, effectif dès 1918.

* D'autres mesures suivront, comme la nationalisation des banques (14 décembre), le contrôle ouvrier sur la production, la création d'une milice ouvrière, la souveraineté et l'égalité de tous les peuples de russie, leur droit à disposer d'eux-même "y compris par la séparation totale et la constitution d'un Etat indépendant", la suppression de tout privilège à caractère national ou religieux, la séparation de l'Eglise orthodoxe et de l'Etat, le passage du calendrier julien au calendrier grégorien, etc.

La tentative de prendre Moscou du 28 octobre au 2 novembre rencontra de violentes résistances. L'assaut du Kremlin y fut conduit par le jeune Nicolas Bouckharine. Conscients qu'ils ne pourraient gouverner sans l'appui du monde rural, constituant l'immense majorité du pays, les bolcheviks convoquèrent du 10 au 16 novembre un congrès paysan, qui malgré une majorité SR hostile aux bolcheviks, adopta le décret sur la terre et apporta son soutien au nouveau gouvernement révolutionnaire, consacrant très provisoirement l'union entre le prolétariat et la paysannerie.

En prenant le pouvoir à Petrograd, Lénine et Trotsky savaient et réaffirmaient qu'ils ne pourraient tenir sans le renfort de pays industrialisés, l'Allemagne, la France et l'Angleterre. Mais de fait, en dépit de grèves et de manifestations dans ces pays, aucun mouvement révolutionnaire ne se déclenche ni dans les armées ni dans les populations civiles, et le pouvoir bolchevik reste seul face à tous les dangers qui attendent le régime né d'Octobre.

Les débuts du régime léninien: une dictature qui préexiste à la guerre civile [modifier]

Contrairement aux idées reçues, la construction de la dictature exclusive du parti bolchevik n'est pas un produit de la lutte nécessaire contre le péril contre-révolutionnaire. Elle est lancée bien avant l'éclatement de la guerre civile à l'été 1918, et même avant le printemps de cette année-là, à une époque où le pays est globalement calme (à peine 3.000 insurgés cosaques avant cette date, tous dans le Caucase).

Lénine a toujours exposé publiquement, dès son retour en Russie, que les Bolcheviks comptaient s'emparer du pouvoir seuls et l'assumer seuls (propos accueillis au départ avec scepticisme voire hilarité). Il a refusé en octobre 1917 les avertissements de Kamenev et Zinoviev, qui préféraient une alliance préalable avec les autres forces révolutionnaires et un partage équitable du pouvoir, et qui avaient mis en garde contre le risque d'isolement des bolcheviks face aux oppositions. Le coup de force d'Octobre a mis les autres partis devant le fait accompli, et la proposition bolchevique de partager le pouvoir (les Bolcheviks n'étaient ni majoritaires ni encore assez forts pour se passer de la faire) avait toutes raisons d'apparaître à ces derniers comme purement tactique, sinon comme passablement hypocrite.

Plus globalement, les Bolcheviks n'ont que mépris pour le "crétinisme parlementaire", la "justice bourgeoise" et autres "libertés formelles". Depuis les années 1900, Lénine a aussi théorisé l'idée du parti-guide, "avant-garde du prolétariat". Cette assimilation du Parti aux masses conduit à mettre automatiquement hors-la-loi comme ennemi du peuple toute personne, tout groupe qui entre en désaccord avec lui - ce qu'avaient déjà dénoncé en leur temps Rosa Luxemburg ou encore Trotski lui-même en sa période menchevik.

Quelle que soit la part indéniable des circonstances qui contribueront à radicaliser la dictature (explosions de violences populaires dans toute la Russie depuis le printemps 1917, effondrement du ravitaillement et de l'économie, puis formation des armées blanches), les Bolcheviks n'ont à aucun moment envisagé de bâtir autre chose qu'un régime de parti unique débarassé de toute opposition.

(voir pour cette partie et les suivantes, voir notamment Nicolas Werth, "Un Etat contre son peuple", in Le Livre noir du communisme, Robert Laffont, 1997 ; Jacques Baynac, La Terreur sous Lénine, Poche, 1998 ; Marc Ferro, La révolution de 1917, Flammarion, 1967) H. Carrère d'Encausse, Lénine, Fayard, 1998 ; ou encore John Keegan, La Grande Guerre, Perrin)

Les premiers jours

Dès le lendemain du 7 novembre, les tracts et les journaux non-bolcheviks sont interdits à Petrograd. Les sept principaux titres de la capitale disparaissent, la radio et le télégraphe sont mis sous contrôle. Alors qu'à peu près tous les fonctionnaires de Petrograd se sont mis en grève pour protester contre le coup de force, des listes publiques livrent à la vindicte populaire tout fonctionnaire qui refuse de servir le nouveau pouvoir. Déjà de nombreux suspects sont jetés en prison sans jugement. Le 10 décembre, tout membre du parti KD est déclaré hors-la-loi. La notion vague d'« ennemi du peuple », celle de « suspect », ou encore l'accusation d'"appartenance à une classe hostile" sont déjà abondamment employées dès novembre 1917, notamment par Félix Dzerjinski, bientôt fondateur de la Tchéka. Ces notions étaient inemployées auparavant. Or, quand on sait leur postérité...

La construction d'un Etat policier

Dès le 20 décembre 1917, la Tchéka est fondée. Son action n'a aucune base légale ni judiciaire (le décret qui la fonde n'est rendu public qu'après la mort de Lénine), et cette « commision extraordinaire » se veut indépendante du gouvernementt, de la justice et des lois. Parmi les saboteurs et ennemis prévus par le décret susdit figurent KD, SR de droite, journalistes, grévistes... D'emblée la Tchéka multiplie les appels à la délation, à la constitution de Tchékas locales, etc. Fondée avec 100 fonctionnaire (dont Menjinski, Peters, Iagoda), elle en compte 12.000 dès juillet 1918. Lorsqu'elle arrive à Moscou, et s'insalle à la Loubianka, le 10 mars 1918, elle a sur place 600 membres. En juillet, elle en a 2000. Dès cette date, les effectifs policiers dont dispose Lénine sont supérieurs à ceux de l'Okhrana sous Nicolas II.

A Steinberg, ministre SR de la Justice, qui tente de freiner les actions illégales de la Tchéka, et s'exclame devant lui ; « A quoi bon un Commissariat à la Justice ? appelons-le commissariat à l'extermination sociale, la cause sera entendue », Lénine répond: « Excellente idée, c'est comme ça que je vois la chose. Malheureusement, on ne peut l'appeler ainsi. »


La dissolution de la Constituante

Réclamée par tous les programmes des partis révolutionnaires depuis le XIXe siècle, l'assemblée constituante russe est élue en décembre 1917. Bien qu'ils atteignent 25 % des voix et 175 élus, les Bolcheviks sont minoritaires avec 175 élus sur 707 députés. Les campagnes ont préféré voter pour les SR, leurs alliés traditionnels.

La dissolution de la Constituante par les gardes Rouges suit immédiatement sa première réunion, le 19 janvier 1918. 20 des manifestants protestant contre la décision sont tués : Gorki saluera en eux, à leurs obsèques, les martyrs d'une expérience démocratique de quelques heures à peine, attendue pendant cent ans.

Selon le mot de Jacques Baynac (dans La Terreur sous Lénine, Le Livre de Poche, 1998), les résultats de l'élection indiquaient que le pays ne voulait majoritairement ni du gouvernement issu de la révolution de février, ni de celui issu de la révolution d'octobre. Il n'y aura cependant pas de révolution de janvier ou de juillet 1918, répression et guerre civile aidant.

La mise au pas des concurrents révolutionnaires [modifier]

C'est dès le 9 janvier 1918 que le transfert du gouvernement à Moscou est envisagé, alors que les négociations sont en cours à Brest-Litovsk, et que l'armistice avec l'Allemagne tient toujours. Contrairement à ce qui sera affirmé par la suite, cette translation, effective en mars, n'est donc pas due aux offensives allemandes et blanches, mais à une peur que les quartiers ouvriers de Petrograd, toujours affamés et exaspérés, se soulèvent à nouveau, mais cette fois contre le pouvoir né d'Otobre. Il s'agit aussi de démontrer spectaculairement aux opposants de toute sorte que le pouvoir bolchevik peut subsister même hors de son foyer d'origine petrogradois.

Le 27 mars 1918, la Tchéka est chargée des délits de presse. La décision permet d'accentuer considérablement la censure de la presse non-bolchevik.

Le 11-12 avril, une vague de répression anti-anarchiste frappe Moscou : 1000 hommes des troupes spéciales attaquent leurs domiciles, on comte 520 arrestations, 25 exécutions sommaires. Désormais, les anarchistes sont qualifiés officiellement de « bandits » : un mot qui aura de la postérité. Dzerjinski prévient que cette opération n'est qu'un début.

Une recrudescence des SR et des anarchistes inquiète en effet alors le pouvoir. Leur net regain d'audience se lit aux résultats : là où se tiennent encore des élections locales libres, ils en remportent plus de la moitié.

En réaction, en mai-juin 1918, 205 journaux socialistes sont fermés, et la Tchéka dissout l'arme au poing des dizaines de soviets SR ou mencheviks, alors que ceux-ci viennent d'être élus légalement. C'est le cas à Riazan, Tambov, Oral, Kazan...

Le 14 juin 1918, les mencheviks et les SR sont expulsés du comité exécutif panrusse des soviets. Le 16 juillet, le journal de Gorki, La Vie Nouvelle, est interdit par la Tcheka. C'était le dernier journal indépendant encore en activité en Russie.

Dans les villes, la situation alimentaire demeure explosive. Pas plus que Kerensky Lénine n'a de solution toute prête face à la rupture des échanges villes/campagnes, et au retour des paysans à l'autoconsommation. Les bolcheviks ne peuvent que reprendre la méthode des prélèvements obligatoires effectués par des détachements armés de citadins, ce qui soude les campagnes contre leur pouvoir urbain, et aliène au parti les paysans que le décret sur la terre lui avaient gagné. 150 révoltes paysannes sont réprimées à travers la Russie pour le seul mois de juillet 1918, sans susciter une amélioration notable du ravitaillement urbain. Au contraire, les rations s'effondrent. Dans des dizaines de villes, la Tcheka et certains Gardes Rouges tirent alors sur des marches de la faim, fusillent des grévistes, brisent les meetings populaires.

Une nouvelle pratique est même inaugurée : le lock-out des usines... nationalisées ! Un autre moyen de réprimer les grèves. Le 20 juin 1918, en représailles à l'assassinat d'un responsable bolchevik, 800 meneurs ouvriers sont arrêtés à Petrograd en deux jours, et leur soviet dissout. Le 2 juillet, les ouvriers répliquent par une grève générale à travers Petograd, en vain.

Refusant ces actes mais aussi le traité de Brest-Litovsk qu'ils interprètent comme une capitulation face à l'impérialisme allemand, les SR de gauche rompent à leur tour avec le gouvernement bolchevik. Le 6 juillet 1918, ils tentent de relancer la guerre contre l'Allemagne en assassinant l'ambassadeur du Reich, Von Mirbach. Le même jour, ils tentent de prendre d'assaut le siège de la Tchéka à Moscou. Virtuellement, la guerre civile opposant les bolcheviks à toutes les autres forces est commencée.

La guerre civile russe

Les prémisses

En janvier 1918, la révolution en Finlande, est réprimée par les "blancs", aidés par la division allemande du général Von der Goltz. La répression est brutale. Les prisonniers rouges sont abattus à la mitrailleuse dans des fossés. La terreur blanche fait 35 000 morts dans un pays de 4 millions d'habitants. 80 000 prisonniers sont enfermés dans les premiers camps de concentration de la guerre civile (tous fermés cependant avant fin 1918, alors que les camps de la Tchéka survivront à la guerre civile et préfigureront en partie le Goulag).

Pour les monarchistes Russes, c'est un exemple à suivre, et un avertissement de ce qui attend les révolutionnaires s'ils perdaient le pouvoir. Plus loin dans le temps, les Bolcheviks se souviennent de l'écrasement impitoyable de la Commune de Paris vaincue, lors de la Semaine Sanglante. Lénine n'a-t-il pas esquissé un pas de danse dans la neige au Kremlin, lorsqu'il s'est aperçu que son gouvernement venait de dépasser d'un jour la durée de la Commune ?

Jusqu'au traité de Brest-Litovsk en mars 1918, divers groupes nationaux, notamment en Ukraine et dans le Caucase, mettent à profit la situation pour tenter de s'émanciper mais les combats restent fort sporadiques.

L'intervention étrangère

A partir d'avril, les Alliés - Français et Britanniques - interviennent dans le nord et dans le sud du pays, mais d'abord pour contrer l'occupation allemande. Les bocheviks ne sont pas initialement hostiles à leur arrivée - Trotski conseille même au soviet de Mourmansk d'accepter leur aide contre toute menace allemande, et laisse d'abord dans l'imprécision l'ennemi que la toute récente Armée Rouge aura à affronter : Allemands ou Alliés ? L'Armisitce de Rethondes prévoit par ailleurs l'annulation du désastreux traité de Brest-Litovsk que le gouvernement bolchevik a du conclure en mars 1918.

Ce n'est qu'après leur victoire de novembre 1918 que les Alliés prennent ouvertement position contre les Rouges et aux côtés des « Blancs ». Ecoeurés par le traité de Brest-Litovsk qui a permis au Kaiser de transférer ses divisions d'Est en Ouest et de manquer de peu de remporter la victoire en France, beaucoup de dirigeants occidentaux s'en tiennent à l'époque à la thèse infondée d'un Lénine agent des "Boches", et conçoivent au départ leur intervention comme un prolongement de la lutte contre l'Allemagne. S'y mêle ensuite la peur de la contagion révolutionnaire. Comme le déclara Winston Churchill, certes antibolchevik particulièrement virulent même au regard des critères de l'époque, « le bolchévisme doit être étranglé dans son berceau ».

L'idée de Lénine et Trotsky n'était pas d'instaurer un régime socialiste dans la seule Russie, mais que l'extension de la révolution aux pays industriellement avancés, comme l'Allemagne était le seul moyen de sauver la révolution.

A partir de l'été 1918, Anglais, Allemands, Français, Américains, Grecs, Polonais, Roumains et Japonais interviennent. Avant l'Armistice de Rethondes, l'Ukraine reste occupée par les troupes allemandes, qui renversent le gouvernement, et privant la Russie d'approvisionnement en blé, les troupes autrichiennes occupent Odessa, les Japonais débarquent à Vladivostok, les Turcs pénètrent dans le Caucase.

Anglais et Français arment le général tsariste Dénikine, les allemands la division cosaque de Krasnov. Le général blanc Kornilov écrit "Même s'il faut brûler la moitié de la Russie et verser le sang de trois quarts de la population, nous le ferons si c'est nécessaire pour sauver la Russie". L'écrivain blanc Andreiev écrit "là où on fusille les gens comme des chiens, règnent la paix, la prospérité et un sens très fin de la légalité". Les pogroms antisémites que perpètrent ou laissent perpétrer les généraux blancs font plusieurs centaines de milliers de victimes et constituent les pires massacres antijuifs jamais perpétrés avant la Shoah.

Les déclarations incendiaires ne sont pas moins absentes du camp opposé. En exil, Lénine a théorisé le passage de la "guerre civile impérialiste" à la "guerre civile révolutionnaire". La culture révolutionnaire bolchevik juge que la violence est un moteur de l'Histoire. Dans cette perspective, la guerre civile est inévitable, et même parfaitement souhaitable pour vaincre plus vite les forces de réaction et accélérer le changement social. Dès avril 1918, à propos des détachements chargés des réquisitions forcées de céréales, Trotski s'exclame : « notre parti est pr la guerre civile. La guerre civile, c'est la lutte pour le pain. Vive la guerre civile ! » Dans la chaleur d'un discours à Petrograd, Zinoviev s'emportera en 1919 jusqu'à parler d'anéantir les dix millions de Russes hostiles à la révolution. Avant comme a fortiori après la tentative d'assassinat contre sa personne, Lénine multiplie les articles, lettres et ordres écrits appellant à assassiner les ennemis du peuple comme des poux, des insectes, de la vermine, et autres termes du même champ sémantique. Quant à Boukharine, il appelle en ces termes à la vigileance policière : « nous devons tous être des tchékistes. »

Les deux camps principaux sont donc prêts à en découdre, et exempts de toute hésitation à recourir à la violence de masse. Trois fronts principaux se constituent par divers groupes nationaux qui mettent à profit la situation pour tenter de s'émanciper :

* au sud (armée des volontaires russes et celle des cosaques dans la région du Don, commandée par le général Dénikine),
* au nord-ouest (armée de Ioudénitch),
* en Sibérie occidentale (armée de l'amiral Koltchak, renforcée par les 40 000 hommes de la Légion tchèque) à Omsk.

A ces trois fronts s'ajouterons d'autres forces blanches plus ou moins autonomes:

* en Sibérie orientale : les troupes cosaques de l'Ataman Semenov appuyées par un fort contingent de "conseillers" japonais;
* en Mongolie : la Division asiatique de cavalerie du baron balte Ungern von Sternberg

Armée rouge

Face à la conjugaison des menaces, le gouvernement soviétique transfère la capitale de Petrograd à Moscou et proclame la mobilisation générale et obligatoire. Léon Trotski prend énergiquement la direction de l'Armée rouge : de près d'un million d'hommes à la fin de l'année 1918, elle en comptera plus de 5 millions deux années plus tard.

L'armée rouge défait une à une les armées blanches en commençant par Ioudenitch en octobre, puis presque simultanément à la mi-novembre Koltchak et Anton Ivanovitch Dénikine. En 1919, le gouvernement liquide la Makhnovchina.

La période finale de la guerre fut le long siège des dernières forces blanches en Crimée. Piotr Nicolaïevitch Wrangel y avait rassemblé les restes des troupes de Dénikine qui s'étaient fortifiés. Ils tinrent jusqu'à ce que l'Armée Rouge, qui avait participé à la guerre contre la Pologne, débarque. Alors les blancs furent débordés et leurs dernières troupes évacuées vers Constantinople en novembre 1920.

La famine et le « communisme de Guerre »

Aux ravages causés par la guerre civile, s'ajoute rapidement la famine. Déjà avant octobre 1917, le Gouvernement Provisoire de Kerensky devait procéder à des réquisitions forcées des stocks de nourriture afin de nourrir les villes. En arrivant au pouvoir les Bolcheviks tentèrent d'y renoncer mais devant l'aggravation de la situation sanitaire et économique, un régime spécial, appelé "communisme de guerre" fut instauré.

En effet, avec l'occupation de l'Ukraine par les troupes allemandes, l'embargo sur la Russie décrété par les principales puissances (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne et Japon) et les débuts de la guerre civile, la situation se dégrade brutalement, provoquant une quasi disparition de toute activité économique dans le pays. En janvier 1918, la ration de blé moyenne dans les grandes villes tombe à 3 livre par mois. Des entreprises doivent fermer, les ouvriers ne trouvant plus de quoi se nourrir, des bandes de pillards parcourent les campagnes à la recherche de nourriture, des détachements de déserteurs se heurtent à l'armée. La production industrielle chute dramatiquement, rendant impossible le troc de produits manufacturés avec les paysans, contre de la farine. Les soviets organisent des détachements d'ouvriers, chargés de procéder à des réquisitions dans les campagnes, entraînant une chute de la production agricole. Les blancs, bien que proclamant le libre échange sont eux-aussi contraints de recourir aux réquisitions forcées. Il faudra attendre la fin de la guerre civile en 1921 pour que Lénine puisse mettre fin au communisme de guerre, et tente de faire repartir la machine économique avec l'instauration de la Nouvelle Politique Economique (NEP).

Conséquences

Le premier résultat de cette révolution fut le renversement du régime tsariste, laissant le champ libre pour la prise de pouvoir par les bolchéviks. Paradoxalement, selon le mot de Nicolas Werth, "une révolution populaire et plébéienne profondément antiautoritaire et antiétatique [a] amené au pouvoir le groupe le plus dictatorial et le plus étatiste."

Il est en effet établi aujourd'hui que les bases de l'Etat policier léninien sont largement jetées dès avant l'éclatement de la guerre civile en août 1918, et que la répression s'abat autant sinon plus sur les autres partis révolutionnaires et sur certains mouvements populaires que sur les partis "bourgeois" ou les forces monarchistes. Ainsi sombrent les aspirations des masses populaires russes à une forme de démocratie directe spontanée et à de liberté totale (voir notamment Nicolas Werth, "Un Etat contre son peuple", in Le Livre Noir du Communisme, Robert Laffont, 1997).

Un autre résultat immédiat est la signature du traité de Brest-Litovsk.

La guerre civile allait laisser le pays épuisé, ruiné pour de nombreuses années, et sous la coupe d'un parti unique lui-même de plus en plus monolithe (instauration du centralisme démocratique, mars 1921), dont la police et l'armée ont éliminé toutes les forces d'opposition organisées. Tout est à reconstruire.

De plus, la révolution attendue par les bolcheviks dans les pays capitalistes n'a pas eu lieu. En Allemagne même, les masses populaires, classe ouvrière comprise, n'ont pas soutenu la tentative spartakiste de Rosa Luxemburg, et la répression a suivi. En Hongrie, Bela Kun s'est aliéné d'emblée les paysans, et n'a pu tenir que 133 jours au pouvoir avant d'en être délogé par une invasion roumaine. La vague révolutionnaire reflue dès 1920 en Italie, ouvrant la voie au succès du fascisme. Des pays industrialisés aussi importants que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ne connaissent que des vagues de grèves et de manifestations, parfois violentes, mais jamais en mesure d'ébranler la société et le gouvernement. La création à Moscou de la IIIe Internationale (Komintern), en 1919, est une conséquence directe d'Octobre. Elle sera dissoute par Staline en 1943 sans avoir jamais réussi à conduire une révolution victorieuse. Dans l'immédiat, rupture et scissions entre partis sociaux-démocrates et partis communistes, entre 1919 et 1921, ont laissé le mouvement ouvrier et syndical durablement divisé, et affaibli face aux forces conservatrices et fascistes. La Russie elle-même reste amoindrie et isolée, cernée par un "cordon sanitaire" de petits Etats (pays Baltes, Pologne, etc).

Ensuite vint la création, en 1922, de l'U.R.S.S. – l'Union des républiques socialistes soviétiques.

Le régime instauré par les bolcheviques, a souvent été qualifié de 'communisme', même si pour Marx, le communisme correspond à une société qui répond à la devise "à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens". En 1918, cependant, Lénine ne répugnait pas à faire changer le nom du parti en parti communiste, ni à fonder en 1919 le Komintern, alias l'Internationale communiste.

Le délabrement économique et moral consécutif à la guerre civile va laisser la place à une couche de bureaucrates, qui au sein même du parti bolchevik vont réussir à s'imposer à la tête du pays. Pour cela, ils devront déporter puis massacrer tous leurs opposants, "contre-révolutionnaires" comme révolutionnaires. Des milliers de militants communistes, dont la majorité de la "vieille garde" bolchevique, des héros d'Octobre et de la guerre civile, seront ainsi déportés, fusillés, les plus célèbres d'entre eux lors des procès de Moscou en 1936. Pour asseoir son pouvoir absolu, et aussi pour faire oublier le rôle très limité qu'il a joué dans la révolution d'Octobre, Joseph Staline entreprend en effet de liquider, lors de la Grande Terreur de 1936-1939, toute une génération de militants, de cadres politiques et économiques, de militaires, d'écrivains ou même de policiers qui ont connu l'avant-1917 et fait la révolution puis la guerre civile. Une partie d'entre eux avait pu faire un temps d'autres choix que les Bolcheviks ou que le dictateur lui-même.

Le régime totalitaire de Staline finira d'étouffer les idéaux de la révolution d'Octobre. Dès le millieu des années 1930, il rétablit un certain nombre de valeurs honnies au temps de Lénine et Trotski: exaltation de la famille et de la patrie, restauration de titres militaires tels le grade de maréchal, libre vente de la vodka par l'Etat, académisme dans l'art, russification forcée des minorités et "chauvinisme grand-russe", antisémitisme officiel de moins en moins voilé... Fort peu sensible à l'internationalisme des premiers dirigeants bolcheviks, Staline abandonne par ailleurs toute idée d'exporter la révolution par le Komintern. A ses yeux, elle ne doit s'étendre que grâce à l'Armée Rouge, sous strict contrôle de Moscou et comme une extension de l'empire soviétique. C'est ce qui se produit dès 1939 lors des annexions permises par le Pacte germano-soviétique, puis après la victoire de 1945.

Tous ces faits seront caractérisés par Léon Trotski comme le "Thermidor" de la révolution russe (par comparaison avec la réaction qui suivit la chute de Robespierre pendant la Révolution française). La comparaison présente toutefois certaines limites. En effet, l'ère stalinienne se marque aussi par un retour, contre les paysans, aux méthodes du communisme de guerre. Et elle coïncide avec un déchaînement de terreur sans précédent, là où le Thermidor français mettait au contraire fin à la Terreur. D'autre part, l'avènement de Staline signifie aussi une relance spectaculaire de la tranformation sociale en Russie, au point que l'on a pu parler de la "seconde révolution" de l'an 1930: collectivisation intégrale des terres, plan quinquennal sortant brusquement l'URSS de l'arriération. Cela au lourd prix dissimulé de millions de victimes et de l'acheminement vers un Etat totalitaire.


Les causes de cette "dégénérescence" sont diversement expliquées. Pour les anarchistes elle est due aux principes "autoritaires" du parti bolchevik, et le ver était dans le fruit. Pour d'autres, elle est inscrite dans les idées mêmes de Marx. Pour un certain nombre de marxistes non-communistes, Lénine a commis l'erreur fatale de vouloir déclencher une révolution ouvrière dans un pays massivement paysan, et de surestimer les potentialités révolutionnaires dans les pays occidentaux. Quant à Trotsky et aux trotskistes, ils séparent étanchément une "bonne" période léninienne d'une "mauvaise" période stalinienne, et restent les seuls à poser une parfaite solution de continuité entre les deux. Selon eux, c'est dans l'isolement de la révolution dans un pays pauvre et peu développé qu'il faut chercher la cause de la dictature totalitaire. On peut toutefois souligner que précisément, aucune révolution marxiste au XXe siècle n'a jamais éclaté dans un pays riche et industriel, les seuls pays touchés étant agraires et en retard de développement (dont la Chine, le Viet-Nam, l'Ethiopie, le Mozambique, etc. tous pays peu capitalistes que les analyses de Marx et Engels avaient laissé complètement de côté). Par ailleurs, force est de constater qu'aucun des régimes se réclamant d'une révolution communiste n'a évité de s'orienter rapidement vers la dictature policière et bureaucratique.

La Seconde Guerre mondiale fut suivie par la fameuse « Guerre froide », opposant le Bloc communiste à l'Occident (dans ce cas, les États-Unis surtout) dans une course à l'armement qui n'aboutit jamais à un conflit ouvert direct, avant la chute de l'URSS.

Voir aussi

Liens internes

* La Révolution de février est aussi le nom donné à la Révolution française de 1848.
* Russie
* URSS
* bolchevik
* Parti socialiste-révolutionnaire de gauche
* collectivisme politique
* Socialisme d'État
* Lénine
* Trotsky
* Révolution russe de 1905
* Docteur Jivago

Lien externe

* TEXTES sur les Révolutions russes de 1917 Cliotexte.

Bibliographie

* Marc Ferro, La Révolution russe de 1917, Flammarion, 1977.
* Rudolf Rocker, Les Soviets trahis par les bolcheviks, 1921.
* Jean-Jacques Marie, La Guerre civile russe 1917-1922, coll. mémoires, 2005.
* Martin Malia, Comprendre la Révolution russe, Seuil, 1980.
* Nicolas Werth, Histoire de l'Union soviétique, PUF coll. « Thémis », 1992
* Nicolas Werth, 1917 : la Russie en révolution, Gallimard, coll. « Découvertes », 1997
* voline [1] la révolution inconnue (taille 1 Mo) (histoire de la révolution russe)
* Rosa Luxemburg, La Révolution russe, 1918 : [2]
* Bibliographie détaillée

* Richard Pipes, La Révolution russe, PUF, 1993
* Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe
* John Reed, Dix jours qui ébranlèrent le monde
* Victor Serge, L'An I de la révolution russe, Éditions La Découverte.
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# Posté le mardi 29 août 2006 15:31

petite histoire de la guerre civile espagnole

petite histoire de la guerre civile espagnole
Guerre civile espagnole
La guerre civile espagnole, plus connue en France sous le nom de guerre d'Espagne et parfois désignée sous celui de révolution espagnole, qui ne couvre toutefois qu'un de ses aspects, est un conflit qui oppose, en Espagne, un camp républicain et un camp nationaliste. Le camp républicain et loyaliste incarne, au début du conflit, le gouvernement légal de la République espagnole, appuyé par des militants représentant diverses tendances progressistes et surnommés les rojos (rouges) (cette expression générale définissant ces diverses tendances unies contre le front franquiste : anarchistes, communistes, démocrates, socialistes, etc.).

Le camp nationaliste est constitué de rebelles appelés nacionalistas ( « nationalistes » ) ou facciosos ( « factieux » ). Cette guerre prend aussi la forme, dans certains territoires contrôlés par les loyalistes, d'une révolution sociale qui crée des conditions de collectivisation des terres et des usines, et qui permet l'expérience de nouvelles relations sociales et politiques dans ces zones. La guerre se déroule de juillet 1936 à avril 1939 et s'achève par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco.

Au cours de cette guerre civile, les futurs belligérants européens de la Seconde Guerre mondiale commencent à s'affronter plus ou moins directement : l'Allemagne d'Hitler et l'Italie de Mussolini apportent leur soutien à Franco, l'Union soviétique de Staline vend des armes aux républicains, tout en cherchant la prise de pouvoir au sein de la république. La France et le Royaume-Uni choisissent la neutralité et ne participent pas directement, mais ils laissent les Brigades Internationales s'engager aux côtés des républicains.
Contexte politique

La Seconde République espagnole a été proclamée en 1931.

Après les élections générales de 1933, la Confederación Española de Derechas Autónomas (CEDA), devient le premier parti en nombre d'élus des Cortès. Disposant de cette majorité relative, José María Gil-Robles le chef de la CEDA, s'attend à être appelé pour former le nouveau gouvernement mais le Président de la République, Niceto Alcalá Zamora préfère faire appel à Alejandro Lerroux (radical) pour former une coalition de centre droit (le bienio negro) qui comprend sept ministres minoritaires issus des rangs de la CEDA. Une partie de la gauche menace d'appeler à l'insurrection si la CEDA forme le gouvernement.

En septembre et octobre 1934, des insurrections socialistes et anarchistes ont lieu en Catalogne, à Madrid et dans les mines des Asturies. Cette dernière est matée dans le sang par les troupes d'Afrique commandées par Franco. L'entente entre gauche et droite semble de plus en plus impossible : ces événements polarisent les positions et on assiste à une montée fulgurante des extrêmes.

La radicalisation (1934-1936)

Le parti socialiste et son syndicat, l'UGT, jusqu'alors modérés, changent brutalement de tactique et deviennent révolutionnaires. Ils refusent, tout comme les anarchistes, le verdict des urnes. Le contexte est très important pour comprendre cette attitude. En 1933, Hitler venait de prendre le pouvoir légalement, or le chef de la CEDA, José Maria Gil Robles, avait multiplié les gestes laissant croire qu'il souhaitait établir une dictature fasciste. Socialistes et anarchistes multiplient les appels à la grève générale. En octobre 1934, les ouvriers des mines des Asturies se révoltent. En Catalogne, où le mouvement séparatiste est très fort, le président de la Generalitat Catalana déclare que la Catalogne appartient à la République Fédérale Ibérique. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible (1 000 morts, 20 000 arrestations). Désormais, un fossé de sang sépare le mouvement ouvrier de la république.

Le centre-droit au pouvoir, qui s'attache pourtant à revenir sur les réformes adoptées par la gauche entre 1931 et 1933, ne rassure pas pleinement ses partisans. Les événements des Asturies ont accru l'angoisse d'une révolution s'apparentant à la révolution russe de 1917. La tentation de recours à un coup de force s'étend, entretenue par l'activisme des mouvements d'extrême droite anciens (Carlistes) ou nouveaux (la Falange). Les deux Espagne sont désormais hantées par deux grandes peurs : celle de la révolution bolchevique et celle du fascisme. La courte victoire d'un Front populaire groupant l'ensemble de la gauche aux élections législatives de février 1936 est à replacer dans ce contexte.

En janvier 1936, quand José María Gil-Robles, demande au Président de la République de l'appeler pour former un nouveau gouvernement, le président Niceto Alcalá Zamora préfère dissoudre les Cortès.

Aux élections de février 1936, le Front National dominé par la CEDA remporta 33,2 % des suffrages et 271 sièges mais est devancé de peu par le Front Populaire qui avec 34,3 % des voix remporte 448 sièges aux Cortès. À droite, on pense que cette coalition de gauche va faire une révolution, à gauche, on considère que la droite voulait établir une dictature fasciste. Il est à noter que les anarchistes ont appellé à voter « front populaire », ce qui constitue une des très rares exceptions à leur principe d'abstention aux élections.

Le Front Populaire tente de reprendre l'action du gouvernement de 1931, mais le climat est difficile : d'un côté, le peuple, très pauvre, réalise souvent lui-même les réformes sociales promises par les partis du Front Populaire et qui tardent à venir ; de l'autre, la fraction réactionnaire, catholique ou nationaliste de la bourgeoisie n'a que peu de confiance dans le régime républicain ou dans le parlementarisme pour maintenir l'ordre. Les crimes politiques se succèdent, commis par les milices ouvrières ou par les milices d'extrême droite (270 victimes en quatre mois). L'État ne maintient plus l'ordre.

Le groupe de généraux responsables du putsch était formé depuis 1933-1934, et la décision de passer à l'acte, est intervenue en mars 1936. Sanjurjo, en exil au Portugal depuis son putsch raté de 1931, en était le chef, Mola l'organisateur, secondé par Cabanillas, Fanjul, Goded et Queipo de Llano. Franco connaissait dès le départ le projet, mais hésitait à s'engager. l'assassinat par des membres des forces de sécurité républicaines d'un des chefs et député de la droite monarchiste, José Calvo Sotelo le 13 juillet 1936, le décide à agir. Non sans mal, les militaires obtiennent l'appui des milices Carlistes et de la Phalange.

Le complot militaire

Les militaires espagnols se considèrent comme une caste à part, indispensable à toute tentative de renversement de la République. Dès le lendemain des élections de 1936 qui voient la victoire du Frente Popular, des complots apparaissent avec les généraux Sanjurjo, Mola, Goded, Fanjul, et Franco.

Le gouvernement a vent de ces conspirations mais sa seule réaction est de déplacer les hauts responsables de l'armée soupçonnés de complot loin de la capitale : Emilio Mola se retrouve muté à Pampelune, Franco aux îles Canaries. La première réunion des conjurés a lieu le 8 mars 1936 à Madrid, et l'insurrection est prévue pour le 19 ou 20 avril, sous la direction de Sanjurjo, en exil au Portugal depuis sa tentative de coup d'État ratée de 1932.

Mais Mola reste en position de force : il a été muté dans une région qui est probablement parmi les plus antirépublicaines d'Espagne : il peut donc comploter à loisir. Le 5 juin 1936, il élabore un premier projet politique fondé sur la disparition de la république et sur l'unité de l'Espagne. Dès juin, les contacts se tissent entre conjurés. Le coup d'État doit être retardé car Mola a quelques soucis pour s'allier les milices carlistes de Navarre qui exigent un retour à une monarchie conservatrice.

L'assassinat de Calvo Sotelo le 13 juillet 1936 met le feu aux poudres. Les militaires décident de lancer l'offensive les 17 et 18 juillet, sans réel objectif politique autre que le renversement de la république.

L'épilogue annoncé, les préparatifs d'un putsch

L'échec électoral de la CEDA aux elecciones de février 1936, avait discrédité Gil Robles au bénéfice des partisans du coup d'État. Toutefois, les gouvernements du Front populaire ont été plus modérés que ceux du premier exercice biennal et n'avaient pas inclus de ministres socialistes.

Le nouveau ministre de la Guerre, le général Carlos Masquelet, laisse ses collègues Villegas, Saliquet, Losada, Gonzalez Carrasco, Fanjul, Orgaz et Varela sans affectation et déplace à Goded, Franco et Mola vers d'autres postes moins importants.

La réaction ne se fait pas attendre. Le 8 mars, les anciens généraux « offensés » se réunissent au domicile madrilène de Delgado Barreto, un collaborateur de Primo de Rivera. Se sachant soutenus par une base civile solide, ils décident du jour du soulèvement, le 20 avril, après avoir laissé la préparation entre les mains d'une Junte présidée par Rodriguez del Barrio. Toutefois, le gouvernement découvre la conspiration et Rodriguez del Barrio, qui était gravement malade d'un cancer, fait marche arrière.

Devant cette Junte inopérante, Mola prend à sa charge la préparation du putsch, mais comme il n'est qu'un général de Brigade, il se fait appuyer par l'autorité du chef de la conspiration, le lieutenant général Sanjurjo, alors exilé au Portugal, qui le laisse faire.

Mola, sous le pseudonyme de Directeor, étend son réseau aux garnisons, aidé par l'Union Militaire Espagnole (l'UNIT), une société secrète militaire. Comme ses dirigeants ne sont que des commandants et des capitaines, ils ne peuvent pas affilier des généraux, mais par contre, un grand nombre de membres de l'État Major.

Finalement, non seulement on avait recueilli des militaires mécontents et ennemis du régime, mais aussi une paire de généraux républicains :

Le général Queipo de Llano, irrité parce que son compère Niceto Alcala Zamora vient d'être destitué et Miguel Cabanellas avec lequel ils avaient évolué vers le lerrouxisme (politique d'Alejandro Lerroux), rallient les opposants au nouveau gouvernement.

En revanche, Mola ne parvient pas à convaincre Franco. Quatre années auparavant, pendant l'été 1932, lors du procès de Sanjurjo pour rébellion militaire et alors qu'il encourrait la peine de mort, Franco s'était refusé à le défendre avec une phrase cruelle : « Général, vous avez gagné le droit de mourir ». Depuis lors, Sanjurjo le haïssait. C'est pourquoi Franco se refuse à prendre part à un complot dont il est le chef.

Toutefois, tous les conjurés espèrent le persuader de se joindre au complot. Angel Herrera Oria convainc Juan March (financier espagnol) de déposer 500 000 pesetas à son nom dans une banque française, un montant similaire à celui destiné à Mola. Il finance aussi la location d'un avion britannique (Dragon Rapide), que Luis Bolin (correspondant d'ABC à Londres) fait envoyer aux Îles Canaries par ordre du journaliste et éditeur du journal ABC, Juan Ignacio Luca de Tena. Dans l'hypothèse du ralliement éventuel de Franco à la conspiration, l'appareil devait servir à le transporter au Maroc pour remplacer le général Agustin Gomez Morato, considéré loyal à la république.

Le coup d'État raté et l'enlisement

Le coup d'État débute le 17 juillet au Maroc où Franco prend le commandement des troupes, après être arrivé en avion des îles Canaries. Le putsch se diffuse à travers la métropole dès le lendemain.
Affiche républicaine
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Affiche républicaine

Si certaines régions tombent rapidement (Navarre, Castille-et-León, Galice, Andalousie occidentale, grandes villes d'Aragon), le reste du pays reste fidèle à la République. Madrid, Valence et Barcelone, malgré le soulèvement de la garnison locale, restent aux mains des républicains, notamment grâce aux milices ouvrières très vite mobilisées. Au bout d'une semaine, le pays est coupé en deux zones à peu près égales : d'un côté les nationalistes, de l'autre les républicains qui conservent les régions les plus riches et industrielles.

Les républicains tentent une conciliation avec les militaires. Le président Manuel Azaña propose la mise en place d'un gouvernement de compromis à la place du Front Populaire : le 18 juillet, il nomme Diego Martinez Barrio à la tête du gouvernement, mais il doit rapidement constater l'échec de ses efforts. Ni du côté nationaliste avec Mola, ni du côté républicain avec le socialiste Largo Caballero, on ne veut de compromis. L'issue guerrière est inévitable, et dès le lendemain de sa nomination, Martinez Barrio démissionne, remplacé par José Giral. La décision est alors prise d'armer les milices ouvrières, ce qui avait été exclu jusque là.

L'état de l'armée à la veille des combats

En principe, la loi de 1912 a établi la conscription et fixée le service militaire à 3 ans ; en 1924, il est fixé à deux ans, puis à un an en 1930. Mais il est loin d'être universel car les cas d'exemptions sont innombrables et il est très inégalitaire (par exemple, on peut, tout à fait légalement, l'éviter moyennant le paiement d'une cuota). Par ailleurs, le budget ne permet ni instruction, ni entraînement, aussi les appelés sont fréquemment envoyés en permission de longue durée.

De ce fait, en métropole, dans chaque division d'infanterie, trois régiments sur quatre sont en sommeil et le quatrième n'est pas aligné sur ses droits en effectif.

D'après S. Balfour, en juillet 1936, il y aurait moins de 16 000 appelés présents sous les drapeaux et environ la moitié resteront fidèles à la République. Cependant, sur la durée du conflit, ce sont près de 3 millions d'hommes qui sont mobilisés, parfois dans le camp opposé à leurs idéaux.

Le rapport de force

Les forces en présence sont beaucoup plus équilibrées que l'image véhiculée du républicain armé de sa seule fourche face aux nationalistes lourdement armés par l'Allemagne. Il semble qu'au début de 1937, chaque camp dispose d'environ 500 000 hommes. Côté nationaliste, c'est une armée plutôt médiocre qui est alignée, que ce soit par son matériel hors d'âge ou par ses tactiques d'un autre temps. La livraison des armes allemandes ou italiennes a permis un certain progrès. Les républicains sont quant à eux équipés d'armes soviétiques également de bonne qualité, mais l'approvisionnement pose problème en raison du blocus maritime des Britanniques.

Du côté républicain, les problèmes majeurs se posent du côté de l'organisation. En effet, il s'agissait d'une armée populaire créée de toute pièces, et n'obéissant pas au gouvernement basée sur l'idée d'une défense populaire assurée par chaque citoyen, sans commandement centralisé. Devant l'échec de cette organisation, le gouvernement a tenté de créer une armée populaire sous la forme d'un corps national (en place au printemps 1937), avec une discipline et un commandement commun. Ces hésitations reflètent l'opposition entre communistes, tenants d'une armée organisée, et anarchistes, partisans d'une défense populaire.

Les opérations

Sur le plan militaire, la guerre d'Espagne présente les caractéristiques suivantes. Il s'agit tout d'abord d'une guerre qui, sauf dans sa dernière phase, se déroule sur plusieurs fronts à la fois. La guerre comporte sur ces différents fronts une succession de phases de mouvement et de longues phases de guerre de position avec utilisation de tranchées. Il faut noter que les républicains, par tactique ou par obligation, sont souvent sur la défensive, en résistant d'ailleurs souvent bien. Leurs offensives sont presque toujours de faible ampleur, rapidement stoppées voire contrées, et se traduisent souvent par des pertes (humaines et matérielles) importantes. Cette situation contribue à affaiblir progressivement le camp républicain.


Quand la guerre proprement dite commence, fin juillet 1936, tout semble bloqué mais l'aide extérieure de l'Allemagne et de l'Italie, futures puissances de l'Axe permet aux troupes du Maroc (les plus compétentes et les mieux entraînées) emmenées par Franco de passer le détroit de Gibraltar le 5 août et de rejoindre le reste de l'armée et 15 000 carlistes emmenés par Mola. Au total, 62 000 troupes du Maroc servirent dans les forces nationalistes dont 37 000 sont engagées au printemps 1937. Les troupes marocaines progressent vers le nord, en attaquant durement les villes et villages rencontrés. Simultanément, dans le nord du pays, des combats opposent les républicains aux requêtes carlistes, en particulier au pays basque et à proximité de la frontière française. Dans les zones contrôlées par la république, des mouvements de contre-offensive se lancent. Trois colonnes se forment pour essayer de reconquérir du terrain sur les territoires nationalistes ; la plus célèbre est sans doute la "colonne Durruti", du nom de son commandant, Buenaventura Durruti. Par ailleurs, les républicains ont reconquis Minorque mais échoué à prendre le contrôle du reste des Baléares.

En octobre, Franco doit faire un choix stratégique : aux portes de la capitale, il préfère cependant détourner ses troupes au sud, vers Tolède pour aller sauver les insurgés assiégés dans l'Alcazar. Ceci laisse le temps aux madrilènes d'organiser la défense. Lorsque les nationalistes encerclent Madrid en novembre 1936, la défense est acharnée : chaque rue est défendue (avec le célèbre slogan no pasaran). Autour de la capitale, plusieurs opérations ont lieu en février et mars 1937, en particulier la Bataille du Jarama et la Bataille de Guadalajara. Malgré des pertes très lourdes, la ville tient bon et en mars 1937, les nationalistes doivent se rendre à l'évidence : la prise de Madrid a échoué.

Ils décident donc de s'occuper d'abord des poches de résistances républicaines que sont le Pays basque et les Asturies. Une première campagne se déroule autour de Bilbao, que les républicains ont entourée d'une "ceinture de fer" qui a contribué à ralentir les nationalistes, qui parviennent finalement à prendre la ville le 19 juin et à contrôler le reste de la province dans les jours suivants. En août, les combats se portent dans la région de Santander, qui tombe le 26 août. Les Asturies restent alors seules dans le nord de l'Espagne à rester sous contrôle de la République. Cette petite zone résiste longtemps mais doit capituler le 17 octobre, laissant ainsi les forces nationalistes entièrement maîtresses de la côte Atlantique.

Entre temps, les républicains se lancent dans d'autres offensives difficiles, en particulier à Brunete et à Belchite, mais ces combats meurtriers ne leur permettent qu'une progression limitée. Dans les derniers jours de l'année 1937, les troupes républicaines engagent le combat pour Teruel qu'elles parviennent à prendre lors de combats qui se déroulent dans des conditions très rudes pour les deux camps, notamment en raison du grand froid qui règne à Teruel cet hiver-là. Cette opération est toutefois contrecarrée et la ville est reprise par les nationalistes après moins d'un mois. Après la reprise de Teruel, l'armée nationaliste poursuit l'offensive et parvient à gagner la côte, le 6 avril, coupant ainsi le territoire contrôlé par les républicains. Ceux-ci essaient encore d'attaquer lors de la bataille de l'Èbre (à partir du 25 juillet 1938) mais c'est un nouvel échec : les républicains sont contraints de repasser l'Èbre au prix de pertes importantes. Les nationalistes en profitent pour couper totalement en deux la zone républicaine.

Dès lors, le sort du conflit est scellé : la Catalogne est conquise en février 1939. Dans la capitale, un soulèvement anarcho-socialiste démobilise la résistance : Madrid est conquise avec peu de combats. Le reste de l'Espagne est enlevé dans le mois, les derniers combats ayant eu lieu à Alicante. Le 1er avril 1939, Franco peut annoncer que « la guerre est finie ».

Violences et exécutions

La guerre d'Espagne a été particulièrement violente, surtout lors des grandes batailles (Teruel, mais surtout bataille de l'Èbre). Mais la guerre a également été marquée par des tueries en dehors des combats à proprement parler. Il y a eu des exécutions, parfois sommaires, parfois organisées et même précédées de jugements hâtifs.

Lors de cette « révolution » des atrocités sont commises de part et d'autres. Bartolomé Bennassar explique ainsi :

« Il y eut bien, face à face, deux volontés d'extermination, l'une plus organisée, c'est vrai, l'autre plus instinctive, l'une et l'autre exacerbées[1]. »

En zone nationaliste

Les militaires fidèles au gouvernement sont les premières victimes partout où les rebelles prennent le pouvoir (hors de tout combat). Il s'ensuit le massacre des militants et sympatisants des syndicats et organisations de gauche à partir de listes établies à l'avance. Au fur et à mesure de la progression des troupes rebelles et de la prise des villes et villages au tout début de la guerre, les militants et sympatisants de la république sont systématiquement arrêtés, emprisonnés ou fusillés. Ce seront ainsi des dizaines de milliers de victimes qui seront fusillées sommairement (réfce Les Fosses du franquisme).

Un des plus grands massacres collectifs eu lieu à Badajoz en Extremadure où entre 3000 et 8000 personnes sont exécutées sommairement sitôt la prise de la ville par les rebelles les 14 et 15 août 1936.

Suite au ralliement de l'église catholique et des démocrates-chrétiens aux nationalistes (la croisade), les religieux ont participé activement à la dénonciation et à la répression des partisans républicains.

La fin de la guerre n'a pas signifié pour autant le retour à la paix. Les exécutions se poursuivront les années suivantes manifestant la soif de vengeance des vainqueurs caractérisant le régime dictatorial pendant de longues années et la misère et la terreur pour les vaincus (cf "Les fosses du franquisme"). Les lettres de dénonciations sont tellement nombreuses que la prescription des délits politiques non dénoncés est ramenée de 15 à 2 ans dès janvier 1940 (Référence : Angel Palomino, "Biographies croisées" chez Grancher, 2005, p 264).

En zone républicaine

Les prêtres et les religieuses sont parmi les premières victimes, surtout en Catalogne. D'après Antonio Montero, [2], 13 évêques, 4 184 prêtres, 2 365 moines et 283 religieuses ont été assassinés pendant cette période [3].

Rien que durant l'été 1936, [4], de 7000 à 8000 religieux (prêtres, nonnes) ainsi que 2000 phalangistes sont massacrés en zone républicaine, hors de tout combat, sans que le gouvernement légal ne condamne un seul instant ces crimes commis par ses propres partisans des milices syndicales ("les brigades du matin") et sans que cela soit en représailles de fusillade du camp adverse. La conséquence immédiate sera le ralliement de nombreux centristes catholiques aux militaires insurgés.

En novembre 1936, à Paracuellos, cinq mille personnes sont fusillées et enterrées dans des fosses communes. Les victimes sont principalement les étudiants d'un collège catholique et les membres de familles aisées de la ville [5]. Les responsables seraient, selon certains historiens, Margarita Nelken, une députée socialiste, et Santiago Carrillo, lequel continue de nier le rôle qui lui est attribué dans ces massacres.

A Madrid, entre 1936 et 1939, près de 15000 personnes sont arbitrairement fusillées [6].

Les tensions au sein même de l'Espagne républicaine conduiront à des affrontements internes sanglants, notamment entre anarchistes et communistes qui conduiront à la chute de Barcelone. L'affrontement principal au sein du camp républicain a lieu en mai 1937 et abouti à l'écrasement par les armes du courant révolutionnaire. Ces conflits internes qui ont vu les partisans libertaires et ceux du Poum massacrés par des goupes d'intervention sovietiques soutenus par le NKVD expliquent pour une large part la dégradation de l'assise républicaine, incapable de reconquérir le terrain perdu sur les nationalistes.

L'attitude des pays étrangers et les interventions
Voir l'article Aide militaire étrangère pendant la guerre civile espagnole.

La non-intervention de la France et du Royaume-Uni
Voir l'article Non-intervention (guerre d'Espagne).

En France, Léon Blum, de tout cœur avec les républicains reçoit une demande d'assistance le 20 juillet 1936 à laquelle il répond positivement, mais il doit faire marche arrière devant l'opposition de la droite, des radicaux (Édouard Herriot), du président modéré Albert Lebrun et du Royaume-Uni. Finalement, le choix est fait d'appliquer une politique de « non-intervention », seule notion permettant d'associer les Britanniques au règlement du conflit.

Côté britannique, le gouvernement de Neville Chamberlain et les élites britanniques voient l'Espagne comme un pays en pleine révolution « communiste » (les anglais refusent de se battre pour des "communistes espagnols"). De plus, tout est fait pour éviter un conflit avec les puissances totalitaires : on pense qu'en étant conciliant avec l'Allemagne, on peut arriver à s'entendre avec Hitler sur ses ambitions expansionnistes.

C'est dans ce contexte que Léon Blum propose le pacte de non-intervention, signé par la quasi-totalité des pays européens. Un comité est créé à Londres pour en définir les modalités. Chaque pays se voit chargé d'empêcher la livraison d'armes en Espagne : les Britanniques doivent assurer le respect d'un embargo sur les armes dans l'Atlantique, le France dans les Pyrénées, et l'Italie sur la côté méditerranéenne.

La participation italienne
Affiche républicaine appelant à combattre l'invasion italienne
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Affiche républicaine appelant à combattre l'invasion italienne

L'aide italienne au camp nationaliste, limitée au début du conflit, devient massive dès la fin de l'année 1936. Elle se matérialise par des livraisons importantes de matériel (près de 700 avions, 950 chars) mais surtout par l'envoi de nombreux soldats. Le corps des volontaires italiens (CTV) atteint jusqu'à 50 000 hommes. Contrairement aux troupes allemandes, les Italiens sont bien intégrés dans les combats.

Dans sa logique expansionniste, Mussolini envoie ses troupes plus pour affirmer son prestige que par affinité idéologique avec les nationalistes. C'est l'occasion pour lui d'effectuer une vaste propagande. De plus, il a aussi des intérêts économiques (les armes italiennes sont vendues aux nationalistes) et stratégiques (utopie d'une mainmise sur la Méditerranée).

La participation allemande

L'Allemagne nazie participe au conflit aux côtés des nationalistes en engageant 10 000 hommes au plus fort du conflit, mais ce sont essentiellement des techniciens et instructeurs, peu de soldats. Les rares forces de combats sont limitées à quelques compagnies de chars et aux avions de la légion Condor. Hitler se sert de cette guerre pour essayer le nouveau matériel et y gagne aussi sur le plan économique : en effet, il a négocié en échange de son aide le contrôle des sociétés minières espagnoles. Parmi les faits marquants des envoyés allemands en Espagne, le bombardement sur des civils à Guernica préfigure les stratégies de la guerre totale à venir. Après cet événement, condamné par une bonne partie de la communauté internationale, l'aide allemande se réduit.

Les autres aides aux nationalistes

Les nationalistes ont également obtenu l'aide du Portugal de Salazar qui a fourni une légion de 20 000 hommes ainsi que le renfort plus anecdotique des Irlandais de la Légion Saint-Patrick.

La participation de l'Union Soviétique

L'URSS intervient en faveur des républicains sous la pression du Komintern au nom de la lutte contre le fascisme. Staline livre de nombreuses armes modernes (chars et avions) en échange de l'or de la république, mais il envoie peu d'hommes (seulement 2 000, pour la plupart simples conseillers). Cependant, les livraisons sont irrégulières et l'acheminement difficile vers certaines régions. Après les accords de Munich, l'aide soviétique décroît rapidement.

Les Soviétiques encouragent et soutiennent également les Brigades Internationales et cherchent à éliminer les marxistes non staliniens (principalement en Catalogne) et les anarchistes.
Drapeau des Brigades Internationales
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Drapeau des Brigades Internationales

Les Brigades Internationales

Voir l'article détaillé Brigades Internationales.

Aux côtés des républicains, des volontaires venus du monde entier, souvent des communistes, des marxistes, des socialistes ou des anarchistes, mais aussi des anti-fascistes plus modérés, se sont engagés dans des groupes qui ont pris le nom de Brigades Internationales.

Conséquences de la Guerre civile

Le bilan en victimes

Le chiffre des victimes reste difficile à quantifier. Les sources manquent parfois, soit qu'elles n'aient pas été constituées, soient qu'elles aient disparu. Quand elles existent, elles sont souvent manipulées ou accusées de l'être, et font donc encore parfois l'objet de controverse. Dans les deux camps, on a pu parler d'un million de morts (chiffre énorme pour un pays de 26 millions d'habitants), mais ce chiffre est largement considéré comme exagéré. Actuellement, les estimations les plus sérieuses varient entre 380 000 et 451 000 morts des conséquences directes de la guerre.

Les chiffres suivants[7] sont donc des estimations à prendre avec précautions :

* 100 000 à 285 000 soldats morts au combat (pertes militaires directes) dont
* 10 000 à 15 000 civils morts des bombardements
* 40 000 à 200 000 exécutions en zone nationaliste
* 20 000 à 86 000 exécutions en zone républicaine
* de 30 000 à 200 000 exécutions par le gouvernement franquiste entre 1939 et 1943

La seule bataille de l'Èbre aurait fait près de 60 000 victimes.

Il faut ajouter à ces chiffres la surmortalité due à la famine ou aux épidémies mais le chiffre de ces victimes (estimé à 330 000[8]) reste sujet à caution et difficile à établir.

Réfugiés et exilés

La guerre a entraîné d'importants mouvements de population, souvent décidés dans la précipitation sans projet précis pour les personnes déplacées. Si certains de ces déplacements se sont faits à l'intérieur de l'Espagne, la guerre a surtout conduit des Espagnols à quitter leur pays, parfois de manière provisoire, souvent de manière définitive.
Les premiers mois, voire les premiers jours de la guerre voient le début de l'exode : depuis le Pays basque, des républicains quittent le pays pour la France ; en Catalogne, ce sont des personnes méfiantes voire hostiles envers les républicains qui partent, par bateau, vers Marseille ou vers l'Algérie. Par la suite, de nombreuses personnes, républicaines pour la plupart, ont quitté l'Espagne. Les destinations ont été variées, mais c'est la France qui a été la plus choisie, les trois autres grands pays d'exil ou de refuge étant le Royaume-Uni, le Mexique et l'URSS. En France même, ce sont les départements du Sud-Ouest, à proximité de l'Espagne, qui ont accueilli le plus de réfugiés, avec une forte immigration espagnole dans les villes de Bordeaux et de Toulouse, où résidaient déjà des Espagnols. Les autres départements de la côte Atlantique (Loire-Inférieure notamment) ont également été concernés, ainsi que le Massif central, les Bouches-du-Rhône et la région parisienne. L'accueil des arrivants a été très différent d'un endroit à l'autre : tantôt ils étaient bien reçus et faisaient même l'objet d'actions de solidarité, tantôt ils étaient regardés avec méfiance voire hostilité dans une France en crise marquée par certaines formes de xénophobie. Cette émigration vers la France a connu un mouvement d'accélération important au cours de la bataille de l'Èbre et dans les mois suivants, dans un mouvement appelé la retirada (retraite). En mars 1939, le nombre de réfugiés espagnols en France a été estimé à 440 000 personnes (d'après l'information de Valière au gouvernement français, 9 mars 1939). Devant un tel afflux, les autorités françaises se sont trouvées débordées, et certains de ces réfugiés se sont trouvé regroupés dans des camps de concentration (terme employé officiellement à l'époque). Cet épisode a eu un fort retentissement dans l'imaginaire des républicains espagnols, laissant le souvenir d'un pays peu ouvert aux républicains anti-fascistes.

Le départ d'Espagne de toutes ces personnes n'a pas toujours été définitif. Certains même, pendant la guerre, n'ont fait que passer par la France pour quitter le pays basque, occupé par les nationalistes, et rentrer par la Catalogne, encore tenue par les Républicains. Toutefois, la plupart de ceux qui ont quitté le pays n'y sont pas revenus avant la fin de la guerre civile. Certains réfugiés sont retournés dans l'Espagne franquiste, en particulier quand le régime s'est (légèrement) adouci, d'autres ont attendu la transition démocratique. En réalité, pour de nombreux républicains espagnols, l'insallation à l'étranger est devenue définitive, mais ces familles gardent le souvenir de la guerre civile. En outre, beaucoup de républicains arrivés en France ont repris les armes, soit dans la Légion étrangère (où ils n'étaient pas toujours bien accueillis non plus, à cause de leur image de « rouges »), soit dans la Résistance. Une partie d'entre eux a été victime du nazisme, certains ont été déportés. Parmi ces personnes issues de l'émigration républicaines figure notamment Jorge Semprún.

Chronologie

1936
Situation en août/septembre 1936
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Situation en août/septembre 1936

* 16 février : Victoire électorale du Frente Popular.
* 18 juillet
o Putsch des généraux factieux, mené par Franco, Mola et Queipo de Llano ; ils contrôlent l'armée d'Afrique au Maroc espagnol, Séville, Cadix, Cordoue, Algésiras, Pampelune, Valladolid, Burgos.
o Le Premier ministre Santiago Casares Quiroga démissionne.
* 19 juillet
o Les putschistes sont rejoints par les garnisons de Salamanque, Ségovie, Cáceres, Oviedo, Saragosse et de la Galice.
o Formation du gouvernement de José Giral, avec des représentants de la gauche modérée.
* 20 juillet
o Échec du soulèvement nationaliste à Madrid et à Barcelone.
o Mort dans un accident d'avion du général José Sanjurjo, organisateur du putsch.
* 23 juillet : Installation de la junte nationaliste espagnole à Burgos.
* 24 juillet : Début de l'aide de la France aux Républicains espagnols.
* 30 juillet : Arrivée en Espagne des premiers avions italiens et allemands qui participeront au transport des troupes nationalistes au-dessus du détroit de Gibraltar depuis le Maroc.
* 1er août : Léon Blum propose la non-intervention en Espagne.
* 4 août: Avance de l'armée d'Afrique partie de Séville
* 8 août : La France ferme ses frontières avec l'Espagne.
* 14 août : Le colonel Juan Yagüe prend Badajoz, opérant ainsi la jonction entre les zones nationalistes du Nord et du Sud.
* 4 septembre : Prise d'Irùn par les nationalistes.
* 5 septembre : Largo Caballero Premier ministre.
* 9 septembre : Conférence de Londres sur la non-intervention en Espagne.
* 27 septembre : L'armée nationaliste atteint Tolède et met fin au siège de l'Alcazar par les républicains où le colonel José Moscardo s'était retranché depuis le 22 juillet.
* En septembre : Le Komintern approuve la création des Brigades internationales en Espagne.
* 1er octobre
o Le général Francisco Franco est nommé par la junte de Burgos, chef du gouvernement national.
o Le Pays basque vote son autonomie.
* 22 octobre : Autorisation par le gouvernement républicain de la création des Brigades internationales.
* 4 novembre entrée de la CNT dans le gouvernement Caballero.
* 7 novembre : Début de l'offensive nationaliste sur Madrid.
* 18 novembre : Reconnaissance officielle du gouvernement nationaliste par l'Italie et l'Allemagne.
* 23 novembre : Fin de la bataille de Madrid, Franco renonce à attaquer Madrid de front, l'offensive nationaliste a échoué.
* 17 décembre : La pravda annonce qu'en Catalogne, le "nettoyage des Trotskystes et des anarcho-syndicalistes a déjà commencé" Les agents de Staline effectueront ces purges .

1937
Situation en octobre 1937
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Situation en octobre 1937

* 6 février-28 février : Échec d'une nouvelle offensive franquiste sur Madrid (bataille du Jarama).
* 8 février : Prise de Malaga par le corps expéditionnaire italien.
* 8 mars : Bataille de Guadalajara, défense des forces italiennes dans le secteur de Madrid (8-18 mars).
* 18 mars : Les nationalistes encerclés à Guadalajara
* 19 mars : Le général Mola déclanche son ofensive dans le Nord.
* 19 avril : Décret transformant la Phalange en parti unique dans la zone nationale.
* 26 avril : Bombardement de Guernica, au Pays basque espagnol, par l'aviation allemande de la légion Condor, 1 500 civils tués.
* 3 mai : Écrasement des insurgés anarchistes et marxistes de Barcelone par l'État républicain, le Komintern et le Parti communiste espagnol, opposés à toute révolution prolétarienne au nom du front populaire antifasciste. Passivité et collaboration des anarchistes du gouvernement, défaitisme des dirigeants du POUM.
* 17 mai : Formation du gouvernement Negrín en zone républicaine.
* 3 juin : Mort du général nationaliste Emilio Mola dans un accident d'avion.
* 19 juin : Chute de Bilbao devant l'armée nationaliste.
* 5 juillet-26 juillet : L'armée républicaine tente une opération de diversion lors de la bataille de Brunete, près de Madrid.
* En août, des unités militaires communistes mettent fin à la collectivisation des terres en Aragon.
* 24 août-27 septembre : Seconde opération de diversion des républicains lors de la bataille de Belchite en Aragon.
* 21 octobre : Les franquistes achèvent la conquête des enclaves républicaines de la zone atlantique. Chute de Gijon et fin de la guerre dans le Nord.
* 28 octobre : Le gouvernement républicain est transféré à Barcelone
* 5 décembre : Offensive républicaine à Teruel
* 19 décembre : Les républicains reprennent Teruel.

1938
Situation en novembre 1938
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Situation en novembre 1938

* 8 janvier : Prise de Teruel par les républicains.
* 1er février : Franco forme son premier gouvernement.
* 22 février : Reprise de Teruel par les franquistes.
* 13 mars : La France rouvre ses frontières au transit d'armes vers la zone républicaine.
* 5 avril : Le ministre socialiste Indalecio Prieto quitte le ministère de la défense sans avoir pu endiguer l'influence communiste et soviétique dans l'armée.
* 15 avril : Les forces franquistes atteignent la Méditerranée et coupent l'Espagne républicaine en deux.
* En juin, la France ferme à nouveau ses frontières avec l'Espagne républicaine.
* 24 juillet : Dernière grande offensive républicaine sur l'Ebre.
* Août : Nouvelle crise politique républicaine: le troisième gouvernement Negrin.
* Octobre: Retrait des Brigades Internationales
* 30 octobre : Contre-offensive franquiste sur l'Ebre.
* 16 novembre : Les républicains repoussés sur l'autre rive de l'Ebre.
* 23 décembre : Début de la campagne franquiste en Catalogne.

1939

* 15 janvier : La France autorise à nouveau le transit d'armes vers la république espagnole.
* 26 janvier : Chute de Barcelone, la Catalogne tombe aux mains des troupes franquistes, 450 000 réfugiés espagnols parviennent en France où ils seront internés dans des camps.
* 5 février : Achèvement de l'occupation de la Catalogne par les franquistes (5-10 février).
* 27 février : La France et le Royaume-Uni reconnaissent Franco.
* 28 février : Démission d'Azaña.
* 5 mars : Putsch intra-républicain du colonel Casado à Madrid (5-10 mars).
* 6 mars : Fuite du président Negrin et des principaux dirigeants communistes espagnols.
* 26 mars : Début de la reddition de l'armée républicaine.
* 26 mars : Avance finale des troupes franquistes : reddition des armées républicaines, chute de Madrid.
* 31 mars : Les armées nationalistes ont atteint tous leurs objectifs et occupent la totalité du territoire espagnol.
* 1er avril : Fin de la guerre civile en Espagne.

Citations

* "La falsification historique consiste à attribuer la responsabilité de la défaite espagnole aux masses ouvrières, et non aux partis qui ont paralysé, ou purement et simplement écrasé, le mouvement révolutionnaire des masses. Les avocats du POUM contestent tout simplement le fait que les dirigeants portent quelque responsabilité que ce soit, afin d'éviter d'avoir à assumer leur propre responsabilité. Cette philosophie de l'impuissance, qui cherche à faire accepter les défaites comme de nécessaires anneaux dans la chaîne des développements cosmiques, est parfaitement incapable de poser, et se refuse à poser, la question du rôle de facteurs aussi concrets que les programmes, les partis, les personnalités qui furent les organisateurs de la défaite. Cette philosophie du fatalisme et de la prostration est diamétralement opposée au marxisme, théorie de l'action révolutionnaire." Léon Trotski in La révolution espagnole (1930-1940), textes présentés par Pierre Broué, Minuit, 1975.

* "J'ai décrit notre armement ou plutôt notre manque d'armement, sur le front d'Aragon. Il ne fait guère de doute que les communistes retinrent délibérement les armes de crainte qu'ils n'en allât trop aux mains des anarchistes qui ultérieurement, s'en serviraient pour atteindre un but révolutionnaire ; en conséquence la grande offensive d'Aragon qui eût obligé Franco à se retirer de Bilbao et peut-être de Madrid, ne fut jamais déclenchée." George Orwell, Hommage à la Catalogne.

* « Personne n'est mieux placé que moi pour savoir quels étaient vos soucis pendant la guerre et ce que les républicains espagnols vous doivent. Je n'ai jamais cessé en privé de rétablir les faits quand la malice ou l'ignorance tâchaient de défigurer la vérité ; je me demande si un jour je ne devrai pas le faire en public, de mon vivant, puisqu'un jour mes Mémoires se publieront après un voyage ultime. » Lettre de Juan Negrin à Léon Blum, février 1948, citée dans Léon Blum, chef de gouvernement, p. 372

Notes et références

1. ↑ Bennassar, p. 110.
2. ↑ Antonio Montero, Historia de la persecución religiosa en España (1936-1939)
3. ↑ Payne S. et Tusell J., p. 592-596.
4. ↑ d'après l'historien Guy Hermet
5. ↑ Cesar Vidal, "Paracuellos le Katyn espagnol", la NRH, juillet-août 2006
6. ↑ Cesar Vidal, ibid
7. ↑ Chiffres donnés par Guy Hermet (La guerre d'Espagne), qui lui même se réfère à Gabriel Jackson et Hugh Thomas.
8. ↑ David Martin Rubio, Ibid

Bibliographie [modifier]

Répertoire bibliographique

* Juan García-Durán, La Guerra civil española : fuentes, archivos, bibliografía y filmografía, Crítica, Barcelone, 1985. ISBN 84-7423-266-X.

Témoignages et sources [modifier]

* Franz Borkenau, Spanish Cockpit, 1937. Éd. française Champ libre, 1979. ISBN 2-85184-108-4. Rapport sur les conflits sociaux et politiques en Espagne (1936-1937).
* Juan Breá et Mary Low, Carnets de la guerre d'Espagne (Red Spanish notebook), Londres, 1937. Éd. française, Verticales, 1997. ISBN 2-84335-071-9. Un témoignage de deux artistes surréalistes engagés dans le P.O.U.M.
* George Orwell, Hommage à la Catalogne, 1938. Récit de sa participation à la Guerre d'Espagne..
* Antoine de Saint-Exupéry, « Écrits de circonstances : L'Espagne ensanglantée » in l'Intransigeant, août 1936 et « Madrid » in Paris Soir, juillet 1937.
* Pablo Neruda, « J'avoue que j'ai vécu » dans L'Espagne au cœur, Denoël, 1978, ISBN 2070378225.
* Abel Paz, Barcelone 1936, ISBN 2903383669. Récit autobiographique d'un anarchiste dans Barcelone et les collectivités catalanes, et points de vue critique sur les collaborations et le mouvement anarchiste espagnol de l'époque.
* Antoine Gimenez & Les Giménologues, Les Fils de la Nuit - Souvenirs de la guerre d'Espagne, 2006 Edition L'Insomniaque & Les Giménologues.

Études générales

* Angel David Martin Rubio, Paz, piedad, Perdon ... y verdad, la represion en la guerra civil (1997), Los mitos de la représion en la Guerra Civil (avec un prologue de Pio Moa), Madrid, Ed. Grafite, 2005
* Pio Moa, La guerre d'Espagne, Tallandier , 2006, ISBN 2-84734277-X.
* Pierre Broué et Émile Témime, La Révolution et la guerre d'Espagne, Minuit, 1961, rééd. 1996. ISBN 2-7073-0051-9.
* Guy Hermet, La Guerre d'Espagne, Seuil, Paris, 1989. ISBN 2-02-010646-9.
* Hugh Thomas, La Guerre d'Espagne, Robert Laffont, 1997, ISBN 2-221-08559-0.
* Michel Papy, Les Espagnols et la guerre civile, Atlantica, Biarritz, 1999. ISBN 2-84394-131-8.
* Pierre Vilar, La Guerre d'Espagne (1936-1939). 5e éd. PUF, Paris, 2002. ISBN 2-13-053112-1. (Que sais-je ?)
* Jean-Philippe Luis, La Guerre d'Espagne, Milan, Toulouse, 2002. ISBN 2-7459-0553-8. La synthèse la plus accessible.
* Bartolomé Bennassar, La Guerre d'Espagne et ses lendemains, Perrin, Paris, 2004. ISBN 2-262-02001-9.
* Ricardo de la Cierva, Histoire actualisée de la Seconde république et de la guerre d'Espagne 1931-1939, Fenix, 2003
o Une recension de cet ouvrage est disponible ici : http://www.histoforum.org/histobiblio/article.php3?id_article=226

Études sur des sujets plus précis

* Gaston Leval, Espagne libertaire - 36-39, publié en 1971, repris en 1983 par les Éditions du monde libertaire. Rééd. 2002 (ISBN 2-912339-21-9) Textes et illustrations disponibles aussi en ligne sur [1] Description des expériences des collectivités en Espagne.
* Vernon Richards, Enseignement de la révolution espagnole, Arcatie, La Bussière, 1997. ISBN 2-909899-09-8. Point de vue critique et politique sur le mouvement anarchiste espagnol de l'époque.
* Jean-François Berdah Épuration et répression politique en Espagne pendant la guerre d'Espagne et la post-guerre (1936-1945) (2003).
* Pierre Renouvin et René Rémond (dir.), Léon Blum, chef de gouvernement. 1936-1937, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Références », 1981 [1re éd. 1967]
* Revue Bilan, Contre-révolution en Espagne, 10/18.
* Les républicains espagnols au camp nazi de Mauthausen, Le devoir collectif de survivre, 2005 Disponible auprès de: edcnt@no-log.org
* Les Collectivités d'Aragon Espagne 36-39 de Félix Carrasquer, mars 2003 Disponible auprès de: edcnt@no-log.org Description des expériences des collectivités en Espagne.
* Frank Mintz, L'autogestion dans l'Espagne révolutionnaire, 1970 (republié en 1976), Paris, Maspéro
* La CGT-SR et la révolution espagnole - De l'espoir à la désillusion - Juillet 1936-décembre 1937 de Jérémie Berthuin, Ed. CNT-RP Disponible auprès de: edcnt@no-log.org; Problèmes et critiques politiques, notamment la non-intervention française.
* Angel David Martin Rubio, "le bilan des victimes de la guerre civile dans les deux camps", "La NRH", n°25, juillet-aout 2006

Œuvres de fiction

* André Malraux, L'Espoir, 1937. Gallimard, Paris, 1996. ISBN 2-07-039432-8. La résistance, les milices populaires et la bataille de Madrid du côté républicain. Malraux fut chef d'escadrille dans l'aviation populaire espagnole durant la guerre civile.
* Georges Bernanos, Les Grands Cimetières sous la Lune, 1938. Seuil, Paris, 1995. ISBN 2-02-025378-X.
* Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas, 1940. France Loisirs, Paris, 1999. ISBN 2-7441-2561-X.
* Jean Vautrin et Dan Franck, Les Noces de Guernica, Seuil, 1994. ISBN 2-213-59256-X. Un volume des aventures de Boro.
* René Grando, Les babouins du zoo de Barcelone, 1994.
* Javier Cercas, Les Soldats de Salamine, Actes Sud, 2002. ISBN 2-7427-3935-1.

Films

Œuvres de fiction

* Espoir d'André Malraux
* Land and Freedom de Ken Loach
* Fiesta (1995) de Pierre Boutron
* Mourir à Madrid de Frédéric Rossif produit par Nicole Stéphane. Sorti en 1963.
* Soldados de Salamina de David Trueba, 2002.

Documentaires

* Un autre futur (en 2 volumes vidéo) : « L'Espagne en rouge et noir » et « Contre vents et marées »
* Diego (vidéo) : documentaire/interview d'un militant anarchiste (Abel Paz) ayant vécu l'insurrection révolutionnaire espagnole
* J'en garde la trace, (la Bataille de l'Ebre) novembre 2004. Film documentaire de Neus Viala, en version française et en version catalane DVCAM. Existe en DVD et VHS. Production et diffusion : Cultures et Communication ([2])

Photographie

* Mort d'un soldat républicain de Robert Capa (5 septembre 1936)

Œuvres d'art

* La Basilique Sainte-Croix del valle de los Caìdos
* Guernica de Pablo Picasso

Liens externes

* Le coup d'état sur Herodote.net
* La Guerre d'Espagne sur Herodote.net
* La Cucaracha : chants, chronologie et histoire de la guerre d'Espagne
* Textes sur la Guerre d'Espagne (1936-1939) Cliotexte.
* 1936 : l'Espagne inconciliable ! une émission de Canal Académie
* Les Soldats de Salamine : une vision de la fin de la Guerre d'Espagne au travers du roman de Javier Cercas
* Altavoz del Frente ; contient notamment un portail de 89 chants républicains

Portail de l'Espagne
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# Posté le mardi 29 août 2006 15:53

petite hitoire des ftp moi

petite hitoire des ftp moi
FTP MOI
Francs-Tireurs Partisans, Main d'Œuvre Immigrée

Mouvement de la résistance à l'occupation nazie en France,lors de la Seconde Guerre mondiale.

Issue de la M.O.I., mouvement créé dés 1923 par le Parti communiste français pour organiser politiquement la main d'oeuvre étrangère, cette organisation sera contrainte à la clandestinité en septembre 1939 et rejoindra les Francs tireurs partisans en 1941.

Il constituera ainsi, un groupe de résistance très actif qui payera ces actions d'un lourd tribut.

Nombre d'entre eux seront pris et exécutés par les nazis, leurs noms et photos placardés sur la désormais célèbre affiche rouge.

Structure des FTP MOI

Région Parisienne "Groupe Manouchian"

Groupe armé dirigé par Joseph Epstein et Missak Manouchian

Les 23 membres du groupes Manouchian condamnés à mort par les nazis.

22 seront fusillés au Mont-Valérien le 21 Février 1944.

* Celestino Alfonso (espagnol)
* Joseph Boczov (roumain)
* Georges Cloarec (français)
* Roger Rouxel (français)
* Robert Witchitz (français)
* Rino Della Negra (italien)
* Spartaco Fontano (italien)
* Césare Luccarini (italien)
* Antoine Salvadori (italien)
* Amédéo Usséglio (italien)
* Thomas Elek (hongrois)
* Emeric Glasz (hongrois)
* Maurice Fingercwajg (polonais)
* Jonas Geduldig (polonais)
* Léon Goldberg (polonais)
* Szlama Grzywacz (polonais)
* Stanislas Kubacki (polonais)
* Marcel Rayman (polonais)
* Willy Szapiro (polonais)
* Wolf Wajsbrot (polonais)
* Arpen Lavitian (arménien)
* Missak Manouchian (arménien)
* Olga Bancic (roumaine), déportée sera décapitée par les Allemands à Stuggart le 10 mai 1944 (le jour de ses 32 ans).

Région Lyonnaise, groupe Carmagnole-liberté

* branche "Carmagnole" à Lyon;
* branche "Liberté" à Grenoble.

Région Toulousaine, "La 35° Brigade"
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# Posté le mardi 29 août 2006 16:01