petite histoire de l'anarchie

petite histoire de l'anarchie
L'anarchie (du grec an-, préfixe privatif : absence de, et archos, le commandement, ou « ce qui est premier ») désigne la situation d'une société où il n'existe ni autorité, ni pouvoir, ni domination, ayant un caractère coercitif, ni non plus une quelconque hiérarchie entre les hommes et les femmes. L'anarchie peut étymologiquement également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l'unicité.

Le mot anarchie est employé tantôt comme synonyme de désordre social (qu'on retrouve dans le sens courant, qui se rapproche de l'anomie), tantôt comme un but pratique à atteindre dans le cadre d'une idéologie (c'est le cas pour les anarchistes).
Anarchie et anomie
Le sens courant

Le mot anarchie est souvent employé comme un repoussoir par des personnes considérant essentiel le principe fondamental d'autorité pour indiquer une situation de désordre, de désorganisation, de chaos, sur la base de l'hypothèse implicite que l'ordre nécessite une hiérarchie. On retrouve déjà dans le Littré (le mot est très peu usité avant le XVIIe siècle) la définition de l'anarchie comme « absence de gouvernement, et par suite désordre et confusion ». Par extension ce sont toutes les formes de trouble et de désordre qui sont appelées anarchie ; c'est cette façon d'employer le mot qui prévaut dans l'usage courant, comme dans la plupart des dictionnaires. Le poéte Armand Robin (1912-1961) définit "l'anarchiste" comme celui qui est "purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d'une façon quelconque impliquer domination sur d'autres consciences".

L'anomie

Le mot correct pour une situation de désordre social, sans lois, sans règles, où les différends se régleraient par la seule violence physique (armée ou non), est l'anomie. L'anomie est une dissolution des normes sociales, règles, lois, coutumes : cette situation peut être liée à une volonté de domination réciproque de plusieurs pouvoirs concurrents, à une réaction de désespoir face une société moribonde.

À ce sujet, bien que Anomie soit mieux adapté, le terme « Anarchie » est utilisé systématiquement par les pouvoirs pour indiquer une situation politique qu'ils ne maîtrisent pas (et qu'ils désireraient maîtriser), où leur pouvoir politique est en difficulté (du fait de leur hiérarchie).

Termes historiques

Les exemples historiques tels que L'anarchie militaire dans l'Empire romain dans les années 235-268, ou l'utilisation d'Anarchie (The Anarchy) pour définir la guerre civile anglaise qui opposa deux concurrents au pouvoir, Mathilde l'Emperesse et Étienne de Blois entre 1135 et 1154, est révélateur de ce fait : il ne s'agit en aucune façon de situations qui puissent s'apparenter à l'anarchie au sens strict, auquel cas il n'y aurait plus de pouvoir, ni d'autorité, mais il s'agit juste d'une désorganisation liée aux pouvoirs concurrents, d'une période politique troublée.

Utilisation péjorative du terme « anarchie »

Bien souvent, le terme « anarchie » est utilisé pour décrire le chaos, les guerres civiles et les situations de désordre social.

On peut y voir deux raisons.

La première, sans doute la moins importante, provient du terme « anarchie », interprété comme l'absence d'ordre, de règles et de structures organisées, bref : le chaos de l'anomie sociale. Ce n'est pourtant pas ce que prônent les anarchistes. Pour éviter cette confusion entre anarchie politique et anomie, confusion qui dénature les idées de l'anarchisme, les anarchistes utilisent parfois le mot « acratie » ou libertaire (terme inventé par Joseph Déjacque, défenseur de la liberté politique), comme synonymes d'anarchiste.

La seconde, plus concrète et plus forte, provient des luttes anarchistes au tournant des XIXe et XXe siècle en Europe. À cette époque, le mouvement anarchiste a été marqué par les illégaux ou illégalistes qui voulaient sans attendre pratiquer l'anarchisme (et donc ignorer purement et simplement les « lois », considérées comme illégitimes), le diffuser (théorie de la propagande par le fait) et lutter activement contre les oppressions, y compris par la violence. Concrètement, des anarchistes ont escroqué, volé et tué au nom de leur doctrine, avec comme victimes des puissants (princes, ministres, riches, compagnies d'assurances, etc.), des serviteurs de l'État (douaniers, policiers, etc.), et des gens plus ordinaires. Quelle qu'ait été l'importance réelle de ce courant, il a énormément frappé les esprits. Par ailleurs et inversement, par non violence, des anarchistes pacifistes, refusaient la conscription et pratiquaient l'insoumission : dans le contexte de l'époque, cela était aussi (voire plus !) insupportable. Tout cela a justifié des « lois scélérates » à la fin du XIXe siècle dans de nombreux pays et stigmatisé l'ensemble des anarchistes, tandis que « anarchiste » ou « Ravachol » devenait une injure.

L'usage du terme libertaire s'est d'ailleurs répandu en France avec l'interdiction des mots de l'anarchisme, pour des raisons sociales et juridiques (être l'auteur de « propagande anarchiste » est resté passible de prison jusqu'en 1994).


L'anarchie comme but de l'anarchisme

Les anarchistes face à l'anarchie-anomie

Les anarchistes rejettent en général la conception courante de l'anarchie (utilisée dans le langage courant, par les médias et les pouvoirs politiques). Pour eux, au contraire, l'ordre naît de la liberté, tandis que les pouvoirs engendrent le désordre (voir termes historiques). Certains anarchistes useront du terme acratie, du grec « kratos » (le pouvoir) donc littéralement « absence de pouvoir », plutôt que du terme « anarchie », d'étymologie grecque lui aussi, qui leur semble devenu ambigu, porteur d'un aspect positif mais d'une trop grande connotation négative pour pouvoir être employé comme synonyme d'un objectif désirable. De même, les anarchistes auront plutôt tendance à utiliser le terme de « libertaires » pour se désigner, ou indifféremment ceux de « fédéralistes », « anti-étatistes » ou « anti-autoritaires ».
Il est arrivé à Bakounine lui-même d'utiliser « anarchie » au sens de désordre, et l'on retrouve cette acception dans les écrits du Comité central de l'Internationale genevoise. Ces formulations ne se retrouvent toutefois plus chez les anarchistes actuels.

L'anarchie, société libertaire

Cependant, les anarchistes utilisent encore le terme, porteur d'une histoire indissociable d'autres notions qui s'y rattachent comme l'anarchisme ou l'anarchie positive de Proudhon (qui est d'ailleurs le premier à donner un sens précis au mot anarchie, utilisé auparavant en guise d'insulte dans les milieux politiques sans avoir jamais été véritablement défini).

L'anarchie aux yeux des anarchistes n'est pas un chaos, mais la situation harmonieuse résultant de l'abolition de l'État et de toutes les formes de l'exploitation de l'homme par l'homme, "c'est l'ordre sans le pouvoir", "la plus haute expression de l'ordre" (Elisée Reclus). Basée sur l'égalité entre les individus, l'association libre, bien souvent la fédération et l'autogestion, voire pour certains le collectivisme, l'anarchie est donc organisée, structurée, sans admettre pour autant, aux yeux des anarchistes anticapitalistes, de principe de supériorité quelconque de l'organisation sur l'individu.

On peut noter que chez tous les anarchistes la qualité indispensable est la responsabilité individuelle (associé au droit naturel) qui permet d'agir dans l'intérêt personnel sans pour autant attenter à la liberté des autres. Les seuls mandatés le sont dans un but et sur un mandat précis, et il n'existe ainsi nulle forme de domination ni de gouvernement.

Voir aussi

Bibliographie

Sur le sens d' « anarchie »:

* Le mouvement anarchiste en France, de Jean Maitron
* Petit lexique philosophique de l'anarchisme : de Proudhon à Deleuze, par Daniel Colson
* La société contre l'État, de Pierre Clastres
* L'Anarchie, de Kropotkine
* L'éthique de la liberté, de Murray Rothbard
* la philosophie de la misere, de Pierre Joseph Proudhon
* Qu'est-ce que la propriété ? Ou recherches sur le principe du droit et du gouvernement, de Pierre Joseph Proudhon
* Ni Dieu ni Maître, anthologie historique du mouvement anarchiste, de Daniel Guérin
* Hommage à la Catalogne, de George Orwell
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# Posté le mardi 29 août 2006 07:56

petite histoire du communisme

petite histoire du communisme
Le communisme est une conception de société sans classe, une organisation sociale sans État basée sur la possession commune des moyens de production, et qui peut être classée comme une branche du socialisme. Il part de l'adage « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens ».

Le communisme désigne aussi une variété de mouvements politiques qui cherchent à établir à terme une telle société. Parmi les communistes on trouve une considérable variété d'interprétations, principalement portées par les courants marxistes, mais aussi anarchistes, et chrétiens. La première division s'est opérée entre anarchisme et marxisme au sein de la Première Internationale. Néanmoins, les courants communistes qui se sont le plus distingués par leur influence sur l'ordre politique mondial depuis le début du XXe siècle sont d'influence marxiste, directement (Manifeste du Parti communiste) ou indirectement (Léninisme). La lutte des classes joue un rôle central dans la théorie Marxiste (et également dans d'autres tendances communistes). L'établissement du communisme correspond dans cette théorie à la fin de toute lutte de classe, la division des êtres humains en classes sociales ayant disparue.

L'expression "communisme primitif" est parfois utilisée pour décrire l'organisation sociale des premières communautés humaines. Dans "La République", Platon évoque déjà une organisation de société de type communiste.

Karl Marx, à l'origine de l'autonomie du communisme par rapport au socialisme et initiateur de l'internationalisme, soutenait que la société ne pouvait d'un coup être transformée depuis le mode de production capitaliste vers le mode de production communiste. Elle nécessitait une période de transition que Marx a parfois décrit comme la révolutionnaire dictature du prolétariat. Dans le Manifeste du Parti communiste, il définit le communisme comme « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». La société communiste imaginée par Marx, émergeant du capitalisme, n'a jamais été établie, et demeure théorique.

Par ailleurs le mot « Communisme » (particulièrement avec la majuscule) est souvent utilisé pour désigner les régimes politiques et économiques gouvernés par des partis se réclamant du communisme. Ces régimes qui prétendaient être des formes de "dictature du prolétariat".

Le concept de communisme est l'objet d'un débat sémantique, selon deux axes qui interfèrent :

* lutte « interne », entre communistes revendiqués (qui peuvent s'opposer politiquement et théoriquement), divers courants s'attribuent le terme parfois à l'exclusion des autres ;

* lutte « externe », entre communistes et non-communistes ou anti-communistes : les premiers nient que les désastres environnementaux, humains ou sociaux, les crimes de masse commis ou provoqués par les régimes des pays usuellement qualifiés de Bloc communiste étaient liés à l'idéologie communiste, ces États n'avaient de communiste que le nom et le communisme reste un projet de société qui n'a jamais été réalisé.

La notion de communisme est donc extrêmement controversée et désigne souvent des réalités différentes selon les personnes qui l'utilisent.
Sommaire
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ÉtymologieLe terme communisme vient du terme latin "commūnis", ce qui est commun à un groupe, et de "-isme" définissant une doctrine. La commune serait également un des termes définissant le cadre du groupe (de ce qui lui serait commun) dans lequel se définit le communisme (notamment voir les Bêcheux).
Usages du termeDivers usages existent autour du terme Communisme. Il est assez souvent assimilé au mouvement Marxiste, qui n'est que sa composante principale, voire avec le collectivisme politique et/ou économique.

Les régimes politiques qui étaient en place dans l'URSS et dans le "Bloc communiste" sont communément désignés aujourd'hui sous le nom de "régimes communistes". La qualification "communiste" de ces régimes est contestée principalement par des communistes ou sympathisants. Des marxistes et des anarchistes, minoritaires, ont analysé dès leur apparition ces pays comme des régimes capitalistes d'État. Les trotskystes estiment qu'il s'agit d'une monstrueuse dégénérescence d'un "Etat Ouvrier" issu de la Révolution Russe. La majorité des communistes (staliniens) reconnurent longtemps ces régimes comme découlant de leurs idées. Les adversaires du communisme considèrent que la nature autoritaire ou totalitaire de ces régimes découle logiquement de l'idéologie communiste.

Les dirigeants de ces pays les déclaraient "socialistes". Ce terme fut le plus communément utilisé dans ces pays, il représenta un régime politique et une économie planifiée. Le "socialisme" fut définit par des théoriciens léninistes comme l'étape préliminaire et nécessaire vers le communisme, la société idéale sans classes ni propriété. Ce régime fut appelé aussi au départ la dictature du prolétariat, terme abandonné vers 1936 pour le "socialisme triomphant" et ensuite, vers les années 70, le "socialisme développé".

Dans son sens ancien, le communisme prescrivait la mise en commun de tous les biens. C'est par "collectivisme" qu'on désignait les doctrines de mise en commun des seuls moyens de production.

Quelques années après la répression de la commune de Paris en 1871, et jusqu'en 1917, les marxistes étaient désignés comme « collectivistes » et la majorité des anarchistes comme « communistes », du fait que le premier courant voulait utiliser l'État et la collectivisation comme outil de transition, au contraire du second qui voulait utiliser directement des moyens libres et autonomes pour atteindre le but recherché.

Une société communiste se définit au plan théorique comme une société sans classes, sans salariat et sans État. L'URSS, ses nations composites et satellites n'ont jamais réalisé l'idéal communiste. Ils se disaient "en route vers" le communisme.

Ainsi, il est nécessaire de reprendre l'historique du mot et de séparer les différents courants ainsi que les différents concepts utilisés.

La théorie économique et sociale

Sur le plan de l'organisation sociale et économique, le mot communisme conjecture l'organisation d'une société :

* où, selon le principe « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », les rapports économiques ne sont pas réglés par un principe d'échange intéressé de marchandises, mais collectivement organisés en vue de satisfaire les besoins. Le flux de biens n'a pas besoin d'être réciproque, il est donc basé sur la gratuité. Il n'y a ni commerce, ni argent, ni tout autre rapport marchand (chacun ayant tous ses besoins couvert par le mode de production communiste, il n'y a plus d'échange à proprement parler). La propriété privée est, sinon abolie, du moins très limitée, de sorte que la notion de don perd également de sa pertinence.

* où les moyens de production (usines, terres agricoles, fermes d'élevage, moyens de transport, distribution, etc.) sont mis en commun, avec comme but de répondre aux besoins de chacun.

* sans division en classes sociales et sans État (sans fonctionnaires spécialisés, sans force de coercition). Le communisme admet que tous ne sont pas aussi productifs pour tout, et qu'il doit attendre une production « de chacun selon ses capacités », mais il considère que chacun peut généralement à son gré se livrer aux occupations de son choix, qu'on peut abolir la division sociale du travail sans mettre en péril la production et donc la disponibilité des biens (vision qu'on retrouve dans la théorie, plus récente, de la société post-industrielle évoquée par Hermann Kahn), et supprimer toute force coercitive, comme la police ou l'armée, et plus généralement fonctionner sans État. Il admet que certaines tâches et fonctions sont plus désagréables ou agréables que d'autres, et compte sur la démocratie directe pour juguler les conflits, notamment ceux relatifs à la production.

Des difficultés théoriques se posent pour l'instauration du communisme :

* la définition des "besoins" vers lesquels il faut orienter l'appareil de production. Tout le monde n'a pas les mêmes priorités. La réalisation du principe « de chacun selon ses besoins », implique que chaque individu définit ses propres besoins, et que ce n'est pas un système ou un appareil qui le définit à sa place ; une solution serait d'organiser le recensement des besoins des individus au niveau communal ou des conseils ouvriers, pour conséquemment produire le nécessaire afin de répondre à ces besoins recensés.

* le risque de voir un groupe se constituer en classe privilégiée. Les individus qui parviennent à maîtriser le système politique chargé de gérer l'appareil de production forment spontanément la bureaucratie. Prétextant constituer une « avant-garde du prolétariat » mais poursuivant des fins propres (intérêt de classes) et non l'intérêt général, elle utilise le régime à son profit.

Moyens politiques

Le passage d'une société non communiste à une société communiste constitue un moment délicat : les moyens divergent selon les tendances existantes au sein du mouvement communiste, néanmoins la période révolutionnaire (avec toutes les conséquences d'une révolution) est une base commune, même si les moyens pour la réaliser ne le sont pas. Des expériences, notamment en Espagne en 1936 dans une période révolutionnaire, dans des collectivités (il existera aux alentours de 3000 collectivités dans toute l'Espagne) aragonaises ou catalanes (et dans d'autres régions), ont effectué des réalisations partiellement communistes (en laissant, et de manières diverses selon la situation de chaque collectivité, aux petits propriétaires, lorsque cela ne gênait en rien les moyens de réaliser la subsistance des collectivités, la liberté de garder leurs biens ou de s'associer ou non aux collectivités).

C'est également sur la façon d'organiser ce passage à une société communiste que les courants se séparent en plusieurs approches :

* Le Léninisme (incluant le trotskisme), partant de l'idée de Karl Marx que l'État est une machine au service de la classe dominante, conçoit le passage de la société capitaliste à la société communiste comme la destruction de l'appareil d'État de la bourgeoisie dans une révolution mobilisant de larges couches de la population et emmenée par la classe ouvrière, et de la construction d'un Etat ouvrier, au service de la majorité de la population. Cet Etat doit s'approprier les grands moyens de production et organiser l'activité économique en vue de la satisfaction des besoins de la population. Cette période historique, appelée dictature du prolétariat, doit être selon le mot de Lénine "un million de fois plus démocratique que n'importe quelle démocratie bourgeoise". Cette période de transition doit conduire à la constitution d'une société sans classes, dans laquelle l'État sera amené à disparaitre, à "s'éteindre" (Engels), afin de conduire au communisme.

* Le réformisme s'est développé au sein du mouvement ouvrier avec la croissance et les succès des premiers grands partis ouvriers, à la fin du XIXe siècle. Les réformistes suggéraient la possibilité d'un passage à une société communiste sans recourir à une confrontation violente, par l'acquisition de positions institutionnelles et les nationalisations de pans vitaux de l'économie (transports, énergie...). (Il est à noter que ce réformisme n'a rien à voir avec l'acception actuelle du mot, qui qualifie aujourd'hui des courants visant à "améliorer" le capitalisme, et non à le supprimer.)

* L'approche anti-étatique (anarchistes et minorité des marxistes), utilisant les moyens autogestionnaires et révolutionnaires d'appropriation des moyens de production refusant immédiatement la division en classe sociale de gestionnaires/gérés, et réalisant le communisme par les moyens utilisés, sans attendre une transition reportée à demain.

* D'autres courants, comme les maoistes, envisagent la prise du pouvoir comme résultant d'une guerilla paysanne.

Selon Marx, la Commune de Paris (1871), malgré toutes les imperfections qu'elle comportait, a été l'expérience historique la plus proche du communisme, par la mise en place d'un début de démocratie véritable (voir La Guerre civile en France).

Des anarchistes appelleront les associations de travailleurs à se fédérer de manière autonome. Errico Malatesta développe dans le gradualisme révolutionnaire, la nécessité de l'autonomie du mouvement ouvrier, afin d'éviter toute avant-garde éclairée, ou de futurs gouvernements "ouvriers". L'entr'aide (pour réaliser les moyens à l'émancipation sociale) et la lutte révolutionnaire directe (pour se libérer de l'exploiteur et de ses soutiens) afin de mener à des conditions favorables à la réalisation du communisme. Le communisme est considéré par les anarchistes, selon la situation, comme une économie réalisable aussitôt la révolution entreprise ; des auteurs comme Pierre Kropotkine exposeront des possibilités d'économies communistes, dont la prise au tas, organisé de manière communale.

Idées connexes

On doit également citer des valeurs ou idées inventées ou reprises à son compte par le communisme :

* La conception matérialiste de l'histoire,
* L'entraide et sa variante contemporaine, la solidarité,
* Le gradualisme révolutionnaire tendant à réaliser révolutionnairement des conditions favorables à la réalisation du communisme (ainsi que de l'anarchisme),
* La prise au tas, comme moyen direct d'organisation du communisme.

Le Communisme dans l'histoire

→ Voir plus précisément l'Histoire du Communisme.

Le mot Communisme désigne une idée mais aussi des mouvements politiques, divers et contradictoires, qui militent pour l'avènement d'une société sans classe sociale, sans salariat, sans propriété privée de moyens de production, sans État et sans capitalisme. L'objectif proclamé est la liberté et l'égalité de l'Homme.

On trouve parmi les mouvements politiques qui se revendiquent du communisme aussi bien des anarchistes que des marxistes ou des mouvements de lutte ouvrière.

Les régimes s'étant déclarés communistes ou "vers le communisme" n'ont été au cours de l'histoire que des régimes totalitaires, dictatoriaux et souvent criminels : l'URSS, ses pays satellites, la Chine, Cuba, le Cambodge, l'Albanie, le Vietnam, l'Afghanistan et la Corée du Nord. La doctrine de ces régimes est issue du marxisme dans son interprétation léniniste.

Les différentes formes de Communisme

Le mouvement politique anti-capitaliste naît dans les années 1840. Porté par une classe ouvrière démographiquement croissante et pauvre, il se développe plus tard au sein de l'AIT, dont il est l'un des principaux courants. Au lendemain de la défaite de la Commune de Paris en 1871, c'est la scission entre marxistes et anarchistes autour de la question de la méthode pour éliminer la propriété individuelle caractéristique du capitalisme : les marxistes estiment nécessaire une période de transition avec collectivisation des propriétés, sous le contrôle d'État « socialiste » devant dépérir progressivement ; alors que les anarchistes prônent une abolition directe de la propriété, tout en organisant la fédération économique des moyens de production et de consommation. Le mouvement communiste est donc composé à l'origine de deux branches politiques principales : anarchistes communistes et marxistes.

Sur les différents mouvements historiques et/ou politiques ayant appliqué le communisme ou s'étant référencés au communisme (en tant que théorie économique et sociale), et proposant différents moyens (République, Étatisme, fédéralisme, préceptes de la bible, conseillisme, communalisme ,syndicalisme, révolutions, spontanéisme, etc.), plus ou moins complémentaires, pour réaliser ce communisme.

* Communisme primitif, sur le mode d'organisation économique de certaines sociétés primitives ou traditionnelles ;
* communisme de Platon (dans son dialogue La République),
* communisme chrétien (Bêcheux, la théologie de la libération...),
* communisme marxiste (Karl Marx, dictature du prolétariat, lutte des classes, Rosa Luxemburg, Antonio Gramsci, Anton Pannekoek, Karl Korsch, Lenine, Trotsky),
* communisme libertaire (Pierre Kropotkine, Errico Malatesta, Prise au tas, Entr'aide, gradualisme révolutionnaire, communalisme libertaire).

Les sociétés présentant des caractéristiques historiquement communistes

* Le communisme primitif est une société primitive qui aurait existé dans la période préhistorique (toutefois, cette idée est mise en doute par des anthropologues).
* Certaines sociétés ayant un environnement hostile qui impose de fait une société d'entraide (Inuits, tribus indiennes des Amériques).
* Dans la Russie tsariste, la terre appartenait généralement collectivement à la commune (le village) et elle était redistribuée périodiquement aux familles en fonction de leur taille (voir Anatole Leroy-Beaulieu : "L'Empire des Tsars et les Russes", et références citées). C'est exactement le système ayant eu cours pendant la période soviétique pour la redistribution d'appartements (appartenant collectivement à la nation et affectés aux familles selon leurs tailles).
* Les premières communautés chrétiennes auraient fonctionné sur un mode communiste (ce dernier point étant contesté par d'autres chrétiens). Des chrétiens interprètent des passages bibliques comme une indication d'idéal communiste (le partage des biens). Au moyen âge, des communautés chrétiennes liées par un idéal religieux mettront leurs biens en commun. Les kibboutz sont également proches du communisme (collectivisme lié au réseau marchand du reste d'Israël mais avec mise en commun des moyens de production d'ailleurs souvent basés à l'identique sur la structure des Sovkhozes soviétiques).
* Des collectivités (en Catalogne, en Aragon, etc) lors de la révolution espagnole réaliseront, selon des anarchistes et des marxistes notamment conseillistes, pour certaines d'entre elles un début de communisme libertaire.

La famille, forme sociale présentant des caractéristiques communistes

* La famille est, selon certains communistes chrétiens, un groupement ayant des aspects communistes (bien qu'une majorité des communistes refusent la famille comme réalité communiste, du fait entre autres de l'héritage).

Voir aussi

Termes les plus souvent associés à communisme

* communisme primitif
* rouge
* socialisme
o mouvements révolutionnaires
+ Gracchus Babeuf
+ l'Internationale
+ anarchisme
+ Karl Marx
# Manifeste du parti communiste
# marxisme
* Luxembourgisme
* Communisme de conseils
* Communisme-ouvrier
* léninisme
o trotskisme
o stalinisme
+ Maoïsme
+ Juche
o capitalisme d'État
o eurocommunisme
+ autonomes
+ extrême gauche
+ Soviet, Conseil ouvrier
+ Révolution russe, Révolution allemande, Longue marche, Révolution culturelle, Guerre froide, Bloc communiste

Idées et pratiques opposées

* Anti-communisme.
* Capitalisme (néanmoins les bolcheviks de Lénine ne refuseront ni le Capitalisme d'État pour l'industrie, ni une relative libéralisation économique lors de la NEP pour la petite production paysanne).
* Étatisme pour certains communistes (les communistes libertaires, et des marxistes non-bolchéviks) ; la totalité des chefs d'État se disant communistes marxistes ayant fait le choix de s'appuyer sur l'État (théoriquement pour une période transitoire).
* Libéralisme (l'opposition entre libéralisme et communisme est cependant parfois remise en cause à l'extrême gauche en s'appuyant principalement sur une définition du libéralisme qui exclue le libéralisme économique).

Philosophie

* Platon, La République
* Tommaso Campanella, La Cité du Soleil
* Karl Marx, Manuscrits de 1844
* Pierre Kropotkine, La conquête du pain

Littérature

* 1984, La Ferme des animaux (George Orwell)
* Archaos (Christiane Rochefort)
* Le Passé d'une illusion (François Furet)
* L'Avenir d'une utopie (Louis Janover)
* La Grande parade (2000) (Jean-François Revel)

Autres liens internes [modifier]

Mouvements politiques, Parti politique, Idées politiques, Organisations Communistes, régime communiste.
Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur le communisme.

Liens externes

* La catégorie Communisme de l'annuaire dmoz.
* Archives internet des anarchistes sur le communisme
* Communisme, éléments de réflexion Texte du groupe L'Insécurité Sociale
* Le Communisme dans l'Histoire
* L'archive internet des marxistes

Bibliographie

* Karl Marx, Le Capital, 1867.
* Claude Bitot, Le Communisme n'a pas encore commencé, éditions Spartacus.
* Ouvrage collectif (sous la direction de Stéphane Courtois), Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1997. Ouvrage vendu à plus d'un million d'exemplaire et traduit dans près de 30 langues.
* Max Lagarrigue, Renaud Jean, Carnets d'un paysan député communiste, Biarritz, Atlantica, 2001 (L'histoire de l'un des leaders historiques du communisme qui mit en oeuvre une stratégie efficace pour rallier les paysans de l'Hexagone au Parti communiste français).


Communisme
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# Posté le mardi 29 août 2006 08:08

petite histoire du mouvement situationite

petite histoire du mouvement situationite
Internationale situationnisteL'Internationale situationniste (IS) était une organisation révolutionnaire désireuse d'en finir avec la société de classes en tant que système oppressif et de combattre le système idéologique de la civilisation occidentale : la domination capitaliste. L'IS était, au niveau des idées développées, issue de différents mouvements révolutionnaires apparus depuis le XIXe siècle, notamment de la pensée marxiste d'Anton Pannekoek, de Rosa Luxemburg, de Georg Lukacs ainsi que du communisme de conseil et d'une critique des mouvements d'avant-garde du XXème siècle : le surréalisme[1], le lettrisme[2] et de Barbarisme et Civilisation.

L'Internationale situationniste pouvait être apparentée à un groupe d'ultra-gauche, mais elle était également l'expression de la volonté de dépassement des tentatives révolutionnaires des avant-gardes artistiques de la première moitié du XXe siècle, le dadaïsme, le surréalisme et, dans une mesure aussi radicale, le lettrisme.

Ce mouvement, formellement créé en juillet 1957 à la conférence de Cosio d'Arroscia, est né d'un ensemble international de mouvements contestataires des années 1950, dont, entre autres, le Lettriste de Isidore Isou, que Guy Debord avait changé en Internationnale Lettriste, lui reprochant son insuffisance.

L'IS est le produit de la jonction de l'Internationale lettriste, du Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste, et du Comité psychogéographique de Londres et d'un groupe de peintres italiens les futuristes. Son document fondateur est issu de Guy Debord [3]. L'année 1962 voit la scission entre "artistes" et "révolutionnaires" et l'exclusion des premiers. L'une des principales caractéristiques des idées situationnistes est la libération des conditions historiques par une réappropriation du réel, et ce dans tous les domaines. Le dépassement de l'art fut un des objectifs de départ de l'IS, qui s'est vite orientée vers une critique de la société du spectacle, la société « spectaculaire-marchande » corroborée d'un désir de révolution sociale qui s'est notamment fait connaître en France en mai 1968.
Théorie(s) situationniste(s)

Le projet situationniste repose sur :

* le communisme de conseil : lutte révolutionnaire pour l'abolition des États et du capitalisme et l'instauration de l'autogestion généralisée par le pouvoir des conseils ouvriers (démocratie directe). Les situationnistes luttent avant tout pour une société égalitaire débarassée des rapports marchands, c'est-à-dire pour le communisme.

* la révolution de la vie quotidienne, projet libertaire et hédoniste que l'on pourrait résumer par ce slogan : « Jouissons sans entraves ! ».

La révolution de la vie quotidienne ne peut se faire que dans le cadre de l'autogestion généralisée, sur des bases égalitaires, et en supprimant les rapports marchands. Elle s'appuie sur plusieurs idées :

* l'abolition du spectacle en tant que rapport social ;

* la participation des individus (refus des représentations immuables) ;

* la communication (refus des médiations en tant que séparées[4]) ;

* la réalisation et l'épanouissement de l'individu (opposés à son aliénation) : le libertinage (c'est à dire : le libre usage de soi-même) est un des aspects de cet épanouissement, mais globalement, la subjectivité radicale de chacun-e est censée se développer dans le refus des contraintes de la rentabilité, et ce dans tous les domaines, tout en gardant la responsabilité de ses actes ;

* l'abolition du travail en tant qu'aliénation et activité séparée de la vie qui va, résumée par un slogan, que Guy Debord s'attribue, écrit à la craie sur un mur du quai aboutissant sur la Seine de la rue de Seine en 1952 (à Paris) : « Ne travaillez jamais » ;

* le refus de toute activité séparée du reste de la vie quotidienne : les situationnistes luttent pour l'abolition de l'art contemplatif, des loisirs en tant que séparés de la vie de tous les jours, de l'Université et pour la réunification de toutes les activités humaines : la fin de la division du travail et des séparations entre les différentes sciences. Ils ne font ainsi que reprendre le projet communiste de Marx : l'autogestion communiste permet à l'activité de production de ne plus être un travail et de fusionner avec toutes les autres activités humaines sous une forme artistique et poétique. Ainsi, l'activité de production n'est plus séparée de la réalisation individuelle, des loisirs et de la sexualité. De manière plus générale, le projet situationniste aspire à ce que toutes les activités humaines prennent une forme poétique : celle de la libre création de situations par les individus.

Pour décrire le stade moderne du capitalisme, Guy Debord réutilise le concept de « spectacle » évoqué par Marx. Ce concept a plusieurs significations. Le spectacle est avant tout l'appareil de propagande du pouvoir capitaliste, mais c'est aussi « un rapport social entre des personnes médiatisé par des images ».

« Le spectacle est la religion de la marchandise »

Il apparaît avec la société de consommation, dans les années 1930. Guy Debord distingue trois formes de spectacle, donc la dernière succède aux deux autres :

1. le spectaculaire concentré des sociétés totalitaires (capitalisme d'État) ;
2. le spectaculaire diffus des sociétés libérales ;
3. le spectacle intégré, qui est la fusion des deux premiers dans le cours de l'histoire.

Alors qu'en URSS et dans les pays de l'est le spectacle se concentre sur la personne du dictateur (Staline puis Khrouchtchev puis Brejnev), le spectacle se présente dans les sociétés libérales occidentales de manière diffuse, sous la forme de marchandises qui contiennent en elles-mêmes toute la propagande de l'idéologie capitaliste. Guy Debord observe que dans les années 1980 les deux formes de spectacle ont fusionné sous la forme du « spectaculaire intégré » : désormais, le spectacle n'est plus seulement dans la marchandise, les rapports sociaux auxquels elle prédispose ou dans la simple propagande du pouvoir,

« Désormais, le spectacle est présent partout. »

Il régit tout dans les relations entre les personnes, puisque désormais tous les rapports sociaux tendent à devenir des rapports marchands : les rapports sociaux ne sont plus que des rapports de seuls signifiants, autrement dit de simulacres. Ils sont eux mêmes des simulacres.

Au-delà même des rapports sociaux, le spectaculaire intégré est présent dans les choix de l'architecture, la géographie, le modelage des paysages, des consciences, la falsification de la nourriture et même la dégradation de la nature (pollutions diverses, radioactivité, réchauffement climatique, organismes génétiquement modifiés).

De nos jours, plusieurs organisations du mouvement altermondialiste puisent une partie de leurs idées dans la philosophie situationniste. Des groupes comme comme Antipub ou des écrivains comme Naomi Klein affirme s'inspirer des écrivains situationnistes.

La revue

L'IS produit ses travaux théoriques dans sa revue "Internationale Situationniste" et surtout dans deux livres : "Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations" et "La société du spectacle".

La revue Internationale situationniste fut également dirigée par Guy Debord, Mohamed Dahou, Giuseppe Pinot-Gallizio, Maurice Wyckaert, Constant, Asger Jorn, Helmut Sturm, Attila Kotanyi, Jørgen Nash, Uwe Lausen, Raoul Vaneigem, Michèle Bernstein, Jeppesen Victor Martin, Jan Stijbosch, Alexander Trocchi, Théo Frey, Mustapha Khayati, Donald Nicholson-Smith, René Riesel, René Vienet, etc. 12 numéros furent publiés entre 1958 et 1969. Cette revue était un terrain d'expérimentation discursif et également moyen de propagation des idées.

Tout en étant surtout un groupe de théoriciens, l'IS s'est illustrée par sa pratique dans deux occasions :

* A Strasbourg, en 1967, un an avant la grêve généralisée en France, en "prenant le pouvoir" dans la section locale de l'UNEF, et en utilisant celle-ci pour éditer "De la Misère en Milieu Etudiant" qui allait connaître par la suite de multiples rééditions.

* A Paris lors de la grève générale de mai 1968, notamment par son appel à la grève générale du 16 mai[5], lancé de la Sorbonne. En mai 68, l'IS s'élargit à travers le Comité Enragés-Situationnistes et surtout ensuite dans le Conseil pour le Maintien des Occupations (CMDO), qui donnera naissance à différents groupes "pro-situs". Lorsque le CMDO se dissout - les usines n'étant pas occupées - l'IS se reconstitue en tant que telle (groupe de théoriciens), avant de s'auto-dissoudre en pleine crise interne, après une série d'exclusion qui la ramenaient à sa plus simple expression. Plusieurs de ses ex-membres à commencer par Guy Debord auront un rôle majeur dans l'apparition des Editions Champ Libre.

Les positions fondamentales développées dans l'IS peuvent se résumer par cet extrait de la Définition Minimum des Organisations Révolutionnaires, adoptée par la 7° Conférence de l'IS et reproduite dans le n°11 de la revue :

« Considérant que le seul but d'une organisation révolutionnaire est l'abolition des classes existantes par une voie qui n'entraîne pas une nouvelle division de la société, nous qualifions de révolutionnaire toute organisation qui poursuit avec conséquence la réalisation internationale du pouvoir absolu des Conseils Ouvriers tel qu'il a été esquissé par l'expérience des révolutions prolétariennes de ce siècle... Elle (l'organisation) critique radicalement toute idéologie en tant que pouvoir séparé des idées et idées du pouvoir séparé. »

Bien qu'auto-dissoute en 1972, l'Internationale situationniste reste aujourd'hui un mouvement largement étudié, notamment en raison de sa place significative dans l'histoire de la pensée de la politique et dans l'histoire des théories artistiques ainsi que par l'actualité de son discours critique. Les situationnistes ne reconnaissent pas non plus la propriété intellectuelle.

Dans ce sens, n'importe qui pourra toujours se dire situationniste (ou disons, s'approprier et user théoriquement et pratiquement, ou idéologiquement, des idées situationnnistes), à condition bien sûr de critiquer l'IS. Car un situationniste qui ne critiquerait pas les situationnistes n'en serait pas un : là réside la différence entre les situationnistes et ceux qu'ils dénonçaient eux-mêmes sous le terme de « pro-situs » (les adeptes de l'idéologie figés dans le « situationnisme »). En effet, le concept de « situationnisme » a toujours été dénoncé par les situationnistes, puisqu'il sous-entend l'existence d'une idéologie situationniste avec ses dogmes et sa doctrine, ce qui est le contraire de la théorie situationniste, qui repose sur la critique permanente et le dépassement. En 1972, l'IS était devenue une forme d'organisation dépassée mais surtout à dépasser car, selon elle, elle avait achevé son rôle historique. Les membres de l'IS ont donc décidé de dissoudre leur organisation cette année-là. En 1974 et ensuite, des anciens membres exclus de l'IS ont alors créé l'Antinationale situationniste, les nexialistes, etc.

Critique(s) (des) situationnistes

En 2006, plus de trente ans plus tard, le situationnisme reste toujours aussi mystérieux : au-delà de la critique permanente, quels étaient ses buts, son existence, son (ou ses) influence(s), ses retombées... ? N'étant pas partisane de la prise de pouvoir pour elle-même sinon que par les gens eux-mêmes[6], l'IS reste encore aujourd'hui dans le flou. Et s'il semble encore trop tôt pour répondre à ce genre de questions, simplement plusieurs lignes de forces semblent peu à peu se dégager :

* Ainsi, aujourd'hui, de nombreux conseillistes continuent à se dire situationnistes. Certains pensent cependant qu'il est abusif de se déclarer aujourd'hui situationniste et que cela revient à une récupération du mouvement, dénoncée dès l'origine. Cela dit, les membres de l'IS affirmaient aussi eux-mêmes que leur pensée et leur pratique étaient faites pour être réappropriées par chacun : la théorie situationniste n'appartient dans ces conditions à personne. Mais ce « chacun » désigne-t-il les OS des usines Renault ou un « petit microcosme d'étudiants attardés, de professeurs Nimbus enfermés dans un monde à part » (Alain Geismar) ?
* Depuis les années 1970, les thèses situationnistes ont été critiquées par une partie de l'ultra-gauche. Cette critique dénonce plusieurs aspects du discours et des pratiques des situationnistes, notamment leurs origines bourgeoises, leur intellectualisme, leur ésotérisme, leur alcoolisme, leur élitisme et leur moralisme supposés.

Les Brigades Rouges

Les situationnistes ont décrit la théorie du complot d'État : Guy Debord et Gianfranco Sanguinetti ont pensé que les Brigades Rouges étaient noyautées par les services secrets de l'État italien, dans les lettres qu'ils échangent où ils expriment des doutes sur l'autonomie réelle du groupe qui a perpétré et l'enlèvement et le meurtre d'Aldo Moro. Gianfranco Sanguinetti publie son livre Du terrorisme et de l'État, en 1980 après cette affaire. La manipulation des Brigades Rouges était une théorie courante dans les milieux d'extrême-gauche et d'ultra-gauche. Aujourd'hui, les années de plomb sont encore floues et les manipulations possibles des BR par les reseaux Gladio entre autres sont du domaine du possible.

Le sida

Les situationnistes ont été également critiqués sur le fait qu'ils auraient énoncé une théorie contradictoire selon laquelle le virus du sida (Syndrome d'Immuno-Déficience Acquise) n'existe pas et qu'il n'est qu'un subterfuge pour briser l'émancipation sexuelle des populations. Pour autant que le sida a montré ses premières manifestations après que l'IS se soit dissoute, Debord qui a eu, dans un premier temps [7] quelques réticences à accepter la théorie de Michel Bounan émise dans Le Temps du sida, s'est finalement ralié à cette idée selon laquelle cette maladie (qui serait la conjonction de plusieurs maladies immuno-dépressives) est directement en relation avec les conditions d'existence impliquées par cette société, comme manifestation individuelle de ses tares. De plus, Guy Debord a soutenu les premiers mouvements Act Up.

Critique historique

De nos jours, le mouvement situationniste qui, pour Alain Krivine, n'était qu'un « rassemblement d'intellectuels de gauche sans prise aucune avec les réalités concrètes des classes laborieuses », apparaît plus comme un laboratoire d'idées que comme un réel mouvement politique ou même révolutionnaire qui suppose comme finalité la suppression du pouvoir ( en tant que pouvoir de la pensée séparée, et pensée du pouvoir séparé[8]) de classe comme émanation de l'emprise, sur la vie globale, de la classe dominant la société par l'Économie et l'organisation conjointe de la marchandise en œuvre : le spectacle. Mais Krivine répondait certainement par l'ironie à un groupe d'ultra-gauche critiquant le troskisme.

Citations situationnistes

* « Nous pensons d'abord qu'il faut changer le monde. Nous voulons le changement le plus libérateur de la société et de la vie où nous nous trouvons enfermés. » (Guy Debord)
* « Ne travaillez jamais. » (Guy Debord)
* « La bureaucratie révolutionnaire qui dirigeait le prolétariat, en s'emparant de l'État, donna à la société une nouvelle domination de classe. » (Guy Debord, 1967)
* « La révolution cesse dès l'instant où il faut se sacrifier pour elle. » (Raoul Vaneigem, 1967).
* « Le travail est ce que l'homme a trouvé de mieux pour ne rien faire de sa vie. » (Raoul Vaneigem)

La « mouvance » situationniste

Membres de l'Internationale situationniste

* Guy Debord
* Raoul Vaneigem
* Voir la liste complète des membres de l'Internationale situationniste

Compagnons de route

Le nom du sinologue Simon Leys est souvent associé au mouvement situationniste, trois de ses livres étant venus confirmer l'hostilité de ce mouvement envers le système politique chinois : Ombres chinoises, Les Habits neufs du président Mao et Revo cul dans la Chine pop. Le style même de ces trois titres se situe d'ailleurs parfaitement en ligne avec l'esprit de ce mouvement.

Les situationnistes après l'IS

Un certain nombre de groupes et de publications plus ou moins situs ou post-situs sont apparus après l'autodissolution de l'IS :

* Les Fossoyeurs du Vieux Monde (1981) : squat et actions émeutières
* L'Encyclopédie Des Nuisances (1984) : courant anti-industriel
* La Bibliothèque des Emeutes (1990-1995) : courant nihiliste
* Le Jeu Révolutionnaire (1996)
* L'Achèvement (1996)
* Tiqqun (1998) : projet communautaire autonome

Références

1. ↑ Préliminaires à la construction de situations
2. ↑ le film Critique de la séparation
3. ↑ Préliminaires à la construction de situations
4. ↑ Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. Thèse une de la SdS
5. ↑ "CAMARADES, L'usine Sud-Aviation de Nantes étant occupée depuis deux jours par les ouvriers et les étudiants de cette ville, le mouvement s'étendant aujourd'hui à plusieurs usines (N.M.P.P.-Paris, Renault-Cléon et autres), LE COMITÉ D'OCCUPATION DE LA SORBONNE appelle à l'occupation immédiate de toutes les usines en France et à la formation de Conseils ouvriers**. Camarades, diffusez et reproduisez au plus vite cet appel. Sorbonne, 16 mai [1968], 15 heures 30"
6. ↑ «La forme politique enfin découverte sous laquelle l'émancipation économique du travail pouvait être réalisée » a pris dans ce siècle une nette figure dans les Conseils ouvriers révolutionnaires, concentrant en eux toutes les fonctions de décision et d'exécution, et se fédérant par le moyen de délégués responsables devant la base et révocables à tout instant.Thèse 116 de la SdS
7. ↑ Le livre Autodéfence de Michel Bounan
8. ↑ thèse 20 de la SdS

Annexes

Bibliographie

* Un recueil de la revue Potlatch (Internationale lettriste) a été publié par les éditions Gérard Lebovici en 1985. 2e édition par Gallimard en 1996.
* 1948-1957 : Documents relatifs à la fondation de l'internationale situationniste a été publié aux éditions Allia.
* Le recueil des douze numéros de la revue Internationale situationniste a été republié chez Van Gennep, Amsterdam, dans les années 1970 (en 1997, Artheme Fayard réédite le même recueil).
* De la misère en milieu étudiant, Champ libre.
* Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations, Gallimard, Coll. Témoins (1968)
* La véritable scission dans l'Internationale, circulaire publique de l'Internationale Situationniste (1972)
* Jean-Jacques Raspaud et Jean-Pierre Voyer, L'Internationale situationniste : protagonistes, chronologie, bibliographie, index des noms insultés, Champ Libre (1972).
* Jean-François Martos, Histoire de l'Internationale situationniste, Gérard Lebovici (1989), Ivrea (1995).
* Guy Debord, La société du spectacle, Buchet-Chastel (1967), Champ Libre (1971), Gallimard (1992).
* Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, Gérard Lebovici (1988), Gallimard (1992).
* Guy Debord, Panégyrique, Tome premier, Gérard Lebovici (1989), Gallimard (1993); Tome second, achevé en 1990, publié en 1997 (Fayard).
* Guy Debord, Considérations sur l'assassinat de Gérard Lebovici, Gérard Lebovici (1985), Gallimard (1993).
* Guy Debord, Cette mauvaise réputation..., Gallimard (1993).
* Gianfranco Sanguinetti, Du terrorisme et de l'État (1980).
* Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, Gallimard (1967).
* Raoul Vaneigem (alias Ratgeb), De la grève sauvage à l'autogestion généralisée, 10/18 (1974).

* Pascal Dumontier, Les situationnistes et mai 1968: théorie et pratique de la révolution, Gérard Lebovici (1990).
* Thomas Genty, La critique situationniste ou la praxis du dépassement de l'art, Zanzara athée (1998).
* Archives situationnistes, Contre-moule parallèles (1997).
* Les éditions Denoël publient depuis 2000 la revue Archives et documents situationnistes

* La Fête est finie (2005) : dénonciation de l'opération "Lille 2004"

Liens internes

Communisme de conseil, luxembourgisme, extrême gauche, marxisme, surréalisme, dadaïsme, Anarchisme, communisme, socialisme, mouvements révolutionnaires, gauche, parti politique, mouvements politiques, idées politiques, politique, histoire, philosophie, cinéma expérimental.
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# Posté le mardi 29 août 2006 08:17

petite hitoire du mouvement skinhead

petite hitoire du mouvement skinhead
Skinhead (des mots anglais skin {peau} et head {tête} : tondu) est à l'origine un jeune prolétaire britannique au crâne tondu. Il y aurait mention d'individus répondant à cette définition dès le début du XXe siècle dans la presse du Royaume Uni. Néanmoins, dans son acception moderne, le terme skinhead s'applique à un mouvement de jeunesse né à la fin des années 1960.
Des Mods aux SkinheadsLes Skinheads sont issus de la vague modernist : après 1967 beaucoup de Mods virent vers le flower power et le psychédélisme. Certains préservent le style originel et radicalisent leur look : ce sont les hard mods, ou encore heavy mods. Ils portent le costume cintré et le chapeau pork-pie pour danser, mais des vêtements de sport ou de travail pour traîner dans la rue (polo Fred Perry, chaussures Doc Martens noires et bien cirées...). Ils prennent le contre-pied de la mode branchée de l'époque (telle la vague psychédélique ou le mouvement hippie), rejettent le conformisme et affichent fièrement leurs origines ouvrières (working class). Ces hard mods se crispent sur l'identité modernist de la période 1962-1966 : musique noire américaine (soul), luxe italien (Dolce Vita), style urbain et moderne, scooters Vespa ou Lambretta...

Comme ils vivent dans les même banlieues et quartiers ouvriers, les hard mods fréquentent les rude boys, ou rudies, jeunes immigrés antillais, surtout jamaïcains, dont le look est proche et avec qui ils partagent le goût pour la musique noire américaine (soul, rythm'n'blues) et jamaïcaine (ska et rocksteady). Vers 1968 les hard mods et les rudies se confondent pour devenir les skinheads. Certains prétendent qu'ils se sont tondus les cheveux pour se distinguer des hippies. Ou parce que nombre d'entre eux travaillaient en usine, avoir les cheveux courts était la norme pour éviter les incidents au contact des machines. Plus probablement c'est un moyen d'échapper à la police montée lors des émeutes. Le look skinhead se standardise : cheveux courts (tondus ou coupés courts, mais rarement rasés à blanc à cette époque), favoris, polo style Fred Perry, chemise style Ben Sherman, bretelles, blue jean style Levis 501 coupé court ou pantalon ajusté type Sta Press (rejet des pattes d'éléphant), chaussures Doc Martens, rangers ou baskets, blouson style bomber, harrington ou encore donkey jacket (manteau de docker), écharpe de son club de football préféré... Notons que le blouson harrington, porté par les mods, puis les skinheads et enfin les punks, n'est pas une marque mais un type de veste légère en toile de coton unie doublée de tissus à carreaux écossais (tartan). Le nom vient du héros de la série télévisée américaine "Peyton Place", très populaire au début des années 1960, Mr Harrington, qui portait ce vêtement. Le look skinhead est donc un mélange de sportswear, de vêtements de travail et de surplus militaires. Mais le costume ajusté, héritage modernist, est encore porté pour danser ou frimer en soirée. Ces adolescents et ces jeunes adultes s'approprient, comme ceux d'aujourd'hui, certaines marques devenant emblématiques : Fred Perry, Lonsdale, Ben Sherman, Everlast, ou encore Adidas...

1969, les Skinheads popularisent le reggae

En 1969, un véritable raz-de-marée skinhead envahit le Royaume Uni. Cette contre-culture devient soudain très à la mode et unit les jeunes des quartiers ouvriers, tant blancs que noirs. Les skinheads écoutent de la soul, du rythm'n'blues (des labels Stax,Motown ou encore Chess records), du mod's beat (soul-rock britannique des Who et autres Kinks ou Small Faces), mais surtout du ska, du rocksteady et du reggae avec des artistes noirs venus des Caraïbes tels Simaryp, Laurel Aitken, Desmond Dekker et même les Skatalites, les Upsetters, Jimmy Cliff ou Bob Marley, les Wailers... Le reggae et le rocksteady, bien plus que le ska, apparaissent comme le son skinhead par excellence. Pour les puristes on parle alors de skinhead reggae, de reggae one drop ou encore d'early reggae. Dans la tradition modernist, les skinheads aiment danser. Ils rivalisent de pas de danse compliqués pour frimer lors des discoes, l'équivalent des boums françaises. Les chansons parlent de leur vie quotidienne : émeutes, condition ouvrière, difficultés de tous les jours, contestation sociale, mais aussi sexe, danse et football. Les principales maisons de disques éditrices de ska et de skinhead reggae au Royaume Uni sont Trojan Records et Pama Records. Le logo Trojan (un casque de guerrier troyen) a été repris par la suite pour désigner les skinheads originels (spirit of 69). Les filles sont appelées skinhead girls plutôt que birds ou birdies (terme péjoratif équivalent du français "pouffe").

Ces gangs de jeunes ont parfois un comportement violent et les hooligans adoptent vite le style skinhead. Certains avancent que les skinheads sont issu du hooliganisme. C'est à la fois vrai et faux : les jeunes Britanniques des classes moyennes et populaires se comportent souvent en hooligans dans les stades de football, mais le hooliganisme est plus ancien que le style skinhead (début du XX° siècle) et les codes vestimentaires des hooligans varient beaucoup avec les modes (la plupart de hooligans actuels n'ont absolument pas le look skinhead). L'abus d'alcool et de drogues diverses (surtout les amphétamines, pour pouvoir danser toute la nuit, le LSD est plutôt une mode de hippies) n'arrangent rien à l'image des skinheads. La presse tabloïd peut dès lors stigmatiser les skinheads, comme elle l'avait fait auparavant pour les mods ou les rockers. C'est la nouvelle menace.
L'Union Jack
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L'Union Jack

L'usage fréquent des couleurs nationales (Union Jack pour l'ensemble des Britanniques ou Saint Georges Cross pour les Anglais) par les skinheads de cette époque est abusivement interprété comme un glissement vers le nationalisme. En fait les jeunes Britanniques font souvent preuve d'un patriotisme cocardier tel qu'on peut le rencontrer dans les tribunes des stades de football. Il n'est généralement fondé sur aucun nationalisme au sens strict. Les mods auparavant arboraient les couleurs nationales et les punks par la suite feront de même. Notons aussi que les Britanniques pavoisent beaucoup plus fréquemment que les Français. Cette fierté d'appartenir à la nation britannique est même un élément unificateur pour les jeunes Britanniques blancs et les Antillais noirs venus de la Jamaïque ou de Sainte-Lucie (états du Commonwealth, dont les habitants sont assimilés aux Britanniques puisque sujets de la même reine).

Mais il est vrai que les skinheads de cette époque font preuve de méfiance à l'encontre, non pas des Noirs, mais des jeunes Indiens et Pakistanais, dont le style vestimentaire et les goûts musicaux les rapprochent des hippies. Certains organisent de véritable ratonnades à leur encontre : le paki bashing. Ceux-ci réagissent et fondent des gangs de skinhead scalpers. Cette opposition entre skinheads noirs et blancs d'une part et jeunes indo-pakistanais de l'autre n'a cependant jamais été une généralité lors de la première vague skinhead. C'est plutôt une réalité circonscrite à certains quartiers de Londres. Les archives montrent d'ailleurs de nombreux skinheads au type asiatique.

Cette première vague skinhead est donc avant-tout une mode, un style musical et vestimentaire largement méconnu hors du Royaume-Uni. Pour la plupart des journalistes les skinheads ne sont qu'une nouvelle sorte de voyous incontrôlables (à l'époque la France a ses blousons noirs). Le mouvement n'est peu ou pas politisé.

Vers 1971 la vague skinhead s'essoufle. De nouvelles modes apparaissent : le style glam rock pour les jeunes blancs et le rastafarisme pour les noirs. Les skinheads authentiques, qui rejettent le racisme et la violence gratuite, adoptent le style suedehead (crâne de velour): le look devient plus recherché, à la manière des mods, les cheveux repoussent.

1979, les Skinheads réapparaissent puis se politisent [modifier]
Une paire de docs. On apercoit la couture jaune distinctive autour de la semelle.
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Une paire de docs. On apercoit la couture jaune distinctive autour de la semelle.

Après 1971 l'esprit skinhead ne disparaît pas pour autant et survit à travers les suedeheads puis les smoothies (ces-derniers portent les cheveux assez longs). Les deux adoptent le style bootboy lorsqu'ils descendent dans la rue : blue jean retroussé, Doc Marten's montantes, bretelles... C'est le style vestimentaire arboré dans le film de Stanley Kubrick "Orange mécanique". L'œuvre est violente mais le message est plus subtil qu'il n'y paraît : une critique des théories comportementalistes et une caricature des aspects les plus ridicules des sociétés modernes.

Les mods eux-aussi sont has been mais restent nombreux, en particulier dans le nord de l'Angleterre où ils sont à l'origine d'un style musical particulier, influencé par la musique noire américaine, le northern soul.

Les codes musicaux changent et chez les bootboys le reggae, le rocksteady et le ska sont vite supplantés par le glam rock (cf David Bowie ou The New York Dolls), le pub rock (cf Elvis Costello) puis le punk-rock (genre musical inventé aux États-Unis par les Stooges, les New York Dolls, encore eux, et les Ramones, nés en 1974 et célèbres dès 1976). Nombre des premiers punks britanniques (fin 1976-début 1977) ont le style bootboy, à commencer par les Clash (par ailleurs fans de reggae et de pub rock).

Profitant de l'explosion médiatique punk en 1977, les skinheads et même les mods réapparaissent et se mêlent aux punks. Ils sont alors peu nombreux, noyés dans la masse punk. Le film Quadrophenia (1979) et le groupe The Jam participent à la relance du courant modernist. Après 1979 cependant, le punk-rock n'a plus la faveur des médias et le look punk se radicalise : les punks deviennent not dead (de l'expression « punk's not dead »). C'est l'époque où apparaissent blousons cloutés et crêtes colorées. Cependant beaucoup de punks de la première vague adoptent le style des skinheads. Dès lors le mouvement skinhead connaît une nouvelle heure de médiatisation.

Ces nouveaux skinheads écoutent ou jouent du street punk et de la oi !, c'est-à-dire des formes violentes et radicales de punk-rock.Oi!, en argot cockney, est la contraction de l'apostrophe : Hey you!. On entend Oi! pour la première fois sur un morceau des Clash en 1977 (Career opportunities). Les groupes précurseurs sont Menace, Angelic Upstarts ou Sham 69, puis viennent Cockney Rejects, Business, Cocksparrers, The 4 Skins, Last Resort, The Oppressed, Blitz...

Cette époque connaît aussi un revival rocksteady, ska et skinhead reggae qui contribue à populariser le style skinhead avec des groupes comme Madness, The Specials, Bad Manners ou The Selecter de chez 2Tone Records. Ces musiciens adoptent un style vestimentaire plutôt modernist ou hard mods, mais le public est largement skinhead. De nombreux artistes jamaïcains tombés dans l'oubli refont surface (par exemple le chanteur Laurel Aitken, godfather of ska music). Le ska, énergisé par les influences punk-rock, remporte les faveurs du public skinhead de l'époque.

Mais en 1979, contrairement à 1969, la très grande majorité des skinheads sont blancs. C'est aussi de cette époque que date l'habitude de se raser les cheveux et la musique Oi! de cette époque est souvent qualifiée de closed shave (rasée de près). Le slogan ACAB (all the cops are bastards, "tous les flics sont des bâtards") fait son apparition. Dès 1979 la mode skinhead dépasse le Royaume-Uni et touche l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest (en France la première compilation skin-punk Chaos sort en 1982). C'est une contre-culture particulièrement vivace dans les années 1980, même si elle n'attire pas la majorité des jeunes. En France, Camera silens ou La Souris Déglinguée draînent un public skinhead. Il en va de même pour les Skarfaces, légende vivante du ska en France. À New York les inventeurs de la musique punk hardcore sont généralement des skinheads (Agnostic Front, Madball, MOD, ...), et revendiquent encore aujourd'hui leur appartenance au mouvement. Ces skinheads évoluent dans une mouvance plus large : le punk-rock, le hardcore ou encore le rock alternatif.

Cette seconde époque skinhead est aussi marquée par la récupération politique du mouvement. A la fin des années 1970 l'extrême droite britannique (British National Party et National Front) s'implante parmi les jeunes punks et skinheads blancs issus généralement des classes sociales les plus défavorisées et en situation de marginalisation. Les provocations de quelques punks, comme Sid Vicious qui arborait souvent un t-shirt à croix gammée, ont fait penser à certains que les vrais rebelles étaient les nazis. Ian Stuart, chanteur du groupe punk Skrewdriver, est un exemple typique de cette dérive. Skrewdriver était un groupe street punk parfaitement apolitique (comme l'immense majorité des groupes punks à cette époque), mais particulièrement provocateur, né en 1977. Il est l'auteur du tube Antisocial. Après un split de courte durée Ian Stuart reconstitue le groupe en 1979, mais sous une forme politisée ouvertement néonazie, puis il crée Blood and Honour au début des années 80. C'est un mouvement nationaliste, raciste et en particulier antisémite. Ian Stuart ne cache pas sa fascination pour Hitler et ne tarde pas à apporter son soutien aux associations néonazies, aussi bien au Royaume Uni qu'en Allemagne. Il est suivi par une partie des skinheads qui adoptent un comportement de plus en plus violent et basculent vers l'extrême droite. Beaucoup sont des hooligans fascinés par la violence sous toutes ses formes. Ils hurlent Sieg Heil! ou Heil Hitler dans les concerts et déclenchent de fréquentes rixes avec les autres skinheads ou les punks, sans parler des agressions envers les noirs ou les immigrés. Certains skinheads ont pu se rapprocher de l'extrême-droite pour prendre le contrepied des punks de la période 1979-1982 : rejet de la saleté, du look "destroy" mal rasé, de la clochardisation, de l'anarchisme braillard, des drogues dures... respect des valeurs familiales, du travail, de la patrie, allure physique et vestimentaire saine et propre... C'est à dire le rejet de la marginalisation et l'attachement à des valeurs à la fois populaires et conservatrices. Idéologiquement ces premiers skinheads nationalistes ratissent très large : rescapés du nazisme britannique des années trente qui servent de mentors, antisémites de tout poil, xénophobes échaudés par l'immigration, anticommunistes qui dénoncent les états soviétiques, hooligans violentissimes, punks et skinheads dépourvus de repères idéologiques qui aiment provoquer en arborant des insignes nazis (alors que leurs parents ont souvent combattu les nazis en 1939-45)...

Écœurés par cette récupération de leur contre-culture et fidèles à leurs racines métisses, les skinheads antiracistes se regroupent au sein des SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice, mouvement fondé à New York en 1980). La figure emblématique du mouvement SHARP est Roddy Moreno, leader du groupe The Oppressed et importateur du SHARP au Royaume-Uni. The Oppressed chantent Work together (clin d'œil marxiste, prolétaires de tous pays, unissez-vous!). Les Sham 69 adaptent le chant révolutionnaire chilien El pueblo unido jamas sera vencido en If the kids are united they will never be defeated. Ces groupes réaffirment leur fierté d'appartenir à la classe ouvrière et de partager ses valeurs : fraternité, solidarité, luttes sociales... A la même époque les Dead Kennedys (groupe punk californien) dénoncent la dérive des punks et skinheads nazis dans le morceau Nazi punks. Fuck off!. Beaucoup de skinheads sharp sont engagés au sein du Socialist Workers Party, organisation marxiste révolutionnaire qui organise de grandes grèves à partir de 1980 en réaction à la politique libérale du gouvernement Thatcher (remise en cause d'acquis sociaux, restructuration doulouleuse dans l'industrie...). Les skinheads sharp sont appelés reds (rouges) par les nationalistes qui les accusent de vouloir faire basculer l'Occident dans la sphère soviétique (en fait la plupart des skinheads sharp sont proches du travaillisme ou du syndicalisme réformiste, rarement du communisme). Les redskins constituent d'ailleurs à l'origine un mouvement distinct des skinheads. Les skinheads sharp considèrent les nationalistes et les néonazis comme de faux skinheads et les appellent boneheads (crânes d'os). Ces deux termes, péjoratifs dans l'esprit de ceux qui les utilisent, ont toujours cours aujourd'hui.

Les Skinheads aujourd'hui
Skinheads lors d'un concert
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Skinheads lors d'un concert

Aujourd'hui la mouvance des skinheads est profondément divisée et hétéroclite. Le néophyte aura bien du mal à les départager, d'autant plus que les codes vestimentaires sont similaires malgré des tendances politiques très différentes. Les skinheads sont en fait à l'image de la société : leur sensibilité politique va de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par la gauche et la droite classiques. Certains sont démocrates, alors que d'autres sont attirés par des discours qui prônent soit la dictature du prolétariat de type marxiste-léniniste soit une dictature de type fasciste. Certains sont radicalement racistes, alors que d'autres rejètent en bloc tout type de racisme. Certains sont athées ou agnostiques, alors que d'autres sont croyants (chrétiens, païens, bouddhistes)...

Malgré cette diversité, il y des points communs qui les rassemblent (presque) tous : ils sont généralement issus des classes sociales modestes ou moyennes, et sont fiers de leurs origines sociales. Ils méprisent avec vitalité la police, les bourgeois et les hippies. Ils soutiennent généralement l'équipe de football de leur ville et optionnellement leur équipe nationale. Leur goût pour la provocation et la bagarre les rassemble aussi. De même, ils adorent se déhancher sur les pistes de danse lors de soirées 60's au son des musiques mods, soul ou jamaïcaines, ou pogoter lors de concerts streetpunk, Oi! ou bien hardcore. Enfin, les skinheads sont également très actifs dans la rédaction et la diffusion de fanzines dédiés à la musique, au football et à d'autres cultures (comme le tatouage ou le scooter par exemple).

Les Skinheads Apolitiques

La question des skinheads apolitiques alimente les gorges chaudes. Historiquement il est indéniable que la première vague skinhead, entre 1968 et 1971, fut dénuée de toute attache politique, donc apolitique par définition.

La mention d'apolitisme est apparue en tant que telle, et revendiquée par de nombreux skinheads, lorsque l'extrême droite a récupéré une partie du mouvement après 1979. On peut définir les skinhead apolitique comme celui qui refuse farouchement d'afficher en tant que skinhead toute affiliation à un parti ou à un syndicat et refuse de mêler la mode skinhead qu'il arbore à l'engagement politique, de droite comme de gauche, extrémiste ou modéré.

Au-delà de ce simple refus du mélange des genres, beaucoup de skinheads apolitiques sont dégoûtés par les récupérations de leur mouvement, aussi bien par l'extrême droite que par l'ultra-gauche. Ils considèrent que la politique "salit", corrompt tout, et qu'un vrai skinhead ne peut pas être militant et encore moins extrémiste. Entre les surenchères des skinheads néonazis d'une part et des communistes ou anarchistes de l'autre, certains skinheads les renvoient dos à dos. De façon paradoxale, ils en viennent à militer pour l'apolitisme (cf les textes des groupes Oeil pour Oeil -France- ou Ultimo Assalto -Catalogne-).

L'apolitisme chez les skinheads s'articule autour de ces deux options : le refus de mêler une mode et un quelconque engagement, voire un refus de tout engagement. Ceci ne signifie pas pour autant qu'ils n'aient rien à dire. L'ultra-gauche a longtemps désigné les apolitiques comme des brutes pour qui ne comptaient que les "3B" (bière, baise, baston), voire comme des crypto fascistes ou des spécialistes du retournement de veste. C'est vrai que certains skinheads français des années 1980 ont commencé par être apolitiques avant de devenir néonazis. Il y eu aussi des parcours inverses. Surtout les skinheads apolitiques apparaissent aujoud'hui comme échaudés par les extrémistes de tous bords. Mais la plupart s'affichent aussi comme antiracistes et non-nazis.

Le Sharp, évoqué précedemment dans l'article, est à la frontière de l'apolitisme et de l'engagement idéologique, c'est pourquoi nous en traiterons plus tard. De manière là encore très paradoxale on pourrait définir les skinheads sharp comme des "apolitiques de gauche" (l'expression est d'un journaliste québecquois).
Image:Belarusian SHARP small.gif
Logo SHARP

Chez les skinheads apolitiques on rencontre en particulier les Trojan skinheads ou skinheads traditionnels : perpétuateurs de l'esprit de 1969, fans de reggae, de soul, de rocksteady et de ska, ils circulent souvent en scooter comme les mods, ils ne mêlent guère musique et politique. Ils affichent cependant un antiracisme sincère et revendiquent leur appartenance à la working class. Ils sont, au sens historique, les fidèles continuateurs de la première vague skinhead.

Parmi les groupes de musique skinhead apolitiques, on peut citer The Last Resort, 4-Skins, Cock Sparrer, Warzone ou encore The Business.

Une large part des skinheads actuels (majorité? minorité?) affichent cependant un engagement politique marqué.

Les Skinheads d'extrême droite

Les skinheads nationalistes

Ces derniers sont proche des partis d'extrême droite traditionnels, comme le Front National ou le Mouvement National Républicain (MNR) en France. Ces skinheads ne sont pas néonazis au sens strict. Ils sont identitaires (défense de l'identité française, conçue comme blanche, européenne et catholique), anti-gauchistes et souvent homophobes. Nombre d'entre eux sont proches des milieux royalistes ou de mouvements catholiques fondamentalistes. Leur antigauchisme exacerbé les amène à côtoyer occasionnellement les skinheads néonazis lors de concerts ou lors de manifestations. Certains sont particulièrement opposés à l'Islam et aux immigrés d'origine arabe, ce qui les pousse souvent à prendre le parti d'Israël et à se déclarer sionistes. D'autres, farouchement antisémites, soutiennent au contraire la cause palestinienne , voire l'intégrisme islamique ! C'est dire la multiplicité des options politiques de ceux qui se déclarent skinheads nationalistes... Le GUD (Groupe d'Union Défense, mouvement étudiant d'extrême droite) a un temps recruté des jeunes gens au look très proche des skinheads autour de thèmes fédérateurs comme la défense de l'identité française, le refus de l'immigration ou la corruption des hommes politiques.

Les skinheads white power
Skinhead neo-nazi
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Skinhead neo-nazi

Ouvertement néonazis, donc racistes et facistes. Eux-même préfèrent les termes de "suprématistes", "ségrégationnistes" ou encore "ethnoséparatistes", euphémismes modernes employés dans les pays où l'usage de certains termes est parfois défendu. On parle aussi de Boneheads, terme péjoratif utilisé par leurs opposants, ou de naziskins. Ils sont très actifs (mais assez discrets en France, à part en Alsace) et regroupés dans diverses organisations telles Blood and Honour, Hammerskins ou Combat 18 (groupe terroriste clandestin). Les skinheads néonazis sont très visibles en Scandinavie, en Allemagne de l'Est (ex-RDA), dans certaines régions des États-Unis (où ils sont organisés en réseau avec d'autres organisations d'extrême droite comme le Ku Klux Klan), ainsi qu'en Europe de l'est, notamment en Pologne, Serbie et surtout en Russie, pays qui compte le plus grand nombre de skinheads néonazis (où ils défraient souvent la chronique de part leurs nombreuses agressions contre des jeunes immigrés ou Russes orientaux, allant couramment jusqu'à la mort). Le look se distingue un peu du look skinhead originel : il est franchement paramilitaire, les cheveux sont généralement rasés à blanc. Les insignes sont la croix gammée, les écussons de la LVF ou de la division Das Reich, la croix celtique, les galons de la Wehrmacht ou de la SS... La symbolique germanique, viking ou celte est souvent utilisée par les boneheads qui marquent ainsi leur rejet des valeurs judéo-chrétiennes et prônent un retour au paganisme indo-européen. Les skinheads se reconnaissent grâce au sigle NS (national-socialiste, c'est-à-dire nazi), généralement accolé au nombre 88 (pour HH, huitième lettre de l'alphabet et initiales de "Heil Hitler"). Les skinheads nazis se réclament aussi de la classe ouvrière. Dans les années 80 beaucoup d'entre-eux se considéraient comme les fils spirituels des SA (Sections d'assaut, brigades de militants nazis des années 1930 en Allemagne). Ces SA tenaient un discours à la fois nationaliste, raciste mais aussi social et étaient issus du monde ouvrier et de la petite bourgeoisie. Ils réclamaient des mesures sociales avancées et la constitution d'une armée populaire. Leurs chefs furent exécutés et leurs organisations absorbées par les SS aux ordres d'Hitler lors de la "Nuit des longs couteaux" en 1933.

La musique des skinheads nazis est le RAC : Rock Against Communism. La plupart des groupes rac sont diffusés de façon discrète, par la vente par correspondance, où lors des concerts. En France un avatar du rac fut le RIF : Rock Identitaire Français. Parmi les groupes musicaux de skinheads néonazis, on peut citer : Les allemands Landser, les français Légion 88, les australiens Fortress, les polonais Konkwista 88, les américains Bound For Glory ou encore les suédois Pluton Svea. Le groupe de réference reste les anglais de Skrewdriver. La plupart de ces groupes incorporent des influences metal à leur musique qui reste quand même à base de oi!. Il existe, depuis quelques années, un rapprochement entre les skinheads white power et les milieux black metal païens, qui se réclament souvent eux-aussi du national-socialisme, créant un style hybride qui commence à prendre une certaine ampleur, notamment en Europe de l'Est et aux USA. Si l'on constate aussi une franche adhésion aux idées d'êtreme-droite dans une partie des scènes industrielle et dark folk, la mouvance gothique est loin d'adhérer à l'extrême droite.

les Skinheads d'extrême gauche

les Skinheads Against Racial Prejudice

Le SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice) dont l'histoire a été évoquée dans la première partie de l'article. C'est une forme d'apolitisme de gauche, aussi paradoxal que puisse paraître le terme. D'une manière générale la plupart des skinheads sharp partagent l'idée selon laquelle la récupération politique a gangréné le mouvement skinhead, condamnent les extrémismes de droite comme de gauche mais affichent fièrement leur antiracisme, leur antifascime et les valeurs ouvrières (solidarité, luttes sociales, sens de la fête, camaraderie...). Le mouvement sharp actuel est plutôt une mouvance car il est peu structuré. En France le Sharp se veut "antiraciste, antifasciste et populaire" et "libre de toute affiliation politique ou syndicale". Aux Etats-Unis des skinheads sharp ont défilé dans la rue aussi bien contre les racisme ou l'homophobie, qu'en faveur de la première guerre du Golfe (1991)! Le Sharp apparaît ainsi pour certains comme une forme d'apolitisme accompagné d'un engagement a minima pour se démarquer des skinheads d'extrême droite. Le logo sharp comprend souvent le casque de guerrier grec du label Trojan, des haches croisées, des lauriers (références au logo Fred Perry) ou une botte qui écrase une croix gammée.

les Redskins

À l'origine, ce ne sont pas des skinheads, mais des fans d'un groupe de soul britannique des années 1970, The Redskins (dont plusieurs membres appartenaient au Socialist Workers Party, et qui tenait un discours révolutionnaire sur fond de soul-rythm'n'blues mâtiné de punk-rock). Les premiers redskins affichaient un look plutôt punk ou alternatif. Certains se sont ensuite rapproché du style skinhead en conservant quelques particularismes : bomber retourné côté doublure orange, lacets rouges, insignes communistes divers... Mais tous les redskins ne se considèrent pas pour autant skinheads.

Certains redskins, skinheads sharp ou rash, en plus d'être internationalistes, sont également indépendantistes. Ils militent pour l'indépendance, ou tout du moins l'autonomie et la souveraineté de leur peuple, et pour la préservation de leur culture et de leur langue. En Catalogne, au Pays Basque, en Occitanie ou encore en Bretagne, beaucoup de skinheads sont indépendantistes. Ils utilisent tantôt les termes "indépendantistes", "régionalistes" ou même "nationalistes". Ce dernier terme est ici utilisé dans un sens différent que pour les skinheads d'extrême droite.

les Red And Anarchist Skinheads
Logo du RASH
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Logo du RASH

Le RASH (Red and Anarchist Skinheads), surtout européen, regroupe depuis les années 1990 d'anciens redskins de la première vague et de nouveaux skinheads engagés à l'extrême gauche. Ses membres considèrent leur appartenance au mouvement skinhead comme un complément de leur engagement militant, le skinhead devenant une forme d'idéal ouvriériste. La plupart des skinheads RASH gravitent autour de : l'Union Anarchiste, la Fédération Anarchiste, the Anarchist Black Cross, l'Union Communiste libertaire, la CNT (syndicat anarchiste), voire la Ligue Communiste Révolutionnaire et des groupuscules guévaristes... Ce mouvement revendique un antiracisme et un antifascisme radical et joue souvent la surenchère vis-à-vis du Sharp.

Parmi la scène skinhead d'extrême gauche, on peut citer le groupe indépendantiste marxisant catalan Opcio K-95 ou encore les groupe libertaires français Brigada Flores Magon et Ya basta!.

autres identités skinheads

De manière plus anecdotique, il existe d'autres identités skinheads.

les Skinheads chrétiens

Il ne faut pas les confondre avec les skinheads nationalistes identitaires. Leur positionnement est ouvertement antiraciste et antinazi. Très présents en Amérique du Nord (Canada et USA) où la scène punk-rock chrétienne est gigantesque, les skinheads chrétiens font de plus en plus parler d'eux en Europe. Ces derniers sont beaucoup plus présents dans le milieu hardcore et straight edge (ni alcool, ni cigarette, ni drogue) que dans le milieu Oi! ou Street Punk. Parmi, les groupes skins chrétiens, on peut citer le groupe de ska/rocksteady américain The Israelites, le groupe de punk hardcore américain The Deal ou encore les groupes de oi! allemands Suspekt et Jesus Skins.

Les Gayskins

Skinheads homosexuels. Le skinhead est devenu un thème classique de la pornographie homosexuelle masculine. C'est un avatar du working class boy (jeune ouvrier), et le look skinhead est arboré ostensiblement par certains gays, parfois de manière caricaturale (cheveux rasés à blanc, lacets blancs, attitude martiale, vêtements paramilitaires...). Mais il existe aussi un groupuscule gay néonazi fondé par un roadie de Skrewdriver : les Gay Aryan Skinheads, qui se réfèrent aux SA (et aux mœurs grecques de certains d'entre eux). Mais ces skinheads homosexuels nazis pratiquent beaucoup moins l'art du second degré que les autres skins gays.

Conclusion

Il faut retenir que les premiers skinheads sont apparus à la fin des années 1960 et qu'ils n'étaient en aucun cas racistes ou fascistes, pas communistes non plus, donc non politisés. Leur point commun était leur origine sociale modeste, leur amour de la musique noire et leur goût pour la bagarre. C'est avec l'apparition du punk-rock en 1977 et le chômage qui frappe de plein fouet l'Europe à la fin des années 1970, que la scène bonehead fait sont apparition. Les skinheads d'extrême droite sont séduits par les textes néonazis (Ils sont donc Antisémites) de la seconde formation du groupe britannique Skrewdriver.

Aujourd'hui, les skinheads et boneheads évoluent chacun de leur coté et n'ont plus grand chose en commun.

Bibliographie

* Série photographique sur les mods, punks, skinheads : Tribes Of England - Our culture
* Roman très autobiographique sur les hooligans : Football Factory, Éditions de l'olivier ISBN 2879294649 de John King

Liens internes

* RASH
* Redskins
* SHARP
* Boneheads
* Oi
* Street_punk
* Ska

Liens externes

* Contre-culture skinhead
* Cortege
* Alliance Skinhead Mondiale Francophone
* Tapir's Reggae Tapir's Reggae(en)
* Roots-Archives(en)
* Forum skinhead apolitique(fr)
* "musicians of Mari origin were beaten by skinheads..."(en)
* L'histoire des Skinheads(en)
* 1400 Skinhead, Oï!, Punk Photos from Indonesia!(en)

Films lié au sujet

* American History X(en)
* Made in Britain(en)
* Romper Stomper(en)
* Skinhead Attitude(en)

* Skin or Die par Daniel Schweizer
* Skinhead Attitude par Daniel Schweizer
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# Posté le mardi 29 août 2006 14:41

petite histoire de la seonde guerre mondial

petite histoire de la seonde guerre mondial
La Seconde Guerre mondiale est un conflit armé à l'échelle planétaire qui dura de septembre 1939 à août 1945. Elle consista en la convergence, à partir du 3 septembre 1939, d'un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le 18 juillet 1936 en Espagne (la Guerre civile espagnole), le 7 juillet 1937 en Asie (la Guerre sino-japonaise), et le 1er septembre 1939 en Pologne (Campagne de Pologne), générant ainsi un conflit planétaire qui opposa schématiquement deux camps – les Alliés et l'Axe – et s'acheva le 2 septembre 1945. La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l'humanité ait connu, tuant environ 62 millions de personnes dont une majorité de civils.
PrésentationEn 1939, l'Europe domine largement le monde et ses colonies s'étendent sur toute l'Afrique et la majeure partie de l'Asie. Trois régimes totalitaires dominent l'Europe : l'Allemagne hitlérienne, l'Union Soviétique stalinienne et l'Italie fasciste. Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le 3 septembre la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne : c'est le début de la Seconde Guerre mondiale.

La Seconde Guerre mondiale est tristement célèbre pour le sommet de souffrance auquel l'humanité s'est elle-même soumise : la déportation en camps de concentration et camps de travail à des fins d'extermination de populations entières (Juifs, Slaves, Tziganes), ou de catégories particulières d'individus (homosexuel(le)s, Témoins de Jéhovah, handicapés, etc.) commandées par le régime nazi ou encore le régime Showa (10 millions de civils chinois enrôlés de force par la Kôa-in au Manchukuo, prostituées forcées enrôlées en Corée); les meurtres systématiques de partisans communistes et de résistants, ainsi que les représailles contre les civils, par les nazis ; les massacres massifs de populations et de combattants perpétrés par les forces japonaises principalement en Chine ; les expérimentations sur des êtres humains auxquelles se livrèrent des médecins nazis et des unités japonaises ; les bombardements aériens massifs de civils d'abord par l'Axe en Europe (Coventry en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas) et en Asie (Shanghaï, Chongqing: la ville la plus bombardée de la guerre), puis par les Alliés avec du napalm : Tōkyō au Japon, Dresde (35 000 morts) et Hambourg en Allemagne. Et pour la première et unique fois en plus de 50 ans, la bombe atomique fut utilisée contre un pays : deux bombes A larguées par les États-Unis ont explosé à trois jours d'intervalle, à Hiroshima et Nagasaki au Japon.

Forces en présence
Voir l'article Pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale.

Alliés

Afrique du Sud, Australie, France libre, Belgique, Canada, Chine, Philippines, Inde, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Luxembourg puis l'Union soviétique à partir du 22 juin 1941, les États-Unis d'Amérique à partir du 7 décembre 1941, le Mexique et le Brésil à partir de 1942, la Turquie en 1945.

Axe

En 1941, l'Axe est constitué de l'Allemagne (incluant l'Autriche), la Hongrie, l'Italie, le Japon, la Roumanie, la Bulgarie, et la Slovaquie. Ils sont alliés à la Croatie, la Finlande et la Thaïlande. L'Irak et l'Iran se sont rapprochés de l'Axe, mais leurs gouvernements pro-allemands sont renversés par les Anglais.

Le Régime de l'État français collabore avec l'Allemagne de juin 1940 à août 1944 ; la zone libre est occupée en novembre 1942.

L'Italie, la Finlande, la Roumanie et la Bulgarie se retournent contre l'Allemagne en 1943-1944.

Pays Neutres

Les États européens qui ne prirent pas part au conflit, conservant leur neutralité, furent : l'Espagne, l'Irlande, le Portugal, la Suède, la Suisse, le Liechtenstein, Andorre, la république de Saint-Marin et le Vatican.

Seul l'Afghanistan fut neutre en Asie. En Amérique du Sud, beaucoup d'États se sont déclarés solidaires des alliés et certains déclarèrent la guerre à l'Allemagne, souvent quelques jours avant la fin du conflit, tel l'Argentine. Le Brésil est l'un des rares Etats Sud-Américains à avoir envoyé des troupes en Europe.

Origines

En Europe

Après la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles (surnommé le "diktat" par les allemands) de 1919, se pose le problème de la compensation que l'Allemagne devrait payer aux vainqueurs. Le Royaume-Uni partage les colonies allemandes, sous la forme de mandats de la SDN, avec la France (mais aussi avec la Belgique, le Japon, les États-Unis). Mais la France, sur le sol de laquelle s'est passée une grande part des combats, obtient en outre le droit à de fortes indemnités de réparations, ainsi que la récupération des deux provinces (l'Alsace et la Moselle) annexées par Bismarck après la guerre de 1870. Quant aux États-Unis d'Amérique, devenus de gros créanciers des puissances alliées et appliquant strictement leurs droits, compte tenu de leurs lourdes pertes, ils exigent le règlement des dettes d'achats de matériel de guerre et de carburant dues par leurs alliés.

La Russie est devenue, à l'issue de la Révolution et de la contre-révolution, l'Union soviétique, tandis que de nouveaux États (Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne, Pays baltes) sont créés en Europe centrale, au nom du principe des nationalités, en particulier par le démembrement de l'empire austro-hongrois.

En Allemagne, les difficultés économiques (inflation galopante des années 1920) et politiques (faiblesse de la République de Weimar) permettent au NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands ou nazi) et à son chef Adolf Hitler de prendre le pouvoir légalement en 1933. Très vite, Hitler restaure en Allemagne le service militaire généralisé, interdit par le traité de Versailles, remilitarise la Rhénanie (1936) et met en œuvre une politique étrangère agressive. Cette politique est destinée à regrouper au sein d'un même État les populations germanophones d'Europe centrale, en commençant par l'Autriche (Anschluss de mars 1938) et ouest de la Tchécoslovaquie (Sudètes, en septembre 1938).

L'annexion des Sudètes est entérinée à Munich en septembre 1938, lors d'une conférence où le Français Édouard Daladier et le Britannique Neville Chamberlain se fient aux promesses d'Hitler, selon lesquelles l'obtention des Sudètes satisferait la dernière revendication du IIIe Reich, et interdisent à la Tchécoslovaquie de se défendre. Cela n'empêche naturellement pas Hitler d'annexer, peu après, la moitié de la Tchécoslovaquie, la Bohême et Moravie (en mars 1939, avec la complicité des nationalistes slovaques de Mgr Tiso, de la Hongrie de Horthy et de la Pologne des colonels, qui s'empare de la région de Teschen). Hitler s'empare également de Memel en Lituanie.

Cependant, le corridor de Dantzig (aujourd'hui Gdańsk), ancienne ville prussienne détachée de l'Allemagne après 1918, constitue un élément important d'instabilité. En effet, Berlin revendique ce corridor qui sépare la Prusse orientale du reste de l'Allemagne. Quant à la Pologne, elle rejette les revendications allemandes sur le corridor de Dantzig qui est son seul accès à la mer.
En outre, depuis 1922, l'Italie est aux mains du parti fasciste, dirigé par Benito Mussolini, qui exprime des revendications sur divers territoires français.

En Asie

Le Japon, modernisé à partir de l'ère Meiji, développe depuis la fin du XIXe siècle sa puissance économique et militaire, s'accordant ainsi une place centrale et peu à peu hégémonique en Extrême-Orient.

Dès 1894, le Japon affronte la Chine au sujet d'une controverse sur la Corée. Cette guerre, où de nombreux commentateurs prédisent la victoire de la Chine impériale face au petit Japon, voit l'armée nippone écraser les forces chinoises, notamment grâce à sa supériorité technologique. De cette victoire, le Japon obtient la cession de Formose (Taiwan), des îles Pescadores et de la presqu'île du Liao-dong.

Mais la Russie impériale, y voyant un moyen d'accroître son influence en Extrême Orient, paie les dettes de guerre de la Chine auprès du Japon et, soutenue par l'Allemagne et la France, humilie Tōkyō en imposant la restitution de la péninsule de Liao-dong à la Chine. La Russie et le Japon sont dès lors impliqués dans une lutte d'influence au nord-est de la Chine, alors dominée par les puissances occidentales. La Russie obtient la concession de la construction du « transmandchourien » et accroît sa présence militaire dans le secteur, avec notamment la création d'une base navale à Port-Arthur, au sud de la péninsule de Liao-dong. La politique agressive des Russes les menant à s'intéresser à un développement de leur influence en Mandchourie et en Corée, le Japon s'en inquiète et tente dans un premier temps de négocier un partage des aires d'influence en Mandchourie. Mais Saint-Pétersbourg les mésestime et la conciliation n'aboutit pas.

C'est pourquoi en 1904 les Japonais détruisent sans déclaration de guerre une flotte russe dans la rade de Port-Arthur, puis une autre flotte russe en 1905, à la bataille de Tsoushima. Le Japon, bien préparé et proche de ses bases obtient ainsi la domination de la mer de Chine. À l'inverse, la Russie, minée par des tensions internes, dirigée à l'est par un commandement incompétent et ne parvenant pas à assurer une liaison militaire efficace avec l'ouest par son Transsibérien à voie unique, essuie aussi de lourdes défaites terrestres. La guerre russo-japonaise se solde en 1905 par un armistice qui humilie la Russie, laissant au Japon le Liao-dung, la moitié de l'île de Sakhaline et la prééminence sur la Corée. Le Japon devient le premier pays asiatique à avoir vaincu une puissance occidentale, ce qui lui confère, auprès des peuples d'Extrême Orient, un prestige qui subsistera jusqu'en 1945.

En 1914, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne et récupère à la fin de la guerre les possessions allemandes du Pacifique.

En 1931, sous le prétexte d'incidents transfrontaliers, le Japon envahit le nord de la Chine qui devient en 1932 le Mandchoukouo, État indépendant sous protectorat japonais. L'année suivante, le Japon quitte la SDN, puis, en 1937, profitant de la faiblesse d'une Chine secouée par la guerre civile entre des troupes communistes (d'inspiration marxiste) et celles du Kuomintang, il occupe une partie nord-est de ce pays dans une guerre sino-japonaise qui prendra de plus en plus d'ampleur.

Une tentative d'occupation de la Mongolie (incident de Nomonhan) par l'armée shôwa est freinée en 1939 par l'Union Soviétique qui lui inflige une cuisante défaite. Les deux nations conviennent alors d'un traité de non-agression.

Showa adopte alors en 1941 le plan de son état-major qui prévoit une occupation du sud-est et l'établissement d'une “ sphère de la coprospérité de la grande Asie orientale”. Pour permettre l'accomplissement de son expansionnisme militaire sur l'Asie orientale et le contrôle des ressources de l'Asie du Sud-Est, le Japon doit cependant détruire la principale menace qui subsiste dans le Pacifique : la force navale américaine basée à Hawaii.

Résumé chronologique
Char d'assaut américain Sherman, exposé au musée Mémorial de la Bataille de Normandie à Bayeux
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Char d'assaut américain Sherman, exposé au musée Mémorial de la Bataille de Normandie à Bayeux

* Voir l'article chronologie de la Seconde Guerre mondiale.

Dès 1936, les futurs belligérants européens de la Seconde Guerre mondiale commencent à s'affronter plus ou moins directement dans le cadre de la Guerre civile espagnole. Dans le camp républicain, les brigades internationales (composées d'engagés volontaires majoritairement communistes venus surtout d'Europe centrale et de France, des républicains allemands et italiens et des démocrates anglo-saxons, parmi lesquels on trouvera André Malraux et George Orwell) combattent sous commandement espagnol. Dans le camp franquiste interviennent plusieurs divisions italiennes de « Chemises noires » commandées par des généraux italiens et une légion allemande d'aviation « Condor » (composée d'aviateurs de la Luftwaffe sous commandement allemand, qui viennent, par roulement, s'entraîner à leurs missions de bombardement sur les populations espagnoles) ainsi que quelques centaines de volontaires irlandais et une compagnie française.

Dès 1937, débute l'invasion de la Chine par le Japon (Guerre sino-japonaise (1937-1945)).

Dès 1938, après Munich et l'annexion des Sudètes et la réaction (très molle) de la France et du Royaume-Uni, rares sont les optimistes qui croient encore que la guerre peut être évitée, tandis que l'Union soviétique joue la carte nazie contre la Pologne et les « démocraties » avec le pacte germano-soviétique (dont une clause secrète à l'époque constituait un nouveau partage de la Pologne) .

Selon la date retenue par la majorité des historiens, la Seconde Guerre mondiale commence officiellement en Europe, lorsque la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939, en réaction à l'invasion de la Pologne par cette dernière, le 1er septembre 1939, suite à l'incident de Gleiwitz, un traité les liant à ce pays.

L'Union soviétique récupère de son côté la partie est de la Pologne et les pays baltes, comme convenu avec Ribbentrop. Puis elle attaque la Finlande le 30 novembre 1939 pour annexer la Carélie, ce qu'elle obtient par la paix de Moscou le 12 mars 1940, en dépit d'une résistance finlandaise inattendue.

Largement surclassée, l'armée polonaise est écrasée avant la fin septembre par l'Allemagne et l'URSS ; plus rien ne se passe sur le front ouest où les troupes franco-britanniques (sous commandement français) ne prennent aucune initiative militaire, nulle offensive n'intervenant pendant plusieurs mois (on assiste alors à la « Drôle de guerre »).

Au printemps, les alliés se préparent à couper l'approvisionnement en acier de la Suède vers l'Allemagne depuis la Norvège, mais l'opération tourne au fiasco et l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège le 9 avril 1940. Le corps expéditionnaire du Royaume-Uni et de la France rembarque précipitamment lorsque la Belgique est envahie.

En effet, mai-juin 1940 voit l'invasion foudroyante par l'armée allemande des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France (Blitzkrieg ou « guerre éclair »). L'armée belge capitule en mai 1940. L'Italie se joint alors à l'Allemagne et déclare la guerre à la France le 10 juin. Puis, en France, le gouvernement Pétain succédant le 16 juin 1940 à celui de Paul Reynaud, demande l'armistice et en accepte les conditions; c'est à partir de ce moment que commence la période appelée l'Occupation.

Contre l'attente des stratèges nazis et des généraux français battus, le Royaume-Uni fait front avec succès à l'aviation allemande, car, bien que faible en forces terrestres (puisqu'elle avait supprimé son service militaire entre les deux guerres), elle dispose d'une flotte puissante, d'une aviation bien organisée, et, avec Churchill qui a remplacé Chamberlain, d'un bon moral.

Le Royaume-Uni dispose en outre de l'aide d'abord économique des États-Unis, puisque ceux-ci, bien qu'officiellement neutres, la fournissent en armes et en ravitaillement. Roosevelt obtient du Congrès en mars 1941, le vote de la loi « Prêt-Bail », qui lui permet d'apporter une aide matérielle illimitée au Royaume-Uni et à ses alliés.

Hitler, désespérant de prendre le Royaume-Uni et de l'amener à faire la paix érige une puissante chaîne de fortifications, surnommée « Mur de l'Atlantique », sur les côtes de l'Atlantique et de la Manche, et décide d'attaquer la Russie. Mais l'Italie fasciste vient elle-même d'agresser, à partir de l'Albanie, la Grèce qu'elle croyait sans défense. Or ce sont les forces grecques du dictateur nationaliste Metaxas qui sont victorieuses : après avoir contenu l'attaque des troupes de Mussolini, l'armée grecque les repousse et envahit à son tour l'Albanie italienne.

C'est alors que, pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs semaines son opération contre la Russie, et envoie en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers la Hongrie sympathisante et la Yougoslavie affaiblie par la division entre multiples factions (communistes et anti-communistes, nationalistes de tous bords, notamment les nationalistes croates ou oustachis d'Ante Pavelic et leurs ennemis serbes partisans marxistes de Tito).

Les nazis battent les armées yougoslave et grecque, ce qui leur permet d'occuper tout le sud de l'Europe. Mais, du même coup, ils viennent :

* de se créer un front supplémentaire en Yougoslavie, où les résistances nationaliste de Mihaïlovitch (Tchetniks) et marxiste de Tito (Partisans), allaient lui immobiliser de 13 à 20 divisions jusqu'à la fin de la guerre ;
* de retarder de cinq semaines l'opération Barbarossa contre l'URSS, qui ne peut commencer que le 22 juin 1941 au lieu du 15 mai.

Si bien que, malgré une avance foudroyante et la capture de nombreux soviétiques, la Wehrmacht est stoppée en décembre 1941, à quelques kilomètres de Moscou sous un froid glacial et sans équipement adéquat. Les Soviétiques lancent alors avec leurs troupes sibériennes une offensive d'hiver qui, au prix de pertes effroyables, oblige les envahisseurs à reculer. Il est vrai que, selon la propagande nazie, il ne s'agissait que d'un « repli élastique »...

À partir de ce moment, c'est la campagne de Russie qui va accaparer l'essentiel des efforts militaires allemands, et conduire Hitler à ne consacrer que des efforts insuffisants au front de Libye, alors qu'avec des renforts plus importants, Rommel aurait pu atteindre le canal de Suez.

Le 7 décembre 1941, les Japonais détruisent la flotte américaine du Pacifique sauf ses porte-avions à Pearl Harbor (voir Attaque sur Pearl Harbor).
Les Japonais envahissent alors les Philippines et les Indes orientales néerlandaises, en janvier-août 1942, ainsi que tout le Sud-Est asiatique. Ils ne sont arrêtés qu'en Birmanie.

L'Allemagne coule deux navires mexicains au cours du mois de mai 1942. Devant son refus de payer des dommages et intérêts, le parlement mexicain lui déclare la guerre le 2 juin 1942, suivi par d'autres États latino-américains. L'aviation mexicaine participe à la guerre du Pacifique.

Mais au début de juin 1942, la bataille aéro-navale des îles Midway coûte quatre porte-avions aux Japonais. Ainsi sont-ils désormais placés sur la défensive dans le Pacifique, dont les États-Unis commencent la reconquête, île par île.

Mais Roosevelt, bien qu'entré en guerre à la suite de l'agression japonaise, a compris que l'ennemi principal est l'Allemagne, qui lui a déclaré la guerre en solidarité de son allié japonais après trois jours. Or l'Union soviétique, menacée par une nouvelle offensive dans le secteur de la Volga et en direction des pétroles du Caucase, supporte presque seule (du matériel lui est envoyé) l'effort de guerre allié en Europe. Un second front doit donc être créé pour la soulager.

Après des hésitations, Churchill et Roosevelt se décident pour l'Afrique du Nord, où Roosevelt, influencé par ses représentants Leahy et Murphy, espère le ralliement de l'armée de Vichy. C'est l'Opération Torch, qui se traduit par le débarquement des Forces alliées en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942. En réalité, les troupes de Vichy accueillent initialement les alliés à coups de canon à Oran et au Maroc, pendant que la Tunisie est livrée sans combat aux Allemands suite aux tergiversations de l'amiral Esteva et du général Derrien, hésitant entre les ordres de Darlan (après son ralliement forcé aux Alliés) et de Vichy. Le 8 décembre, après un ultimatum avec délai d'acceptation de trente minutes du général Nehring, Bizerte se rend et l'escadre française tombe aux mains des Allemands (trois torpilleurs, deux avisos et neuf sous-marins).

Le débarquement réussit cependant à Alger, grâce à la résistance française (putsch du 8 novembre 1942) et au ralliement forcé de l'amiral Darlan. À partir de ce moment, l'armée d'Afrique entre en guerre dans le camp allié et, pour commencer, participe à la campagne de Tunisie.
À la Conférence de Casablanca (1943), tenue entre le 14 et le 24 janvier, Roosevelt et Churchill décident de poursuivre leurs offensives en Sicile puis en Italie, et de renforcer leur soutien à l'Union soviétique. Quant à l'armée française d'Afrique, elle va participer aux campagnes d'Italie et enfin au débarquement en Provence.

Après le débarquement allié en Italie, ce pays cesse les hostilités puis change de camp en 1943. L'année suivante, en 1944, à l'approche des troupes soviétiques, les armées de la Roumanie et de la Hongrie changent de camp.

Quant à la Yougoslavie, elle se libère toute seule, ce qui confère, par la suite, une forte autorité et une grande indépendance au chef marxiste de l'armée des partisans, Tito.

L'Allemagne nazie capitule le 7 mai 1945 à Reims, et c'est officiellement le 8 mai 1945 qu'est proclamé l'armistice qui met fin à la guerre en Europe. Le 8 mai est devenu depuis un jour férié en France.

En Asie, la guerre ne s'achève que le 2 septembre 1945, lorsque le Japon reconnaît sa défaite et capitule sans condition après le largage, par les États-Unis, des deux premières bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima et de Nagasakiet la déclaration de guerre de l'URSS.

En Europe, les gaz de combat ne furent pas utilisés dans les combats entre belligérants, mais seulement contre les civils déportés, dans les camps d'extermination nazis.
Des réserves importantes de gaz tabun et sarin furent retrouvées en Allemagne en 1945, suffisantes pour tuer des millions de personnes. Elles furent immergées dans des caissons de béton sous la Manche. On s'inquiète de leur état de conservation aujourd'hui.

En Asie toutefois, les travaux des historiens Yoshiaki Yoshimi et Seiya Matsuno (Dokugasusen kankei shiryô II, Kaisetsu, 1997), démontrent que Hirohito permettait dès juillet 1937 l'utilisation systématique de gaz toxiques contre l'armée chinoise et les populations civiles. Par peur des représailles et afin de s'assurer que ces armes ne soient jamais employées contre des intérets occidentaux, chaque utilisation faisait l'objet d'une directive spécifique approuvée par l'empereur et transmise par le chef d'état-major de l'armée, le prince Kan'in (le général Sugiyama à compter de 1940). Dès 1939, les armes chimiques furent employées en URSS et en Mongolie puis aux Philippines en 1942. A ces armes chimiques, s'ajoutent les armes bactériologiques employées à maintes reprises contre des civils en Chine et contre l'armée soviétique lors de la bataille de Halhin Gol.

Différents théâtres d'opération

Théâtre européen

Après s'être assuré que l'URSS participerait au démembrement du pays en signant le pacte Molotov-Ribbentrop, Hitler lance ses armées sur la Pologne, le 1er septembre 1939, sans déclaration de guerre (voir : incident de Gleiwitz). En application de leur alliance, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne. En particulier, la France a garanti après 1918 par des traités d'assistance mutuelle l'existence de la plupart des pays nouvellement créés en Europe centrale (avec l'arrière-pensée de créer un cordon sanitaire autour de l'Allemagne). Cependant, malgré la pression de Chamberlain, pas plus qu'elle n'a respecté ses engagements envers les précédentes victimes d'Hitler, la France ne respecte ses obligations envers la Pologne : celles-ci prévoyaient que la France attaquerait l'Allemagne 15 jours après le début de la mobilisation générale. Mais les Français restent l'arme au pied alors que la Pologne fait seule face à l'agression allemande puis soviétique. Les Allemands utilisent alors pour la première fois la tactique de la « guerre éclair » (Blitzkrieg), qui assure à la Wehrmacht une victoire rapide malgré la contre-offensive de la Bsura. L'URSS prend alors sa part de la Pologne ainsi que les États baltes, et attaque la Finlande (Guerre d'Hiver) pour lui prendre la région frontalière de Carélie, près de Leningrad. Les Finlandais résisteront trois mois puis finiront par céder.

Après sa première campagne victorieuse, Hitler se tourne vers l'ouest, mais rien ne se passe sur ce front pendant plusieurs mois. Retranchés derrière la ligne Maginot, les Français attendent l'assaut allemand pour l'endiguer. C'est la drôle de guerre. Mais la stratégie française du généralissime Gamelin est prise en défaut lorsque le 10 mai 1940, l'Allemagne lance l'opération Fall Gelb, une vaste offensive sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg violant la neutralité de ces États, puis à travers les Ardennes – la percée de Sedan – afin de prendre à revers la ligne Maginot.

Les armées franco-britanniques se déploient vers le nord pour défendre la Belgique mais se trouvent prises à revers, puis finalement encerclées autour de Dunkerque. La Royal Navy et les bateaux de plaisance britanniques évacuent leurs troupes et une large partie des forces françaises à Dunkerque (Opération Dynamo) en abandonnant leur équipement lourd, tandis qu'un rideau de troupes françaises freine la réduction du réduit avant d'être fait prisonnier. Gamelin est remplacé par le général Maxime Weygand, qui ne réussit pas à mettre en place une ligne de défense le long de la Somme, jusqu'à la ligne Maginot. Il arrive trop tard, et son action, qui commence par retarder la riposte à la trouée allemande, ne peut qu'aggraver la situation, la France n'ayant plus de réserves. Après quelques jours de combats acharnés, cette ligne est percée. Dès lors, plus rien ne peut enrayer l'avancée nazie. Le président Paul Reynaud démissionne et le nouveau gouvernement du maréchal Philippe Pétain choisit de demander l'armistice. Il est signé le 22 juin (à Rethondes, dans l'ancien wagon de l'armistice de 1918), et laisse à l'Allemagne le contrôle de la partie nord et ouest de son territoire. Pétain instaure en France un régime autoritaire, le Régime de Vichy, et, quelques mois plus tard, le 30 octobre 1940, il préconise la collaboration avec l'ennemi.

À Londres, le général français Charles de Gaulle décide de continuer la guerre et forme une légion de volontaires, qui se transforme en mouvement de la France Libre, pour résister à l'Allemagne. Un certain nombre de Français le rejoignent et une partie des colonies françaises se rallient à lui. De Gaulle est le chef de ce mouvement, et ses Forces Françaises Libres (FFL) combattent aux côtés du Royaume-Uni sur tous les fronts, contre les forces allemandes et italiennes. Le Bureau de Renseignement et d'action de la France Libre organise aussi des réseaux de sabotage en France, contre les forces d'occupation.

Pendant ce temps, l'Italie attaque également la France, mais ne progresse que de quelques kilomètres, stoppée par la forte résistance des rares unités françaises qui défendent la frontière en Provence. Cependant, le gouvernement interdit à la Royal Air Force de riposter.

L'Allemagne ne parvient pas à vaincre la Royal Air Force dans la Bataille d'Angleterre. Ainsi, elle ne peut obtenir la supériorité aérienne nécessaire pour envahir les îles britanniques. Par conséquent, elle commence une campagne de bombardement (dite le Blitz, l'éclair), notamment sur des villes comme Coventry et un blocus (dit Bataille de l'Atlantique) par sous-marins pour affaiblir le Royaume-Uni. Mais c'est un échec, l'Allemagne ne parvient pas à briser la résistance britannique.

Voyant les succès de l'Allemagne, Mussolini veut aussi lancer son pays dans les conquêtes. Il a déjà occupé l'Albanie au début de 1939, et il décide d'attaquer la Grèce. Mais la résistance grecque de l'armée du dictateur Metaxas est farouche et se transforme en offensive victorieuse : Les Grecs occupent alors le quart sud de l'Albanie italienne. Pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs mois l'opération contre la Russie, et envoie en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers la Hongrie (qui est son alliée) et la Yougoslavie pro Alliés, où les nazis sont aidés par les croates nationalistes d'Ante Pavelić. Vainqueur en apparence, Hitler écrase les armées yougoslave et grecque, ce qui lui permet d'occuper tout le sud de l'Europe. Mais, du même coup, il vient :

* de se créer un front supplémentaire en Yougoslavie, où les résistances nationaliste de Mihaïlovitch (Tchetniks) et communiste marxiste de Tito (Partisans), vont lui immobiliser 20 divisions depuis la fin de 1942 jusqu'à la fin de la guerre ;
* de retarder de plusieurs mois l'expédition Barbarossa qui ne commence que le 22 juin 1941. Malgré une progression victorieuse, les forces allemandes vont alors être surprises par l'hiver russe, sans l'équipement adéquat, aux portes de Moscou, tandis que leurs blindés vont s'enliser dans la boue.

L'Allemagne, en attaquant par surprise l'Union soviétique lors de l'opération Barbarossa, s'empare de grandes portions de territoires, capturant de nombreux soldats.
Ils le font d'autant plus facilement que Staline, qui de toute sa vie n'a fait confiance à personne, a choisi de faire confiance à Hitler, alors qu'il reçoit depuis des mois des informations précises et concordantes de ses agents à l'étranger. Il a cependant refusé d'en tenir compte et de prémunir ses troupes contre ce risque d'agression. De plus, aux premières heures de l'attaque, Staline, dans l'espoir d'arranger les choses avec Hitler, interdit même aux forces soviétiques de résister, pendant les deux premiers jours de l'invasion, alors qu'elles sont martelées par les bombes allemandes.

Cependant, les Soviétiques déplacent leur base industrielle dans l'Oural, tandis que l'armée rouge oppose une défense héroïque qui, aidée par un hiver éprouvant, leur permet de défendre notamment Moscou et Leningrad.
Uniforme soviétique de la Seconde Guerre mondiale
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Uniforme soviétique de la Seconde Guerre mondiale

Au printemps 1942, l'armée allemande reprend l'offensive en concentrant celle-ci vers les champs de pétrole du Caucase, au sud. À la fin de l'année, la VIe armée, avec plus de 300 000 hommes, est détruite à Stalingrad qui représente un verrou pour le contrôle du Caucase. En 1943, la Wehrmacht reprend l'initiative à la troisième bataille de Kharkov, mais est brisée à la grande bataille de Koursk.

En 1943, après un débarquement en Sicile, puis un autre dans la péninsule italienne, les Alliés avancent en Italie. Mussolini chassé, le pays capitule et se range du côté des Alliés. Néanmoins, l'Allemagne peut tenir une ligne de défense dans les montagnes qui freine cette progression dans la péninsule. Il faut attendre début 1945 pour que les Nazis soient complètement repoussés d'Italie.

Les Alliés prennent pied en Normandie avec l'opération Overlord à partir du 6 juin 1944. Les soldats alliés qui débarquent sont principalement états-uniens, britanniques et canadiens. Un autre débarquement est organisé par les FFL en août (à partir du 15), en Provence avec l'opération Anvil Dragoon, pour libérer le sud de la France et ouvrir un deuxième front en France. L'Allemagne tente une contre-offensive désespérée dans la Bataille des Ardennes en décembre, où elle perd ses dernières réserves militaires.

En 1945, les Alliés peuvent franchir le Rhin et occuper de vastes secteurs de l'ouest et du sud de l'Allemagne, tandis que, à l'est, les Soviétiques progressent de façon continue, libérant l'Europe centrale puis atteignant Berlin. Hitler se suicide le 30 avril d'une balle dans la tête dans son bunker de la Chancellerie. Le même jour, les Soviétiques plantent leur drapeau sur le toit du Reichstag, le siège du Parlement allemand, dans un Berlin en ruine. Toute résistance militaire nazie cesse alors. Mais la Bataille de Berlin continue jusqu'au 2 mai, puisque quelques civils continuent à résister. L'Allemagne se rend sans condition le 8 mai 1945. Le Troisième Reich pour lequel Hitler prédisait une durée d'un millénaire aura finalement semé la destruction un peu plus de 12 ans.

Théâtre africain et du Moyen-Orient

L'armée italienne, partant de sa colonie de Libye, attaque les troupes britanniques et du Commonwealth en Égypte, mais est mise en déroute jusqu'à ce que l'Allemagne la renforce. Des combats se succèdent alors, dans le désert d'Afrique du nord, entre les forces italiennes appuyées par l'Afrika-Korps d'Erwin Rommel et la 8e armée britannique. En mai 1942, Rommel lance une grande offensive vers l'est pour atteindre Suez, et bouscule les forces britanniques, mais il est arrêté 14 jours à Bir Hakeim par la 1re Brigade Française libre du général Koenig, ce qui donna le temps aux Britanniques en déroute de se regrouper sur la ligne fortifiée d'El Alamein, que Rommel ne parvient pas à franchir. Puis en octobre 1942, c'est la 8e Armée britannique, commandée par Montgomery, qui attaque à son tour les forces de l'Axe et remporte la seconde bataille d'El Alamein. Celle-ci met fin à la présence de l'Axe en Libye, quelques jours après le succès du Débarquement allié en Afrique du Nord.

Le 8 novembre 1942, en effet, pour soulager l'Union soviétique qui résiste seule à l'assaut allemand, les forces américaines et britanniques ont débarqué par l'Opération Torch, au Maroc et en Algérie contrôlés par le gouvernement de Vichy. Roosevelt, désinformé par ses représentants Leahy et Murphy, espérait, contre tout réalisme, le ralliement de l'armée de Vichy.

Malheureusement les généraux de Pétain accueillent les alliés à coups de canon à Oran et au Maroc, tandis qu'ils livrent, sans un seul coup de revolver, la Tunisie et sa flotte de Bizerte à une poignée de Germano-Italiens.

Le débarquement allié en Afrique du Nord réussit cependant à Alger, où 400 patriotes français réussissent à neutraliser le 19e Corps d'Armée vichyste pendant une quinzaine d'heures. Passé leur surprise les généraux vichystes, au lieu de s'opposer aux forces de débarquement, en dehors d'une escarmouche dans le port d'Alger, passent la journée du 8 novembre à essayer de reprendre les points stratégiques tenus par les patriotes, sans d'ailleurs y parvenir totalement. Ainsi cet audacieux putsch du 8 novembre 1942 a t'il permis aux Alliés de débarquer sans opposition, d'encercler Alger, et d'obtenir, le jour même à 17 heures, la capitulation du général Juin et de l'amiral Darlan. Contrôlant dès le premier jour un grand port intact, le succès du débarquement est assuré, grâce à la résistance française. Il reste au général Clark, qui tient à sa merci les chefs de l'Armée d'Afrique, à obliger sous la menace Juin et Darlan, après 3 jours de pression, à ordonner le cessez-le-feu à Oran et au Maroc, les 10 et 11 novembre 1942.

Darlan change alors de camp et instaure à Alger, sous la dénomination de « Haut Commissariat de France en Afrique », un gouvernement vichyste local sous protectorat américain. Darlan puis Giraud y maintiennent le régime de Vichy, avec ses lois d'inspiration hitlérienne et ses camps de concentration (Voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43), alors qu'ils ne sont plus soumis à aucune pression nazie. Mais l'armée d'Afrique entre en guerre dans le bon camp, et participe aux campagnes de Tunisie, puis d'Italie et enfin au débarquement en Provence. Parallèlement, à la suite de la fusion du Comité français de Londres, dirigé par de Gaulle et du Commandement Civil et Militaire dirigé par Giraud, un nouvel organisme, le Comité français de la Libération nationale (CFLN) est institué. Sous l'autorité du général de Gaulle, il fait disparaître les derniers vestiges du vichysme dans l'Empire.

Les alliés chassent finalement l'Axe du continent africain, avec l'aide de l'armée d'Afrique retournée et des Forces Françaises Libres. Depuis l'Afrique du Nord, les Alliés peuvent alors organiser les débarquements en Sicile et en Italie en 1943, et en Provence en 1944.

Théâtre asiatique
Voir les articles Campagnes du Pacifique (1941-1945) et Campagnes du Pacifique.
Maquette d'un porte-avions américain
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Maquette d'un porte-avions américain

À compter de 1937 en Chine, l'armée nationaliste du Kuomintang sous Tchang Kaï-chek et les communistes marxistes sous Mao Zedong font front commun contre les Japonais mais généralement sans coopérer.

Enlisée en Chine, l'armée japonaise a systématiquement recours, dès 1937, à l'utlisation d'armes chimiques. Selon les historiens Matsuno et Yoshimi, celles-ci furent notamment utilisées à 375 reprises pour assurer l'invasion de la ville de Wuhan à l'automne 1938. L'emploi d'armes bactériologiques est quant à lui autorisé par le quartier-général impérial à compter de 1940 mais jamais contre des occidentaux.

Soumis à compter de 1941 à un embargo sur le pétrole après son occupation de l'Indochine, le Japon ne peut plus désormais réaliser sa politique expansionniste sans détruire la principale menace qui peut encore s'opposer à lui dans le Pacifique : la force navale des États-Unis basée à Hawaii. Employant à nouveau la stratégie qui lui a réussit contre la Russie, le Japon décide de bombarder Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par surprise. La flotte est fortement endommagée mais les porte-avions sont en mer.

Simultanément, l'armée japonaise occupe les possessions britanniques, hollandaises et américaines d'Asie du Sud-Est comme Hong Kong, Singapour (massacre de 10 000 civils), l'Indonésie et les Philippines (marche de Bataan) et s'emparent des champs pétroliers de Malaisie menaçant même l'Australie. L'Indochine française est déja passée sous son contrôle militaire avec l'accord du Régime de Vichy le 21 juillet 1941.

Le Raid de Doolittle en avril 1942 marque le début de la riposte américaine. En mai 1942, la bataille entre porte-avions de la Mer de corail tourne à l'avantage des alliés. Un mois plus tard, celui ci est accentué par celle de Midway.

En mai 1942, l'armée showa tente de neutraliser la résistance communiste chinoise en lançant l'opération "tue tout, vole tout, brûle tout" (sankô sakusen) dans le nord de la Chine.

En dépit de la détermination de l'armée japonaise, les Alliés reprennent peu à peu les îles du Pacifique comme à Guadalcanal, les Salomon puis les Philippines après la bataille du golfe de Leyte.
Le site d'Hiroshima, après le bombardement nucléaire
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Le site d'Hiroshima, après le bombardement nucléaire

La capture des îles proches du Japon comme Iwo Jima et Okinawa permet de lancer des attaques aériennes directes. Tōkyō subit un bombardement incendiaire tandis que Hiroshima et Nagasaki (ce devait être Kokura) subissent une attaque nucléaire,

La déclaration de guerre de l'URSS et l'invasion du Manchukuo par les forces soviétiques provoque finalement la reddition du Japon le 15 août 1945, confirmée par la signature des actes officiels le 2 septembre à bord de l'USS Missouri.

Moyens militaires des belligérants

Armes

La Seconde Guerre mondiale a vu un développement très important des armes de tous types, en puissance et en quantité. Voir Armes utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lignes défensives
Troupes américaines parachutées sur les Pays-Bas, 1944
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Troupes américaines parachutées sur les Pays-Bas, 1944

* Mur de l'Atlantique
* Ligne Maginot
* Ligne Siegfried
* Ligne GHQ
* Ligne d'arrêt Taunton


Puissance navale des différentes nations en 1939 Bâtiments Alliés Axe
France Royaume-Uni Total Allemagne Italie Total
Porte-aéronefs 1 8 9
Cuirassés 7 12 19 5 2 7
Croiseurs 19 50 69 6 22 28
Destroyers 70 94 164 17 59 76
Sous-marins 77 38 115 57 115 172
Escorteurs 87 87

Affrontements militaires

Batailles et opérations militaires

* Le « Cas Blanc » (Fall Weiss), Campagne de Pologne
* Bataille de Norvège
* Bataille de France
* Bataille d'Abbeville
o Bataille de Dunkerque (Opération Dynamo)
* Bataille d'Angleterre
* Bataille de Crète
* Opération Barbarossa
o Bataille de Stalingrad
o Bataille de Koursk
* Bataille de Bir Hakeim
* Opération Jubilee
* Débarquement allié en Afrique du Nord (voir Opération Torch)
* Putsch du 8 novembre 1942 (Neutralisation d'Alger et arrestation des officiers généraux vichystes Juin et Darlan, par la résistance française)
* Opération Torch
o La préparation de l'Opération Torch (Débarquement allié en Afrique du Nord)
o La réussite de l'opération Torch (Débarquement allié en Afrique du Nord)
* Première bataille d'El Alamein
* Seconde bataille d'El Alamein
* Le débarquement allié en Sicile et la Campagne d'Italie. 1943-1945
* Débarquements à Anzio & Nettuno
* Bataille de Normandie
o Débarquement, connu aussi sous le nom de D-Day ou Opération Overlord
o Juno Beach - Secteur canadien
o Opération Cobra, la percée du front de Normandie
* Opération Market Garden (se termine par la Bataille d'Arnhem)
* Le débarquement de Provence (opération Anvil Dragoon)
* Bataille de l'Authion
* Bataille du mont Cassin
* La libération de la Belgique et de la Hollande. 1944-1945
* Bataille des Ardennes (ou Battle of the Bulge)
* Bataille d'Hurtgen Forest
* Bataille de Berlin
* Bataille de Leyte
* Bataille de Peleliu
* Bataille d'Iwo Jima
* Bataille d'Okinawa
* Bataille du pont de Lugou
* Bataille de Taierzhuang
* Bataille de Wuhan
* Bataille de Changsha
* Bataille des cent régiments

Batailles navales

* Bombardement de Mers el Kébir
* Bataille de Rio de la Plata
* Première bataille de Narvik
* Seconde bataille de Narvik
* Bataille de l'Atlantique
o Bataille du Cap Matapan
o Attaque sur Pearl Harbor
* Bataille de la Mer de corail
* Bataille de Midway
* Bataille de Guadalcanal
* Bataille du golfe de Leyte

Principales campagnes de bombardement

* Hambourg, dont l'Opération Gomorrah
* Berlin
* Dresde
* La Ruhr
* Cologne
* Raids Baedeker
* Londres (Blitz et bombardement par V1 et V2)
* Chongqing (la capitale de la Chine nationaliste subi plusieurs milliers de bombardement à compter de 1938, dont la majorité par bombes incendiaires sur des objectifs civils)
* Shangai
* Hiroshima
* Nagasaki
* Tōkyō
* Varsovie
* Rotterdam
* Coventry
* villes de Bretagne (Brest, Lorient, Nantes, Rennes, Saint-Malo, Saint-Nazaire)


Enfant chinois pleurant dans les décombres de Shangaï après le bombardement de la ville par l'aviation japonaise en 1937
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Enfant chinois pleurant dans les décombres de Shangaï après le bombardement de la ville par l'aviation japonaise en 1937


Conséquences historiques

La Seconde Guerre mondiale contribue, à travers son bilan plus ou moins préjudiciable aux participants, à l'émergence de deux superpuissances qui vont se partager le monde : les États-Unis d'Amérique (USA) et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

La Société des Nations, à laquelle on impute d'avoir échoué à empêcher la guerre, est remplacée par l'Organisation des Nations unies. La charte des Nations unies est rédigée à San Francisco en juin 1945.

Les principaux dignitaires de la hiérarchie nazie sont jugés, et la plupart condamnés, pour crime contre l'humanité ou crime de guerre lors d'un procès international à Nuremberg.

L'opération Paperclip, l'organisation Gehlen et le réseau Gladio, initialisés et soutenus par les services secrets américains, OSS puis CIA, ont évité des procès pour crimes de guerre à des milliers d'ex-responsables nazi et les ont placés à des postes de responsabilté au moins aussi importants que ceux qu'ils avaient pendant la guerre. Ce faisant ils ont eu un rôle considérable dans le déclenchement et l'entretien de la guerre froide ainsi que dans l'instauration et le maintien de nombreuses dictatures en Amérique du Sud et Centrale, et ailleurs dans le monde.

La recherche scientifique et la technique, dans l'ensemble, bénéficient d'une forte impulsion, en particulier pour la maîtrise de l'atome dans le projet Manhattan.

Conséquences au Royaume-Uni

Les autres alliés en effet, et si l'on excepte le Royaume-Uni, ont un rôle mineur ou bien sont écartés des négociations qui aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. Cette situation, qui porte en elle les germes de la Guerre froide, dure jusqu'en 1989.

Le Royaume-Uni sort considérablement affaibli de la guerre. Celui-ci, en effet, a consacré la fin des puissances coloniales. Par la suite, les îles britanniques connaissent une crise sans précédent, due à la reconstruction et à la restructuration de son économie.

Conséquences en France

Au cours de la bataille de Normandie, le général de Gaulle, accueilli en libérateur par les Français, parvient à obtenir des alliés la reconnaissance de la pleine autorité de son gouvernement, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) (proclamé le 3 juin à Alger), sur la métropole. Il fait en sorte que la France soit reconnue par le camp allié comme un vainqueur. Cette reconnaissance lui permet d'occuper une partie de l'Allemagne, d'obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, etc.

La Libération de la France s'accompagne de l'épuration d'une partie des personnes suspectées, à raison ou à tort, d'avoir collaboré. Les Allemands et leurs collaborateurs ont multiplié les atrocités sous l'occupation, puis dans leur retraite. Aussi dans les territoires libérés par les résistants, de nombreuses exécutions sont expéditives et pas toujours précédées de jugements. Des femmes sont tondues pour « collaboration horizontale ». De ce fait, des erreurs sont commises dans cette libération rapide, et des innocents injustement assassinés. Les historiens estiment qu'environ 11 000 exécutions sommaires ont lieu. L'épuration sauvage a pu être d'autant plus brutale que la population peut avoir envie de se venger des exactions de la milice et des Allemands dans leur déroute et que le gonflement des effectifs de la résistance a permis à certains résistants de la 24e heure de se dédouaner ainsi à peu de frais. On a observé le même phénomène lors de l'indépendance de l'Algérie.

À l'opposé, certains collaborateurs sont parfois acquittés ou condamnés à de faibles peines (malgré la gravité de leurs crimes) par les tribunaux réguliers dont la majorité des juges ont prêté serment à Pétain. C'est ainsi que le secrétaire d'État à l'Intérieur de Pétain, René Bousquet (qui mit la police et la gendarmerie françaises à la disposition des occupants pour faire la chasse aux résistants) est acquitté. À noter que les collaborateurs n'ont été poursuivis que pour trahison, et pas pour crime contre l'humanité.

De Gaulle empêche le développement d'une situation armée insurrectionnelle (voir Histoire de la France), en amalgamant les mouvements ayant participé à la Résistance à l'armée régulière issue de l'armée d'armistice cantonnée en Afrique (dont nombre de cadres avaient été vichystes avant de se rallier en 1942). Non sans mal, les résistants des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et des Francs-tireurs et partisans (FTP) sont intégrés dans l'armée régulière sans trop d'à-coups. L'intégration des milices patriotiques du PCF est négociée contre leur participation au gouvernement et l'amnistie de Maurice Thorez.

Au nom de la reconstruction du pays et afin de permettre à la France de tenir son rang nouvellement restauré aux côtés des alliés, l'épuration de l'administration est limitée. Certains hauts-fonctionnaires invoquent la continuité de l'État comme acte de résistance. Les policiers dont une partie a poursuivi les résistants se dédouanent par une insurrection à Paris à la veille de la Libération. Certains collaborateurs se font oublier en intégrant des régiments de FFI ou en s'engageant dans le corps expéditionnaire d'Extrême-Orient (engagé en Indochine), ce qui est par la suite exploité par la propagande viet Minh.

La France oublie qu'elle fut anglophobe et pétainiste après le bombardement de Mers_el_Kebir, que des gendarmes français gardèrent le camps de concentration de Drancy et convoyèrent les convois de déportés jusqu'à la frontière. Toutefois, la proportion de Juifs d'avant-guerre ayant survécu est la plus importante de tous les pays occupés, bien que les juifs dit apatrides furent bien moins protégés que les juifs français. Pour un temps, la législation française considéra que seuls les Allemands peuvent être poursuivis pour crimes contre l'humanité. Le procès manqué de Bousquet ainsi que les procès tardifs de Paul Touvier et Maurice Papon sont emblématiques de cette politique.

Conséquences aux États-Unis d'Amérique

Les États-Unis d'Amérique prennent l'initiative d'avoir une attitude positive. Ils imposèrent la démocratie, particulièrement au Japon, à travers une épuration et un contrôle des rouages de l'État et de l'éducation. Parallèlement, ils fournissent une aide économique à la reconstruction de l'Europe, connue sous le nom de plan Marshall.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont avec l'URSS l'une des deux plus grandes puissances mondiales. Les États-Unis possèdent la première flotte de guerre, la première flotte de commerce, ils détiennent 75 % des stocks d'or du monde (d'où la devise « dollar as good as gold », le dollar est aussi sûr que l'or).

Conséquences en URSS

Staline n'est pas en reste et fut l'un des grands gagnants du conflit, le prestige et le rôle de l'Union Soviétique sortent grandis. Pour les russes, cette grande guerre patriotique menée sur le front de l'Est invoqua la survie de la nation . Les annexions de 1939/1940 sont confirmées et d'autres sont venues se rajouter augmentant sa superficie de 475.000 km² et rajoutant 24 millions d'habitants à sa population, les nations de ce que l'on appelera l'Europe de l'Est tombe sous le contrôle de l'URSS. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux rideau de fer, fut par la suite le théâtre de la Guerre froide.

Holocauste de masse (Shoah)

L'expression hébraïque Shoah (anéantissement) désigne l'extermination en masse, systématique et programmée, des civils juifs, enfants compris. Environ 6 millions de juifs en furent les victimes. Ce génocide fut perpétré par les nazis de 1942 à 1945 selon des méthodes industrielles.

Environs 11 millions de personnes furent tuées : près de six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs et trois millions de catholiques ; trois millions de Juifs des autres pays d'Europe ; et deux millions de Tziganes, handicapés, homosexuels, témoins de Jéhovah et autres.

Heinrich Himmler dit : « Tout le peuple polonais disparaîtra du monde [...]. Il est essentiel que le grand peuple allemand considère tâche majeure que celle de détruire tous les Polonais. »

Aux côtés des juifs, d'autres populations furent victimes de la même volonté raciste d'extermination systématique des éléments considérés comme « nuisibles » ou simplement « inférieurs » par les nazis :

* les Tziganes ;
* les handicapés ;
* des prisonniers de guerre, français des colonies d'Afrique noire, polonais et russes (exécutions de masse ou par sous-alimentation) ;
* les homosexuels.

Outre cette extermination systématique, des gens appartenant à d'autres catégories ont aussi été envoyés dans les camps d'extermination, mais avec moins de systématisme :

* les témoins de Jéhovah ;
* des civils polonais ;
* des opposants, résistants, militants (catholiques, communistes, etc.)

Ceci en sus des crimes de guerre (tortures, massacres etc.). Il convient de préciser toutefois que les conventions internationales (les « lois de la guerre ») ne protègent pas les partisans, « résistants » et autres combattants sans uniforme.

L'Holocauste fut pratiqué dans un premier temps par des exécutions de masse pratiquées par la Wehrmacht puis par les Einsatzgruppen dans les territoires polonais et soviétiques.

Après la Conférence de Wannsee (20 janvier 1942), la politique d'extermination (« la solution finale de la question juive » dans la terminologie nazie) vise les juifs de tous les pays occupés et prend un tour industriel. Les juifs sont déportés dans des camps d'extermination dans lesquels les victimes sont gazées en masse, invalides, malades et enfants d'abord. Les civils valides sont quant à eux rapidement épuisés avant d'être à leur tours gazés.

Les principaux camps d'extermination furent :

* Auschwitz-Birkenau (où périrent plus d'un million de personnes)
* Treblinka
* Majdanek
* Sobibor
* Bergen-Belsen
* Chelmno

Il faut distinguer les camps d'extermination des camps de prisonniers de guerre pour occidentaux (Stalag) et des camps de concentration. Les premiers ont pour finalité l'extermination des juifs et autres personnes qualifiées de « sous-hommes » par le régime nazi. Les camps de concentration sont établis pour garder prisonnier les opposants réels ou présumés, les pilotes alliés, etc. (par exemple Buchenwald). Si le but premier des camps de concentration n'est pas l'extermination, les conditions particulièrement dures de détention et les mauvais traitements y entraînent une forte mortalité. Les camps de prisonniers pour occidentaux (Stalag) sont plus « doux ». Par contre, ceux destinés aux prisonniers russes sont particulièrement durs au début de l'Opération Barbarossa, jusqu'à ce que Speer s'inquiète du problème de main d'œuvre dans l'industrie de guerre.

Exactions et crimes de guerre
Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes furent des civils
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Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes furent des civils

De nombreux massacres de civils ou crimes de guerre sont perpétrés au cours de ce conflit :

Sur le théâtre d'opération européen

* génocide (déportation suivie de l'extermination) des juifs par les nazis
* en France (massacres commis par les nazis)
o exécutions d'otages par les allemands à Ascq, à Tulle, à Châteaubriant, à Paris (...)
o massacre d'Oradour-sur-Glane exécuté par la division SS Das Reich.
* en Pologne
o massacre de 5 000 officiers polonais à Katyń, par l'armée soviétique (l'URSS a reconnu sa responsabilité après plusieurs décennies, ayant longtemps accusé les nazis d'être responsables de ce massacre)
o massacre de 10 000 autres officiers polonais en d'autres lieux, soit 15 000 personnes tuées froidement d'une balle dans la nuque par le NKVD, ancêtre du KGB
o déportation et affamement du ghetto de Varsovie
o « nettoyage » du ghetto de Varsovie par les MSS après l'insurrection des derniers survivants
o destruction de Varsovie par l'armée allemande après le soulèvement de l'Armia Krajowa
o expériences pseudo-médicales du docteur Mengele
* en Union Soviétique
o affamement de prisonniers de guerre russes
o 20 millions de citoyens de l'Union Soviétique sont tués, dont un très grand nombre de prisonniers de guerre exécutés par les allemands, et aussi des civils dont les villages et villes sont anéantis
* en Allemagne
o 600 000 personnes, essentiellement des civils, sont tuées lors des bombardements stratégiques alliés. (Opération Gomorrah sur Hambourg, bombardements sur Berlin et Dresde) effectués par les alliés
* en Yougoslavie
o déportation de dizaines de milliers de Serbes, Juifs et Roms dans les camps de la mort (notamment à Jasenovac) par les fascistes croates (les Ustasha)


Sur le théâtre d'opération du Pacifique

La décision prise en août 1937 par Hirohito de suspendre l'application des Traités internationaux sur la protection des prisonniers de guerre entraîna la mort de plusieurs millions de civils en Chine et dans les pays du sud est asiatique. Elle causa aussi la mort d'une quantité phénoménale de prisonniers alliés détenus dans des conditions atroces (témoignage de Roger Cyr des Royal rifles [1])

* rapt à des fins sexuelles de plus d'un million de « femmes de réconfort », surtout des coréennes par les soldats japonais
* en Chine
o Massacre de Nankin au cours duquel les troupes japonaises pillent la ville pourtant évacuée par les troupes chinoises et massacrent entre 150 000 et 300 000 civils après avoir commis diverses exactions dont des viols en série

Cadavres d'enfants chinois massacrés à Nankin en décembre 1937 par l'armée japonaise
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Cadavres d'enfants chinois massacrés à Nankin en décembre 1937 par l'armée japonaise


*
o Opération "tue tout, vole tout, brûle tout" (sankô sakusen) mise en branle en mai 1942 dans le nord de la Chine et ayant entraîné la mort d'environ 2,7 millions de civils. [2]
o expérimentation d'armes bactériologiques sur des prisonniers chinois, coréens et russes par l'unité 731
* à Singapour, massacre d'environ 10 000 civils
* aux Phillippines, massacres de civils et marche de la mort de Bataan en 1942 [3]

Certains considèrent que certains bombardements, dont ceux commis par les alliés à Dresde, Tōkyō et surtout les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki constituent des crimes de guerre. D'autres font remarquer que ces bombardements avaient pour but de saper le moral et la volonté de combattre des puissances de l'Axe et ainsi de hâter la fin de la guerre. En particulier, le haut-commandement japonais aurait été prêt à sacrifier plusieurs millions de soldats. Enfin la libération des milliers d'atolls occupés par les japonais était très coûteuse en vies.

Il faut également ajouter l'exécution sommaire de civils et de soldats alliés en uniforme (en particulier certains para parachutés par le SOE afin d'encadrer les maquis ainsi que certains pilotes).

Consulter notamment les articles : Europe sous domination nazie, Amnésie sélective de guerre et Troubles comportementaux de guerre.

Expulsion des minorités allemandes d'Europe centrale

* Il y avait en Europe centrale (Prusse, Tchécoslovaquie, Pologne et pays baltes) des implantations allemandes depuis de nombreux siècles. Les Allemands des Sudètes, dont les porte-paroles avaient demandé le rattachement à l'Allemagne, avaient servi de prétexte au démantèlement de la Tchécoslovaquie, accordé par les Accords de Munich en 1938.
* Après la prise de ces territoires par l'armée soviétique, de nombreux Allemands, dont beaucoup avaient collaboré avec les nazis, furent expulsés ou fuirent ces régions pour l'Allemagne ou l'Autriche, dans des conditions souvent dramatiques.
* Les Allemands de la Volga furent déportés en Sibérie.

Postérité de la Seconde guerre mondiale
Voir l'article Postérité de la Seconde guerre mondiale.

Après la Seconde Guerre Mondiale se sont dessinés les rapports de forces qui ont caractérisé la Guerre Froide, mais aussi un grande nombre de situations géo-politiques actuelles.

Le travail de reconstitution historique de cette période est toujours en cours, et sujet à de nombreuses controverses, propres à exacerber les sensibilités nationales : la collaboration française sous Vichy en est un exemple.

Par ailleurs, l'holocauste anti-juif en particulier a donné lieu à un important programme de dédommagements de guerre. Toutefois, les Alliés n'ont pas souhaité répéter l'erreur des dédommagements trop lourds exigés à l'Allemagne après la première guerre mondiale, ce qui a permis au pays de connaître un "miracle économique", et d'intégrer la Communauté Économique du Charbon et de l'Acier, prélude à la Communauté Européenne. Le Plan Marshall a permis aux économies européennes de se reconstruire.

Aspects politiques et sociaux

* Occupation du Danemark
* Jeunesses hitlériennes
* Service du travail obligatoire (STO)

Dans plusieurs pays occupés par l'Allemagne, un gouvernement de collaboration se mit en place :

* France : Régime de Vichy
* Norvège : gouvernement de w:en:Vidkun Quisling
* Slovaquie : gouvernement de Mgr Tiso
* Roumanie : gouvernement du général Antonesco et des Gardes de Fer
* Croatie : gouvernement d'Ante Pavelic et des Oustachis
* Serbie : gouvernement du général Neditch
* Guernesey : gouvernement du Bailli Victor Carey

Mais la collaboration ne fut pas inévitable, certains pays refusèrent par exemple d'obliger leur citoyens juifs de porter l'étoile jaune:

* Moncef Bey, le souverain de Tunisie. Il décora par ailleurs une vingtaine de personnalités juives pendant la guerre.
* le Bailli Coutanche de Jersey.
* Le Roi du Danemark, en menaçant de la faire porter par la famille royale. La police danoise fit fuir les juifs de Copenhague vers la Suède.

Le Japon créa dans le nord de la Chine, en 1932 l'État du Mandchoukouo, état vassal sur le trône duquel était installé l'empereur Pu Yi.

Ils y ajoutèrent en 1940, à Nankin, le gouvernement collaborateur de Wang Tsing Weï, ancien leader nationaliste, se réclamant lui-aussi de Sun Yat Sen. Pour se donner une profil patriotique, ce gouvernement mit fin au régime des concessions européenne à Shanghaï.

Bilan de la Seconde Guerre mondiale
Voir l'article Bilan de la seconde guerre mondiale.

Œuvres liées à la Seconde Guerre mondiale

Chansons et poèmes

* Tipperary : chanson britannique
* Lili Marleen : chanson allemande avec des paroles inspirées d'un poème du soldat Hans Leip, sur une musique de Norbert Schultze.
* Le Chant des partisans : chanson française avec des paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel sur une musique de Anna Marly.
* Le Chant des déportés (ou Chant des marais) : chant composé, en 1934 par les détenus du K.Z. de Borgermoor.
* Chant des Marines (“From the halls of Montezuma...”) : chant militaire américain
* Yankee Doodle (“Yankee Doodle keep it up, Yankee Doodle Dandy...”) : chant patriotique américain
* In the Mood : instrumental américain de Glenn Miller.
* Les Ricains par Michel Sardou : évocation postérieure à la guerre.
* Divers chants patriotiques soviétiques ont aussi marqué cette guerre, et notamment Moskva (Moscou) et Stalingrad, évoquant la résistance de ces deux villes, ainsi que Plaine Oh ma Plaine.... En outre, un chant communiste plus ancien revint alors à l'actualité, le chant russe des Partisans (« À l'appel du Grand Lenine, se sont levés les partisans... »). Malheureusement leurs airs nous étant seuls connus, il ne nous est pas possible d'en citer les paroles.
* Fanny de Laninon, de Pierre Mac Orlan : une histoire d'amour (« ... c'était elle ma bonne amie ... »), la guerre en trois vers (« ... Tonnerre de Brest est tombé, pas du bon côté, tout s'est écroulé ... »), le désespoir du narrateur malgré la paix (« ... J'n'ai plus rien en survivance ... »).
* Barbara, de Jacques Prévert : une histoire d'amour (« ... Ruisselante ravie épanouie ... »), la guerre en trois vers (« ... Sous cette pluie de fer de feu d'acier de sang... »), le désespoir du narrateur malgré la paix (« ... Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé ... »).

Films sur la Seconde Guerre mondiale

De nombreux films ont été faits sur la Seconde Guerre mondiale.

Voir Films sur la Seconde Guerre mondiale.

Voir aussi

Bibliographie

* Henri Michel, Histoire de la Seconde Guerre mondiale, Paris, P.U.F., 1977.
* Pierre Vallaud, La Seconde Guerre mondiale, Paris, Éd. Acropole, 2004.
* Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, 3 tomes (1954-1959).
* Liddell Hart, Histoire de la Seconde Guerre mondiale
* François Kersaudy, De Gaulle et Churchill, Ed. Tempus, (2001).
* Jean-Louis Crémieux- Brilhac, Prisonniers de la liberté - L'odyssée des 218 évadés par l'URSS, Ed. Gallimard, (2004).

Articles connexes

Les hommes

* Winston Churchill
* Dwight D. Eisenhower
* Charles de Gaulle
* Joseph Goebbels
* Hermann Göring
* Heinrich Himmler
* Adolf Hitler
* Shiro Ishii
* Fumimaro Konoe
* Bernard Montgomery
* Jean Moulin
* Benito Mussolini
* George Patton
* Philippe Pétain
* Erwin Rommel
* Franklin Delano Roosevelt
* Shōwa (Hirohito)
* Joseph Staline
* Hideki Tôjô
* les malgré-nous

Les événements

* la vie en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale
* vie des Français sous l'Occupation allemande
* libération de la France
* procès de Nuremberg
* tribunal de Tōkyō
* voie de la Liberté

Lieux de mémoire

* Cimetières militaires de la Seconde Guerre mondiale
* Devoir de mémoire

Articles récapitulatifs

* liste des as de l'aviation
* Liste des camps de prisonniers de guerre du IIIe Reich
* liste des guerres
* liste des principaux acteurs associés à la Seconde Guerre mondiale
* axe Rome-Berlin
* résistance
* Noseart: Peintures de Guerre sur avions

Voir aussi : Entre-deux-guerres

Liens externes


* L'histoire de la Seconde Guerre mondiale au jour le jour
* La Seconde Guerre mondiale, la guerre du Millénaire
* Articles et dossiers sur la Seconde Guerre mondiale
* Site généraliste
* L'Armée Américaine de la Seconde Guerre Mondiale
* Site qui présente toute l'histoire du Débarquement et de la Bataille de Normandie
* La Seconde Guerre mondiale : De Nuremberg à Nuremberg
* La Seconde guerre mondiale
* Histoire de la Seconde Guerre Mondiale : 1939-1945

# Posté le mardi 29 août 2006 15:01